AUX HABITANTS DE STRASBOURG
't Des bruits inquiétants, des paniques ont été répandus ces jours derniers, involontairement ou à dessein, dans notre brave cité. Quelques individus ont osé manifester la pensée que la place se rendrait sans coup férir.
« Nous protestons énergiquenient, au nom de la population courageuse et française, contre ces défaillances lâches et criminelles.
« Les remparts sont armés de 400 canons. La garnison est composée de 11000 hommes, sans compter la garde nationale sédentaire.
« Si Strasbourg est attaqué, Strasbourg se défendra tant qu'il restera un soldat, un biscuit, une cartouche.
« Les bons peuvent se rassurer; quant aux autres, ils n'ont qu'à s'éloigner.
« Strasbourg, le 10 août 1870.
« Le général de division, commandant supérieur,
«< Uhrich.
« Le préfet du Bas-Rhin,
« Baron Pron, »
L'énergique déclaration du général Uhrich faisait allusion à la panique qui avait suivi l'arrivée du parlementaire menaçant la ville de bombardement, si celle-ci ne se rendait pas. On s'était d'abord demandé, en effet, si , avec les quelques milliers d'hommes qui formaient sa garnison, Strasbourg pourrait se défendre et si ce n'était point folie que d'essayer une résistance. L'Europe et le monde savent ce que fît Strasbourg et comment la vieille cité d'Alsace s'est défendue.
JEUDI il AOUT.