CHAPITRE III, CORRESPONDANCE
Julien d'IIervilly quitta Paris avec joie. Il y était venu chercher bonheur, amour et fidélité à des sermens librement échangés ; il n'avait rien trouvé de tout cela. Le capitaine ne se dissimulait pas que les premiers torts avaientété de son cftlé'tmais en faisant la plus large part à la fragilité humaine, il jugeait que trois mariages consécutifs étaient une vengeance par trop prolongée pour un silence de cinq ans. « Il ne faut plus songera Fleur de Grenade, se dit-il, le temps a détruit dans son cœur jusqu'aux moindres traces de notre ameursi pur, si désintéressé. Il y aurait faiblesse, à moi, de onserver seul un sentiment qui ne peut plus être partagé.
Abjurons donc ces illusions de jeune homme. Si quelque femme se présente sur mon chemin, je la prendrai comme on prend une redoute, pour l'abandonner quand on ne craint» plus le feu de ses batteries. O Thérèse! vous n'étiez qu'une femme, quand je vous croyais un ange ! »
Une autre idée, non moins poignante, occupait l'esprit de- Julien : c'était cette transformation subite du tombeau de sa* mère, et il cherchait vainement à saisir le mot de cette énig* me.
A peine arrivé à Burgos, que le 1" de cuirassiers ne fit que traverser pour se rendre dans le royaumede Grenade, Julien reçut à la fois deux lettres qui l'instruisirent d'une partie de ce qu'il désirait tant apprendre. Le voile n'était pas déchiré, mais il devenait si diaphane, qu'on pouvait tout deviner.
La première de ces missives était conçue en ces termes î
A monsieur Julien d'Hervilly, capitaine au *" de cuirassiers, présentement à l'armée d'Espagne.
Presbourg (Hoigrie), le ... . 1810.
« Mon cher frère, '
» Enfin il m'est permis de t'écrire ! je sais que tu existes! » Combien je bénis le ciel de l'avoir conservé à l'amour de » notre vieux père, à ma tendresse fraternelle ! Séparés les » uns des autres par une tempête d'un quart de siècle, j'en- » trevois cependant le moment où nous pourrons nous réunir • pour ne plus nous quitter. Conçois-tu la Joie de notre père » lorsqu'il pourra serrer dans ses bras le filsqu'il avait » laissé au berceau!
» Comme nous, mon cher Julien, tu as passé de bien » mauvais jours : tu t'es fait artisan pour soutenir l'existence » de notre mère; grâces t'en soit rendues 1 La vertu ennoblit » mieux encore que la naissance ! Nous, mon ami, inces- » samment en butte à toutes les déceptions, nous avons, de* » puis dix-huit ans, traîné une existence malheureuse dans » tout les états héréditaires de la maison d'Autriche.
» Qu'il est amer le paii de l'étranger 1 Toi, au moins, tu » pouvais porter la tête haute. Nous, dans l'émigration » nous étions réduits à rougir de notre abandon. Je n'ai » pu supporter tant d'humiliations pour notre père. J'ai ac- » cepté du service dans l'armée autrichienne et les grades » supérieurs que j'atteignis bientôt me mirent à même de » subvenir honorablement à nos besoins. J'ai servi contre la » France, c'est vrai ; mais si on peut absoudre une telle fau- » te, c'est sans contredit quand un motif aussi légitime, » qu'était le nôtre, la tait commettre.
» J'ai appris la mort de BOtre respectable mère et la carriS- » reqne tu as embrassée depuis, à la suite d'une aventure qui » a failli me coûter la vie. Mais de ma captivité de quelques i » heures, dans les rangs français, j'ai emporté de profonds ! > souvenirs, et j'ai profité d'une leçon qui, bien qu'elle m'ait ' » été donnée par une simple cantinière, n'en a pas moins » germé dans mon cœur. » ;
Ici le comte d'Hervilly racontait son entrevue avec Fleur de Grenade, au bivouac. Le dévouement de cette femme ; et sa fuite dans la forêt de Burghausen. Le comte terminait ainsi :
» Je ne sais quels rapports, mon cher frère, tu as eus avec » cette héroïne; mais il faut qu'ils aient été sérieux puis- » qu'elle portait à son cou le portrait de notre mère et que » c'est grâce à lui que j'ai eu le bonheur d'échapper aux pé- » rils qui me menaçaient. Au surplus il est impossible, pour » une femme de cette classe, d'unir tant de beauté à tant de » courage. Avant de profiler des moyens de fuite qu'elle ra'a- » vait préparés, je lui ai fait remettre un trop faible gage de » ma reconnaissance ; quelques billets de la banque d'Autri- » cbe que j'avais dans mon portefeuille. Puisse cette somme » la meltre à même d'être heureuse !
» Le mariage de votre Empereur avec une de nos archidu*
EMILE MARCO DE SÀINT-HILAIRE
» chesses, fera sans doute rouvrir, tôt ou tard, les portes de » la patrie à un grand nombre d'émigrés qui, jusque là, » avaient tenu rancune au gouvernement impérial. J'espère » que noire père profitera de ses relations avec le prince de » Schwarizemberg, ambassadeur d'Autricbe, pour obtenir » son retour en France. 11 avait bien manifesté quelqu'éloi- » gnement à revenir dans un pays où, dit-il, nous ne possé- » dons plus une pierre pour reposer nos têtes; mais je l'ai » sollicité si vivement, qu'il n'oppose plus à mon projet » qu'une faible résistance qui, je l'espère, sera bientôt vain- *> eue.
« Ainsi donc, mon cher Julien, nous allons nous revoir > bientôt! Quel bonheur ! après de si rudes épreuves! Ah ! » que je voudrais être plus vieux de quelques mois pour te » dire combien je t'aime et combien tu nous es cher.
Le comte d'Heuvilly. »
La seconde lettre, écrite dans un style tout différent, était de Roblot, qui avait trouvé dans la complaisance de son compère un truchementexact.
Voici cette lettre :
'A Monsieur d'Hervilhj jeune, chevalier de la Légion-d' Honneur, capitaine au 2e escadaon du 1,r de cuirassiers, faisant partie de l'armée d' Espagne, actuellement en Espagne , royaume annexa à l'empire français.
Paris ce .... 1810 « Mon cher e! honoré capitaine,
» Je fais mettre la plume à la main à mon digne ami Re- » nard, que vous avez comblé de boules, pour vous instruire » de tout ce qui s'est passé chez nous depuis votre départ. » J'ai revu ma chère fille, qui est plus belle et plus facé- » tieuse que jamais. Ce n'est plus la Thérèse de la rue » Moulfetard, qui se parait le dimanche avec une petite robe « d'indienne à fleurs ; ce n'est plus la cantinière du •JO0, qui » trottait par les longs corridors de l'Ecole militaire, avec » un jupon court ci, un chapeau rond; c'est aujourd'hui » une grande dame qui a des chapeaux a plumes, des den- > telles, des bagues ù tous les doigts et des brodequins. Mais '* tranquillisez-vous, mon cher et honoré capitaine, il n'y a » que la mise de changée, le cœur est reslé le même, du » moins pour moi, qui pleurais comme plusieurs veaux en » la voyant si réjouissante; Elle m'a embrassé comme du » pain et m'a dit de ces choses qui parlaient bien sûrement '»> de son coeur pour venir tomber en plein sur le mien, qui » crevait de joie et de félicité. Fleur de Grenade m'a pré- » sente son mari, un colonel, ma foi! qui a l'air douxeom- » me un agneau, et qui porte sur sa ligure, avecttne paire » de lunettes d'or, un air de fcicnveillance qui fait plaisir à » à voir. Monsieur le baron Solèsme m'a tendu la main ni » plus ni moins que si j'avais été son égal, etm'aditces' » propres paroles : « — Monsieur Roblot, je suis bien aise » de vous voir; madame de Solêsme me parlait souvent » de vous. Je m'aperçois avec un plaisir sensible que la len- » dresse qu'elle vous i orle vous est bien due. Tous rmssemv blez un digne homme 1 — » Là-dessus j'ai rcsaiué mou » gendre, qui n'en paraissait pas plus lier pour cela.
» Il m'a fallu pisser par tous les caprices de Thérèse, » qui a voulu absolument que je l'accompagna se partout » comme un vrai barbet. Mie a loué dos loges a I' ' ea » impériale de musique, où on ne fait qne danser en l'air; » au TÏiéâire-Français, à Fcydcau, que sais-je encore? Tai » été obligé, avec Renard, de ne pas la quitter d'une sév nielle, L'établissement a élé pcndahl e : tçu i s là eoti nie il » à.pu; il est vrai que rien ne va dans ci' qti rticr, < i'(>« n » daut c la reprend \u\ peu ilepa's les fête i u mariage de « s. m. l'empereur cl i i.
» Mon Dieu! mon cher cl honoré rapil il j a de
» belles élu) is îi ru: idérei à l'ai i^ '■ Je pu . Ciie nii loi le » tram hi e que j'e i ti | lu vu eii bail jour s, avï c ma lill •, ii qne;- n'en avais vu dans toute ma vie. V. Fleur de (-'--
nade, si vous aviez élé à même de la contempler au milieu de tout ce monde-là, vous auriez juré qu'elle était née lâdedans, tant elle avait de preslance et de facilité dans la parole. J'ai vu monsieur Talnia dans une jrece intitulée Andromaque ; j'ai entendu monsieur Dérivis dans QL>i Colonne; j'ai vu également monsieur Elleviou dans les Bendez-vous Bourgeois; mais de tous ces messieurs de théâtre, celui qui m'a fait le plus rire, c'est monsieur Brunet; oh! pourcelui-là, il m'a récréé! et malgré ma fille, qui voulait m'empêcher de l'applaudir solidement, en m'objeclant que ce n'était pas comme il faut en loge, j'ai continué de le claquer derechef et toujours en réitérant. » Thérèse a voulu revoir sa chambre; elle a même voulu y passer une nuit sans son mari, descendu avec elle à l'hôtel du Hanovre, rue de la Loi. Il a bien fallu que le colonel lui passât celle fanlaisie. Elle» tout remué, tout visité, sans oublier votre coffret, qui est toujours reslé à sa place et que vous n'avez pas voulu emporter dernièrement avec vous. J'avais beau lui dire: « — Fleur de Grenade, viens donc, ion mari doit s'ennuyer de ne point te voir rentrer. » — Je ne pouvais venir à bout de l'arracher dt son ancienne localité. « — C'est ici où mon sort s'est décidé, use répondait-elle, laissez-moi, mon père, revenir sur les "douces heures de ma jeunesse, p — Pois elle prenait des fleurs des- échecs qui avaient élé abandonnées sur sa cheminée, et clic les portait à ses lèvres; elle tournait et retournait les pe.iiis vases que vous lui avez donnés dans le temps ; enfin tout les effets de son petit ménage que ma défunte et moi avions respecté, lui ontpas^é par les mains; elle n'a rien cassé, comme vous savez que c'était son habitude, et elle riait, pleurait et sautait tout à la fois ; je la croyais folle. « — C'esi que les années ont marché pour toi, et pour moi, Thérèse, lui ai-jc dil, et qu'il s'est passé bien des choses depuis que lu es entrée dans celle chambre. — Mon cher père, a-t-elle répondu en me regardant avec ses deux yeux, j'y rentre comme j'en suis sortie: le cœur aussi pur. — » Je vous laisse à penser, mon cher et honoré capitaine, si j'ai é é étonné d'entendre celle répon. se un peu crouslilleuse. « — Bah! lui ai-jc dit, tu me feras accroire qu'aucun de tes trois maris... allons donc ! — Mon père, a-t-elle interrompu, diles de mes trois amis, de mes trois frères, et rien de plus. — » J'ai voulu entamer la conversai ion relativement à voire sujet. Elle a fait d'abord la sourde oreille; puis voyant que je revenais a la charge et que je lui détaillais la surprise que vous aviez éprouvée en apprnanl ses cois mariages. « — Mon eber père, m'a-t-eile. répondu a'un air assez drôle, ne me par-
< lez pas Jayaniage de monsieur d Hcrvilly, vous empoison-
< lieriez les momens troprourts que nous avons a rester ensemble. Monsieur Julien m'a oubliée, l'ambition lui est
i montée à la lêie; c'est nue maladie contagieuse que j'ai i eue, moi a issi, à son exemple. Qu'il fasse son chemin, j'ai i faille mien; mais i; a;>j rendre un jour quelle femme et i quel amour il an:c our.us. »
» Ceci esi loue I ; \ c,;ie, mon clioe et honoré capitaine; i je vous ai promis il'èire sincère et je le suis, dut cette ciri (onslan e vous faire de la peine.
» Fleur de Grenade a déliré visiler la tombe de sa mère. i Nous avons ù é tous ensemblp au Pére-Lachaise ; je lui ai i monîii c tombe iu de : niante 1 '. marquise votre mèi i de imme que ur lel : lu au de ma défunte, i Ile s'csi
il cc,a |»r é cl a pleuré sur la pierre ; c'était à fendre le i cœur.
n Je re vous parlerai pa; de l'effet qu'a causé dans i i«>r l'arrivée de FI i;r dcGicuadeicétaU une pi i sion dans la rue Sloutlelard pour tenir salui r i elle |M»itlo i li lo d '.enne e,'' i: le dame. Thé.èse a birïl accueilli loulle
un le, voisins et amis; chacun a eu son mot le il è Fleur de Gn nade, je ie dis cm ore, si mbl • çtro |)Our! grandeurs; elle, a - manières de duel: ;: sai ? clic le deviendra" pcul-'lic un j ne. Elle peut maintenant passer pritiecsic comme tant de nos anricus
camarades de lit qui sont ] nérauXj maréchaux ci
» rois.
LA VEUVE DE LA GRANDE ARMÉE
» Voilà, mon cher et honoré capitaine, tout ce que j'avais » à vous mander à l'endroit de ma tille. Et vous, comment »• gouvernez-vous les Espagnols? vont-ils bientôt vous four- » nir l'occasion d'attraper l'épaulette à graines d'épinanls? » c'est ce qtie je vous souhaite du plus profond de mon cœur » (<or je tiens ù votre avancement plus que personne. Vous » êtes mon ouvrage, et sans moi l'armée aurait eu, de moins, » un officier de cuirassier un peu foré, il faut le dire.
» Je compte toujours sur la promesse que vous m'avez » faite de nie donner de vos nouvelles aussi souvent que les » hauts et les bas de la guerre vous le permettront. Quant à » moi, vous voyez que je liens ma parole, puisque je vous » écris celte longue missive.
» Adieu, mon brave et honoré capitaine, bien des choses , « je vous embrasse de bon cœur et vous réitère toute mon » amitié et tout mon respect. »
Un énorme paraphe dans lequel était enchâssé le nom de Roblot, illisiblement tracé, terminait cette lettre que l'expédilionnaire Renard avait jugé à propos d'eurichir de cette annotation discrète :
» Je me recommande à l'honorable souvenir de monsieur » le capitaine d'Hervilly, etje le prie de me compter toujours » au nombre de ses plus dévoués serviteurs et admirateurs. » Comme la lettre un peu prolixe de mon compère Roblot » ne remplira peu être pas le but qu'il s'était proposé, je me » permettrai de vous dire, monsieur le capitaine, que nous » avens reçu dernièrement ici madame de Solêsme et son » mari ; celte dernière nous a semblé aussi bonne qu'autre- » fois quand elle n'était pour nous que Fleur de Grenade. » Madame de Solêsmes est restée huit jours entiers à Paris » avec son époux , et ne s'est mise en route qu'avant-hier « pour l'Espagne, où le colonel, comme vous le savez déjà, » est chargé d'inspecter le matériel des plaves fortes de cette » nouvelle monarchie. Si le hasard vous fait rencontrer avec » elle, vous serez à même de juger si nos éloges sont exagé- « rés. Fleur de Grenade était un diamant brut qui s'est poli » de lui-même au frottement de la haute société. Vous êtes
• pour beaucoup dans celte métamorphose, monsieur le ca- » pi laine, car c'est sans contredit votre amour qui a éveillé, » chez Thérèse, ces instincts généreux. Mais où vais-je me » jeter ?.Yesuror ultra crepidem ; le cordonnier ne doit point » dépasser la semelle, et il n'appartient plus à un êlre relire » du monde tel que moi, de parler d'amour, et de poli Lï- » que, à un homme qui a dépassé ses maîtres dans ces di- « verses matières. Adieu donc, monsieur le capitaine, je dé-
• pose ici la plume que j'avais prse à l'intention de mon » ami, et j'ai l'honneur de nve dire avec franchise :
» Voire très humble et très obéissant serviteur,
» Athanase Rbuard,
» Ex-;mplo. é reiraiié de l'administration centrale du grand Mont- le-pi>slé , actm I ement prOirié;aire de la maison du ttari^and boucher, sise à Tari • rue de l'Epée-de-bjif, n° 4, quartier t'a nt-YJcior. »
Julien ne lut pas ces deux lettres sans éprouver une salislaction intérieure. Grâce aux éclaircissemens que son frère lui donnait sans s'en douter, il se trouvait lixésur un point qu'il élail curieux de connaître. Ce monument splendide élevé à la mémoire de la narquise d'Hervilly était l'œuvre de Fleur de Grenade. Cet argent par leq"el le comte d'Hervilly avaiteru devoir reconnaître le dévouement d'une pauvre cantinièr ■, sa compatriote, avait été consacré, par de, ù celte pieuse fondation. Des larmes mouillèrent les yeux du capitaine en rassemblant les témoignages épars d'une action si généreuse et il se prit à dire: « Ah I chère Thérèse vous qui possédez une âme si noble, pourquoi faut-il que vous ayez un weur si peu lidèle? Pourquoi ces trois époux? Les anges f do même que les chastes filles ne se marient jamais. »
Julien profitadequelquesmomensino^cupéspar la guerre pour répondre à son f' ère, à Roblot et à Renard. Au premier il mandait toute la joie qu'il avait éprouvée à la récepliop'te
sa lettre, et, formait le vœu de se réunir à lui et de ne plus se quitter. « Mais, ajoutait-il, cette espérance n'est peut-être » qu'une chimère I Les drapeaux de l'Empereur ont des ai- » les qui ne peuvent être coupées que par des défaites. A » Dieu ne plaise que les malheurs de la France deviennent » jamais, pour nous, un signal de joies domestiques! mieux » vaudrait combattre toujours et s'aimer de loin que de se s trouver réunis à un tel prix. r>
A Roblot et à Renard, Julien disait qu'il n'oublierait pas plus, vis-à-vis d'eux, ses promesses que son amitié et, sans parler directement de Fleur de Grenade, il les complimentait sur les jours heureux qu'ils coulaient doucement ensemble.
Ces deux missives une fois expédiées, d'Hervilly et son régiment continuèrent leur chemin à travers les provinces insurgées et frémissantes de vengeance, contre nous; et le lw de cuirassiers arriva à Grenade.