EXPLOICTS DES DEUX ARMÉES
Royale et Protestante, dépuis le siège de Poictiers , jusques au siège de sainct Jean d'Angely 1569. tiré des plus véritables Historiens "".
Les Princes perdent quelques semaines devant Poictiers. La ville est commandée de montaignes incommodes aux assiégez : mais la battrie lente et molasse leur donnant loisir de se fortifier à la brèche, et craignant les assaillants de faire ailleurs nouveaux efforts avec pareil succez : desja la disette pressoit les Citadins , affoiblis de plusieurs Capitaines, avec grand nombre de Soldats. Et la mortalité affligeoit le Camp des Princes : comme voicy que ceux-là rencontrent un moyen opportun de liberté , et ceux-cy un plus honneste subject de descamper. Le Duc d'Anjou sçachant l'extrémité des assiégez et le commencement de dissipation de Farmée Protestante pousse les Chefz d'icelle à prendre de deux advis Fun, ou de desgager Poictiers, ou de laisser perdre une place importante où plusieurs de leurs confidans estoient enserrez, 11 assiège Chastelleraud '•*, et fait brèche : les François ^^f}^^^^ ^^^^ en veulent la pointe , les Italiens la disputent, en fin le sort du dé la leur donne. Hz viennent bravement à Fassaut, les François dédaignent de les suy vre : et les assaillis les laissent monter jusques à la brèche, mais d'une brusque salve de scopeterie terrassent les plus déterminez , puis à coups de main contraignent les autres de se retirer en confusion , laissants sur la brèche cinq enseignes , plus de deux cens cinquante hommes morts, et grand nombre de blessez, dont
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plusieurs moururent en suitte, ce fut le septiesme jour de Septembre -1569. ainsi le siège fut levé.
Retraite de Ces Princes advertis de cette soudaine retraitte la pren-
Monsieur.
nent pour une espèce de fuitte : marchent aussi toute la nuict en queue , passent les rivières et se rangent en bataille pour y forcer le Duc , ou le faire tirer à Tours , où le Roy sejournoit alors.
Geste sy soudaine retraicte fut faicte avec telle diligence , promptitude et bonne conduitte des Maistres de Camp, quelle doit estre remarquée pour un notable traict de guerre , de faict on n'eut Jamais estimé que le remuement de tant de pièces d'Artillerie et d'un si grand Camp comme estoit c'estuy cy, se peust faire si soudainement , et sans desordre , ce qui occasionna comme j'ay dict les Princes de suivre jusques au Port de pilles où les coureurs trouvèrent bameres de nombre d'infanterie que son excellence y avoit laissé , l'Admirai adverty que le passage luy estoit deffendu y en- Esi-armouche yoYSL quclqucs Rcgimeus d'Arquebusiers pour y attaquer
du port de Pelle.
l'escarmouche , Briquemaut , Beauvois , la Nocle , et la Serre commandés d'y mener leurs Cornettes , Soubise et ses Poictevins, avec quelques autres Cornettes marchent ensuitte pour entreprendre si l'occasion se presentoit : Les deux premières Cornettes donnent vivement, mais ils ne peurent passer outre, le Lieutenant Bricquemault y fut faict prisonnier, Soubize '*® y perdit beaucoup des siens , entr' autres l'aisné du verger '*" en Poictou, ainsi l'Admirai fut contrainct passer la Creuse, entre le port de Pile et la Haye en Touraine résolu de forcer son excellence en un combat gênerai ; mais tout le jour se passa en escarmouches, y ayant un ruysseau qui les empeschoit de se joindre , ainsi les protestants furent
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contraints de repasser la Creuse et la Vienne' et se rendre à Faye la vineuse faute de vivres.
L'armée de Monsieur grossissoit d'heure à autre par le^^^'^J^^i moyen de TArriereban, repassa la Vienne avec son armée, ***"** '*^*"*' Tavant-garde conduitte par Monsieur de Montpensier, luy menant la bataille , tira droit à Loudun.
L'amiral adverty de la resolution prinse de luy donner la ^^ ^^'/Jl^" ^ bataille, s'y résolut par la requeste Importune des estrangers, et de la présenter aux pleines de sainct Cler , village à deux lieues de Montcontour.
La plaine estoit longue et large de demie lieue , sans aucun arbre, fors d'un petit noyer qu'elle avoit à son milieu, la pleine toute emblavée , et les seillons si menus , et de terre si tendre, quelle sembloit sablon d'Estampes, qui faisoit qu'elle ne pouvoit nuyre aux Chevaux, au reste si unie que soixante mil hommes n'y eussent paru plus haut les uns que les autres.
L'armée de Monsieur estoit pour lors de huict à neuf mil „ ^ ^^'^f* „ ^
* l'Armée de Mon-
Chevaux, de seize à dix-huict mil Fantassins y comprins six *•*"'*• mil Suisses de Combat , et quinze pièces d'Artillerie.
Celle des Princes de six mil Chevaux que François que ,. .^^J"** ^ Reistres, huict mil Arquebusiers, et quatre mil Lansequenets, six Canons, deux Coulevrines, et trois mousquets, ayant l'aissé le reste à Lusignan.
L'admirai avoit mis le régiment de ses Cornettes à droit, et quelques autres à gauche, se tint au milieu , son régiment estoit de cinq Cornettes , deux des ordonnances du Roy : la sienne , dont estoit Lieutenant , Saragosse, la Rivière "^^ portoit le drapeau pour y commander celle de Reauvois laNocle, absent pour maladie celles d'Avantiqui, d'Autricourt, et du
]Co lA bataille
Marquis de Retel •", T Admirai avoit une autre Cornette de Gentils -hommes de sasuitte, le reste des Cornettes estoit i
derrière , et l'infanterie disposée , comme le lieu et Toccasion 1
le Youloit. La bataille Conduite par le Comte Ludovic "*, '
Campée un peu derrière tirant sur gauche avec son infanterie , et les Lansquenets : L'Amiral fit avancer la bataille, et |
gaigner Moncontour que la Noue *** et la Loue *^* avoientdesja |
prins, y faisant mener rArtillerie croyant n'en avoir plus ^
affaire. L'Armée Royalle venue en la pleine d'où estoit party l'Amiral , apperçeut l'avantgarde protestante gaigner pays , advertirent Monsieur deMonpensier"',queroccasions'offroit de deffake la retraicte des ennemis, on y envoya nombre de compagnies pour les rompre, Moûy *®' est chargé, son Lieute- i
nant tue plus de cent sur la place , le reste est poursnivy, un |
petit ruisseau couvert d'arbres , marescageux, mal-aisé pour la Cavallerie arresta la poursuitte , l'Amiral commande qu'on fist alte , que toute l'armée n'estoit pas comme on croyoit , \
les rassure, somme Mansfeld *^* Colonnel des Reistres d'effectuer ce que tant de fois il luy avoit promis , ordonna les Cornpaignies comme bon luy sembla, se délibère d'attendre le ]
reste et passer la joiu'née.
Pour bien représenter la Charge, il vous faut dépeindre le naturel et assiette du lieu où la rencontre se fit, vous j
avez veu l'estenduë de la pleine où les protestants se pre- '
senterent au combat, laquelle ils avoient quitté ne croyant pas, comme j'ay dict , que Monsieur voulut accepter la bataille pour ce jour, ils furent donc pressez de descendre I plustost qu'ils n'eussent faict, la descente de cette pleine n'est point royde, c'est pourquoy ils pouvoient laisser courir leurs Chevaux en toute liberté, toutesfois plus ptatte et
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unie du costé de Moncontour, duquel coste ceste pente rencontre plustost le ruisseau dont nous vous avons parlé, borné de grands saules et arbres : les protestants repassèrent le mesme ruisseau, contre Fadvis des plus vieils et expérimentez Capitaines vous avez veu cy dessus l'assiette j^^H^^^ ^ et estenduë de la pleine qui se vit du depuis ensanglantée de la mort de tant d'hommes , il vous faut dire quelque chose de Moncontour. Moncontour "® anciennement n'estoit qu'un Chasteau eslevé sur une assez haute et roide Montagne, garny de ses fossez et murailles bonnes pour le temps, et assez deffenduë de coups de traict : la retraicte duquel estoit une haute et forte tour qui luy estoit pour donjon, fossoyé et muny de tout ce qui luy faloit pour aculer une armée qui eust de principal but voulu tirer ailleurs, y a environ deux cens ans que cette place sise sur les bornes des François et des Anglois, qui tenoient toute la Guyenne, servoit a la fleur de lys de retraicte asseurée contre ceux qui vouloient poursuivre les coureurs de France : car les François y tenoient leur frontière aux Poictevins et Anglois , qui sortoient de Poictiers ou de Touars, lesquels enfin ennuyés se résolurent de leur enlever ce siège des mains par Guichard d'Angle '" , le sire de Partenay ***, Perceval de Coulongne "' et trois mil autres Poictevins avec quelques Anglois leur donnèrent : ce fut en Aoust. \Z1\ . La campagne où l'Admirai disposa ses trouppes s'esloigne
de Moncontour de demie lieuë Françoise, de deux d'Er- um data bataille.
vaux ***, fort unie en la plus-part , couverte de terre déliée
et non plus fascheuse que celle que nous vous avons dit
de S. Cler , l'armée avoit les rivières de la Touë **'* et la
Dive***, la première à droit , et l'autre à gauche, voyant
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tontes ses troupes fist avancer la bataille plus à droit , dont il donna la charge au Comte Ludovic avec trois canons et une coulevrine^ prenant la charge deFavant-garde, ayant avec soi, Puigreffier *", la Noue, Telligny, et quelques autres qui avoient charge de deux canons, deux longues , et deux mousquets , et le Comte de Mansfeld pour Chef des Reistres , desquels Q avoit distribué près de la moictié à la bataille, conrnie aussi de Lansquenets que Granvilars conduisoit. Tous lesquels après avoir baisé la terre firent protestation les uns aux autres de mourir plustost que reculer, L'Amiral usa de cette ruse , de mettre un arquebuzier en chacun rang de Cavallicrs, pour disposer sa cavallerie, il sépara les cornettes Françoises , et Allemandes , il en mist deux de Reistres avec deux de Françoises , comme les der-* niers de Tavant^garde estoient celle de ses hommes, et celle vjrméedevji^ d'Acicr (qui conduisoit la sienne en personne) flanquées à "*'*'*"• droit de deux cornettes de Reistres, tenant tousjours leur
forme de bataillon ; au flanc gauche de ses cornettes Françoises, estoit le Capitaine Ramiers^ avec sa compagnée d'Arquebuziers pour enfans perdus , et à leur costé trente harquebuziers à cheval, de la garde d'Acier, tous ces harquebuziers un peu plus adyancez que les cornettes , plus haut, tirant toujours à costé droit, estoient la cornette domestique de TAmiral , et trois autres qu'il conduisoit, flanquée d'un costé de quatre à cinq cornettes Allemandes que Mansfeld commandoit , et de l'autre de deux compagnées d*arquebuziers de la Doge , et un autre devant TAmiral , quatre compagnées dévoient combattre, qui pource estoient un peu avancées, le reste de l'avant-garde s'avançoit tousjours ainsi plus outre en forme de Rataillons jusques à Moûy^
de Moncontour. 16S
et la Loue, qui estoient en teste avec leurs Regimens secondez demesme nombre de Reîstres. Ainsi de la bataille^ qui estoit en ordre beaucoup plus haut à la main droitte , tirant vers Ervaux, combien que toutes ses troupes se de* vançoient les unes les autres : ce n'estoit pas de droit fil ne en teste, ains comme tirants à di'oitte afin que F Amiral qui restoit au fonds et en queue de toutes les compagnées peust voir de loing la disposition , contenance, et desmarche de Tannée Catholicque, et soudain y pourvoir selon Foccurence. Telle estoit la disposition de la cavallerie protestante , pour le regard de Finfanterie, celle de Favant-garde estoit en masse t^ant forme d'un gros bataillon , que faisoient les Lansquenets, soubs la charge du Baron de Greselée, et de Granvillars : flanquez des deux costez des Régiments d'Arquébuziers François, de Mes ■'*, Rouvray, Bricquemault le jeune, d'Ambres '**, et du Chellar, aussi tost que ses fantassins AUemans sentirent le point de la charge venir, ayant tous baisé -la terre , protestèrent tant à leur Chef que les uns aux autres, mourir plustost que reculer. Au reste ce bataillon estoit soustenu par quatre troupes de cavalliers, que François que Reistres : ordonnés comme j'ay dit ailleurs, Finfanterie de la bataille faisoit autre bataillon, des Régiments de Baudiné , Mombrum *•* , Blaçons , Mirabel , et Virieu. Toute Farmée estoit en blanc , la Cavallerie avecques ses casaques blanches, les Reistres, et toute Finfanterie, tant Françoise qu'estrangere, avoient vestus leurs chemises blanches, la Jecole •** au surplus, et Fécharpe de taffetas , jaune et noir , Monsieur, après s'estre quelque peu advancé en la pleine , et avoir faict venir les principaux Ghefe , disposa les troupes à la façon Françoise : qui est de diviser la Masse d'une Armée
104 La bataille
en deux parts , qu'on nomme advant-garde et bataille , qoelques-fois si Tannée est fort grande on en faict trois, et à ces deux-cy on adjouste une arrieregarde pour soustenir lesdeux premières troupes si elles sont enfoncées , et secourir les bandes qui en auroient besoin, et aussi pour r'allier tant ceux qui pour un long combat auroient perdu, ou égaré leurs drapeaux , que pour arrester les fuyards , et les contraindre à faire teste.
Non seulement le François divise son année en trois batailles , mais presques toutes les nations de ce temps , façon de faire qui semble prinse (comme une infinité d'autres , que les ignorants des vieux siècles attribuent chascun à sa nation) des Romains lesquels pratiquoient presque tousjours cela, notamment es journées plus signalées, si quelqu'un désire en cette disposition une telle tierce trouppe, il l'eust peu trouver es bandes des Mareschaux de Camp ; lesquels tenants le derrière de la bataille , n'estoient là que pour r'allier , comme je vous diray.
L'avant-garde se composoit de lacavallerie, tant Françoise, qu'Allemande, et Italienne. Des François estoient les Princes Dauphin '** , Duc de Guise, Martigues *" , Ghavigny *" , la Valette ***, et plusieurs autres Capitaines : la trouppe desquels n'eust sceu estre moindre de deux à trois mil chevaux. Des Italiens , le Gomte de saincte Fior, le Gomte Paul Sforce , les Comtes d'Isti, Santelle "", et plusieurs autres, avec leurs trouppes , approchans de mil chevaux , bons et bien équipez, l'Infanterie tenoit forme d'un gros bataillon , que faisoient le Régiment des Suisses, conduit par le Colonel Glery, qui devoit estre de huict mil hommes, mais il fut reduict à quatre. Cinq Régiments François et Italiens pour les flanquer
de Maneoniour, 165
és deux costez, condoicts par les Capitaines la Barthe , Sarlabous *" , les deux Isles, et celuy d'Aunoux. Pource que la pleine estoit belle et large , rArtillerie fut départie en deux : huict pièces pour Tarant-garde, et sept pour la bataille, rangée à la teste des Bataillons. Devant ces troupes de Gavallerie et gens de pied , on avait avancé , ( à la façon Françoise ) un nombre de jeunes gens , tant de cheval que de pied, pour servir de coureurs et attaquer les premiers le combat. A tout cela commandoit le Duc de Montpensier , lequel fit tenir tel ordre à son Avantgarde, les Suisses, et leurs flancs d'harquebuziers , comme prests d'aller à la charge , furent mis sur la droicte ; et devant luy advança Martygues , qui devoit charger le premier , après que les enfans perdus de la cavallerie , qu'il avoit devant luy auroient faict leur première charge, Martigues estoit suivy par le Prince Dauphin : lequel accompagné de Chavigny, avoit à sa droicte le Comte de saincte Fior, Marie et Paul frères **®, avec Caries de Birague "* , suyvis de leurs Régiments , la pluspart Italiens. Apres le Prince marchoit, pour soustenir tout ce que dessus. Le Duc de Montpensier ayant à costé deux mil Reistres : conduicts par le Lantgrave de Hess *'®. les deux Comtes Reingraff frères '". Comtes de Vvistembourg , de Bassompierre *", et Schomberg *", qui commandoient à dix huict cornettes. Et pource que le Duc de Montpensier se doutoit que les Suisses qui luy faisoient la droicte, ne chargeroient pas, s'ils n'estoient flanquez, et soustenus de la cavallerie Françoise : destina pour leur costé gauche les Duc de Guise, la Valette, et plusieurs autres Capitaines, avec leurs compagnées qui les asseuroient de tout hazard.
Toute cette masse alla furieusement à la charge , comme je vous diray après vous avoir représenté la bataille, laquelle
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se composoit, des Ducs d'Aomalle *** , de Longoeville ***, Mareschal de Cossé *'• , Tavannes *•' , Marquis de Yillars , la Fayette "% de Toré "•, Carnavallel •**, la Vauguycm "• , Villeguier *", Vatan, Vesigny, de Mailly ***, Greau, et plusieurs autres Capitaines , qui pouvoient tous faire trois mil chevaux de combat , le Comte de Mansfeld conduisoit mille ou douze cens hommes, le Marquis de Baden *** pareil nombre, ainsi la bataille ayoit près de quatre mil Reistres , rinfanterie estoit ainsi disposée que l'avant-garde , en un bataillon de Suisses, ayans sur les ailes les Bourguignons et Espagnols, quatre régiments François.
Conduits par Cossins, le Jeune Montluc **'^ , Goas, et Ranoe, qui ayoient sept grosses pièces devant eux. A toutcel^ commandoit son Excellence, qui ayoit un peu derrière à costé droit les troupes des Mareschaux de Camp pour r'allier et faire le devoir que dessus : Tous ces bataillons avoient en Teste leurs enfans perdus , comme j'ay dict à l'avangarde , voicy Tordre que chascune compaignée avoit en la bataille, pour démarcher quand le signal du combat seroit donné , Monsieur voulut estre entre le Marquis de Baden et les Suysses. Et pource sur le point de la charge il commanda au Duc d'Aumalle de mener les Reistres du Marquis qui estoit à sa droicte, le Mareschal de Cossé avec ses Compaignes, et le Comte de Mansfeld '** avec ses Cornettes enfermoient les Suysses à gauche. Devant son Excellence, Camavallet avoit 50. Gentils-hommes, pour charger les premiers, sur le costé droict du derrière de son Excelence, se mit Biron avec ses compagnons Mareschaux de Camp, et leurs troupes.
Telle estoit la disposition de Tune et l'autre Armée, leur Rang, et leur ordre pour aller à la charge, lesquelles à mesmes temps, se meslerent furieusement comme vous en-
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tendres; Tavannes monté sur un haut pour reniarquer (par le Commandement de Monsieur) la contenance des protestants , rapporte que Dieu luy presentoit occasion de deffaire ses ennemis, et s'il youloit donner bataille il estoit temps, Monsieur loiiant Dieu de grande Allégresse, comme son visage le Tesmoignoit, faictes marcher au nom de Dieu , dit-il, sans rompre Tordre des batailles , les deux Armées furent prestes le Lundy matin sur les huict heures.
Le Canon des protestants commança le jeu, et si heureusement qu'il ne perdoit un seul coup, celuy des Catholiques luy respond assez tost avec plus de bruict, mais moins de dommage encores qu'il jouast trois coups contre un , l'Artillerie des Avantgardes commancent aussi leur jeu, à qui Yomiroit plus de feu, de sang, de morts, et de malheurs.
Tavannes qui avoit recongnu la Campaigne , et les advenues , dict qu'il falloit retirer un peu à gauche pour avoir plus de liberté de combatre, et couper chemin aux protestants et pour éviter la furie du canon , l'Amiral changea aussi les siennes , Alors commança de marcher les enfans perdus harquebusiers , destinez , à lavant-garde , droit au bourg qui couvroit partie de l'Armée protestante, si qu'ils leurs firent quitter, non sans la perte de nombre de ceux qui le tenoient : le reste forcé de se retirer sous leurs Régiments , là les Languedos et Dauphinois avancés en la valée Traitre furent si vivement chargez, que leurs compagnons voyant à leurs yeux la perte des leurs se retirèrent au gros de l'Armée quijacommançoit à marcher pour donner fin à ce que les enfans perdus avoient ja commancé , les Prédicateurs Catholiques exhortent un chascun au devoir '", les Princes de
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NavaiTe et de Condé exhortent les leur, leurs remonstrent
la conséquence de ceste journée.
Sur ce Tavannes raporte à son Excellence que c'estoit trop temporisé, qu*il failloit donner, que le Canon les inconimodoit fort, que le jour se passoit qui pourroit empescher une victoire entière ( de faict les deux Armées demeurèrent en alte depuis sept heures de matin jusques à trois heures après mydy, attendant qui marcheroit le premier, ce pendant que le canon joiioit de part et d'autre), Monsieur de Montpensier commança de marcher Résolument à la charge, commandant à Martigues de faire charger les coureurs, les Protestants se voyant saluez de deux ou trois cent harquehusiers, tournèrent court à gauche ; et changeant le trot au galop , donnèrent si brusquement sur Moûy, et son Régiment , qu'abandonné par les deux cornettes de Reistres , qu'on luy avoit destiné pour seconder : et son Régiment Rompu, fut forcé de quitter et se retirer et garantir sur les gens de pied, qui espouventez se débandants peu à peu , joiierent en fin a qui courroit le mieux , les enfans perdus les premiers, qui descouragea les autres. En mesme temps les Ducs de Guyse , et la Valette, vindrent au grand trot, à leur abbord y eut grand eschet, d'Antricourt, oppiniastré dans la meslée, pressé de se rendre, ne le voulant faire y laissa la vie et ceux qui l'avoient suivy, et passant outre, le reste se voyant sans chef couroient espars ca , et là, en ceste meslée y en demeura beaucoup de part et d'autre, prenant la mesure de leur tombeau sur la poussière de ceste campaigne.
L'Admirai ce neantmoins, qui pouvoit juger à peu près de l'événement de la bataille, (pour la grande praticque des armes , le long cours de ses vieux ans; et qui plus est la soi-
de Moncontùur, lOD
gneuse remarque des évenemens divers qui ont coulé devant ses yeux à la suitte des guerres, tant estrangeres que domestiques luy a moyenne) conseilla les Princes de se retirer le plus couvertement et avec la moindre suitte qulls pourroient : mais tant de cavalliers se jetteront à leur suitte qu'ils se virent plus de serviteurs la moitié que le train ordinaire de leurs maisons ne portoit : ce qui n'aida pas à encourager ceux qui virent, ou entendirent peu après cette retraitte : laquelle leur fit d'autant plus soupçonner le malheur prochain que la chose leur avoit esté secrette. Mais laissons ceux-là abandonner leurs drappeaux, pour suivre les plus eschauffez au combat.
Conmie les batailons se virent près de la meslée, les Protestans firent avancer les harquebuziers , leur criant qu'ilz ne tirassent qu'aux chevaux, et de cinquante pas , ce qu'ilz firent, et non si soudainement, que les Reistresne fussent des-ja à la charge, lesquelles furent vives et furieuses des deux costez; et pour avoir crié, aux chevaux, compaignons, aux chevaux, il y en eut si grand nombre de blessez qu'ilz ne peurent servir du depuis. Les fantassins de l'Amirai après avoir tiré chascun leur coup, ne furent paresseux à s'acommoder et monter les chevaux du canon, qui estoient proches d'eux, les autres du mieux qu'ilz peurent.
A cette charge l'Amiral fut blessé entre le nez et la joue , vjmirai bieué. faute que les compagnée qu'on luy avoit ordonné pour le couvrir, et combattre devant luy, avoient estez à la charge plus tost qu'ilz ne dévoient, se trouvant en telle sorte meslé parmy les Catholiques, que si le Comte de Mansfeld ne l'eust desgagé, il ne s'en fust jamais tiré.
L'Amiral se servant de la ruse dont usa Marcellus General
170 La bataaie
de r Armée Romaine, lequel se voyant pressé de forces plus grandes que les siennes, fit crier par les siens victoire, victoire , ce qui estonna ses ennemis , et luy donna moyen de se sauver, où bon luy sembla.
Cette mesme ruse fut praticquée par SpinoUa, de nostre temps contre les François qui venoient au secours de Genes> qui fit crier sur les fossez de la ville , victoire , au plus chaud du combat , mais une mesme ruse ne réussit pas toujours à mesme fin.
Mais pour avoir la veuë trop arrestée sur le chamaiUis de ces deux avant-^gardes, nous ne voyons pas marcher la bataille par le commandement de son Excellence, la resolution de laquelle ne pouvant souffrir un si long repos, incertain du succez de son avant-garde qui ja estoit aux mains, couchant de son reste, se confiant en Tassistance de Dieu protecteur des Royaumes qui le servent, et qui jusques là luy avoit supporté la main , impatient mesme que rinfanterie commançast fist partir de sa droitte tous les Reistres , soubz la conduicte du Duc d'Aumalle, et du Marquis de Baden, le canon des Protestans tirant toujours sans cesser, tant sur la cavallerie que fantassins.
Son Excellence s'avança si fort sur les Suisses du Colonel Phiffer **" , et leur General Meru *" , avec les autres Bataillons, demeurèrent fort en arrière; Mais comme j*ay dit, il trouva un autre ordre et meslinge degens-darmes qu'il ne croyoit. Premièrement, son Excellence fut saluée par quatre vingt ou cent harquebuziers à cheval, et d'autant que la cavallerie s'assuroit que ces harquebuziers avoient fait un grand eschet, et que les Reistres les avoient encores mieux secondez, les François teste baissée, se jetterent parmy
de Moncontour, Ht
l'escadrou : et donnant jusques à la cornette , forcèrent de quitter la place à tous ceux qui avoient suyvi son Excellence, quelque devoir que peussent faire les Ducs de Longueville, Tavannes, Camavallet, et Villars, voyez le danger où se precipitoit ce jeune Prince pour le service de sa Majesté , voila le danger où Monsieur se mist, auquel je n'ay que dire , sinon que la boiiillante chaleur du François , n'admet aucune considération quand il se sent picqué ou d'honneur ou de quelqu'autre respect, qui luy fait volontiers laisser toutes maximes. A ceux de qui le défaille sang ne les dispense moins dételles généreuses hardiesses, que le longaage et vieille routine des guerres les rend sages à prévoir l'événement de telles et trop soudaines entreprises. Somme que la charge fut grande des chevailliers blancs sur les casacques croisées, tellement que les plus assurez drappeaux commançoient à tirer arrière , comme s'ils eussent voulu demander secours au Mareschal de Cossé : lequel n'avoit poinct encore desemparé la gauche des Suisses : et qui mesmes les avançoit au pas, pour estre à temps comme il fut au secours de tout le party et pour dire le vray sans luy la bataille n'estoit plus, et peut on au vray remarquer en luy, que toutes ses entreprises, pour n'avoir jamais esté des plus soudaines, d'autant plus les a on veu heureusement exécutées, comme chose meurement délibérées , sont quelquesfois les plus seures en exécution ; Tout à temps Tavannes courout aux Suisses, qui leur fit doubler le pas, pour aller a la charge, marchant en teste le colonel Meru , le Mareschal de Cossé puisné de Brissac, s'avançant fit aucunement tenir bride aux Protestants , lesquds modérèrent un peu leur pas, pour se reserrer; En fin le comte Ludovic, avec ses troupes,
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que François, qu'Âllemans donnèrent vivement sur le Maréchal de Cossé, Comtes de Mansfeld, Tavannes et autres, qui flanquoient le costé gauche des Suisses , là fut vaillamment combatu de part et d'autre, tant à coups de Lances, Coutelas, que de Pistolles, Flmpetuosité et furie de laquelle nos Gens-darmes François yont au combat , ne permet pas que le chamaillis dure si longuement que faisoit celuy des Anciens, chascun desquels s'affrontant à leur partie , ne déplaçoit de la que le plus heureux n*eust rendu son ennemy mort, ou devotieux à sa volonté; Mais nous, pour nous asseurer plus en la diablerie de nos Pistolles , que des Armes vertueuses ; Jettant la pistolade en courant à Fennemy , nous passons outre, comme veut le cheval poiu: recharger où prendre Testoc , Le malheur cest que le plus souvent les compagnées ennemies se trouvent si esgarées après la première charge, qu'il faut demeurer un long temps pour se r' allier, attendant la seconde meslée, comme il advint icy : car après s*estre bien bourrez à la première poincte, et se voyants desrangez, il fallut se retirer pour se reunir. Mais les Protestans se virent en si petit nombre , et les Catholiques si à propos rafraischis et soustenus , tant par les compagnées des Mareschaux de Camp, que des Suisses qui bransloient pour en avoir la fin , qu'ilz perdirent Fenvie de recharger, ce pendant son Excellence eut le loisir d'estre r'affraischy d'un cheval , par le moyen du Marquis de Villars, qui se trouva bien à propos, lors que Biron ****, avec les troupes des Mareschaux, (ordonné pour r'allier) se vint mettre contre les Suisses, pour les encourager, et faire marcher contre les Lansquenetz; mais ne demeura guieres, qu'estre r' allié le Mareschal, Comte de
de Mon contour, 173
Mansfeld, et son Excellence de l'autre costé des Suisses, tous ensemble retoui*nent à la charge : Sur ce Biron, avec sa compagnies (ausquelles tous ceux qui fuyoient, et autres qui avoient égaré leurs cornettes, s'estoient joinct et r' alliez) avoir encouragé les Suisses, et mesmes leur avoir dict qu'ilz suivissent seulement. Vont droit pour fondre sur le reste des Protestans , la plus-part desquelz print party de se retirer au plus tost qu'ilz peurent : Les autres joincts avec ceux de l'avant-garde, qui pour mesme occasion, (ne pouvans soustenir le choc du Rue de Montpensier) les alloient r'encontrer, pour en masse se retirer du mieux qu'ilz pourroient, avec le champ de Bataille, quittèrent rheur et la gloire entière de cette journée à son Excellence : contrainctz de misérablement abandonner les Lansquenetz à la cruauté des Suisses leurs anciens ennemis : lesquelz entrans, comme par la brèche que les harquebuziers François avoient faite dedans leur bataillon, les mirent pour la plus-part en pièces, encores que plusieurs d'eux, mains joinctes et genoux en terre , s'escriassent , Bon Papiste, bon Papiste moy. Gomme de fait beaucoup estoient Catholiques , pour le peu d'acception, qu'à cette sorte de gens, de celuy qui avec bon appointement premier les enrooUe pour le maniement des armes. Lassez neantmoins de frapper, plus que de tuer, furent en fin contraincts , par l'importunité de la Cavallerie Françoise, de leurs laisser les occasions de gémir et de pleurer aux autres, qu'ilz prindrent comme à leur service, et s'en ayderent despuis, presque comme de goujats. De quatre m'd , ces deux cens , ou environ , eschapperent leurs sanglantes mains , et près de sept cens, qui mieux armez, et mieux ingambes que lespre-
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miers, scenrcDt des le commeneement du frottis, présager la venue d'un si piteux orage , escampans des premiers, avec la plus-part de Tinfanterie Françoise, qui ja long-temps avoit débusqué , comme je vous ay dit cy dessus. Près de trois mil harquebuziers s'estoient rangez avec ses Lansquenetz , qui eussent tous senty la mesme foreur du Victorieux, n'eust esté quelques Chefz François, et Monsieur,, qui vrayement généreux, se contenta de l'honneur, que Fheurese yssuë de si remarquable bataille, luy apprestoit, commandant qu'on pardonnast aux François. Mil ou douze cens neantmoins demeurèrent là pour engraisser la plaine de Gron , et servir de marque éternelle à la journée de Moncontour, que les Protestans perdirent, tant pour la faute de cœur des fuyards, que pour l'indisposition de leur Cavallerie : le gênerai curieux de couvrir le petit nombre des siens, les voulut estendre en Haye, pour donner apparance aux Catholiques de beaucoup plus qu'ils n'estoient, et pour ce moyen les avoir refroidis du Combat, couler en paix ceste journée en laquelle à peu près il se doutoit bien de n'emporter l'Avantage que les Catholiques asseurés de qui y estoit gaignerent pour avoir mieux disposé leurs Cavalliers en gros bataillon, lesquels donnans, comme à corps perdu, parmy ces bayes de casaques blanches, les enfoncèrent et mirent hors les rangs la plus grande part, quelque gresle d'harquebuzades qu'on peust faire pleuvoir sur eux. D'ailleurs, les Reistres ne les pouvoient soustenir contre c'est effort, car pour combattre séparez, contre leur façon naturelle et ordinaire , furent enfin rompus par les Catholiques; somme qu'ils perdirent bien peu de Cavalliers tant pour la grâce que les espérons firent à ceux qui Arpen-
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terent, des premiers , (pour marquer les logis à Partenay, voire à la Rochelle et Angoulesme , et plus loing, s'ils eussent ozé aller) que pour le peu de charges que firent ceux qui restèrent , lesquels estants, unis soudain après la premiere et seconde charge, meirent à la retraicte, qui leur fust à la yerité plus honorable que le combat passé.
Tdle fut donc Tissue de la bataille, en laquelle les François, Allemans /Bourguignons, Italiens, Suisses, Flamans, et Lansquenets, esprouverent suffisamment la dextérité des uns, et des autres, avec assez de loisir, le combat ne dura plus de deux heures.
Le Duc d'Aumalle, de Biron, avec les Mareschaux de Camp , de Tore , et plusieurs autres se mirent à la chasse des fuyards , et les suyvoit , Monsieur avec le reste de F Armée , sage , et bien conseillé en cela par les chefs, qui luy disoient que le General ne doit jamais empescher sa personne (en laquelle sembloit se reposer , le bon et mauvais heur de toute l'Armée) à la poursuitte des fuyars , d'autant que le péril qui luy en peut avenir luy est commun avec le moindre Soldat de ses troupes. La fortune qui n'a d'acception du petit au grand s'irrite ordinairement contre ceux qui esblouis en leur prospérité, trop chaudement poursuivant leur bon-heur, la suitte toutesfois ne fut pas longue.
Monsieur poursuivant au pas les Protestans , ne s'arresta que la nuict ne le surprint , qui fut à Sainet Generou *" sur la Touë , et après estre descendu de Cheval rendit grâces à Dieu, de luy avoir faict obtenir une victoire si signalée au proffit et contentement du Roy son frère; puis despescha le Mareschal de Guise' vers sa Majesté pour l'en advertir qui estoit pour lors à Tours, qui en reçeut un mervdlleux
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plaisir, dcspcscha soudain Ambassadeurs vers tous les Potentats ses confederez pour les faire participer au mesme contentement qu'il en avoit.
Quatre Mil Lansquenets moururent en ceste journée. Quinze cents soldats François, trois cents Gens-darmes, beaucoup de Chevaux, de vallets, de goujats d'hommes de nom, Puygreffier, Biron *"* frère de celui qui conduisoit Tavant-garde, Sainct Bonnet "^', cornette de la compaignée de l'Amiral. La Noue derechef prisonnier avec Acier *** et autres , le bagage des Reistres pillé, celuy des François estant plus avancé vers Nyort et Parthenay , se sauva , le Duc n'y perdit gueres d'infanterie, mais de cavallerie , cinq à six cens et beaucoup de blessez, L'aisnéRheingrave, le Marquis deBaden, Clermont de Dauphine *•* , peu d'autres de qualité : Il advient peu souvent qu'on sache bien receuillir les fruicts d'une signalée victoire, l'infanterie des Protestants estoit dissipée, et leurs gens de cheval, Reistres Pour la plus-part, mescontans pour le deffaut de leur solde et perte de leur bagage , une chaude poursuitte eust en apparance produict de deux effects l'un; ou leur deffaicte, ou leur retraicte en Allemagne , deux mois de paye les y pouvoient faire condescendre; Et l'aisser le résidu de ces forces à la dévotion des chefs , encores entiers, c'estoit donner le moyen à l'Amiral advisé chef de guerre, de receuillir, les pièces du NauiBrage, r'adouber le vaisseau desbrisé , puis au printemps rejetter nouvelles troupes aux champs , ravager diviser provinces , et porter en fin la guerre aux portes de Paris joinct que ces courages abatus se receuillirent en bref, par la présence de leur Princes , au lieu que sur ceste fraische espouvante , on les pouvoit r'enfermer en quelque place qui donneroit achèvement à la guerre. Ainsi
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discouroient les mieux avisez : mais les autres trouvant aysée en cest effroiy la reprinse des places occupées par les Princes en Poictou Xainctonge , Angoumois , le Duc suit leur resolution : et pour prémices de conqueste s'achemine à Partenay, mais il n'y trouva que le Nid, place vuide et portes ouvertes, les Princes au premiers bruits avoient gaigné Nyort, et de làsainct Jean D'Angely; qu'il assiégea, ainsi que le discours suyvant vous fera voir.
Fin de la bataille de Moncontour,
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