‹ Le siècleChapitre 44 sur 70 · SS · texte numérisé non relu

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Monsieur Rodolphe de Redeuil était en robe de chambre; il avait pris de lui un jeune officier, auquel il dit, en entendant le nom de Léon, avec un sourire un peu impertinent : — C'est mon adversaire; puis, se tournant vus Anselme: — Monsieur est le témoin de monsieur Lauler?

— Oui, monsieur, dit Anselme, cl voyant qu'on ne lui offrait pas de siège, il appela le domestique qui l'avait introduit, et lui dit : — Donnez-moi un fauteuil. — L'habit marron de monsieur Anselme lui faisait, dans la vie, un tort inconcevable, surtout auprès des domestiques, ou des gens qui sont au dedans semblables a des domestiques. Celui-ci apporta une chaise. — Monsieur Anselme le regarda fixement, et lui dit : — Je vous ai demandé un fauteuil. Le domestique obéit et se retira.

— Monsieur est sans doute informé de l'affaire? — dit l'officier a monsieur Anselme.

— Jusqu'à un certain point, monsieur.

— Comment, jusqu'à un certain point?

— Oui, — mais je sais ce que j'ai besoin de savoir. Monsieur Lauter est un honnête et digne jeune homme, dont j'ai l'honneur d'être l'ami. 11 m'a dit qu'il se battait aujourd'hui avec monsieur de Redeuil, et il m'a chargé de fixer les conditions du combat. — Ainsi vous pouvez parler.

— Monsieur de Redeuil désirerait tirer l'épée.

— C'est parfaitement indifférent à monsieur Lauter.

— Ah!

— Oui, monsieur. — On tirera donc l'épée sur la demande de monsieur de Redeuil, quoique le choix des armes appartienne à monsieur Lauter.

— Vous paraissez, monsieur, fort expérimenté?

— Moi, monsieur, je ne me suis battu qu'une fois dans ma vie, — et c'était à bout portant, avec un seul pistolet chargé, sans témoins, au bord d'une rivière, où le vainqueur devait jeter le cadavre du vaincu. — Ce n'était pas un duel en règle.

— A quelle heure le rendez-vous?

— Ah! yoilà la question, dit Rodolphe. — Il faut absolument, pour une affaire liés importante, que j'aille tantùtchez le délégué d'une cour d'Allemagne. Il est déjà tard, je voudrais remettre l'affaire à demain.

— Je n'ai pas mission de m'y opposer.

— A demain sept heures du matin?

— Non, on sait trop ce que veulent dire deux fiacres qui se suivent à sept heures du matin.— A neuf heures, si vous voulez?

— A neuf heures.

— Où?

— A la barrière de Vineennes.

— Soit.

— Messieurs, jl: vous salue.

Et Anselme s'en alla fort triste, —en se disant presque haut: — Allons, allons, Léon le tuera, — Léon est adroit et brave, — et d'ailleurs, il n'y avait pas moyen d'éviter l'affaire. 11 revint rendre compte à Léon de sa démarche. — Léon lui serra les mains et lui dit : — Vous ma servirez de témoin Jusqu'à la lin, n'est-ce pas?

Quand Léon fut sorti pour ses affaires ordinaires, — Anselme sortit aussi et revint à la maison; il entra chez Geneviève, et lui dit : — Mon enfant, je me suis occupé de vous,— j'ai trouvé ce qu'il v.us "allait; — mettez v< tre châle et votre chapeau, . t venez avec, moi . je \ais vous présenter à la personne qui doit vous donner de l'ouvrage. — Un liane les attendait:! la porte; après une demi-heure démarche, le fiacre s'arrêta à une fort belle maison. — Anselme entra avec Geneviève à "on bras, et dit à uu domestique: — Conduisez mademoiselle dans le salon.

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