I^E SIEGE
« tfop souvent (c). Enfin je fais toi>s « les ans un petit voyage sur la côte « agreste, défFichée et civilisée par les « soins du père Arsène; ces bonnes gens « revoient toujours avec plaisir un dis- « ciple de leur premier père : c'est ainsi « qu'ils appellent celui qui fut à la fois « leur instituteur, leur législateur, leur « premier pasteur et leur plus tendre « ami (/*).»
Ici l'ermite termina son récit, qui in-^ téressa vivement Clara , parce que le père Arsène y jouoit le plus beau rôle. Le sorr même , le père Arsène et Clara prirent congé de l'ermite; une voiture et des cbevaux , que ce dernier leur pro^ cura , les conduisit à la ville , où ils se mirent à minuit dans une voiture publique qui partait pour la Rochelle.
Le voyage fut heureux et n'offrir aucun événement remarquable. Dans les derniers jours d'octobre, on arriva dans la ferme où Clara fut déposée et coufîée aux soins d'une faiiiilie rcspcc-
table qui vivoit là dans une grande aisance et dans l'union la plus parfaite.
Le maître de la ferme, nommé Jerson, homme qui avoit à peine quarante ans , étoit cité dans le village comme le modèle de la piété filiale , et comme le meilleur des époux et des pères ; aussi passoit-il pour le plus honnête homme du canton ^ car aux champs encore les vertus domestiques sont le gage des bonnes mœurs , et forment toujours la base d'une excellente réput^uion.
Jerson avoit une femme digne de lui , deux jeunes filles de treize et quatorze ans , trois enfans charmans , et une mère âgée de cinquante-sept ans, nièce du père Arsène, et l'objet de la vive affeclion et des plus tendres soins du vertueux Jerson. Beaucoup de va- lets employés dans cette ferme , et réunis à la famille toujours active , toujours occupée , donnoient un grand mouvement à cette habitation isolée , qui éloit assez loin du village et située sur