CHAPITRE II
LE BAHQUET FÉMININ.
Les qualités de Fleur de Grenade causèrent un telle sensation à l'École-Militaire, que les cantinières des régimens, celles de la garde à leur têle, décidèrent qu'un banquet serait offert, parelles, à madame Bouffard. Celui-ci craignit un instant que sa femme, encore peu initiée au langage un peu décolleté de ces modernes Débora, n'éprouvât une sorte de répugnance à se trouver parmi elles.
— Et pourquoi ? demanda Thérèse à son mari qui, à cesujet, était entré avec elle dans des considérations à perte de vue ; ne suis-je pas comme la plupart d'entre elles, la femme d'un sous-offirier? Mon métier n'est il pas le même ?
— Certainement, Thérèse, mais tu es si jolie, tu as reçu une éducation si chouette et lu as tant d'esprit dans le naturel, que tu te trouveras embarrassée avec ces Parisiennes-là qui ne vont paspar quatre chemins, et appellent un chat un... chat, et disent qu'une carpe n'est pas un brochet.
— Mon ami, je ne prends pas au comptant les complimens que tu m'adresses sans cesse ; mais m je possède un peu de cet esprit que tu veux bien m'accorder, je ne me trouverai point déplacée au milieu de femmes qui valent, sousbien des rapports, mieux que moi.
Fleur de Grenade se rendit au banquet des cantinières qui l'accueillirent pour collègue à l'unanimité La fameuse Cathe rine Cordier, cantinière du \'T régiment dés grenadiers à pied de la vieille garde, lui fit même cette petite allocution toute maternelle:
« Fleur de Grenade, lui dit-elle de sa voix enrouée, ce o n'est pointa toi qui es une enfant de giberne qu'il fautre- » commander la lldélité au drapeau. Le drapeau donc, primo » d'abord et d'un, et le commerce ensuite. Avec le troupier, » ma fille, sois sage mais ne sois pas chipie. Un homme est » un homme, une femme est une femme, suffit on se comprend. » Gagne de l'argent tant que tu pourras quand le vent y » sera, mais fais crédit aussi, dans l'occasion, car si nous » profitons des bonnes chances du troupier, nous ne devons » pas l'abandonner quand il est à sec, dans les marais Pan- » tins... »
— Pontins, mère Cordier! cria une cantinière qui avait fait la campagne d'Italie sous Schérer.
— Pantins on Pontins, qu'est-ce que ça me fait, à moi I repartit la doyenne.
« Si bien donc, qu'en allant ton petit bonhomme de che- » min dans le 10', tu pourras avec le temps, arriver dans les » vieux de la vieille où je resterai, s'il plaît à Dieu, jusqu'à » ce que mes quilles me refusent le service (t). Voilà, ma » belle Fleur de Grenade, ce que j'avais à te dire relative- » ment à la chose, dans l'intérêt de ton commerce, et dans » celui des cantinières majores delà grande armée, que j'ai » celui tour le quart-d'heure de représenter ici, tant par » mon âge que par mes services qui remontent à 92, époque » à laquelle je me suis embarquée, de mon village, avec le » bataillon de la Haute-Saône. Ah! dam ! ma chère, j'en ai » vu des dures et des rapides depuis ; et t u m verras peut- » être de plus dures et de plus rapides encore. J'ai été en
(I) Les cantinières de la garde étaient choisies parmi celles d' s régimens de i'arr»ée de ligne. On donnait loujous la préférence a celles qui s'étaient fait remaïqaer par h régulatiié de leur conduite.
» Egypre, je me suis assise, telle que tu me vois, sur le nez » de ce gros farceur de sphinx qui est enterré jusqu'aux » épaul s, au pied de la première pyramide à main gauche, » en entrant dans le désert. J'ai bu de l'eau du Nil non 01- » trée, et j'en ai fait boire à nos hommes. J'ai vu tous ces ii mamamouchis de Turcs, au Kaire et ailleurs, se battre » comme des enragés contre nous, qui leur apportions les n bienfaits de la civilisation au bout de nos baïonnettes) » comme disaient les citoyens Monge et Bcrthollet. J'ai mai- » ché dans le désert pendant plusieurs jours, sans boire ni » manger, comme un vrai chameau, ayant du sable jusqu'aux » genoux et par delà... Ceci est la pare vérité; enfin me » voilà encore ferme surla hanch», et les yeux toujours fixes, » à dix pas devant moi sur le drapeau, comme il est dit dans » l'ordonnance, car vois-tu, ma belle Fleur de Grenade, le » drapeau est l'étoile polaide... »
— Polaire! interrompit encore la même voix.
— As tu fini, mam'selle Goffin ' riposta la mère Cordier ; tu me tournes la tête avec les reprises perdues. Parce que tu es la fille d'un maitre d'école et que tu sais lire et écrire, tu te permets de trouver à redird'à tout, sans égard pour le sexe ou pour l'ancienneté... Tais-toi, et laisse moi finir mon discours J'en étais, je crois, au drapeau qui est l'étoile polaide des cantinières et des chefs de corps. « Bien m'en a » pris après la levée du siège de Saint-Jean d'Acre, demari- cher constamment pendant la retraite avec mon régiment » qui était alors la 6« demi-brigade, car toutes celles de mes » camarades qui se sont écartées ont été prises par cesdam- » nés de Turcs, et le bon Dieu, seul, sait ce qui leur en est » advenu. •
— Je le sais bien, moi ! dit en riant aux éclats l'acccrte cantinière des guides.
— Tu ne le sais pas, morveuse ! exclama la mère Cordier. Tu étais encore en sevrage à cette époque. Et puis si tu le sais, tant mieux ou plutôt tant pis pour toi, il y en a assez d'autres qui ne le sachent pas.
La cantinière de la garde continua à raconter sa campagne d'Egypte, et elle était aussi prolixe sur ce chapitre que Roblot sur ses campagnes de Flandre. Thérèse, habituée à écouter, n'interrompait pas la doyenne, et cette condescendance quin'étaitpas imitée par les autres convives, inspira à la mère Cordier une véritable affection pour Fleur de Grenade, à qui elle fit entendre qu'elle ne serait pas éloignée de Lui résigner ses fonctions de cantinière du régiment des grenadiers de la vieille garde, quand l'heure de la retraite serait arrivée tour elle.
Cette promesse que Thérèse s'empressa, le soir même, de ré; éter à son mari, fit ouvrir des yeux énormes au sapeur.
— Oh! ma petite femme, lui dit-il, as- tu bien entendu ?
— Trèsbien, répondit celle-ci.
— Mais, c'est une fortune que la mère Cordier nous donnerait. La cantine d'un régiment de la vieille,vautà elle seule celle de trois régimens (I) !
— Reste à savoir, interrompit Fleur de Grenade, si je me résoudrais à quitter le 10e.
— Et pourquoi pas ? demanda Bouffard.
— Ce régiment n'est-il pas le lien depuis longtemps? réponditFleur de Grenade, ton nom n'est-il pas inscrit parmi ceux des plus braves? Et ne suis-je pas la femme d'un des plus intrépides soldats de ce régiment y
A ces paroles, Bouffard serra avec effusion la main de sa femme en lui disant d une voix pleine d'émotion :
— Thérèse, je ne puis répondre à cela ; mais ce que tu me
(I) I a mère Cordier avait trois filles. Elle les maria toutes trois et donna b chacune d'elles une dol de quatre mil'e fraucs. Celle foitunede'a canli iere s'explique par la haute paie des soldais de h garde, et surtotit par Pin roduclion dans les rangs de os derniers, de jeunes no s riches »t Instruits qui , fous le nom de vélites, étaient incorporés dans les grenadiers îi pie I et daus les cliasscins, moyennant une pension de 3 o r. par an. Au bout de trots, quatre ou cinq ans, ces mêmes vélites pas aient dans l'infanurie de batadle ou dans la cav»lerie légère, avec le grade de sous-lieutenant.
dis me fait battre le cœur comme jamais il n'a battu, même le jour où jVnirai pour la première fois dans ta chambre de la tue AloufiTptard ?.. te le rappelles-tu?
Pour toute réponse, Pleur de Grenade se jeta au cou de son mari, qui l'embrassa... comme un père embrasse sa fille.
Grâce aux liaisons que Thérèse avait formées avec les canlinières des autres régimens, elle obtint carte blanche pour pénétrer dans les divers quartiers de l'Ecole. En linéiques semaines, la jeune femme avait appris l'exercice du fusil. Un vieux marérbal-des-logis instructeur lui avait donné des leçons d'équitaiion au manège des sous-oflkiers des vnadiers a cheval. Si l'on joint à cette instruction première le talent de bien tirer le pistolet et de manier le fleuret avec dextérité, on se fera une idée de l'éducation militaire de Thérèse. A la grande surprise de ses maîtres et des canlinières ses camarade, on la vit, un jour, manier un cheval de même que le plus habile éeuyer, et toucher les maires d'armes des régimens comme le plus fort prévôt. A l'étude matérielle de l'art de la guerre, Fleur de Grenade voulut joindre l'étude raisonnée. Elle apprit, par cœur, les diverses Ihéories de la cavalerie et de l'infanterie, et lorsque l'occasion s'en présentait, elle en faisait avec sagacité l'application sur le terrain. Pour l'infanterie, le capitaine Paquevilie, le même qui, lors du repas de noces de Thérèse, avait pronostiqué à un s- us-lieutenant railleur la destinée de Thérèse, s'était chargé d'être son répétiteur. Etonné par fois de la perspicacité et de l'ardeur de son élève, il lui disait :
— Sur ma parole, ma belle canlihière, vous en savez plus long que beaucoup de nos théoriciens. Que] dommage que les femmes ne puissent pas commander une compagnie; la vôtre serait la plus instruite. Mais, madame Bouffard, où avez-vous puisé ce goût extraor.linainc pour noire métier?
— Bon chien ehasse de race, capit ine, répondait Thérèse en souriant, le suis la fille d'un homme qui ne rêve que gloire et balai les. Je suis venue, au monde dans un camp; ma première enfance s'est passée au milieu des combats, je ne pouvais pas être autrement que je ne suis.
Ces études et ces dix ci s exerï ices n'empêchaient point la femme du sapeur de faire son petit commerce avec avantages. Tout prospérait au jeune ménage. Des huit cantines établies dans l'Ecole-Mili taire, la sienne élait la plus fréquence après celle de la garde, et les soldats, sans distinction d'armes ou de régimens, se donnaient rendez-vous chez madame Bouffard Cette vogue suscita bien quelques jalousies, en faisant naître des rivalités; mais l'humeur de Fleur de Grenade élait si douce, elle élait si spirituelle, si obligeante, que celles-là mêmes qui croyaient avoir le plus ù se plaindre de sa popularité, parlèrent un silence prudent E les firent sagement, car Thérèse eût été aussi prompte à venger une insulte qu'à rendre un service.
Roblot avait abandonné le bal du Salon de Flore pour venir s'instal'er, deux fois par semaine, dans l'étal li senti i t de sa tille, qu'il appelait fastueuse meut son quartiergénéral. Le bonhomme ne laissait pas que d'être uhle à l'achalandage de la maison, car il yavait en quelque sorte fondé un cours de blague militaire, — qu'on nous passe le mot,— dont la chaire était dignement occupée par lui. Les soldats, jeunes et vii iix, a - i avait tout- d'abord
fraternisé, se pressaient autour de la table où il fumait a\ec Bouffard, son gendre. le cousin Kenard, qui l'accompagnait quelquefois, trouvait, lui aussi, le moyen de glisser quelques blagues civiles au milieu des avalanches de souvenirs de son compère Roblot.
— A.h ça l ce n'est pas tout de se marier, disait le ferblantier à son gendre, i! taut encore fournir des hommes à la patrie. Quand me feras-tu grand-père, Bouffard ?
Le sapeur se mordait les lèvres et répondait comme on dit, moitié figue, moitié raisin.
LE SIFFLE. — V
— Mon ancien, le ferblanc pourra vous manquer un jour,' c'est possible ; mais jamais la platine, je vous en réponds, car vous en avez une des plus solgnét Mais soyez pais ble, beau-père, on fera i qu'on pourra pour vous contenter : Paris n'a pas été bâti eu un jour.
— Ce que je t'en dis, Bouffard, Té; liquait le ferblantier en clignant de l'œil d'un air malin, n'est que pour le bon motif. La race des braves doit se perpétuer indéfiniment, n'est-ce pas ton avis?
— Tout-à-fait, beau-père; mais buvez et ne vous inquiétez de rien : le soleil luit pour tout le monde.
n'arrivait parfois que le compère Renard voulait continuer la plaisanterie du père. Roblot ; mais le sapeur, qui la souffrait patiemment de la part de son beau-père, ne se montrai! pas si débonnaire envers le cousin; et, un soir que celui-ci avait accumulé les quolibets sur le chapitre delà paternité, Bouffard, poussé à bout, prit son parent à l'écart et lui dit d'un ton qui n'admettait pas de réplique :
— Cousin, vous savez si j'ai pour vous les sentimens d'estime que quiconque doit avoT pour un bourgeois de votre capacité. Mars, je suis soldat avant tout; et par conséquent un i ' brutal. Si donc vous vous faites une satisfaction de ui'entortiller dans des rébus que je ne comprends pas, prenez garde que la moutarde, me montant seulement jusqu'à 1» barbe, je ne me conduise, avec vous, comme avec un péquin qui me serait totalement étranger ; car si un camarade de régiment me débitait la cent millième partie des calembours que vous dégoisez sur Fleur de Grenade et sur moi, il ne risquerait rien de faire numéroter ses membres, parce qui ne se passerait pas un quart-d'heure sans qu'ils fissent connaissance avec la lame de mon sabre. Tout ça soit dit sans vous offenser, attendu que je vous suis redevable du bonheur de posséder Thérère, et qn^jene voudrais pas que vous vissiez autre chose, dans ce que que je me fais i'honneur de vous dire là, qu'un conseil d'ami.
Le contrit d'ami avait rendu Renard plus circonspect. Il ne se hasardait plus que rarement à dire le mot pour rire : le sapeur s'en aperçut.
— Que diable ! cousin Renard, lui dit-il quelque temps après, je ne vous trouve plus le même. Nous jadis si jovial,
es triste à présent comme une capote d'hôpital. Aurérù : tous par hasard déposé votre gaîié dans votre administration? l'aurerùz-vous mise en plan pour parler à mots couverts?... Je croyais pourtant que le Mont-de-Piété ne prêtait pas sur les di uiales?
— Cousin, répondit Renard d'un ton un peu jiqué, vous m'avez l'ail apercevoir que la plaisanterie, hors de saison, est quelquefois dangereuse, .terne le suis tenu pour dit, et je me concentre dans la gravité d'un homme qui se pendrait de. désespoir, s'il savait faire la moindre peine à son semblable.
— Entendons-nous, répliqua le sapeur, je n'ai prétendu, en aucune façon, vous interloquer dans la chose du dialogue où vous êies très aimable ; je vous ai fait observer seulement qu'il ne fallait pas tirer à la cible ni Fleur de Grenade, ni moi, parce que ça ne convenait pas à un homme de bureau comme vous; hormis ce chapitre-là, vous pouvez dire tout ce qui orne vos idées, parce qu'elles font l'instruction et l'amusement d'un chacun.
Malgré ce correctif à l'avis, l'employé fut encore quelques jours a garder une stricte neutralité dans les entretiens du la cantine ; mais peu à peu ses craintes disparurent, sa ianguese délia, et bientôt le prudent Renard rivaiisa de plus bille avec son compère Roblot, pour les récits fabuleux et les aventures fantastiques.
L'o'rdre arriva enfin, au lo° régiment deligne.de rejoindre la grande armée et de partir pour l'Allemagne. Cet ordre si ups attendu, rendit Fleur de Grenade toute joyeuse. El e pensait qu'elle allait peut-être avoir des nouvelles de Julien. Qu'on ne croie pas cependant qu'une pensée i oupable s'alliât, dans le cu'iir de la jeune lemme, a la découverte de son amant. Mon ; mais les passions vives et profondes ne se bannissent jamais du cœur, el quelque fondés que soient les torts de l'homme véritablement aimé, une femme ne reste
«MILE MARCO DE SAINT-HILAÎRE
jamais indifférente à sa destinée. Si donc Fleur de Grenade j soupirait après son départ, ce n'était point, dans le cas où elle aurait retrouvé Julien, pour renouer avec lui des liens quifeussent été criminels ; celait chez elle une satisfaction ! toute platonique que de pouvoir presser, en amie, la main I d'un homme qui lui avait si généreusement sacrifié ses goûts d'artiste, son avenir et sa liberté. « Mais il est mort, se 'lisait-elle tristement ; n'importe, je serai peut-être assez heureuse pour voir la place où il a succombé... en pensant à moi peut-être ! Alors je prierai Dieu pour lui et je ne me plaindrai plus.»
La joie de Fleur de Grenade n'avait point échappé à son mari. Le gros bon sens du sapeur avait deviné la pensée de sa femme.
— Thérèse, lui avait-il dit, nous allons en Allemagne. Si monsieur Julien n'est pas mort comme on l'a dit, tu le retrouveras peut-être un beau matin... officier... car c'était un bel homme à ce que m'a assuré le cousin Renard.
— Eh bien ! Bouffard, quand je retrouverais monsieur Julien, répondait Thérèse, qu'en résulterait-il? Cela te porterait-il ombrage? n'as tu pas confiance en moi? me crois-lu capable de reconnaître, par une trahison, les bons procédés, et cette fidélité à tes promesses, que tu n'as cessé d'avoir pour moi?
— Non, femme, ripostait le sapeur, mais...
— Mais, quoi ?
— Mais, ajoutait Bouffard en se grattant le front, j'aimerais autant que tu ne retrouvasses pas monsieur Julien. Les vieilles amours, c'est comme les démangeaisons, ça revient toujours.
— Bouffard, répondait Thérèse avec dignité, croyez que le serment que j'ai prononcé sur le Christ est aussi sacré que celui que vous m'avez fait sur votre croix d'honneur. Mon ami, une femme est toujours sage lorsqu'elle est retenue dans le devoir par l'amitié et par la reconnaissance.
— Toujours de l'amitié, de la reconnaissance! Eh I madame Boulfard, c'est comme l'ordinaire des sous-officiers du régiment : toujours la soupe et le bœuf.
— Ne le plains pas, ces deux sentimens sont les premiers de tous : l'amour est un feu de paille, l'amitié est un feu tranquille qui ne s'éteint jamais.
— Saperlotlel exclama le sapeur, j'aimerais pourtant assez de temps à autre, un petit feu de paille, ne serait-ce que pour voir l'effet que ça fait. Enfin puisque ce n'est pas dans l'ordonnance, il faut bien dire comme le gros-major: «Ce que femme veut, Dieu le veut.»