‹ Le siècleChapitre 51 sur 70 · A ANTOINE LARRY · texte numérisé non relu

A ANTOINE LARRY

Antoine, quand vous arriverez ici, vous ne m'y trouvères plus : je n'aurais pu soutenir votre présence, et je m." suis réfugiée dans le seul asile qui me restât.

J'en aimais un autre que vous, et (tel autre ne m'aimait pas. Ce seul mot vous expliquera tout. Malheureuse par le coeur et coupable envers vous, je ne me suis pas senti ia f< :ee de vivre. J i higrin que je vais vous causer, mais je-

v quelque satisfaction que ce sera le dernier, M qu'il en prévient peufrêtre beaucoup d'autres. J'étais uu mauvais élément dans votre vie, Antoine! Trop petite pour vous, je vous tenais courbé à ma taille. Votre générosité vous avait fait aimer ma faiblesse el ma fragilité, mais elles auraient arrêté votre marche; j'aurais toujours été pour vont un obsta-

RtCIIE ET PAUVRE.

cle, jamais une source de bonheur. Dieu a étésageel bon. Il retire de votre chemin le grain de sable (fui vous eill arrêté ; comprenez ses desseins et remerciez-le.

' Vous allez être libre et dans de meilleures conditions que parle passé pour parcourir l'existence. Vous 1 .'• vre vous n'êtes plus sans moyens de réussite ; marehez devant vous maintenant. Une pensée' qui me con olè, c'est qus j'ai aidé à vous faire avancer t-n me montrant quelque temps a vous comme un but. J'aurai été un de - que le

ir aperçoit à l'horizon, et vers lesquels il court : en liant, tout s'évanouil ; maii cei ! irecs, hâté s.'s pas, et, grâce à lui. peut-être ii arriv< vit.' r.u terme vérital

C'est seulement depuis votre dé| ris tout

ce que je vous dois. Maintenant j'ai bouto de vous avoir méronsu si longtemps. Oh! si j'avais su me hausser jusqu'à votre âme et y lire! Mais ji ble pourvous

aimer! Non, Antoine, la main de Dieu s'est encore montrée là; il n'a point voulu qu'une femme vulgaire jouit d'un trésor d'amour l'ait pour un ange; il vous a destiné à quelque autre plus digne: cherchez-la, mou ami, et donnez-lui le bonheur que !.! -niais pas ; rYst pourvous un devoir, car les hommes aussi bons que vous l'êtes sont un don du ciel ; ils se doivent au monde comme l'air et le soleil.

Surtout. Intoinc, ne déplorez pas trop amèrement ma mort! À quoi pouvais-je servir ? Quel bien ai-je l'ai: depuis que je suis née? Je n'ai été quelque chose sur la terre que parce qi eje suis devenue pour vous une occas:on d'être généreux et grand ; c'est là ma seule excuse d'avoir vécu.

Je veux que vos bienfaits me suivent au-delà de la vie;

vous m'avez donné un toi; quand je n'en avais plus, c'est a

vous que. je demande une tombe : ce sera votre présent de

noce. Vous mettrez, sur la pierre qui couvrira ma fosse, mon

nom et deux dates qui diront le temps que j'ai vécu. Être

inutile, tome mon existence est là; j'ai eu un nom, je suis

néeetje suis morte.... rien de ;• as. ,i ce n'est un mauvais

e. Je veux que cette tombe soit pourvous

. quand vous sentirez que votre

.- viendiiz v penser au bien que vous avez

fait!

Adieu, mon ami et mon frère : je pleure en écrivant ces derniers mots, mai- ce n'est pas de douli ur ; c'est de pieté. de reconnaissance, d'admiration". Je voudrais que vous lussiez là pour que je pusse me mettre a genoux ci recevoir votre bénédiction. Quant à me pardonner, je ne, vous l'ai pas deniann ue demande pas au:; anges d'être bons! Adieu ! soyez heureux et tranquille dans ci tte vie; moi je vais en essayer une autre.

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