MAI
Ma chère cousine, je sais que lu as passé l'hiver d'une façon ravissante, que tu n'a pas été un jour sans un bal, un concert ou un spectacle, et je t'ai vue hier revenir du liois en calèche. Je suis bien contente que tu t'amuses ainsi, ma chère cousine, mais je crains bien qu'au milieu de tous ces plaisirs, tu n'oublies un peu mon pauvre Léon. Léon n'est pas riche, mais il est beau et noble et son talent lui a donné une réputation. — Mais, plus que tout cela, il l'aime tant ! Tu es l'objel de toutes ses pensées, tu tiens la première place dans Wûs ses projets, dans toutes .1 , dans tous ses dé-
sirs. D'ailleurs, Rose, tu es sa fiancée, vous vous êtes promis tous deux d'être l'un à l'autre, et, vois-tu, Rose, ce sont de saintes promesses ; il y a dans le ciel un ange qui les écrit. Rose, ma chère cousine, n'oublie pas Léon-, — hier tu as passé à-côté de nous; un jenne homme était près de loi, et j'ai vu un feu sombre allumer le visage de mon frère. — Ce doit être * une chose si horrible qu'un amour qu'on éprouve seul;
— Rose, ce doit être ** un supplice de tous les jours, de tous les instans ; — la vie doit devenir *** pâle et décolorée, le cœur sans espoir et rempli d'un amer découragement. — Ma chère cousine, je te supplie de ne pas faire en lurer a Léon ces cruels chagrins; — tu as dans tes mains son bonheur et son malheur, sa force et son abattement ; tu as sur lui toute la puissance de la divinité. Sois bonne et constante, et, chère Rose, tu auras, en retour, tout ce qu'une femme peut désirer de bonheur. Crois-moi, tti peux être un moment éblouie par l'éclat, étourdie par le bruit ; mais ce qui te charme peut-être aujourd'hui te. laisserait plus tard tristement regretter la félicité qui s'offre a toi. Je t'en prie a genoux, que je n'aie pas à te reprocher le malheur de Léon; il est si bon, si généreux pour moi! — Si lu le voyais, tu l'admirerais, tu l'aimerais ;
— mais j'ai tort, tu l'aimes, lu n'as pu cesser de l'aimer. — lu n'as pas perdu ces doux souvenirs de notre enfance qui ne
ni jamais et qui sèment dans la vie un germe de bonheur ou de mort. — Tu l'aimes et tu seras à lui, et je jouirai du spectacle de votre bonheur. —Adieu, ma chère cousine,
ous chez vous dimanche?
Geneviève.
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Le dimanche suivant, Geneviève el son* frère dinèrent chez monsieur Chaumier; il y avait dans la maison une grande on ; monsieur Chaumier s'était mis le matin dans une grande colère contre un de ses domestiques, el l'avait jeté a travers h 1res l'étaient immédiatement IN
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autorité méconnue; —le dîner était en retard, —rien D'à» vançait. — Geneviève, avec une grâce charmante, annonça était devenue cuisinière et qu'elle allait se mêler du dîner : Rose voulut l'aider; les deux cousines voulurent faire travailler Léon, et il y eut un moment de folle gaieté qui rappela les meilleurs jours de Fontainebleau. — Quel dommage, qu'Albert ne soit pas ici.
B lit, -'Us &vj ratures MteS lin : c'est. — dans la lettre origiaale.
'** Il y a faoient raturé sur la lettre original e.
GENEVIEVE