V. Voila pour le pas; ni : quant à l'avenir
je craindrais beaucoup pour ceux qui se prodigueraient en frais de coqûetlerie auprès d'elle: car elle a, m'assure-l on, un esprit distingué, une conversation charmanti
larquables: elle peint, elle chante aveu une supériorité d'artiste. Mad< m • !, de Touralbe n'es! ;
une aventuru re.
— Toqpjjdbe! murmura de Fourneuf; c'est un nom
lier! il a une odeur de n man ou de romancé .. .■"• ■ ' j
tour du myslèi dite... Tour albe,
—Mail i be, reprit ma '
iei dan connais trop, mes-
brruni ml del'ex<}elicnl accueil qi lui ferez. Ma ma s uesl la vôtre, :; la bonté qui
est votre" ouvrage autant que le mien; nous sommes toutes un peu sœui s par la pitié.
■ pi la serra sous la nappe; A al de h nilieur
sur le vi
LE MEDECIN DD PECQ
Repentantes d'avûirdcmné un trop libre cours ù leur langue, mademoiselle de Beaupréàu et madame Musquetle baissèrent les yeux en roulant silencieusement leurs serviettes comme deux petites élèves grondées.
— Bien! bien ! continuai! à demi-voix de Fourneuf: de la sensibilité au dessert au lieu de kirsch, c'est cela! 11 est joli, le couvent: des fous au troisième étage, des malades au second, et des convalescens au plain-pied... et des nonnes de quarante-cinq ans!... A votre santé, monsieuri
Cabassol ne daigna pas même se retourner vers de Fourneuf. 11 fut aussitôt levé que la maîtresse de la maison, et il avait gagné la porte avant d'entendre l'invitation qui fut faite par madame Dalzoïuie à tous les pensionnaires: elle pria ces dames et ces messieurs de venir prendre un thé clans la et tenir compagnie a mademoiselle de Touralbe. Quand ils se furent retiré-, madame Dalzonne prit le bras d'Anel et elle lui dit tout bas:
— Aujourd'hui, mon ami, je ne suis pas contente de vous.
Ensuite ils allèrent ensemble attendre à la grille de la terrasse du château le passage de la chaise de poste qui amenait à Saint-Geruiain le docteur Calveyrac et mademoiselle de Touralfec.
Le Pecq n'est ni une ville, ni un village, ni un bourg: c'esl une rue démesurée dans sa maigreur ; on croirait voir l'épine dorsale d'une grande cité dont les mille antennes brisées auraient disparu a la suite de quelque cataclysme. Elle pend de Saint G-emain-en-Laye ù la Seine sur une ligne d'une déclivité effrayante à considérer, et plus effrayante encore à parcourir. On serait parfois tenté de supposer aussi, en cédant au ressort des inductions, que le Pecq était jadis une rue de Saint-Germain, tout à-coup détachée par un orage et restée en route avant d'achever de rouler jusqu'à la rivière : la dernière maison semble soutenir celle qui s'y adosse ; toutes ont l'air de se servir mutuellement d'appui. Quand on mesure d'un œil courageux son interminable perspective, on semble être me-. nacéde la chiite des rares habitans qui apparaissent aux plans éloignes; ils ii... lient sur vous dans le parcours idéal d'une parabole colossale. Un prétend que certaines villes de la Bretagne ont quelque ressemblance avec le Pecq.
Dès qu'on a quitté la. berge de la Seine, ou a le pied sur la première marche de cette autre chaussée des géans qu'on nomme le Pecq : le pèlerinage du piéton commence. Il est rude, quoiqu'on ait adouci les abords par des échappées de campagne en forme de ruelles, où l'œil alangui se repose un moment want d'affronter d'autres horizons. A droite et à gauche s'élève un rideau de maisons d'une grise ambiguïté, car elles n'ont ni le caractère prononcé des constructions bourgeoises, ni la physionomie agreste des chaumières. En général, elles n'ont que deux éia^cs, troués de c jeuses dont l'aligne-
ment mal observé forme d'étranges parallèles avec la diagonale de la rue-, elles son; niitrées d'un pign ci souvent crevassé par le poids des neiges de l'hiver, fort dur à cet endroit; et il est rare que la frise de la porte ne soit pas ombragée d'un rameau de pin, symbole du principal commerce d :
On h£it beaucoup an Pecq ; mais chacun doit boire i ou chez le voisin, à en juger par l'unique destination qu,' chaque maison, grande ou petite. Si l'intériei r de ces maisons entre deux vins et occupé par une population mixte de mariniers et de gens de la campagne, la rueesl a quis • ja\ chiens et aux poules, seuls êtres assez hardis po journées d i lé sur un I ml là ces chiens?
Voilà un probh me de y pul lion enc r« plus difficile à résoudre qu'en Turquie . où leur multiplicité s'explique par un esprit religieux: le Pecq ne r<
Il est vrai que le Pecq ne > beaucoup de
leur alimentation : ils se nourrissent de sommi , travers de la rue. ils sonl i
aux pii ni près d'eux en halelanl ; i ce n'est en
lève, ils n'aboient jamaii encedu Pecq n'est-il
troublé dans sa moaotone étendue que par les échos de quel-
ques forges cachées ou le petit bruit sec du marteau du tonnelier.
A mesure qu'on s'élève dans la rue. on aperçoit ça et là des extrémités fieui ies de jardin, des brassées de lierres jetées sur le dos des murs, franges des propriétés bourgeoise» bâties entre Saint-Germain et la moins ingrate partie du Pecq. Un phare devrait indiquer au voyageur qu'il est parvenu aux deux tiers environ de sa courageuse ascension. Le phare est une églii la métropole probablement. Il faut plaindre les paroissiens sexagénaires qui sont en aval ou en amontde cette fortification religieuse : Pacte seul de s'y rendre mériterait de nombreuses indulgences. Et que) sérieux ne faut-il pasau curé de la paroisse pour dire comme refrain dans ses sermons : Dans celte vallée de larmes... Quelle vallée que le Pecq!
De l'église au couronnement de la montagne le chemin est encore plus raide, si c'est possible ; on éprouverait un découragement profond de l'avoir affronté, si on ne distinguait au zénith la galerie aérienne du château de Saint-Germain. Le port de salut est là-haut. A l'aspect de cette découpure, le peint d'honneur s'en mêle et on fait bon courage pour atteindre à la consolanle esplanade, où vous mènent bientôt en riant des jardins découverts jusqu'à la ceinture; on s'attache en idée à cette rampe, au-dessus de laquelle le regard fatigué s'étale sur des merveilles de verdure peu à peu apparues, et l'on sent que les pieds se superposent plus exactement au terrain.
Les courans d'un air plus vif ont indiqué au piéton la gradation de ses pas. Il n'éprouvait aucune fraîcheur en gravissant la première moitié du Pecq: insensiblement le vent a couru dans ses cheveux et baigné son visage ; maintenant l'air l'entoure avec la lumière sereine des hauteurs. Ce n'est presque plus le Pecq si ce n'est pas encore Saint-Germain. Là est la maison de sauté de madame Dalzonne, peu distante, comme il vient d'être expliqué, de la terrasse de Saint-Germain.
Abel et mal une Dalzonne furent bientôt au milieu des oisifs de tout âge et de toute condition que cette délicieuse promenade attire le dimanche, et particulièrement dans la belle saison, c'est-à-dire vers la fin de l'automne. De peur de manquer le passage de la voiture où devaient être le docteur Calveyrac et mademoiselle de Touralbe, ils ne s'éloignèrent pas des limites extérieures du château ; ils s'assirent sur un de.-, bancs les plus voisins de l'historique pavillon où naquit Louis XIV. Sous leurs regards s'étendait l'admirable perspective de la terrasse, une .des royautés pittoresques de la France.
A chaque bruit de roues sur le pavé de la chaussée, madame Dalzonne tournait la tête du côté de la grille, pour ramener aussitôt son attention sur Abel, distrait comme toujours, silencieux comme il s'était montré audiner.
— Je suis contenté pour vous, lui dit madame Dalzonne, de l'arrivée de mademoiselle de Touralbe.
— Pour moi ! Et comment cela ?
— Oui, pour vous, Abel. Notre maison, il faut en convenir, n'est pas fort gaie ; un visage nouveau est une chance pour croire à une diversion agréable.
— Je ne me suis j imais plaint, madame, de votre maison, où je serai toujours bien tant que vous y serez.
Les paroles sortaient une à une des lèvres soucieuses d'Abel, dont la pensée était ailleurs qu'a la conversation.
— Je vous remercie, Abel; mais à votre âge, et surtout
étal de langueur où vous êtes, l'amitié pour une seule personne ne suffi l peut-être pas pouroccuper la pensée. Avouez que mis efforts ne réussissent pas beaucoup auprès de vous quand nous cherchons à vous ramener au bonheur par la perde l'exemple.
— Vous savez que je n'ai pas une croyance très forte dans le bonheur absolu sur la terre. <).i veut ici que je vive: soit, je vivrai... Mais pourquoi lanl de soins autour de moi ? Je serai bientôt vieux; il y a longtemps qu i je ne suis plus jeune par la douleur. J'ai vingt-huil ans: à quarante ans je serai plus cassé que Ions vos pensionnaires... Et alors, ajouta amèremenl Abel , qui sait si je n'aurai pas leur philosophie, et si, comme eux, je ne passerai pas mes journées à penser avec