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rejoignit qu'à la (in du spectacle rt se contenta do dire en rentrant dans la loge :
— Le ballet a été bien court, et sij'avaissuuuelc spectai le fût aussi avancé, je serais revenu plus tôt.
— Vous l'avez trouvé court?— répliqua Malilda; — il m'a semblé durer un siècle.
— Êtes-vous restée seule? — demanda Ormsby. — J'ai bien vu le colonel quitter votrelogc, et à ce moment je me disposais à vous al 1er rejoindre; mais, à la sollicitation pressante de madame Olïnski, je me suis décidé à prolonger ma visite.
Malilda ne jugea pas à propos do provoquer une explication à ce sujet, tandis qu'ils descendaient l'escalier. Dans la voiture, Ormsby revint sur le sujet en question.
— Vraiment, — dit-il, — je ne connais pas de gens aussi aimables que les Olitiski.
— Cher Ormsby, — répliqua Malilda d'une voix étouffée far l'émotion, — n'est-ce pas le genre de vie que vous avez mené depuis quelque temps qui vous fait penser ainsi ? Tout !e monde vous paraîtrait aimable après votre pauvre Malilda, qui n'a plus celle gaîté produite par le calme de l'âme, et qui n'est pas encore tombée dans cet endurcissement qui la gagnera peut-être quelque jour.
Il y avait dans cet accent plaintif, mais sans amertume, je ne sais quoi qui toucha vivement Ormsby. I n caractère enjoué, un goûlnaturel pour la société, et le plaisir de revoir d'anciennes connaissances lui avaient fait un instant négliger Malilda; mais son affection n'était pas refroidie, et loin de là, elle s'était au contraire augmenter par ce sentiment qui lui taisait toujours regretter le chagrin qu'il avait pu causer à autrui. Aussi --1 reprocha-t-il sévèrement sa conduite avec Malilda.
-■' — Pouvez-vous supposer, — lui dit-il, — que la société frivole de tous les Oljnski du monde pourrait compenser, à mes yeux, le moindre ennui supporté par ma chère Malilda. à cause de moi ?
Ce qu'il disait là, il le sentait vivement, et depuis celte soirée, il redoubla d'attentions el de tendresse pour Matiida..
Peut-être reproehera-t-on à mon héroïne de se montrer aussi sensible à la honte de sa situation, alors qu'elle se trouvait en contact avec les mépris du inonde, tandis que, dans d'autres temps, elle avail goûté des heures de félicité. Mais tous les incidens qui marquaient son existence avaient aiguisé sa sensibilité, naturellement si vive, et que le remords avait rendue excessive.
Fidèle à la promesse qu'il s'était faite d'apporter un adoucissement aux ennuis de Malilda et de la distraire de srs douloureuses préoccupations, Ormsby arrangea une partie de plaisir à Pœstum. Malilda y consrnlil volontiers, et le colonel Caatcen, ainsi que monsieur Wordsvorlh, furent invités à les accompagner. La saison elai: on ne peut p us favorable pour eeiie ravissante excursion. Les premières pluies de septembre avaieui cessé el le ciel avail repris s m éclatante pureté.
Les projetsde partie de plaisir en Italie n'occasionnent pas, comme en Angleterre, de fréquens désai pointemens. En Angleterre, la matinée si longtemps Rllem ue c immencera certainement par un ciel couvert et meuacant, et après bien des hésitations el des Tobe,o> nottobt . loi que les victimes prennent enfin le parti désespéré d'accomplir leur projet, — elles prennent des parapluies au lieu d'ombrelles, changent leurs habits de fête pour des manteaux épais, et vont à leur triste partie de plaisir avec des figures d'enterrement.
Mais eu Italie, la pluie descend à des époques fixes, fait son devoir el cesse d'être un sujet d'hésitations ou de crainte.
Arrivés à Pœstum, el landis que Malilda dessinait une rapide esquisse, les trois gentlemen se promcnèrenl dans les uines où leur attention fui attirée parles débris d'ut
foiiable repas d'origine anglaise, à en juger du moins pai quelques bouteilles de perlera demi vides.
— Nous sommes devenus un peuple terriblement nomadi — dit Harrj Wordsworlh ; — tous les babitaos d Londres désertent maintenant la Tamise pour le "Nil travers cataractes au lieu de traverser le pont de Londres, etremplacent la côteletle du club par le pique-nique au milieu des pyramides. Quant à la tribu qui a campé dans ces lieux, elle devait être bien affam V si nous nous en rapportons au témoignage de ces grands débris.
—Vous rappelez-vous, — dit Ormsby, — l'indignation du docteur Johnson au sujet d es sentimensde cet homme dont le patriotisme ne s'exaltait pas dans les plaines de Marathon, et dont la pieté ne devenait pas plus fervente parmi les ruines d'Iona (I)? nue penserait-il alors de ceux qui ont déchiqueté île poulet sous les colonnes des temples de Pœstum?
— Il penserait, — dit Harry, — que, très probablement, ils avaient cette espèce de philosophie qui constitue le bonheur, suivant cette maxime d'un Français : • Pot jouir de la rit . it faut avoir un mauvais ca ur il un bon estomac. •
— Tout cela es! très spirituel, —répliqua le colonel t'aitleen qui avait écoulé silencieusement, mais non pas sans attention, un entrelien dans lequel il était surtout question de manger;— mais après tout, — ajouta-t-il, — on ne peut pas se nourrir avec des pierres. Ces colonnes prêtent sans doute à la méditation, mais elles seraient, ce me semble assez difficiles à digérer.
En ce îauiiie, il. des éclats de rire éloignés annoncèrent l'approche de la société dont les exploits avaient*! lire tant d'attention, et près du tertre sur lequel Malilda s'était assise pour faire sou esquisse, apparurent des daines et des messieurs dont le gai costume, les accens joyeux et les parole-, confuses semblaient annoncer cet excès d'excitation auquel lais s'abandonnent dans un pique-nique d'amis.
Malilda ressentit un certain malaise en croyant reconnaître dans celte confusion de langues, des voix qui lui étaient familières-, et ses craintes se trouvèrent confirmées en distinguant les noies aiguës de mistress Hobson qui dominaient !•• concert général.
— Ma foi ' — s'écria-t-elle,— vousdirez tout ce que vous voudrez, mais ce temple, où celte maison, comme vous préférerez rappeler, ne peut convenir qu'à des laxarettos.
—•Vous voulez dire lassaroni, madame, — repartit mon- Simp rton.
— Oui. lazsaroni,— répéta Tom.
En entendant ces voix i :.iti;li abaîs:
\oile sur son visage et continua son esquisse. Mais au même instant, uiissJemima Hobs m, avec celte heureuse ign di's usages qui carat u rise 'i.; . aussi tendre, cria de toutes ses fori ■ -
— ()!i ! regardi i ' voilà une dame qui dessine! |« vais aller Jeter un pelil coup d'œil sur son ouvrage.
Puis, s'i tant appr ire héroïne :
— Dieu ' maman ' — s'écria-t-elie ; —c'est ma tante Malilda ' Se voyanl reconnue, Malilda, toute tremblante, laissa tombi i son crayon el pencha la lêie sur son a buw.
— \ enez i-i. m m enfant, — app •!.» mistress II dis in,
— \. ima, — dit mistress Simperi
— Ilàtez-vous de revenir,— répéta mistress V
toutes ces dames s'éloignèrenl aussitôt, suivies de lettre cavaliers
— i. sont- dles donc venues & ce poinl
d'il Malilda qui Iremblaii de tous I enibres. — Faut il donc que je courbe le fronl en présence d'une femme dont 'a
et les manières vulgaires ria'Mi! psurmai on suje dedédain el de moquerie? Mais cela doil être ainsi. L'estime de soi-même une fois perdue, loul le resti s'en suit. <> mon Dieu! — s'écria-l-ellc en pleurant à chaudes larmes,—à quel point jesuis tombée, avilie !
i Dans ni'1 lit «a, i trouve une croix qui date du
de saim Colomba, el que la piété du peuple enlonn i aujourd'hui d'i profonde vêiu r ition.
SXi
Lorsque les Hobson passerez près de lord Ormsby el fle ses amis, ils pressèrent le pas avec un certain embarras de contenance. Monsieur Simperlon s'arrêta un instant, et sa servilité naturelle l'emportant sur ses idées de convenances, i! dit à lord Ormsby :
.— Votre seigneurie, je l'espère, n'attribuera pas noire conduite à un manque de respe« I commis avec intention, mais seigneurie sait très bien que" l'habit que je porte me prescrit une grande réserve.
Un instant lord Ormsby regarda des pieds à la tête ce scrupuleux observateur «les convenances, puis il lui répondit :
— Vous avez parfaitement raison, monsieur, d'être aussi réservé.
Pnis, après avoir dit a ses amis qu'il allait les rejoindre, H s'avança vers Matilda, car il pensait bien que cette rencontre soudaine l'avait péniblement impressionnée.
Cependant les Hobson se. disposèrent à partir. Le vieux Hobson n'était pas avec eux. parce que les excursions de campagne ne lui plaisaient pas. et ne lui avaient jamais plu, même à Manchester. Monsiènr Woodhead avait amené sa charmante épousée dans un nouveau phaéton qu'il ava't a helé à l'occasion de son mariage. Quant a Tom, voulant rivaliser ave,' son ami. il avait setvi décocher à monsieur et mistress Simperlon. à sa mèreet sa plus jeune sœur, entassés daiis une caràtel/a de louage, traînée par drus poneys calabrais passablement létifs.
Tom était mécontent de cedéparl précipité, et ses idées de décorum n'étant pas 1res arrêtées, il aurait volontiers compromis sa mère el ses sœurs |.our le" seul plaisir d'attirer sur lui l'attention d - i ord ormsby.
— Nous l'avons échappée belle. — dit mistress Simperlon.
— Batli ! — fit Tom en administrant, du haut de son siège, un coup de fouet à l'un ('es poneys calabrais, qui se mil à hennir el à ruer avec énergie.
— An nom du ciel! prenezgarde, Tom,— dit mistress Simperlon» — vous ne voudriez p;;s m'effrayer, je pense. dans la situation où je nie trouvé.
Uns Tom avait une trop grande force de caractère pour se préoccupi r des alarmes de qui que re fût, siit téressante que lût la situation qui les causait; aussi, dédaignant cette prière pathétique, coi linua-l il à châtier se i irsiers rebelles, ce qui ni- tarda pas à inspirer des craint s très sérieuses; celle fois, aux personnes qui se Irouvaienl dans la caratella.
De son côté, lord Ormsby, voyanl l'ôceablemenl de Matilda et comprenant que tout le piaisirde la journée avait été gâté par la fAcheuse rencontre des Hobson, donna le: mal du départ. Sa voiture suivit de près la caratella conduite par le jeune Tom.
\ une petite distance de Pœ'slum,Harry YYordàworlh s'aperçul que la voiture qui li - précédai! dessinait des zizzags trèseon p'iqués. v peine avait-il fait ci i, que la
'/'"bit culbutée dans un fossé. Les postillons de lord Ormsby, qui riaient .1 gi rge déployée di pa se-
ront au grand galop toul près du malheureux véhii nie. En ce moment Matilda s'écria .
— Arrêtez! an nom du ciel, arrêtez! Peut-être ils sont hles
Les postillons n'obéirent pas im ni à cet or3re,
lorsque eniin ils pHrent arrêté leurs chevaux, Matilda pria le colonel Canteen d'aller s'informer di - uiti • de l'aoeident el d'offrir sa voiture, si cela était nécessaire.
J'.n an ivanl près de !.i 1 :aralella. le colonel s'adressa à monsi Ut Simperlon :
— La dame que j'accompi); ne, —lui dit-il,— m'a prié de 1 us li ■ I] net ! ■ i egn 1 qu lui cause votre accident, el de vous offrir sa voiture, si cel accident a eu des
ses Voti! comprendrez parfaitement que la délicatesse de sa situation T'empêche devenir elle-même vous offrir ses servi-
mle autre
— Non! non! — répliqua mù i<\ani
pas de me n: s
Le colonel ne put s'empêcher de sourire en voyant combien la condition présentede mistress Hobson justifiait peu son assertion, car le fossé était rempli de vase occasionnée par les dernières pluies.
Après s'être assuré qire personne n'avait été blessé, le colonel alla rejoindre ses amis, et lit pari à Matilda, mais avec les ménagemens les plus polis, du refus qu'il avait essuyé. Ce fut la dernière fois que Matilda remontra la famille Hobsi u
Peu de jours après son excursion a Pœslum, Matilda se rendit un soii dans le voisinage du couvenl Camaldole pour y chercher un endroit isolé où elle pourrait, en liberté et sans les consolations d'Ormsby, s'abandonner à ses tristes méditations.
Au boni d'un certain temps elle se disposait a partir, lorsqu'elle vit venir à elle le moine de Saint-Pierre de Rome.
— J'avais entendu parler de ce qui se passe, — dit-il, aprfa un moment de silence, — et mes appréhensions n'étaient que liop justes. Si, lorsque je l'ai rencontrée, tu avais été re que tu es aujourd'hui, je ne l'aurais pas reconnue; heureusement, tu ne ressemblais pas alors a ta mère souffrante et pareille a une sainte, autant que tu lui ressembles aujourd'hui. Cependant, sa physionomie n'a jamais eu l'expression que je vois en ce moment sur la tienne.
— Oh! elle n'a jamais, j'espère, souffert autant que moi! — répondil Matilda.
— Non, jamais, — reprit le moine, — car Je ne connais que trop bien la cause de la désolation que je lis sur tes traits, el dans rabaissement où tu es tombée, comment puis-je es përer te faire écouter un récit qui exige une noble abm galion pour èlre supporté jusqu'au bout?
— Son, — répliqua Matilda, — bien que je reconnaisse nies fautes, croyez que nul sacrifice ne me coulera. Si vous connaissiez mieux mon malheureux sort...
— Assez,— intî -riompit le moine. —Je ne demande pa*
fidences; mon devoir est de l'imposer les miennes. Pourquoi prêterais-ji l'oreille au triste récit de ta faute? — .le suis trop vieux pour éprouver un sentiment de frivole curiosité, — trop abandonné moi même pour offrir des consolations-,— trop abject pour donner un conseil. Mais, arrivons au but : je vais l'apprendre que les magnifiques domaines de Délavai ne t'apparlicnnenl pas.
— Heureuse m uveli ' — s'écria Matilda, dont les pensée* se lournèrent aussitôt vers je résultat que pourrait avoir cette dérouverte en facilitan! son divorce.
— Je suis content de cetie exclamation, — continua le moine: — car il nie suffira maintenant de te raconter les faits les plus imporlans de l'histoire que j'ai à te dire, el «le le donner de nombreuses preuves de sa réaliié II n'est pas néaire que j parle longuement de moi; jeté dirai seulement que je me nomme Morlimer, et que je descends d'une des branches cadettes d'une ancienne famille anglaise catho-
; m peu de fortune força de me faire donnei de l'éducation dans une université étrangère. Plus tard, et ne pouvant me pousser dan- une autre carrière, elle me destina an sacerdoi e.
11 élait impossible de me choisir une profession qui fût plus opposi à mes inclinations; mais, ma religion m'excluantd emplois honorables el actifs que j'aurais
pu remplir dan- mon pays, mon patriotisme m'empêcha de servir contre lui, et L'orgueil de la famille me faisant prendre 1 n mépris la vie commen iale, je prononçai des vœux. Au i" I d'un certain temps, j'entrai dans la maison de voire grand'père, en qualité de confesseur de la famille.
1 puis vo tanité que je ne tardai pas à me
nteuse à dire, mes goûts se
renten harmoi caractère débauché de lord
Wakeficld. J'étais son compagnon assidu, et, dans le <ours
raclai tl mp 1 tanles obliga-