LOP.D NORM
apparente, je reconnus on lui des idées d'ambili
vaiSe sanlé de votre aimable el exe llenl | mblaitpré-
sager à,volre oncle une posilion de fortuue qui lui |
trait d'accomplir un jour ses ambitieux pi 'lue je
fus choisi p ur accompagner voire père dans eoii d voyage à l'étranger, je devins pour lui. j en rou-
gissant, un espion dévoué aux intérêts de son frère i adet.
Lord Wakefïeld,, qui allait p 'u dans le mond •, s'épril de la charmante fille d'un noble Milanais, el Remployai vai i des artifices de tout genre pour empêcher leur union qui fui cependant contractée secrètement, à cause de la rép ; invincible des parens de la jeune personne a prendre un Anglais pour gendre, bîen*iue, comme elle, il professât la religion catholique
Ce mariage fut un coup de foudre pour mon patron qui voyait ainsi toutes ses espérances renversées. !! m'écrivil pour m'aeenser «l'avoir négligé ses intérêts, el me menai r en me rappelant que mes obligations pécuniaires envers lui me mettaient en son pouvoir.
Pendant la grossesse de votre mère, lord Wakefield, donl la santé semblait s'être parfaitement rétablie, tomba tout àcoup malade. Dès les premiers jouis, on désespéra de le sauver, et ce fut alors qu'il fit un teslamenl par lequel il léguait toutes ses propriétés a son enfant posthume, quel que fût son sexe. La tutelle fut attribuée à la mère, et, en ras de mort, à' l'oncle de l'enfant.
A la nouvelle de la mort de lord Wakefield, son frère partit pour l'Italie, et, à son arrivée, il se cacha dans les enviions de la demeure de la malheureuse veuve qui, exilée de la maison paternelle, attendait le jour de sa délivrance. L'infortunée Kosalia mit au monde deux jumeaux, un garel uflefllle,et, cédant aux insinuations de lord Wakefield, l'infamie de faire croire à votre mère que son fil s n'avail'pas vécu. Vous fûtes bien vite privée des caresses de voire mère, qui mourut inconsolable d'avoir perdu son époux, et vous fûtes confiée a la tutelle exclusive de votre oncle.
Depuis ce jour, la conduite de lord Wakefield à mon égard changea complètement. 11 me délestait, je crois, en raison des services que je lui avais rendus et, lorsqu'il retourna en Angleterre, api es un séjour de deux ou trois années a l'étranger, il ne me permit pas de raccompagner ; seulement il m'alloua une pension, à la condition que je resterais en Itali \ et que je veillerais S ce qu'on n'apprit pas l'existence de l'héritier naturel, qui avait été confié aux soins d'une paysanne.
Lorsque la guerre éclata, ma pension cessa de m'être comptée régulièrement, et lorsque enfin cette pension me fut complètement supprimée, la crainte seule des conséquences du crime que j'avais commis, de complicité avec lord Wakefield, m'empêcha d'aller en Angleterre, et de dévoiler la vérité.
Malgré ma détermination de rester en Italie, je ne pus supporter l'idée de voir le noble enfant réduit à un travail mercenaire, et j'avouai une partie de la vérité à son grand-père maternel, le comte de Santelmo, qui n'hésita pas a le reconnaître.
— De qui parlez- vous? —s'écria Matilda avec une vivacité haletante.
— Du comte Santelmo, — répondit le moine.
— Dieu de miséricorde! alors, il est mon frère! Il y a donc dans le inonde un être que je puis aimer sans crime!
Tu le connais donc? — dit le moine. — S'il en est ainsi, laisse-moi te supplier de faire une juste restitution, afin que mon repentir, depuis si longtemps stérile, porte enf fruits. Alors j'aurai l'espoir de mourir en paix. Si lu fais celle restitution, les péchés le seroi ! remis.
— Dans toutes les cir«, in , des, —répondit Matilda,,— je n'aurais pas hésité entre nia fortune et mon li mais dans les circonstances actuelles, je n'aurai pas le mérite d'avoir f :it un sacrifice.
— J'ai appris, — ajouta le moine, — les malheurs d frère, el mes remord.- oni n émets . n vos mains les preu
avec la conviction que vous en ferez l'usage que la
commande, car nies v.eax me défendent de m'im
les affaires tkt inonde. Si vous avi .■ besoin de plus a
'. demain, a la même heure.
nt, et Matilda se hâta communiquer à Ormsby : qui lui
avaient éié fai
Lord lalten-
voulut aussitôt s'assurer de leur i ' r- nir
' . preuve i la i i lail possible.
I ■ but, il se rendit lui-même au rendez-vous d inné par
entit à lui montrer il - écrits
par lord Wakefield, ci que le moine conservait pour sa propre satisfaction, il appril quel était le lieu où le jeune Santelmo avait passé les premières années de si n i nfa . ,1 appi il, en outre, le nom du prêtre qui avait ci lébi é I ! mariage. Les papiers remis par le moine contenaient le nom de plusieurs familles distinguées de Milan, qui de... p .<-r les
circonstances du mariage et de la mort de la comtesse Rosaiia. Ormsby comprit qu'il avait besoin de toutes ces preuves, ci ; lém iigi igi s, pour ajouter a sa propre convie! ion un moyen légal mis en usage par Santelmo. ■
A pari les matifs d'équité qui auraient pu le déterminer à prendre en main la cause d'un individu frustré de ses droits les plus précieux, Ormsby avait des motifs plus puissans encore, au point de vue de ses sentimens, pour commencer immédiatement des démarches en faveur de Santelmo.
Malgré li s délais que sir .lames aurait pu créer dans un but de cupidité, pour s'opposer au divorce, ce divorce devait être nécessairement obtenu lot ou tard. Mais Ormsby désirait ardemment qu'il fut prononcé avant la naissance de l'enfant que Matilda devait mettre au monde dans quelques mois.
Un voyage en Angleterre était nécessaire à l'exécution de son projet, mais il ne pouvait se résoudre à laisser Matilda seule dans sa présente situation. Ce fut grâce aux vives instances de Matilda elle-même, qu'il prit enfin la réso'ution de partir.
— Jusqu'à ce jour, — lui dit-elle, —je n'aurais jamais cru qu'il me fût possible de me faire à l'idée d'une séparation, et moins encore à l'idée d'être la première à vous la conseiller ;
enu d'oublier toute considération person- - 1 puisqu'un moyen nous est offert de réparer une injustice, et de faire oublier à voire excellente mère et à Emily les chagrins que nous leur avons causés, nous devons nous hâter d'agir. Je vous ai souvent parlé avec regret de l'attachement qui existe entre Emily et Santelmo, et que la posilion de ce dernier rendait sans espoir. Ne perdons donc pas de temps pour écarter le seul obstacle qui s'opposât a l'union de deux êtres si bien faits l'un pour l'autre.
— Je ne désire pas moins vivement que vous l'accomplissement de celte union, — répondit Ormsby ; — cependant, dans la condition où vous vous trouvez, je pourrais retarder mon départ.
— Oh ! Ormsby, —répliqua Matilda, — ne nous faisons pas illusion sur les dangers d'un retard. Si des obstacles élevés par la cupidité n'avaient élé suscités entre nous, combien noire situation serait différente aujourd'hui! Mais bien que votre sœur n'ait pas à redouter de semblables obstacles, songez que le sort de Santelmo est plus triste que le votre n'aurait jamais pu le devenir. Son exil et l'impétuosité de son caractère ne pourraient-ils pas lui faire adopter quelque parti
[mus donc de lui donner un bonheur qui lui ,, happerait peut-être.
incu par de tels ar - indés d'ailleurs par
I ■ divorce, Ormsby se rendit aux
installe s de Mali! la; et comme elle ne pouvait l'accompagner
dans un aussi fatigant voyage, il fallut se l'aire a l'idée d'une
née.
ster a
les plaisirs n'étaient pas en bar-
iccupations de son esprit.
D'ac ord avec Orn isit Nice pour lieu de rési-
e présentait d'y aller imœé
MATILDA
diarement pnr mer, ils la saisirent avec empressement. Mali Ida quitta Naples non-seulement sans regret, nuis avec une vive satisfaction,' en songeant à toutes les tribulations qu'elle y avait supportées.
Nice leur offrit un contraste Frappant avec la ville qu'ils venaient de quitter. Au lieu de l'effervescence et delagaite désordonnée de la population la plus voluptueuse du monde, tout, autour d'eux, semblait calme et reposé; lecliiEat lui-même était doux plutôt que brillant : c'était bien cette température bienfaisante qui convient aux malades, et qui prolonge du moins leur existence quand leur mal est sans espoir.
Avant le départ d'Ormsby, Matilda fut installée dans une villa solitaire située à une petite distance de la ville. Crmsby avait déjà écrit a son homme d'affaires f.n Angleterre, et lui avait envoyé copie des lettres de lord Wakefield, en lui expliquant toutes les circonstances qui s'y rattachaient. 11 espérait donc que, par des insinuations plus ou moins directe», et des démarchés près des conseillers légaux de sir .'aines, celuici se prêterait à l'affaire du divorce, dans la crainte que la procédure n'offrît une fâcheuse coïncidence avec la nouvelle de la ruine de Matilda. «
Il fut convenu qu'avant de partir pour l'Angleterre, Ormsby s'embarquerait d'abord pour Gènes, pour aller de là dans les propriétés de Santelnio, afin d'y recueillir les preuves a l'appui du mariage de sa mère et de sa naissance ; puis il se proposait, si la chose était possible, de voir Santelino lui-même avant son retour.
Il eût été difficile de décider qui des deux amans souffrait le plus de cette séparation, et en souffrirait le plus longtemps.
Dans toutes les séparations, le sort de celui qui reste est doublement pénible; car, de même que le changement continuel de scène tend, d'une part, à distraire d'un regret qui revient sans cesse, de même aussi, la vue uniforme et constante des choses inanimées qui entourent celui qui reste, ne lui fait que plus vivement sentir l'absence de l'être dont elles liraient tout leur charme.
Mais, outre cela, il y avait dans la situation de Matilda des circonstances particulières qui donnaient chaque jour une nouvelle force aux regrets causés par le départ d'Ormsby. Eu vain elle s'efforçait de chercher des distractions dans la contemplation des beautés de la nature et dans des promenades solitaires, le souvenir d'Ormsby absent absorbait toute son âme.
— Il m'a donc laissée, et je suis seule! — Telle était toujours sa pensée dominante — Que mon sort ressemble peu à celui d'une femme vertueuse, qui, malgré la douleur que lui cause l'absence de celui qu'elle aime, trouve des consolations u.,ns i'a . omplissement de ses devoirs domestiques, et est certaine du retour de son mari. Mais quel droit ai-je donc à vivre dans une pareille sécurité?
En me quittant, il m'adonne des témoignages de son ardente affection-, mais ses sentimens seront-ils les mêmes au retour? Je ne crains pas qu'il m'abandonne jamais : la générosité de son cœur l'en empêcherait assurément; et pourtant n'ai-je pas sujet de redouter son absence '
La réflexion ne détruira t-elle pas en lui le prestige delà passion, et ne me verra-t-il pas telle que je suis, c'est à-dire : — une pauvre créature déchue?
En vain sa tendresse s'efforcerait-elle de me cacher cette conséquence de notre fatale séparation, je m'apercevrais instantanément du moindre refroidissement dans son amour, tt cette conviction me tuerait. S; mes appréhensions sont fondées, que Dieu m'accorde pour toute grâce de ne le savoir ■an' is