‹ Le siège de Paris, 1870-1871Chapitre 21 sur 30 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SOMMAIRE

Les combats livrés pendant le siège. — Moralité des banquiers allemands. — M. Glais-Bizoin et le paysan breton. — La justice pendant le siège. — lies amis de la paix, les amis de la guerre. — Le peuple dans ses fêtes. — Le conseil de guerre du 30 décembre 1870. — Déposition du général Ducrot devant la commission d'enquête. — Le général Trochu refuse de se démettre de sa fonction de commandant des troupes. — Le général Yinoy est nommé commandant en chef de l'armée de Paris. — Conseil de guerre du 21 janvier 1871. ■ — Un armistice est conclu. — Assemblée nationale élue le 8 janvier 1871. — 30.000 hommes de l'armée ennemie occupent un quartier de Paris. — Les Français à Berlin après léna et Auerstaedt. — Entrée des Allemands. — Ils occupent un terrain convenu d'avance. — La visite au Louvre. — Proclamation du ministre de l'intérieur. — Il est faux que l'empereur d'Allemagne soit entré dans Paris ; M. de Bismarck n'y est pas entré ; M. de Moltke non plus. — Les Champs-Elysées et la place de la Concorde, le 2 mars. — Rapports de la police. — La nuit du 2 au 3 mars. — Scènes de dévastation aux Champs- Elysées, le 3 mars. — Belle attitude du général Vinoy. — Paris ! — Ce que Napoléon l" a dit de la ville de Paris.

Les combats livrés pendant le siège de Paris, du 17 septembre 1870 au 19 janvier 1871, sont nombreux (1).

17 septembre 1870. — Combat de Créteil. 19 septembre. — Combat de Chàtillon.

23 septembre. — Combat de Villejuif.

(1) Pour Champigny, le Bourget, Buzenval, etc., voir Le gouvernement de la Défense nationale, par Jules Favre.

30 septembre. — Combats de Thiais, rilay et Chevilly. 13 octobre. — Combats de Bag-neux et de Châtillon. 21 octobre. — Combats de la Malmaison et de la Jonchère.

28 octobre. — Combat du Boiirget.

30 octobre. — Reprise du Bourget par les Prussiens.

29 novembre. — Combat d'Epinay.

29 novembre. — Combat de THay.

30 novembre. — Combat de Montmesly.

30 novembre. — Première journée de la bataille de Champigny, combats de Choisy-le-Roi et de la Gare-aux- Bœufs.

2 décembre. — Seconde journée de la bataille de Champigny.

11 décembre. — Combats du Bourget et de la Ville - Evrard.

12 janvier 1811. — Combats de Clamart et de Châtillon.

19 janvier. — Batailles de Buzenval et de Montretout.

28 janvier. — Capitulation de Paris.

Un récit développé de ces divers combats exigerait un espace que nous ne possédons pas, et des détails sans intérêt pour la plupart des lecteurs. Tous les combats se ressemblent; les assiégés font une sortie sur un point, l'ennemi délogé de sa position se retire en combattant jusqu'à sa réserve. Là il fait un retour offensif, et les assiégés, repoussés, rentrent dans leurs lignes ou dans la place.

Les assiégeants ne cherchent pas à pénétrer dans Paris, les assiégés ne peuvent se frayer un passage, et tout se borne à des combats sans résultats.

L'histoire des opérations militaires pendant le siège a été faite (1), souvent avec succès. Nous nous bornerons à

(1) Par le général Ducrot: — par Félix Bonnet, capitaine d'artillerie {Guerre franco-allemande) et par plusieurs écrivains militaires ou civils.

constater la bravoure des défenseurs , et leur indiscipline. Ce ne sont pas les opérations militaires qui t'ont honneur aux Parisiens , mais leur attitude pleine de dignité, en présence des privations, des souffrances et des menaces.

Notre but est de peindre les tableaux si variés qui frappaient tous les yeux, de secouer la poussière qui commence à cacher les fautes et à ternir les belles actions.

Nous voudrions donner à ces Récits milifaires, non le caractère d'une grande leçon, mais les allures familières d'une intime causerie.

Nos lecteurs doivent connaître les petits faits indifférents en apparence, et qui ont cependant leur valeur aux yeux de l'histoù^e ; si en leur présence on comble de louange le patriotisme des Allemands, ils répondront par ces mots:

(( Certains banquiers allemands avaient pris part à l'emprunt Laurier (1), fournissant ainsi à la France des ressources, ou, si l'on veut, du n^r/ pour continuer la guerre contre la Prusse. Ces banquiers ont été poursuivis en Allemagne et condamnés comme traîtres: M. Guterbock à deux ans d'internement dans une forteresse ; M. Kulp à neuf ans ; MM. Meyer et Goard à dix ans ; M. Levita à trois mois, »

Si on émet l'avis que nos armées de province étaient bien commandées, il réveiJlera ce souvenir: M. Glais- Bizoin, visitant le camp de Conlie (2), rencontre un mobilisé de son village.

— Y a-t-il longtemps que tu es ici? dit le membre du gouvernement.

— Depuis un mois.

— Et qu'avez-vous fait, pendant le mois?

(1) Ou empruut Morgan.

(2) Voir Récits militaires, 3' série.

— Nous avons changé trois fois de chemises et quatre fois de général en chef.

Ces petits faits, unis en grand nombre et combinés par l'esprit de chacun, sont les éléments dont se forme l'histoire vraie.

Qu'on nous pardonne de ne pas décrire les quinze ou vingt combats livrés autour de Paris pendant un long siège. Les inspirations ou les calculs des chefs offrent un médiocre intérêt, et le sujet, par lui-même, est aride pour le lecteur non militaire. Qu'il nous suffise de dire que les défenseurs de Paris sont devenus chaque jour plus braves, mais les foules armées ont toujours manqué de discipline et d'instruction.

Pour nous, d'ailleurs, l'intérêt du siège de Paris est moins dans les opérations militaires que dans l'attitude de la population.

Cette attitude nous apparaît sous mille formes. La justice est l'une des plus remarquables. Les armées allemandes entourant Paris n'empêchèrent pas la justice d'être à son poste. Un certain nombre de magistrats étaient absents et l'on se compta pour s'assurer que toutes les audiences pouvaient tenir pendant l'investissement. Les avocats voudraient-ils plaider? le pourraient-ils? Un décret avait permis de suspendre toute mesure d'exécution contre les débiteurs pour la durée de la guerre, mais la justice proprement dite demeurait entière.

Vingt-huit magistrats de la cour de cassation, trentecinq de la cour d'appel et dix-sept du tribunal civil étaient absents. Or, il n'existe pour toute la France qu'une seule cour de cassation. Après l'investissement, que deviendraient les pourvois en cassation de la province ? Sans compter que les affaires criminelles intéressent en général la liberté des plaideurs et ne peuvent subir nilenteur, ni interruption. Aussi le gouvernement de la Défense nationale autorisait-il le ministre de la justice à transférer

à Tours la chambre criminelle de la cour de cassation. Malgré l'absence de la moitié de son personnel, cette cour se constitua à Paris et les trois chambres dont elle se composait, la chambre des requêtes, la chambre civile et la chambre criminelle, ont pu tenir une audience par semaine.

La chambre criminelle, que le garde des sceaux avait autorisée à s'installer à Tours, fut transférée à Poitiers. Elle y ouvrit ses audiences le 3 novembre 1870 sous la présidence de M. Legagneur. Elle jugea les affaires civiles urgentes et les affaires criminelles en général. Les avocats et les avoués de la ville furent autorisés à remplir devant cette chambre le rôle conféré, à Paris, au barreau spécial absent en cette circonstance.

Le grand service de la cour régulatrice se trouva ainsi, par la force des événements, réparti en deux sections, celle de Paris et celle de province. Il n'y eut jamais la moindre interruption dans le service,

A la cour de Paris et au tribunal civil, toutes les audiences ont été organisées et se sont ouvertes un jour par semaine. La cour d'assises a été fermée, non pas faute de magistrats, mais faute de jurés. Le service militaire rendant impossibles les fonctions du jury, il eût été trop rigoureux de retenir sous les verroux jusqu'à la fin du siège des accusés qui peut-être eussent obtenu un acquittement. Le Président des assises fut donc autorisé à mettre en liberté provisoire ceux des accusés qui, à raison des faits relevés contre eux par l'accusation, lui paraîtraient mériter cette faveur.

La grande salle des assises renfermait trente lits d'hôpital ; la salle du conseil servait de théâtre aux opérations chirurgicales. L'ambulance du Palais de Justice était l'une des mieux organisées de Paris. Une commission composée de magistrats, d'avocats, d'avoués, la dirigeait, pourvoyant à tout. Le grand ambulancier, le

brancardier, l'infirmier par excellence, se nommait le premier président Gilardin. On l'avait vu à Champigny, au fort de la mêlée, relever les blessés sous une grêle de balles. Son exemple était suivi par tous, magistrats et avocats; tour à tour infirmiers et soldats, ils veillaient au chevet des blessés, après les avoir transportés dans leurs bras, du champ de bataille où ils tombaient euxmêmes, jusqu'aux ambulances, lorsque le combat avait cessé.

Un magistrat éminent, un avocat célèbre, un profond jurisconsulte se fait, au besoin, l'écrivain public d'un pauvre illettré qui veut se rappeler au souvenir de la famille.

Des esprits inquiets ont sévèrement interprété l'absence de certains magistrats ; ils ont dit qu'entre la capitulation de Sedan et l'investissement de Paris, chacun avait le temps nécessaire pour rejoindre le post-e du devoir. Avant d'accuser, il faudrait peut-être entendre la raison de chacun. Ainsi, parmi les vice-présidents du tribunal, l'un manquait à l'appel du 3 novembre. Cependant il était parti de Rouen pour Paris; il laissait dans sa maison femme et enfants et tenta vainement de franchir les lignes prussiennes. Arrivé à Néauphle le 5 octobre, il cherchait à gagner Versailles lorsque les Allemands le firent prisonnier, et le malheureux supporta les douleurs delà captivité.

Au reste, le service de la cour d'appel et celui du tribunal n'ont pas plus souffert de l'absence du magistrat, que celui de la cour suprême.

Des avocats pleins de zèle allaient des chambres de la cour et du tribunal aux conseils de guerre de la garde nationale, au conseil de révision. Ces tribunaux remplaçaient en quelque sorte, pendant le siège, les juridictions ordinaires.

Pendant la durée du blocus, les crimes et les délits

commis par les gardes nationaux, même en dehors du service, étaient jugés par les conseils de guerre, conformément au code de justice militaire. Ces conseils, au nombre de neuf, un par secteur, se tenaient alternativement dans les chambres civiles du tribunal. Les audiences étonnaient, les premiers jours l'habitué du Palais. Au lieu de la robe, le juge officier de la garde nationale était revêtu de l'uniforme. Le ministère pubhc et le capitaine rapporteur, désignés par le conseil de l'ordre des avocats, appartenaient au barreau, et portaient en même temps l'épaulette de la garde nationale. Le code militaire les effraya par sa sévérité, et ils obtinrent un décret du 21 octobre qui autorisa les conseils de guerre de la garde nationale à déclarer l'existence de circonstances atténuantes, de manière que la peine pût être abaissée d'un ou de plusieurs degrés.

Les décisions des conseils de guerre peuvent, d'après la loi et en tous temps, être révisées par un tribunal qui est le conseil de révision. A l'exemple delà cour de cassation, ce tribunal militaire recherche, sans revenir sur les faits, s'il a été donné satisfaction à la loi et à toutes les garanties de ladéfense. La garde nationale devait, comme l'armée, avoir son conseil de révision. Il fut directement formé parle conseil de l'ordre des avocats et se composa de cinq juges et d'un commissaire du gouvernement choisis parmi les avocats à la cour d'appel et à la cour de cassation, les avoués à la cour et au tribunal. Le président était M. Dufaure, ancien bâtonnier. Là, plus d'uniformes. Le tribunal de cassation siégeait en habit de ville.

La justice à cette époque conserve encore une telle puissance, que la guerre qui vient de détruire le trône et les armées n'a pu même l'affaiblir (1).

(1) Pendant le siège de Paris, M. Jules Le Berquier, avocat à la cour

— Siy2

Depuis la capitulation de Sedan, il y avait en France deux sortes de gens — nous ne disons pas deux partis — quidemandaiont hautement, l'une la paix immédiate, l'autre la guerre à outrance. Les premiers, depuis le 14 novembre, affirmaient que M. Thiers discutait à Versailles, avec les envoj'és des grandes puissances disposées à agir auprès du roi de Prusse. Les seconds voulaient toujours la guerre. Ces derniers étaient, toute proportion gardée, plus nombreux à Paris qu'en province.

Les amis de la paix auraient eu raison, immédiatement après la défaite de Sedan, lorsque l'Empereur avait rendu son épée, si le roi Guillaume n'avait eu d'autre but que de vraincre l'armée française et non d'abaisser la France en voulant la déshonorer. Mais, Paris entouré d'ennemis, nos provinces envahies, nos armées en captivité, mieux valait combattre. La paix octroyée par le roi de Prusse lorsque la capitale tenait encore, lorsque Chanzy, Faidherbe, Bourbaki commandaient des armées, aurait froissé cruellement le sentiment national. Avant de se rendre, il fallait avoir brûlé sa dernière cartouche, et dévoré son dernier morceau de pain. Nous pouvions dire alors : Tout est perdu, fors l'honneur.

Nous étions donc pour la résistance à outrance, la résistance du désespoir. Elle nous a coûté cher. Des torrents de sang ont coulé, et la génération a souffert le martyre; mais la postérité admirera nos sublimes résolutions. 11 est, dans la vie des peuples, des heures solennelles où chaque homme doit dire à son voisin : Frère, il faut mourir !

Peut-être l'épreuve n'a-t-elle pas été assez terrible ?

tl'apitel, a publié clans la Revue des Deux-Mondes, du 1'^'' février 1871, un travail sur la justice et sur le barreau.

peut-être nos provinces du midi et de l'ouest n'ont-elles pas senti le fer assez profondément enfoncé dans leur chair? On le croirait en voyant le luxe et les joies survivre à nos malheurs, en entendant les mêmes discours insensés prononcés par les mêmes voix, en assistant aux mêmes égarements, aux mêmes fohes, aux mêmes oublis.

Après avoir été témoins de la faiblesse de l'esprit militaire en 1870, nous affaiblissons encore cet esprit ; au lieu de consacrer toutes nos richesses à l'organisation d'une puissante armée, d'une armée invincible, de l'armée qui nous vengera, on construit des lycées de jeunes filles ; au lieu de tendre la main aux vieux soldats et de les attirer sous les drapeaux, on crée des bataillons scolaires ; au lieu de parler de la patrie toujours et en tous lieux, on prononce des harangues contre la religion, contre la famille ; le passant foule aux pieds les ruines de villages incendiés par les Prussiens, il voit même à Paris des monuments renversés par la Commune, alliée de la Prusse, et le passant, poursuit son chemin, sans émotion et sans colère.

Peut-être est-il à regretter que la guerre n'ait pas duré assez longtemps, et n'ait pas eu pour théâtre les fossés de la Bretagne, les montagnes de l'Auvergne et ces rives du Rhône, de la Saône, du Lot, de la Dordogne, dont les mobiles se battaient bien loin de leur pays. L'armée allemande, déjà très affaiblie, découragée, soumise aux privations, n'aurait pu résister ; l'Allemague épuisée par les sacrifices eût fait entendre sa voix. Alors, reculant de plusieurs siècles, nous aurions montré au monde la guerre de deux nations, de deux races.

Les savantes combinaisons de M. de Moltke, ses profonds calculs, les harangues de Gambetta, la tactique insensée de M. de Freycinet, ses fohes stratégiques, tout aurait disparu dans un élan populaire, et les femmes et

les entants de France, ivres de vengeance, auraient aidé les hommes à chasser le Prussien.

On a préféré signer la paix au prix de provinces et de milliards. La blessure était profonde. Elle nous condamnait au silence, aux économies, à l'union et surtout à une pensée : l'organisation d'une puissante armée.

Nous avons parlé plus haut que jamais, et répété les phrases de 1792; nous avons dépensé follement nos richesses ; le parti vainqueur abusant de sa force a semé la désunion; enfin, abandonnée aux pohticiens, la constitution de l'armée laisse tellement à désirer que les anciens militaires, officiers et soldats redevenus paysans, détournent la tête pour ne pas voir.

Nous ne dirons rien de la nouvelle armée qui n'est pas une oeuvre militaire ; le patriotisme nous impose silence.

Nul n'ose le dire tout haut, mais si la paix n'avait pas été conclue après Sedan, peut-être ne fallait-il la signer qu'aux pieds des Pyrénées, si les Prussiens nous avaient suivis jusque-là. Ils seraient entrés dans Paris, ils n'en seraient pas sortis. Les pavés auraient d'eux-mêmes quitté la terre ; de toutes les fenêtres, des greniers et des caves, les meubles seraient tombés sur le Prussien au point de l'écraser. Ni son artillerie, ni ses torches incendiaires, ni ses assassinats, ni la famine, ni la terreur n'auraient pu arrêter le Parisien dans sa juste colère. Le roi Guillaume et ses conseillers le savaient. Aussi se contentèrent-ils d'un semblant de triomphe. Ils firent un pas dans Paris, dans le large espace convenu où toute surprise était impossible.

Ce n'est pas de la sorte, en tremblant, que nos soldats entraient jadis à Berlin.

Certains hommes, nourris des vieilles idées nationales, ont la fohe du patriotisme. Il faut leur pardonner, car cette folie vient du ciel.

Les hommes animés de ce patriotisme interrogent

d'un regard souvent inquiet la foule populaire dans ses jours de fête, alors que la joie la rend expansive.

On pouvait espérer que les souffrances du siège imprimeraient à son caractère plus de maturité; mais après avoir vu la multitude aux funérailles de Gambetta et de Victor Hugo, il n'est pas un homme de bien qui n'éprouve une cruelle déception. Ces funérailles ont été sans dignité, sans respect, privées de toute convenance. On dira peut-être que les joies du peuple sont bruyantes et sans mesure. Cependant, on vit un jour la rentrée dans Paris de l'armée de Crimée, sous les yeux d'un peuple immense. Les régiments défilaient à l'ombre de leurs drapeaux mutilés; des balcons, des fenêtres, une pluie de fleurs tombait sur les baïonnettes; deux cris se faisaient seuls entendre : Vive la France ! Vive l'armée !

Le peuple était enflammé de patriotisme ; il saluait son fils le soldat, il en était fier, et celui-ci revoyait la France le cœur joyeux.

Le populaire peut donc trouver la joie hors du désordre et du cabaret ; c'est à l'autorité de l'arrêter sur la pente de la dégradation, et de le ramener à sa place véritable.

En 1870, le départ des troupes pour l'armée du Rhin, accompagné de cris : à Berlin ! à Berlin ! et de lambeaux de la Marseillaise, manqua de dignité, et le peuple s'y montra grossier. Ce même peuple avait été admirable à la rentrée de l'armée de Crimée.

Quelle mobilité il y a dans ce peuple de France ! Mais aussi quelle richesse dans ce sang généreux! quelle force dans ces cœurs d'acier !

Les hommes politiques détournent la tête en disant : « Il est impossible de gouverner ce peuple ! »

Nous serions tenté de soutenir le contraire; mais il faudrait, pour le prouver, montrer l'impuissance du parlementarisme sur la nature du peuple français.

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