MESSIEURS LES OFFICIEBS DE LA JUSTICE A POICTIERS
( yirch, de la tille de Poitiers. )
" Le sieur de Ruffec.
Philippe de Volvire , marquis de Ruiïec, vicomte du Bois-de-la- Roche , baron de Sens et de St^Brioe , capitaine d'une compagnie
de 50 hommes d'armée , chevalier des ordres du roi , gouverneur de Saintonge , Angoumois et pays d'Aunis, Philippe de Volvire avait épousé Anne de Daillon , sœur du comte du Lude. Cette famille existe encore.
*^ Porte de la Tranchée.
Une des portos de la ville de Poitiers qu'a rendue célèbre le miracle des clefe arrivé le 15 avril 1300. (Voir Thibaudeau , t. 3 , page 43 , et Vincent de Beauvais dans son Spéculum morale, )
Ce nom de porte de la Tranchée lui vient sans doute de ce que, s'ouvrant sur le seul côté de la ville qui soit d'une approche facile, Ton avait creusé des fossés profonds pour la protéger.
** Étang StrHilaire.
Cet étang , ou plutôt ce marais , situé au côté ouest de la ville , au bas de la colline sur laquelle s'élève l'église de StrHilaire , était formé par la petite rivière de Boivre.
Nous voyons dans une charte de Jean Sans-Terre du 1*' août 1199 que ce fut Agnès de Bourgogne, épouse de Guillaume le Grand, Cte de Poitou , qui créa l'éteng de Montiemeuf , situé un peu plus bas, pour servir de défense à la ville de ce côté.
Ces deux étangs , maintenant défrichés par les soins de M. Gailand , l'habile architecte du pont d'Iéna et le pieux fondateur de l'hospice pour les pauvres ouvriers voyageurs , forment de belles prairies et de productifs jardins.
^ Ursay ( d' ), nom de terre sous lequel est désigné Philippe de la Beraudière, chevalier, seigneur d'Ursay.
Il était j à l'époque du siège de Poitiers , enseigne de la compagnie du comte du Lude. La famille de la Beraudière existe encore à Paris et en Touraine.
M Ces deux plates-formes furent détruites en 1770, et les terres servirent à faire des remblais pour terminer la promenade de
^ François de Brilhâc, Éc, Sgr de la Riche, d'une famille poitevine qui a occupé les premières charges dans la province ,
310 NOTSS.
parut comme avocat au procès-verbal de la coutume du Poitou , en 1559 j fut ensuite lieutenant criminel en la sénéchaussée et siégp présidial de Poitiers, et plus tard l'un des échevins de la maison commune de cette ville. Il avait , en 1565 , épousé demoiselle Catherine Tudert, et en eut plusieurs enfants , Tun desquels se distingua pendant le siège , et dont nous aurons occasion de parler plus tard (note 35). La famille de Brilhac est éteinte.
» Ce moulin existe encore, et est placé au bas de la belle promenade de Blossac.
^ La porte StrLazare ou St-Ladre , plus connue actuell^neni sous le nom de porte de Paris.
G;tte porte avait pris son nom d'une maladerie ou léproserie sise près du faubourg , dont les revenus furent réunis à l'hôpital général de la ville de Poitiers par arrêt du conseil du roi du 31 janvier 1695, et lettres patentes registrées au parlement de Paris le 9 juillet 1696.
L'on sait que les lépreux, placés sous le patronage de St Lazare, que le peuple désignait sous le nom de St Ladre , étaient connus vulgairement sous le nom de ladres. Ce terme, du reste, est encore usité dans les campagnes pour désigner une maladie qui attaque les porcs.
^ Le château de Poitiers, tel qu'il existait en 1569, avait été construit par Jean, duc de Berry, Cte de Berry, vers 1375 ; maintenant il est presque entièrement détruit , sauf une tour servant de poudrière, et les tronçons mutilés de deux autres que Ton voit encore sur les bords du Clain.
L'emplacement du château est actuellement occupé par une place qui sert aux exécutions.
"• Abbé des Chasteliers.
Nom d'une abbaye dont le titulaire était , à cette époque , René de Daillon , frère du comte du Lude. Abbé de Charroux dès 1548 , il fut nommé évéque de Luçon en 1552 , conserva cette dignité pendant 10 années sans s'être fait sacrer, donna sa démis-
sion , le 38 mars 1562, en faveur de Jean-Baptiste Tieroelin , et se retira dans son abbaye des Chasteliers. Il mourut, en 1600, chevalier de l'ordre du St-Esprit et évêque de Bayeux.
Dans la liste des défenseurs de Poitiers que Liberge donne à la fin de son Discours , il dit que Tabbé des Chasteliers était spécia lement chargé de la police de la ville à la tète de cent reistres destinés, quand venaient les alarmes , à parcourir les rues pour empêcher les mouvements des protestants.
C'était tout ce que pouvait faire un homme revêtu de la mitre, l'époque des prélats guerroyeurs étant passée. " Le sieur de Saultré.
Nom de terre que les historiens écrivent indifféremment de Saultré, de Saultrait ou de Sautray, et qui désigne François de Daillon, chevalier de l'ordre du Roi , frère du comte du Lude. «* Le sieur de Brianson.
François de Daillon, Sgr de Brianson, était en 1563 guidon de la compagnie de M. le prince de Navarre. Il donne en cette qualité une quittance de cent hvres pour un quartier de ses gages , du 3 mars 1563 ; il périt pendant le siège, et l'on trouve à la page 141 l'épitaphe que lui ont consacrée les regrets des Poitevins.
^ Le nombre des troupes qui défendaient Poitiers n'est pas connu d'une manière bien précise. Liberge et Le Frère de Laval, qui l'a suivi, disent qu'il y avait de trois à quatre mille hommes ; de Thou prétend qu'il y avait six mille combattants.
« On voyait, dit Thibaudeau, l'état des troupes qui étaient dans la ville sur un tableau qui a été longtemps exposé dans la sacristie des Cordeliers, et que ces religieux ont encore (1784) dans leur couvent ; ce tableau a été fait en 1610, sur un plus ancien encore qui périssait de vétusté. » Ce tableau, que Liberge a donné plus exactement , se trouve à la suite de son Discours du siège , page 125.
Il y avait parmi la garnison un assez grand nombre de soldats italiens, faisant partie d'un corps de 4,000 hommes de pied et 800
21 s NOTES.
chevaux que le pape Pie Y avait envoyé en France au secours de la religion catholique et de la royauté que menaçait le protestantisme , sous les ordres d'Ascagne Sforze , comte de Santa-Fiore.
Le grand-duc de Florence , à l'exemple et sur les instances du pape, avait joint à cette petite armée 1,000 hommes de pied et 200 chevaux, commandés par Fabiano Monti. La liste des défenseurs de Poitiers donne le nom des principaux chefs.
*• Le sieur de la Vacherie , nom d'une terre possédée par la famille Mourault.
Pierre Mourault , sieur de la Vacherie , procureur du roi à la sénéchaussée de Poitiers en 1569 , fut plus tard (1573) lieutenant particulier au siège présidial de cette ville.
La création de présidial de Poitiers remontait à l'édit de création des présidiaux donné en 1551 par Henri IL François Aubert d'Avanton , conseiller au parlement de Paris , fut le premier revêtu de la qualité de président.
»i Des Deffans.
Nom de terre sous lequel est désigné ici Joseph Le Bascle, dont nous avons parlé plus haut , note 14.
•■ De Mazay.
Nom d'une terre qui appartenait à cette époque à la famille de Lauzon. Cette mention se rapporte à François de Lauzon , docteur en droit , juge-conservateur des privilèges royaux de l'université de Poitiers , et qui fut maire de cette ville en 1573.
La famille de Lauzon existe encore.
•• De Saint-Martin, nom de terre. Le nom de cette famille est Rabit , comme le prouve du reste le récit de Liberge et de Frère de Laval, qui l'appellent alternativement de l'un et l'autre nom. j
Nous avons trouvé un Gabriel Rabit qui fonda vers 1600 deux chapelles en l'église de St-Pierre-l'Hospitalier; nous ignorons i
si c'est le même. |
La famille Rabit est éteinte, ou du moins nous n'en avons trouvé aucunes traces depuis environ deux siècles.
■* Le sieur de Fressinet.
Etienne Boynet, Éc., Sgr de la Touche-Fressinet et du Plessisd'Ayron , fut plus tard conseiller au présidial de Poitiers et conseiller au grand conseil.
Cette famille existe encore.
* Le sieur de Nouzières.
Pierre de Brilhac, sieur de Nouzières et de Bernay, fils de François de Brilhac, Éc, Sgr de la Riche, et de dame Catherine Tudert (voir note 22), fitt plus tard, en 16t4, maire de Poitiers, et se trouva mêlé aux intrigues qui bouleversèrent cette ville pendant la Fronde.
^ St-Hilaire, chapitre royal longtemps renommé et jouissant de grands biens et de magnifiques privilèges. L'égfise , qui subsiste encore aujourd'hui , et dont les sept nefs et la riche ornementation faisaient l'admiration des connaisseurs , est un des édifices religieux de la province qui a le plus souffert de la suppression et de la réinstallation du culte catholique et surtout du marteau des reconstructeurs.
^ Le monastère des Augustins avait été fondé à Poitiers, le 14 août 1345, par Herbert Borland , 2* du nom, Sgr des Halles de Poitiers.
L'église seule, dont le portail richement ornementé par un* sculpteur poitevin (Girouard) s'ouvre sur la place Royale, subsiste encore. Elle sert actuellement de magasin à MJVL Pavie frères.
» Le Marché-Vieil.
La place Royale actuelle. Elle n'a pris ce dernier nom qu'en 1687, lorsque le commerce de Poitiers fit élever une statue pédestre à Louis XIV au centre de la place du lilarché-VieiL Cette statue , détruite pendant les troubles révokUionnaices , avait été remplacée par une inscription républicaine qui n'a pas eu un meilleur sort.
En juillet 1819, en faisant des travaux de nivellement sur la place Royale, l'on trouva les quelques lignes suivante» gravées sur une pierre qui avait été renversée et enfouie peu de temps après son érection :
(( Le vingtrun messidor an huit , le citoyen Cochon , préfet du » département de la Vienne , a fait placer cette pierre en mémoire » des républicains morts pour la défense de la république. »
» Sires, pour bourgeois. — Expression employée d'une manière dérisoire par les troupes permanentes , pour désigner les milices urbaines.
L*on sait que le mot Sire était le titre honorifique affecté aux maires, échevins et notables bourgeois.
^ Un grand Thrasonisme. Une grande fanfaronnade. Thrason était , dans la comédie latine , le soldat fanfaron , le Capitan des bouffons italiens.
Les mots suivants complètent cette idée : faire une belle piaffe peut se rendre par ces mots vulgaires : faire ses embarras ; idée que le fabuliste a su rendre avec tant de grâce et de vérité :
Faire sonner sa sonnette.
*« Henri de Lorraine, I^' du nom , duc de Guise, prince de Joinville , et fils de François de Lorraine, duc de Guise, assassiné par Poltrot au siège d'Orléans, le 24 février 1563.
Henri de Guise fut tué par ordre du roi Henri HI au château de Blois, le 23 décembre 1588.
François le Poulchre, sieur de la Motho-Messemé, dans son poëme des Honnestes Loisirs, dépeint ainsi le caractère du duc de Guise :
Il ( Dieu ) feist dessoubs HENRY armer un Duc de Guyze
Pour venir secourir au besoin son Églize ,
Un Duc de Guyze , allors ressemblant un vert pré
De cent mille couleurs en Apvril diapré.
Agréable sus tous Tayant créé nature,
La faconde avoit mis en sa bouche Mercure,
Venus dedanâ son ris les attraits gracieux.
Mais Mars Tayant rendu fort , et audacieux.
Il estoit tellement infatigable aux peines ,
Que n'attaignant encor' d'années deux dizaines ,
NOTSS. 315
( Miracle en nostre temps ) il vouloit avoir part , De tout ce que l'honneur, et le danger départ, A ceux qui sont soigneux d'employer leur jeunesse , En ce que la vertu les pousse et les adresse.
Nous avons vu plus haut que Liberge , d'accord en cela avec tous les historiens, attribue au duc d'Anjou l'arrivée du duc de Guise, envoyé pour secourir Lusignan , et qui, trouvant cette ville prise , se jeta dans Poitiers pour la défendre.
Le maréchal de Tavannes, dans ses Mémoires , prétend que ce ne fut qu*à contre-cœur que Monsieur le laissa partir ; et nous serions assez portés à partager cette opinion , car le maréchal étant un des premiers et des plus habiles capitaines de l'armée catholique , faisant partie des conseils du prince , était à même de connaître la cause de bien des événements que le public ne pouvait juger que par les effets. — Nous citons :
« Or, estant Monsieur • acheminé pour venir gagner Loches , » M. de Guise demanda plusieurs fuis congé d'aller à la guerre : » chose qui luy fut refusée , mesmes en la présence de M. d'Au- » malle', tant pour le peu de gens de cheval françois que nous » avions, dont on ne pouvoit desgarnir lé camp, que pour » le respect de sa personne ; mais enfm M. de Guise pressa si » instamment , remonstrant que le Roy luy avoit donné la charge » des chevaux-legers, et qu'il falloit qu'il fust indigne de sa charge » s'il ne la faisoit exécuter. De sorte que Monsieur , à son grand » regret, luy accorda son congé pour aller à la guerre, entre » leur camp et le nostre. Ettoutesfois la première nouvelle qu'eust » mondict sieur, fut qu'il s^estoit allé jeter dans Poictiers avec ce » qu'il avoit emmené. Quoy entendant, lesdits ennemis, qui es- » toient encores à Lusignan fust pour attraper tédict sièur de » Guise, ou pour attirer ceste armée sans gensdarmes à lia bataille
> Le duc d'Anjou , plus tard Henri III.
^ Claude de Lorraine ,.duc d'Aumale.
216 KOTBS^
» pour l'aller secourir, sont venus assiéger ledict Potctiers : et » estime-on que sa présence y aura servi , combien que M. de » Ludes a tousjours mandé que l'on s'aaseurast de la place sans » demander autre secours. •
( Mémoirêt du mar^kal de ntvamut , eoUeetion PetHot, tome »b. page ht.)
^ Charles de Lorraine , marquis et plus tard duc de Mayenne ou du Maine , comme l'appelle Le Frère de Laval ; pair, amiral et grand chambellan de France , devint chef de la Ligue avec la qualité de lieutenant d'État et couronne de France. Il mourut à Soissons le 4 octobre 1611.
^ Le sieur de la Mothe-Messemé fait ainsi le dénombrement des troupes et des seigneurs qui accompagnaient le duc de Guise lors de son entrée à Poitiers :
Or ce Duc entrant donc , comme ay dict , dans Poytiers
Amena quant et luy une bien belle force ,
De sept , huict cens chevaux , dont le sieur Paul S'eforce *
Frère de saincte Fior au service du Roy
Par le PAPE envoyé , pour maintenir la Foy
En avoit quatre cens, bien armez , portant lance>
Et de Reystres oultre , aussi cent d'abondance ,
Soubs Dompmartin Lorrain et Scelegue Alleman :
Le reste estoient François , entre quels Boisjourdan
Et le May et Montai, avoient leurs compagnees
Avecques ce grand Duc dans le siège amenées.
Comme le Seneschal de Poytou Monpezac
Oultre encore y estoient les seigneurs de Cessac
Des Roches Baritaux , les deux Tallars • , d'Elbene ,.
Le superbe Taillade , en apparence humaine.
* Pour Paul Sforcc.
' Oc la faiDlile de Clcrmont du Dauphinc.
NOTES. 2t7
Sainte-Jaille , Conan , Gaierande * , Grillon , Et d'autres dont ne peux me souvenir du nom.
Qui serviteurs du Roy, de Dieu , et de l'Eglise Accompagnoient ce Duc en si saincte entreprise , Entre lesquels Bourbonne a mérité vrayement Estre mis en escript en ce lieu dignement.
Sans oublier le Seurre* a qui en ceste afiàire, Fust advenu changer sa plume au cimeterre.
Nous plaçons également ici l'arrivée du sieur de la Mothe-Messemé , qui , homme d'épée et homme de plume , sut tout à la fois défendre la ville et raconter dans ses vers les événements du siège; nous avons déjà cité de lui quelques vers, et nous aurons encore souvent recours à ses récits.
J'estois entré dedans la ville avec ma bande Le mercredy devant ' , party de Myrebeau :
Et venu à l'esclair du nocturnal flambeau.
Y mené quant et moy soixante et dix sallades , Renvoyant les blecez , ou autrement malades , Pour se faire guérir , chascun en leur maison. J'avois Marssay Enseigne , et Sarzay pour guydon : Qui ont bien mérité tous deux que je les nomme , Comme estant l'un et l'autre un très valeureux honunc.
♦♦ Pont à Joubert, pont Anjoubert, actuellement pont Joubert.
Il doit son nom , si l'on en croit quelques auteurs , à saint Angilbert , qui était abbé de Saint-Riquier en Ponthieu en 793, et mourut en 814.
Les restes des fortifications qui défendaient ce pont , et qui consistaient dans une tour placée au milieu de la rivière , ont été détruits en 1829.
I De la famUlc de Cleriaont d'Anjou.
^ Secrétaire dn duc de Guise ' Devant le 84 Juillet.
*• I>e Montpezac.
Melchior des Prez , Sgr de Montpezac et du Fou , maître des eaux et forêts, gouverneur et sénéchal de Poitou, chevalier de l'ordre du Roi.
Cette maison, qui existe encore, a fourni au Poitou deux sénéchaux.
^ Siège de Fontarabie.
L'auteur veut parier ici de Jacques de Daillon , Sgr du Lude et de Saultray. Ce fut en 1522 qu'il accomplit ce beau fait d*annes.
Voir, pour plus de détails sur la vie de Jacques de Daillon , les Hommes illustres de Branthôme , et le Laboureur dans ses jéddtlions aux Mémoires de Caslelnau.
♦' Abbaye de St-Cyprien, fondée en 828 par Pépin, roi d'Aquitaine, sous rinvocation de Notre-Dame, dut son nom à saint Cyprien , martyrisé à Poitiers , et dont le corps fut inhumé dans réglise.
Ce monastère éprouva un grand nombre de vicissitudes. Détruit et reconstruit tour à tour , il est tombé lors de la révolution française pour probablement ne se relever jamais ; son emplacement est actuellement occupé par le jardin botanique et la magnanerie départementale.
^ St>Benoît-de-Quinçay, village à 4 kilomètres de Poitiers , sur les bords du Clain , doit son nom à une abbaye fondée au vu* siècle par saint Benoit, évéque de Samarie.
L'église seule existe encore.
^ Le Frère de Laval confond les deux attaques des 24 et 25 juillet , et les place le même jour 24 juillet. L'on trouvera plus bas , note 54, la relation donnée par cet historien ; elle diffère en quelques endroits de celle de Liberge et est plus circonstanciée , surtout par rapport aux mouvements des protestante ; ce dont on ne doit pas s'étonner , car l'on sait que Le Frère de Laval n'a fait autre chose qyx'hahiller à la catholique l'Histoire dos histoires de la Popelinière , écrivain protestant .
Lancelot du Voësin , sieur de la Popelinière , était Loudunai». Le père Arcère, dans son Histoire de la Rochelle, Tabbé rAdvocat, dans son Dictionnaire historique, etc., le disent Gascon; ils se trompent.
*® La Cueille-Mirebalaise.
Rue longue et roide qui fait partie du faubourg de St-Lazare et débouche vis-à-vis la porte de ville dite actuellement porte de Paris; on la nomme Cueille-Mirebalaise , parce qu'autrefois c'était la seule route que Ton eût à gravir pour aller de Poitiers à Mirebeau, et pour la distinguer d'une partie du faubourg deRochereuil, connue sous le nom de Cueille-Aiguë.
Ce mot Cueille (en latin aculia ou laculiaj signifie chemin scabreux , raboteux , roide et montueux , et les personnes qui connaissent cette portion de la ville de Poitiers doivent reconnaître combien ce nom est juste et bien appliqué.
Varillas (Histoire de Charles IX), dans la relation du dernier assaut donné par les protestants au faubourg de Rochereuil , appelle par erreur ce faubourg la Creil.
w Boisverd.
Le capitaine Boisverd était de la famille Roigné , sieur de Boisverd , qui a fourni plusieurs maires à la ville de Poitiers.
Mathurin Roigné, sieur de Boisverd, était conservateur des privilèges royaux de l'université de Poitiers en 1508 , et fut maire de cette ville en 1538 ; il était frère de Jean Roigné, qui fut lieutenant particulier à la sénéchaussée de Poitiers.
D'Aubigné , dans ses Histoires , l'appelle, nous ne savons pourquoi, le Moine Boisverd , et Davila le colcmel Vert-Bois.
" La Poste.
L'institution des postes , dont les messagers de l'université de Paris ont probablement donné la première idée, a été établie par Louis XI par son ordonnance du 19 juin 1464.
Comme on le voit par la position indiquée , la poste aurait été , à cette époque , placée hors des murs d'cnceinle de la ville.
^ Ste-Soline , nom d'une terre qui a été lons:temps dans la fa-
220 ^OTES.
mille Doyneau. C'est probablement Joseph Doyneau, seigneur de Ste-Soline, qui est désigné ici.
^ Nous copions ici la première attaque des assiégeants , d'après le récit de Frère de Laval :
« Les Protestants avancèrent leur Avantgarde le 24 Juillet , mil cinq cent soixante-neuf, sur les unze heures , et se imsenterent en bataille avec quelques Cornettes de Reitres a deux traicts d'harquebuzade , jusques sur les Dubes du faux-bourg saint Ladre , entre le faux-bourg de la Cueille , qu'ils avoient à gauche , et saint Hilaire, dont ils furent soudain saluez de plusieurs canonnades qui venoient du Boulevard dudit Temple : mais pour donner tousjours trop haut ou trop bas , ne fist que peu ou point de dommage. £t pour ce qu'ils se doutoient que le Duc de Guyse jetteroit hors bon nombre de Cavallerie, secondée d'harquebuziers , pour attaquer quelque brave escarmouche à oeste première veuë : les Princes donnèrent la descouverte à Beauvois ' la Nocle : lequel asseuré de secours s'il en avoit besoin , desavance d'une harquebuzade l'Avantgarde , pour descouvrir ceux qui sortiroient de la ville et les charger d'apointement. Et à fin de n'estre surprins envoia la Nocle son frère, avec sept ou huit autres de la Cornette, pour remarquer les avenues de la ville : et ensemble la contenance des Catholiques qui sortoient, ce qu'il fist, et par luy fut averti de quelques Italiens Lanciers , qui estoient sortis du Pont Anjoubert, et d'un bon nombre d'harquebuziers qu'il avoit découvert hors la porte saint Cyprian : lesquels se tenoient coy derrière une haye et un fossé de vigne, et d'une coline qui est sur le chemin, par lequel on va de saint Cyprian à saint Benoist : lesquels, le ventre à terre, aspiroient à la surprinse de quelques Protestans trop eschauffez à courir. L'avertit aussi du Corps de garde , qui estoit à la Cueille. C'estoit la compagnie du Capitaine Boisverd, qui avoit esté là envoie pour défendre le faux-bourg saint Ladre : (car s'en est la première avenue) luy faisant entendre que si on chargeoit chau-
' Jean La Viu, sieur dcKcituvuis la Nocle.
dément ce Corps de garde, qu'on le creveroit soudain, pour estre esloigné du secours de la ville : car ce faux-bourg est fort long , les maisons duquel sont contre, et aux pieds des Dubeset rochers, au long desquels ledit faux-bourg coule et s'estend jusques à la ville , ayant à gauche les haut rochers , et à droit la rivière qui va à Chateleraud , et peut avoir depuis la porte jusques à la Cueille trois portées de harquebuzades : qui est la première avenue du costé de Chasteleraud. Occasion que les Catholiques sy estoient retranchez et gabionnez, et y avoient fort bien acconunodé les maisons, pour tirer et se défendre. Résolus par ce moien de garder le fauxbourg, pour par iceluy faire saillie sur les assiegeans.
» L'Amiral averti de tout ce que j'ay dit ci*dessus, par Beauvois la Nocle, fist aussi tost desbander, le Capitaine Piles, accompagné de quatre ou cinq escadrons de harquebuziers, qui sy acheminèrent , cependant que Tescarmouche s'attaqua entre les Cavalliers : mais ils ne tindrent long temps leurs prinses : car les Italiens et quelques autres qui estoient aussi sortis du costé de saint Ladre : ores s'avançans , ores se retirans , selon que leur promettoit la contenance des coureurs Protestants (ausquels s'estoient joints les Capitaines Bressaut, la Curée, Bedeuil, et deux ou trois autres) ne voulurent les enfoncer : ains tousjours les attirer plus avant. Toutesfois jamais ne le peurent faire, et ainsi chacun se retira d'une part et d'autre. Après que ces coureurs furent retournez à leur drapeau, plusieurs d'eux s'encouragèrent pour accompagner rinfonterie a enfoncer le susdit Corps de garde laquelle estant soustenue par ces Cavalliers, fist tel effort, que leur ayant fait quitter leur barrières et traverses , dont ils s'estoient aoconmiodez , leur fut enfin force de desemparer les maisons esquelles ils s'estoient retirez , pensans y résister qudque temps , attendans raffraichissemens des leurs. Aussi les avoient-ils si proprement acconunodées, que plus de trmte harquebuziers y moururent , premier qu'on leur nst perdre : mais se voians seuls, et les Protestans rafraischis, se mirent en fuite le long du faux-bourg estans neantmoins tousjours poursuivis par quelques uns ; lesquds , non si Mans de butin , ( qui cherchoinet
leurâ compagnons, qui eâtoient de reste à la Cueille, pour despouiller les morts : et les blessez,) qu'ils estoient de se faire paroistre, coulèrent après les fuyars jusques à la poste.
» Et de fait , se voians renforcez de nouveaux soldats , ils gagnèrent plusieurs maisons du faux-bourg, esquelles comme ils se Youloient accomoder pour tirer à couvert et petit à petit se rendre maistres du faux-bourg jusques à la porte , furent contrains de les quitter , par la survenue de plusieurs harquebuziers que Monsieur de Rufec, qui avoit la charge de ce quartier, y envoia : lesquels animez, pour la présence de ce Chef, de Messieurs de Briançon , Sainte Soline, les Capitaines Luce, Bort , (qui fut piins ) et plusieurs autres : et mesme du Duc de Guyse , qui fut voir le jeu jusques à la porte : combatans aussi sous la faveur des pièces , mosquets et harquebuzades, qui du Chasteau et de la platteforme d^entre le Chasteau et le faux-bourg , donnoient sans cesse dedans eux, et les maisons qu'ils avoient gagnées : les forcèrent de se retirer, après avoir perdu en ceste escarmouche de 40 à 50 hommes et des meilleurs. Leur retraite fut si plaine d'effroy qu'ils s'enfuirent à plus de lieues de là , sans faire alte ny reposade quelconque.
» Cependant les Catholiques pour engarder l'ennemy de donner plus si avant avec telle facilité bruslerent à l'instant grande partie des maisons, qui estoient les plus prochaines de la porte. Lors l'Amiral , veuë l'incommodité d'assiéger la ville par cest endroit, ou que tous les Chefs n'estoient d'avis qu'on campast sitost devant , pour la tenir imprenable, au moyen de secours quiy estoit survenu , et de la présence de tant de Seigneurs que la Majesté ne permettroit jamais y laisser surprendre , sonnèrent la retraitte , pour tirer vers Monstreul-Boin , pour là , par une assemblée , et conférence des plus vieux Chefs , tant François qu' Allemans résoudre sur l'occurencê de ce siège : car tout bien considéré (comme je diray ) la matière n'estoit sans grande difficulté.
» Ils commandèrent soudain, que tous se retirassent à leurs drapeaux. Et pour soutenir les saillies que l'on pourroit faire sur la
ISOTES. 223
queue de TAvaiit^rde , qui seule sy estoit présentée , on destina BeauYois la Nocie pour faire la retraite, avec sa Cornette , qui couvriroit le deslogement des autres : lesquels ne furent avancez plus de deux portées de harquebuze , qu'on descouvre grand nombre de Lanciers et PistoUiers, qui ja couvroientle bord desDubes flanquez de plusieurs harquebuziers, avec contenance d'approcher pour donner attaque à ceste Cornette , qu'ils voyoient seule. Pour y obvier , Beauvois envoia demander vingtcinq ou trente harquebuziers à cheval pour les y emploier selon l'expédient. Mais le Corps de l'Avantgarde qui marchoit tousjours , estoit si avancé , qu'il n'en eust sceu estre secouru , s'il en eust eu affaire : et pource il jetta en queue la Nocle son frère , Bedeuil son fils , et dix ou douze autres pour attaquer les plus avancez. Mais les Catholiques ne donnèrent plus avant que la portée de leurs harquebuziers , desquels ils ne re ceurent autre perte que d'un cheval seul. Ainsi Beauvois marchant tousjours le pas , se retira, sans rien perdre , jusques au village de saint Marne et es environs , distant de deux lieues de Poitiers , etc. »
»* La maison du docteur écossais. — Pont Achard.— Thibaudeau, dans son Abrégé de l'histoire du Poitou , indique Robert Irland comme étant le docteur écossais dont nous parle Liberge.
Robert Irland, docteur en droit, régent de l'université de Poitiers , était d'origine écossaise , et fut la tige de la branche poitevine et française. Il était le second fils d'Alexandre Irland de Burben et de Marguerite Coûts.
La famille Irland est éteinte en Poitou. La maison du docteur écossais était sans doute placée près de la rue des Écossais, et lui donna son nom.
Pont-Achard, une des sept portes de la ville de Poitiers qui existaient alors. Ce petit pont , qui remonte à une antiquité excessivement reculée (on trouve des traces de son existence dès 997) , est jeté sur la rivière de Boivre , et doit son nom , si l'on en croit la tradition , à la famille Achard , qui a joué , dans les
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temps reculés , un très-grand rôle dans nos provinces de TOuest.
Il existe encore sur ce pont , et près de là , des traces de fortifications , et une tour parfiiitement conservée
^ S. Marve pour Smarve , bourg à quelque distance de Poitiers.
Ce nom a été mal écrit et pour ainsi dire estropié par tous les historiens qui ont parlé du siège de Poitiers.
Les uns rappellent Marnes; d'autres, sans doute trompés par Torthographe de Liberge , en font StrMarve.
'^ Le Frère de Laval donne sur cette attaque des détails négligés par Liberge, et qui, croyons-nous, méritent d*étre relatés ici.
a Comme les Protestants se reposoient à Saint Marne, et es environs, les Catholiques qui furent avertis de leurs portemens , dressèrent uneentreprinse pour les y surprendre la nuit, ou au resveil de la Diane : de laquelle fut Chef et conducteur Monsieur de Sessac*, Lieutenant de Monsieur le Duc de Guyse, accompagné de deux ou trois cens chevaux, entr'autres de Messieurs de Boisjourdan, et Saint Jaile Maistre de Camp des bandes du Duc de Guyse, sortit de nuit pour réveiller les plus endormis , Mais comme il fut arrivé bien près des Corps de garde , desquels les feux s'appercevoient de tous costez , il donna contre le village , dans un petit bois taillis, où il trouva cinq ou six Cavalliers ausquels on avoit donné ceste censé pour quartier. Ceux-cy s'enfuirent crier alarme et cependant nos gens entrent au village où ils font belle boucherie d'un tas de dormeurs qui lassez des escarmouches dormoient espars çà et là comme on dit vulgairement à la Françoise. Toutesfois Tavantgarde huguenotte estant mise en armes au cri de l'alarme Monsieur de Sessac voiant les corps de garde remplis , et sur leur guet : s'asseurant d'ailleurs , que les eschappez mettroient l'avant garde en campagne, se retira avec sept ou huit prisonniers et soixante chevaux de butin. »
I François de CanUlac , aieor de Sessac
Varillas, qui parle également de cette surprise, dit que : a La cavallerie catholique, dédaignant de se tenir renfermée, partit sous la conduite de Cessac , passa sans être arrêtée entre deux cartiers calvinistes, et courut jusqu'au bourg de Marne ( pour Smarve), où elle enleva trois cents cavaliers des assiégeants. »
«8 L'Hôtel-Dieu , nommé aussi THôpital-des-Champs , avait été construit en 1520 pour les pestiférés , la peste désolant à cette époque la France et le Poitou. Nous croyons devoir rapporter comment cet hôpital fut acquis à la ville de Poitiers; les traits de désintéressements sont rares , et ont besoin d*étre souvent rappelés à la mémoire.
En 1520, le maire ayant fait remarquer au corps de ville qu'il serait bien d'avoir une maison pour mettre les malades de la peste , et que Joachim Tudert, échevin et lieutenant particulier, avait acheté depuis peu une maison et une treille près de Rochereuil , que l'on jugeait pouvoir convenir pour l'établissement projeté ; François Doyneau , sieur de Sta-Souline , offrit de racheter de ses deniers cet emplacement et de le donner au corps de ville pour y construire l'hôpital. Joachim Tudert s'étant refusé à cet arrangement , quelques mois après, François Fumée , qui sortait de mairie , acheta un terrain dans le même endroit et en fit don à la ville.
Voilà l'origine de l'Hôpital-des-Champs.
Cet hospice , actuellement démoli , est remplacé par un cimetière qui en a gardé le nom.
»• Pré St-Cyprien.
Le pré StrCyprien était situé entre le pré l'Évêque et le pont St-Cyprien.
Conrnie on le voit par plusieurs titres déposés aux archives du département, il était formé par les terrains actuellement occupés par les jardins qui longent la rivière du Clain et sont placés entre le plan de St-Simplicien et le pont de St-Cyprien.
«0 Pré l'Évêque.
22(3 ^OTES.
Ce pré , ainsi nommé parce qu'il dépendait du domaine particulier des Évêques de Poitiers, forme actuellement des jardins situés au-dessus du pont Neuf, rive gauche; mais, avant la construction de ce pont, il s'étendait beaucoup plus bas.
«« Pimpanneau.
L'on appelle encore ainsi la partie du faubourg de Montbemage placée sur les hauteurs. Le ûd de Pimpanneau relevait autrefois de l'abbaye de Saint-Jean-de-Montiemeuf.
** Maubrenage,
Actuellement Montbemage , connu également sous le nom de fauxbourg de St-Louis.
Dufour , dans son ouvrage de l'Ancien Poitou et de sa capitale, place le berceau de la ville dans ce faubourg, et, pour appuya cette opinion, il pïiésente ainsi l'étymologie de Montbemage , qu'il nomme simplement Bornage : Ber , dit-^il , est un vieux mot celtique signifiant seigneur, et bemage réunion de seigneurs. Montbernagq serait donc un composé signifiant montagne de la réunion.
^ Saint-Somin, ou plutôt Saint-Saturnin.
Ce faubourg, qui , au dire de Dufour ( lieu cité), est un des plus anciens et des plus considérables faubourg de Poitiers , doit sort nom à une église placée sous le vocable de St Saturnin.
Il a longtemps appartenu au monastère de St^fean de M ontierneuf. On l'appelle aussi quelquefois faubourg du Pont-Neuf depuis 1777, époque où la construction de ce pont l'a mis en communication plus directe avec la ville.
•* Pré l'Abbesse.
Ce pré était ainsi nommé parce qu'il faisait partie du domaine particulier de l'abbesse de Ste-Croix de Poitiers. L'on verra par la suite qu'il fut l'objet d'une des trois attaques principales des assiégés j l'on y remarque encore quelques débris de tours et de murailles^
Ce pré est situé dans la partie nord-«st delà ville de Poitiers , et longe une grande partie des boulevards de la ville entre les bains de Ghasseigne et le moulin Bajon.
NOTES. iSt
<• Rochereuii, pont, porte ot faubourg de la ville de Poi» tiers.
Bobinet, dans son travail pour une nouvelle édition des Annales d'Aquitaine ( manuscrit déposé à la bibliothèque de la ville de Poitiers), rapporte qu'en 1561 les eaux avaient emporté une partie de ce pont, ainsi qu'une partie des ponts Joubert et St-Gyprien , ce qui , à cette époque, fut, dit-il, regardé d'un mauvais présage.
L'on voit encore sous les arches de ce pont les rainures dans lesquelles glissaient les pelles qui pendant le siège servirent à arrêter le cours de la rivière.
•• LesDubes,
Nom que les habitants de Poitiers donnent aux rochers qui cernent leur ville à l'est:
Dans la portion de ces rochers qui est au nord du faubourg dé Pimpanneau, l'on voit une aiguille de rocher placée vis-à-vis Téglise Sainte-Radégonde , et à laquelle On a donné le nom dé rocher Coligny ^, parce que, prétend la tradition, Tamiral affectionnait ce poste , duquel il pouvait voir non-seulement le développement des travaux du siège, mais encore tous les préparatifs des assiégés.
^ Prunay , nommé la Prugne par Varillas ( Histoire de Charles IX).
tiOuis de Billy, sieur de Vertron , plus connu sous le nom du capitaine Prunay. Il était issu de la famille Billy de Pninày , qtie tous les généalogistes prétendent originaire du Pays-Chartrain, et que nous croyons pouvoir réclamer pour notre province. ( Foir du reste l'article que nous avons consacré au 'capitaine Prunay, verbo Billy , dans notre Dictionnaire des Familles de l'ancien Poitou.)
* Le sieur de la Mothe-Messemé nb partage pas l'opinion de Liberge et des autres auteurs qui avancent que ce furent le comte
1 Bobinet. curé de Buierolles, dans son manuscrit de sa nouyelle édition des Annales d'Aquitaine , rappelle la cuirasse de l'amiral.
du Lude et le duc de Guise qui les premiers eurent Fidée d'appeler d'Aunoux pour venir se renfermer dans Poitiers. Voici ce qu'il dit à ce sujet :
.... D'Onoux laissé dans S. Messant
D'entrer dedans Poy tiers print resolution.
Advertissant premier de son intention
Afin d'estre receu, le Guysart héroïque,
Qui joyeux d'un tel bien, pour la chose publicque ^
Luy manda s'en venir au plustost qu'il pourroit
Ne pouvant tant servir ailleurs qu'en tel endroit.
La Salle estant celluy qui portoit ce mesnage *.
^ Lusignan , petite ville située à 24 kilomètres de Poitiers, sur la route de cette ville à Niort, fière autrefois de son fort et beau château, n'a plus pour elle aujourd'hui que quelques débris de murailles , une belle église et des souvenirs.
Peu d'années après le sîége de Poitiers (25 octobre 1574), Lu signan fut assiégé par le duc de Montpensier, à la tète de l'armée catholique. Les assiégés, commandés par René, vièomte de Rohan , se défendirent jusqu'à la dernière extrémité, et , réduits à la plus horrible famine, capitulèrent enfin et sortirent la vie sauve et avec honneur de ces vieux murs , qui ne devaient plus courir les chances de la guerre; car à peine le duc de Montpensier s'en fut-il rendu maître , qu'il les fit renverser : basse vengeance qui prouvait la vivacité de la défense, et fait à la mémoire de ce prince une tache que la conduite et les paroles de Catherine de Médicîs ne fait que noircir davantage. Cette princesse, étant allée, quelque temps après, visiter les débris de ce magnifique château, ne put s*empécher de s'écrier en présence de la majesté de ces ruines : « Hé! falloit-il que si belle, forte et noble Place à l'appétit d'une
* roor message.
certaine opiniastreté de M. de Montpensier, soit esté ainsi ruinée de fond en comble? Quand le Roy mon fils y eut esté en personne , et quelle luy eust fait telle résistance , il ne Teust jamais voulu faire abbattre , je m'en asseure , pour le moins ce ne f ust pas esté de mon conseil, car c'estoit là la Perle antique de toutes ces maisons, et le plus bel ornement qu'on y eut sçû voir jamais. Je ne Tavois vûè' sinon lors qu'estant bien jeune j'y passay au voyage de Perpignan ; mais pour ma jeunesse d'alors je n'en avois conçu l'impression de sa beauté et grandeur, comme je la comprens encore par sa ruine. Que si je l'eusse eue si bien empreinte en mon esprit comme je l'ay , je vous asseure que le Roy mon fils n'eust donné jamais à M. de Montpensier le congé de l'abbattre à Tappetit de sa passion , et que jamais Chemeraud n'eust triomphé de si noble et riche dépouille pour bastir et aggrandir sa petite maison de Marigny . » ^ Branthôme.
Les regrets étaient trop tardifs ; le mal était fait et irréparable.
M. l'abbé Cousseau vient de publier dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest ( 1845) une monographie doublement curieuse et intéressante sur l'église de Notre-Dame de Lusignan.
'^ Jazeneuil,
Petit village sis à l'ouest de Lusignan. {f^oir Revue Anglo-Française, sur les résidences des rois de France de la première race dans les lieux de Jazeneuil , Chasseneuil . )
^« St-Maixent, petite viHe du déparlement des Deux-Sèvres, qui doit son nom, son existence et l'importance dont elle a joui pendant de longues années au monastère autour duquel elle s'était groupée et qui fut son noyau.
Le monastère de Saint-Maixent fut fondé en 459 par St-Agapit et quelques-uns de ses compagnons , chassés du monastère de St- Hilaire de Poitiers par Attila, roi des Huns. Il dut son nom , dit Thibaudeau , à saint Maixent, 2« abbé de ce monastère.
^* Nous ignorons si le capitaine AUard est de la même famille que
la famille AUard qui habite acluellementPoiliers et Parthenay.
Lors de la bataille de MoDContour, il fut envoyé par le duc d'ApjoM pour s'emparer de la petite ville d*AirvauU ; mais ii arriva trop tard , et trouva la ville occupée par les troiqpes protestante».
L'on trouvera note 196 de nouveaux détails sur le capitaine AUard.
*» Donat Macrodore, lieutenant au siège de St-Maixent, était d'origine écossaise.
M^cbel le Riche, avocat du roi au siège de S^Maixent, auteur d'un joqmal que dom Fonteneau nous a conservé en partie dans sa collection de matériaux manuscrits, accompagnait d'Auaoux dans sa retraite.
^^ Les historiens ne sont pas d'accord sur le temps que d' Aunoux mit à faire le trijet de St«Maixent à Poitiers.
Suivant Liberge , il mit environ quatre heures et demie; de Tfaou dit quatre heures; d'Aubigné et Dayila, six heures.
Mm ce que tous les historiens a'accordent à louer , est la pnidence et la sagacité que ce capitaine montra dans Inexécution de cette retraite > que Von peut regarder comme un des beaux £bu1s d'armes de cette époque.
''• Descendirent che? le sieur de la Haye.
Ce personnage à part, qui va jouer dans le cours du siège un r61e trèft*imp(«rtant , m^te qu'on lui consacre quelques lignes.
Jean de la Haye, Sgr de la Haye et de Jareé, barcm des Couteaux, issu d'une origine que Ton a lieu de croire fort obscure, remfdit d'abord au palais les fonctions inômés de soUiciteur. Un procès qu'il suivit avec le zèle et l'iateUigence doiiA il avait donné des preuves nombreuses lui valut la main de sa cliente, Anne de la Brosse, veuve d'Ém^y Girard, de l'antique maison de la Roussière-Girard : la fortune de cette ridie héritière lui fournit les moyens de devenir avocat du roi a^ monnaies , puis lieutenant général en la s^iéchaussée du Poitou .
Le lecteur a pu voir, àam V introduction , la fière réponse que
Jean de la Haye, organe du corps de ville de Poitiers , adressa au Sgr de Ste-€icnme, lorsque ce séide do prince de Ck)ndé s'empara de la capitale du Poitou. Après T^expfàain» dfi& protestants et fa mort tragique du maire Herbert , ce fut Jean do la Haye qui Tui succéda dans les fonctions que les difiBcultés de ces temps malheureux rendaient si pénibles et si délicates. Le texte de Liberge va faire connaître les services éminents que Jean de la Haye rendit pendant le siège à la cause catholique en sa qualité de lieutenant général. Il est donc inutile de reproduire ces détails honorables , qui se trouvent m leur lieu. ( r. les pages 44-4&-47-49-83.) Faisons observer toutefois en passant que c'est à tort que Thistorien de Thott désigne Jean de la Haye comme ayai^ rempli pendant le siège de Poitiers, en 1569, les fonctions de maire de cette ville. Cette charge était alors dignement occupée, comme on peut le voir p^e 20 du texte de Liberge, par le sieur Le Bascle, seigneur des Deffans.
Poursuivons.
Après la défaite des protestants à Moueontour , à la vue des oscillations politiques de la reine mère, Jean de la Haye, froissé d'ailleiirs de se voir refuser l'offîce de pré^dent de la sénéchaussée, passa dan& te camp de ces factieux sournois auxquels ks chroniqueurs ont donné le nom de polUiqU€$ ou malcontents : il en devint bientôt l'un des membres les plus acti&. Cette faetion était une sorte de tiers parti ou de juste^milieu qui menait droit au protestantisme. Jean de la Haye fit promptement cause commune avec les sectateurs de Calvin , et les arrhes qu'il donna à ses nouveaux SHnis fiirent la promesse et l'engagement form^ de leur livrer Poi« tiers et Fontenay.
Il organisa avec une adresse perfide divers coups de main restés sans succès. À Fontenay une fois, à Poitiers quatre fois, il tenta de remplir 3es engagements, et toujours il échoua, malgré les chances de réussite que semblaient lui promettre son influence, son adresse et sa cauteleuse duplicité. En effet , tandis qu'il servait
les prolestants par des faits patents, il savait entretenir les masses catholiques dans l'opinion qu'il était un agent de la reine mère, et la cour dans l'idée qu'il pouvait bien en effet avoir en vue de la servir. Mais, après ces tentatives significatives, le voile se déchire, et Henri III, qui lui avait pardonné d'abord, et qui avait même récompensé ses anciens services, ordonne son arrestation. Le sieur de Bourriq, commissaire du roi, chargé de ce soin, prend toutes les précautions qu'exigeait sa mission difficile, et le 21 juillet 1575, à minuit , Jean de la Haye , cerné dans sa maison de campagne de la Bégaudiére près Poitiers , tombe atteint de deux coups d'épée , et d'un coup de pistolet qui lui fracasse le crâne. — Ainsi périt misérablement un homme dont la conduite politique est encore un mystère, car elle fut diversement jugée, après sa mort, par les hommes des partis les plus opposés.
Jean de la Haye , veuf d'Anne de la Brosse , sa première fenune , avait épousé en secondes noces Marie Catus ou Cathus, fille du Sgr des Grange&Cathus, et de Jeanne du Fouilloux. De ce mariage naquit une fille unique, Urbaine ou Urbanne de la Haye, héritière des Grangœ, de Jarzé et du Fouilloux, qui épousa, nous ignorons à quelle époque, mais bien certainement avant le 3 juillet 1608, Pierre de Launay , chevalier de l'ordre du Roi. Après la mort de Jean de la Haye , sa veuve se crut autorisée à accorder à sa mémoire la fidélité que lui-même avait vouée à celle de sa première fenrnie , et elle épousa bientôt Jean de la Rye , tué à la journée de St-Irieix-le-Perche , en mai 1593.
On attribue à Jean de la Haye diverses œuvres de poésie et de prose , et entre autres précisément notre Siège de Poitiers , que de Thou et Varillas ravissent ainsi d'un trait de plume à Liberge; mais le lieutenant général du Poitou n'a droit à réclamer aucune part dans ce livre remarquable, pas plus que dans la brochure intitulée : « Des mémoires et recherches de France et de la Gaule aquitanique, » imprimée sous son nom à la suite des Annales d'Aquitaine , édition de 1643.
On peat lire à ce sujet la discussion à laquelle s'est livré M. de Ghergé dans la Notice biographique fort étendue qu'il a consacrée à Jean de la Haye, notice à laquelle nous renvoyons du reste nos lecteurs pour tes détails de la vie agitée de ce personnage singulier. ( V, Mémoires de la Société des Antiquaires de TOuest de 1841 . )
Nous reproduisons à la fin de ces notes le fac-similé de la signature du lieutenant général de Poitou.
''^ De Boisseguin ( Jean-Jay ) , Sgr de Boisseguin , gouverneur de Poitiers.
"" D'Aubigné dit que les assiégeants avaient quatorze grosses pièces , huit de campagne, et un grand nombre de fauconneaux.
" Liberge désigne ici la position appelée le rocher Coligny , et dont nous avons parlé note 61 .
''^ Arsac. Le capitaine Arsac, que Liberge dit être Gascon, ne peut appartenir à la famille Arsac de Temay, que nous avons prouvé , dans notre Dictionnaire des Familles de l'ancien Poitou , être originaire de la paroisse de Dingé , évêché de St-Malo , en Bre-
^ La Salle. Une famille de ce nom habite encore aujourd'hui les environs du Blanc.
®* D'Elbene, probablement de la môme famille que Nicolas d'Elbene de l'Épinoux, qui fut maire de Poitiers en 1556.
Cette famille, originaire de la ville de Florence, où elle avait occupé plusieurs grands états et dignités , a fourni depuis 1377 plusieurs chevaliers à Tordre de Saint-Jean de Jérusalem. L'on trouve dans le Martyrologe de la Religion que frère Nicolas d'Elbene , Florentin , fut la première victime des Turcs lors du siège de Malte, en 1565 : ainsi les membres de deux branches de cette ft*
mille exposaient presque à la fois leur vie pour la défense de leur
croyance aux extrémités de TEurope.
^ René de Rochechouart , sieur de Mortemart , capitaine d*une compagnie d*ordonnance , chevalier de Tordre de St-Michel et de celui du St-Esprit , naquit à Château-Larcher le 17 décembre 1528 , se trouva au siège de Metz , combattit aux batailles de St-Denis , Jamac et Moncontour, épousa, le 1** janvier 1570, Jeanne de Saulx-Tavannes , fille du maréchal de Tavannes, mourut le 17 avril 1587, et fut inhumé dans Téglise du couvent des Cordeliers de Poitiers , sépulture ordinaire de sa famille.
Dom Fonteneau nous a conservé un dessin de ce monument dans ses Recherches pour Thistoire d'Aquitaine ( Ribliothèque de la ville de Poitiers. )
•" Le capitaine Vacherie , quoique son nom ait beaucoup d'analogie avec celui du sieur de la Vacherie , n'était point de la même famille ; nous avons dit, note 30 , que le nom de femille de ce dernier était Mourault; et Liberge a le soin de nous apprendre, quelques lignes plus bas , que ce capitaine était Picard.
•* Les épitaphes du capitaine Vacherie , faîtes par Liberge et I^icolas Rapin , sont rapportées page 148. Il était, comme on le voit, capitaine dans le régiment de Sébastien de Luxembourg, Sgr des Essarts en Poitou , et comte de Martigues.
w François de Cazillac , sieur de Sessac.
•• Les sieurs de Chaillé.
Nous n'avons pu rattacher au Poitou tes sieurs de Chaillé, dont r»n était enseigne et Tautre maître d'hôtel du duc de Guise. Il y a en bas Poitou plusieurs terres de ce nom, dont une était à cette époque possédée par la famille de Volvire.
^ Ce fut François de Lorraine, duc de Guise, et père du défenseur de Poitiers , qui commandait dans la ville de Metz lorsqu'elle fut assiégée par l'empereur Charles-Quint : le siège , mis le 15 octobre 1552, fut levé le 9 décembre suivant.
* Nous allons extraire des Honnestes Loisirs du sieur de In
Molhe-Messemé la description des préparatife faits par les assiégeants pour défendre te pré l'Abbesse :
Il y avoit mati(x*e à dire vray de craindre.
Car Tennony passant le mur, en tel radroit , Retranché nullement^ il pouvoit venir droit Sans empesche valteble , au millieu de la ville. Ce qu'on peut pour le mieux , ce fui d'un pas abille En rÉglise sainct-Pierre où par dévotion Les seigneurs estoient lors en priante action Résoudre promptement dedans une diaf^lle, Qu'il failtoit à cheval deâéndre la querelle. Bien que feust au possible un moyen dangereux , Faisant de Monpezat , et RuiTec valleureux , Soudaine élection : qui chacun quant et quatre. Enseignes de lanciers, la brèche iroient debatre. Pour ayder à remplir ce nombre estant mmimé, Du costé de Ruifec, si tost que fus armé, Au haut de Monti^neuf *, lieu de nostre embuscade Les miens je conduisi en teste la salade.
Monpezat demeurant à l'autre bout du pré , Vers le Pont-à-Joubert couvertement logé , Ne se tenant personne à la brèche en deffance. En Dieu la ville avoit, et nous sa confiance. Qui premier que partir de l'endroist où estions Secrètement posez de l'ennemi devions Cinq ou six cens laisser pour le moins dans la pree Jusques où ils voudroient faire une libre entrée : Que tramper dans leur sang de noz lances le fer Ghascun se promestant donques y triompher, Si tost que la trompette, avecques ses fanfares ,
> En la place ditte du Pillory ( note marginale de l'eiemplalrc des Honncstes LoUirs que noos avons eu sous les yeux ).
Auroit donné signal , ainsi qu'on faict aux barres. L'ordre seroit gardé qu'un host aucunement N'entreroit dans le camp , que l'autre entièrement N'eust d'un des boutz du pré , faict à l'autre traverse Que décochant aUors dessus la bande averse Sa force opposeroit, comme auroit le premier, A celuy qui d'entr'eux , qui conune le plus fier Se seroit avancé d'entrer dedans la ville
Nous fusmes donc tousjours clos dans nostre embuscade Jusqu'au soir que l'on veit le camp se débander. Dont si fusmes joyeux il ne fault demander.
Car si Dieu n'eust pour nous faict évident miracle Nous n'estions suffisans pour leur donner obstacle , Tel qu'il estoit besoing pour les garder d'entrer : Quant ils eussent voulu s'y opiniastrer Farcissant d'hom' armez suivant leur entreprise Quarante mil au moins, dans la plaine en chemise : Tant de pied, que cheval , qui d'habillement blanc, Pour s'entrerecognoistre avoient couvert leur flanc.
L'on voit, d'après ce que dit la Mothe-Messemé, que l'ont mit à exécution l'idée de combattre dans l'intérieur de la ville , fait que ne mentionne Liberge que comme ayant été conseillé.
Thibaudeau , qui , page 236, tome 4, énonce un avis totalement opposé à la Mothe-Messemé, lequel dit positivement : « Ne se tenant personne à la brèche en deffance, » se trompe en racontant que le duc de Guise alla placer les troupes qui devaient défendre la brèche, et se mit & leur tète sur le bord du fossé qu'on avait fait dans le pré entre la brèche et la ville.
w Le couvent des Carmes, qui a donné son nom à une des rues de Poitiers, avait été fondé vers 1370 par Jean Chandos et Guillaume de Felton, tous deux sénéchaux de Poitou pour le roi d'Angleterre.
Le traducteur de Thou est tombé dans l'erreur en traduisant les expressions ex Carmelitarum cœnobio par couvent des Carmélites. Le couvent des dames carmélites était situé dans la partie de la ville opposée à Tattaque du pré TAbbesse, et commandait au contraire le pont Ajchard; et, du reste, les dames carmélites, qui ne se sont établies à Poitiers qu'en 1630, ne pouvaient y avoir de couvent 60 ans auparavant. C'est actuellement le grand séminaire.
90 Le capitaine Anthoine Sarrason , ingénieur.
L'on a vu plus haut , note 16, par les lettres de M. le comte du Lude , que cet ingénieur était déjà depuis quelques mois dans la ville pour la fortifier.
Le sieur de la Mothe-Messemé décrit ainsi son genre de mort :
..... On venoit de tuer le pauvre Serason.
Subtil , ingénieux, d'une balle maligne L'ayant sous un tetin percé jusqu'en l'echine,
^ LaBidolIière.
Maixent Poitevin, sieur de la Bidollière, avait été précédemment maire de la ville de Poitiers en 1566.
Les historiens varient sur la manière dont les assiégés arrêtèrent le cours du Clain.
a Maixent de la Bidollière, eschevin de la ville , capitaine d'une compagnie bourgeoise, proposa, dit de Thou, un avis qui fut suivi. C'était de faire déborder le Clain et d'inonder la prairie. Pour en venir à bout, on enfonça deux rangs de gros pieux dans l'eau, à travers la rivière, et l'on remplit de terre l'interval qui étoit entre deux. »
D'Aubigné énonce le même fait en d'autres termes :
« Bidollière détruisit ce labeur ( la peine que les ennemis avaient éprouvée pour faire brèche dans la muraille) par artifice, car ayant fait bien asseoir un bastardeau dans le cours de la rivière, tout le travail des assiégeants fut noyé. »
Yarillas , dans son Histoire de Charles IX, rapporte le même
fait; seulement il tombe dans Terreur en qualifiant ia Bidollière de lieutenant particulier de Poitiers. Il ajoute que le pré FAbbesse fut noyé si promptemeni « que Teau y fut en six heures à la hauteur où avoit esté la muraille. »
Comme le prouve le récit de liberge, il y eut pour ainsi dire deux phases dans les inondations dont les assiégés couvrirent leurs défenses. Dans la première ils arrêtèrent seulement le cours du bras de la rivière qui pénètre encore aujourd'hui dans Tintérieur de la ville et sert aux mêmes usages qu'en 1560 ; la seconde fut quand on mit à exécution l'idée de la Bidollière , qui consistait, comme nous l'avons vu , à arrêter le courant du Clain au moyen do pont de Rochereuil. Les historiens ont confondu ces deux idées, et ne mentionnent que la grande inondation , celle à laquelle , à bon droit, on peut attribuer la conservation de la ville de Poitiers.
" Le sieur de Guitinîère ,
D'une branche cadette de la famille d'Aidie, Vte de Riberac.
Le sieur de la Mothe-Messemé raconte ainsi l'arrivée du sieur de Guitinière dans la ville assiégée :
Or pour l'amour de luy (du duc de Guyse) Barbazan^ Guitinière ^
Deux gentils cavaliers, de gaillarde manière ^
Entrèrent un matin devers le pont Achart ,
Sans équipage aucun par industrieux art
Apres avoir tombé d'une grande pourmenade j
De l'adversaire camp la malsoigneuse garde.
M Nous allons citer le Frère Jean de Laval au sujet de cette sortie , son récit étant beaucoup plus circonstancié et détaillé que celui de Liberge :
« Mais devant je vous veux reciter une notable saillie que firent les assiégez sur les assiegeans , qui fut le Yendredy douzième Aoust, auquel trois ou quatre cens chevaux sortirent sur l'heure du disner, par la porte de la Tranchée. Et afin de pourvoir à tous inconveniens, s'ils trouvoient qui les enfonçassent, et fissent retourner^
pour soustenir leur retraitte ils mirent quelque nombre d'infanterie, et harquebuziers hors la porte à droit de dedans les vignes. Lesquels, pour estre en lieu secret, et n'estans apperceus, eussent taillé de la besongne à ceux qui les eussent voulu chasser : joint la commodité de leurs pièces, expressément apprestees sur les murailles pour mieux s'y favoriser le retour. Ceste troupe conduite par Messieurs de Sessac, Boisjourdain , Guitiniere et autres, avec quelques Italiens que menoit Jean des Ursins, donnèrent jusques à un quart de lieuë de la porte près un village nommé Feuclaret ^ où ils apperceurent deux troupes de Cavaliers huguenoz. L'une, de François, que conduisoit le jeune Briquemaut, Faisné des frères. L'autre de Reitres, conduite par Mandolf Lieutenant du Colonel Hansbouch. Les François estans les premiers , furent aussi les premiers saluez : mais pour n'estre en nombre bastant pour soustenir cest effort : et voyant Briquemaut que les descouvreurs qu'il avoit envoyez pour courir estoient prins ou blessez : ne se voyant par semblable accompagné de plus de soixante chevaux, fut conseillé de se retirer en haste de vers les Arceaux «, envoyant ce pendant donner ^alarme au camp : afm de leur empescher le retour et entrée dedans la ville. Mais les Catholiques ne se voulans amuser à poursuyvre ceux-cy qui se retiroient, tournent au grand pas à droite , sur deux cornettes de Reitres qu'ils renver-
> Le village de Fief-Clalret , prës Saint-Benott.
* L'aatear désigne Iti les arcs de Parigné, derniers débris d'un des aqueducs qui, sous U deminatton rogMine, conduisaient dans la vitte de Poitiers les eaux des fontaines «voisinantes. Voir à ce si^et le remarquable travail de H. Bourgnon de Layre , InUtulë F<mtaines de Poitiers. En ma qualité de petit-fils de M. Filleau » je crois pouvoir faire remarquer ici que c'est lui qui , le premier, eut la belle Idée d'employer les travaux des Romaius, lorsqu'en isis l'administration municipale voulut doter la vlUe de PolUers de fontaines publiques.
Les sovvenlrtdn peuple, qui souvent sont de précieux renseignements à consultel-, mentionnent cette attaque près des arcs de Parlgné; lia ajoutent, au récit de l'historien que nous citons, qu'un grand nombre d'hommes et de chevaux furent culbutés dans la rivière du haut des coteaux de l'Hcrmitagi».
serent et crevèrent pour la plus part , voire Mandolf mesme , qui fuiant fut attaint de deux Lanciers qui le percèrent de part en part, et fut jette mort par terre. D'avantage ils emportèrent la cornette des Reitres , et en emmenèrent plusieurs prisonniers.
» L'alarme ce pendant fut si chaude au cartier de l'Amiral , qui n'estoit qu'à un quart de lieuè' de là , (à saint Benoist) que toute la cavallerie s'y achemina pour donner secours à leurs compagnons et ensemble bon nombre de Reitres : mais les premiers virent les Catholiques comme ils entroyent dedans leur ville : qui leur donna occasion de retourner. La saillie de ce jour fut honorable et avantageuse aux assiégez , parce qu'ils s'en retournoient tous : lesquels ne fussent si librement sortis, si on eust dès le commencement trenché l'avenue de ceste porte : laquelle le vieux Briquemaut (craignant que son fils ny fust pour la seconde fois surpris) fist dès le lendemain trencher, et bien fournir de harquebuziers , Car pour cest effect l'Amiral, Briquemaut, Beauvois la Nocle, et plusieurs autres avoir esté le mesme pour visiter ce lieu , et le corps de garde firent commandement au Régiment de Blacons de trendier ceste avenue (laquelle s'estend depuis le pendant de la montagne qui tombe sur les marescs que fait l'estang saint Hilaire , jusques à l'autre coin de la porte, que l'on nomme de la trenchée : par lequel on descend pour aller à Tison et à sainct Cyprian. Par ainsi toute ceste plaine trenchée , et bien pourveuë de bonne g^rde , les Protestants (mais trop tard, comme j'ay dit ailleurs) empescherent puis après ceux de la ville de faire aucune sortie , ne d'avoir nouvelles par ce costé là. Et outre ce , soulagèrent grandement la Cavallerie d'y faire la garde , y suffisant l'infanterie , qui jettoit les sentinelles jusques à un traict de la porte. Vray est que pour quattre Cornettes qui dévoient paravant faire la garde , dix ou douze de chacune cornette y alloient encor : mais seulement par forme de Vedetes le jour, pour plus soudain avertir l'Infanterie de se tenir preste , si quelqu'un eust sorty. »
•* Prix des denrées.
L'on ne doit point rapporter à nos monnaies actuelles le prix des denrées que nous donne Liberge. Le système monétaire de 1569 n'était pas du tout le nôtre. Nous allons donc donner le rapport des monnaies d'alors avec celles qui ont cours actuellement , afin de pouvoir évaluer en argent d'aujourd'hui ce que les denrées coûtaient à l'époque du siège. L'angelot d'Angleterre du règne de Henri VIII , qui est probablement celui mentionné ici , valait . 16 fr. 20 c. de notre monnaie , l'écu d'or 10 fr. 50 c. , et le sol de billon , 17 c. environ ; ceci établi , il est facile au lecteur de voir que
Les œufs ont coûté 1 f. 70 c, 2 fr. 04 c. et 2 fr. 55 c. la pièce.
Une poule , 10 fr. 20 c.
Les chapons, 16 fr. 20 c, 21 fr., 42 fr.
La livre de beurre , 6 fr. 80 c. et 8 fr. 50 c.
Les poires , 34 c. et 51 c.
Le boisseau de fèves et pois , 8 fr. 50 c. et 10 fr. 20 c.
L'on peut voir par l'extrait ci-dessous des Honnestes Loisirs que le sieur de la Moth^Messemé donne environ les mômes évaluations que Liberge :
Mais d'ailleurs il veoyoit monseigneur se haster
De rassembler son camp pour charger son armée
Devant que nostre ville eust reduitte affammee ,
Comme estoit son dessein et son but arresté ,
Sachant que nous avions tant d'incommodité
A fornir le soldat seullement de farine ,
D'essayer lentement nous avoir par famine ,
Veu qu'estions mal garnis d'ailleurs de vin, de chair
De chair, que j'en ay veu se vandre si fort cher ,
Que mes gens y poyoient six livres en monnoye
D'un chappon , et dix francs d'un coq d'Inde à grand joye
Mais vingt et cinq oscus j'ay du quartier de bœuf
Là dedans déboursé , comme souvent d'un œuf
242 KOTES.
Dix huit et vingt solz pour les blecez malades. Au reste norrissant nos chevaux de sallades , De qiïoy ne les pouvant à la longue fournir Pour chercher désormais ailleurs à s'en munir , Nos brèches n'estant plus si souvant assaillies Qu*eirestoient paravant , nous fismes des saillies Exprès pour essayer faire coupper des blez, Tandis qu'estions dehors pesïe mesie assemblez Aveoqnes l'ennemy, qui de ce ayant notice De peur qu'en tirassions si commode servic<^ Les couppoit , les gastoit , mesmement les brusloit.
Puisque nous en sommes à parler des denrées , nous pensons que l'on verra avec plaisir l'état suivant. Cette note, que nous devons à l'obligeance de M. Rédet, indique la quantité de grains que la ville prêta aux seigneurs renfermés dans son sein pour la défendre :
Sensuyt les grains qui ont estez prestez à plusieurs gentilzhommes durant le siège de la ville de Poictiers en Vannée mil cinq cent soixante-neuj.
Premièrement , le xii* jour d'aoust audit an , baillé à mons de Thonner • quatre vîngtz treze boiceaux drogée* vallans de septiers XIII s. VI b. drogée.
A mons de Sordray ', frère de monsieur le comte du Lude , cent boiceaux avoyne. C. b. avoyne.
A mons des Loges , II drogée.
Le dimanche iiii« septembre 1569 a esté vendu au commissaire de la monition des chevaux d'artillerie par baillarge quarante cinq septiers. XLV s. baill.
Plus ledict jour leur a esté vendu par orge quarante ung septiers.
XLi s. orge.
1 Henri, comte de Clermont et de Tonnerre. Voir note ira.
8 Drogée, gros blé, blé mal Tanné. —On dit encore en bas Toitoa drosses, droges.
3 De Saultray.
A esté vendu à monsieur de Monpesac soixante boiceaux drogée corne appert par sa ceduUe du pénultième aoust 1569.
Vils. IlIIb. drogée.
A mons des Ghastelées^ cent boiceaulx avoyne côme apert par la cedulle du 8 septembre 1569. C. b. avoyne.
A mons des Forges , deux septiers. II s. avoyne.
Au mois de febvrier 1569 a esté baillé et délivré des greniers du magazin de ceste ville de Poictiers aux commissaires le nombre de vingt cinq charges ^ quatorze boiceaux de froment , vallant de septiers cinquante-troys septiers quatre boiceaux troys cars.
LUI s. IIII b. III cars.
(Extrait des archives du département.)
^ De Thou rapporte le même fait, et son traducteur tombe dans Terreur en disant que le lieu où l'on réunit les Protestants fut l'église de Saint-François. Il n'y a jamais eu d'église St-François à Poitiers. De ïhou dit dans l'église des religieux de St-François , des Franciscains, plus connus en France sous le nom de Cordeliers.
^ La tour de l'Horloge.
Tour élevée sur la place du Marché , vis-à-vis l'église de Notre- Dame, au coin de Faile gauche de l'hôpital (l'école de droit actuelle).
Construit de 1385 à 1389 par les soins de Jean , duc de Berri , le gros horloge fut un des premiers établis , car l'horloge du Palais, à Paris, qui fut la première que Ton vit en France , ne l'avait été qu'en 1370.
f^. pour plus de détails , un Mémoire de M. Pilotelle, Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest, année 1845 , p. 207.
^ Saint-Pierre , église cathédrale de Poitiers ^ut consacrée par Bertrand deMaumont, évèque de Poitiers, le 17 octobre 1379. Elle avait été commencée en 1052 par les soins de Henri II , roi d'Angleterre, et d'AIiénor d'Aquitaine , son épouse.
« La charge pesant environ 200 kil.
•• Malgré les précautions que les assiégés prenaient pour empocher que les Protestants de Fintérieur ne pussent communiquer avec les assiégeants, les quelques vers qui suivent indiquent clairement que tous les moyens employés furent inutiles. Nous laissons parler le sieur de la Mothe-Messemé :
Mais conunent n'eust-elle (l'armée ennemie) eu de nosdeffauts nouvelles
Quand elle ne pressoit encore nos sentinelles
Et que chascun prenoit de sortir liberté ?
Que lors que son camp fut à noz portes planté ;
Réduits dessus noz murs à faire bonne garde ,
Ils nous huchoienl la nuict , ce que d'heure bien tarde
Avions dans le conseil résolu ce jour là.
Sans qu'on peust descouvrir d'où procedoit cela.
" Etre à l'eschauguette , être à l'affût.
On appelait chauguettes , en bas Poitou , des cabanes placées sur le bord de la mer pour se mettre en observation.
100 j)0 vieilleville. François de Scepeaux , seigneur de Vieilleville, était depuis 1562 maréchal de France; homme de guerre distingué, il avait fait avec éclat les campagnes d'Italie sous François P'.
^ Le sieur de la Mothe-Messemé mentionne également ce fait. Voici ce qu^il nous dit en son langage :
.... Il (Famiral de Coligy) désiroit qu'escoulast la rivière
Qu'a son très grand regret nous tenions prisonnière
A laquelle essayant de donner liberté
Il congnut ne pouvoir rien son Admirante ,
Sus nostre doulce mer , qui douce et savoureuse,
Ce siège termina de fin pour nous heureuse.
*®* Eglise de Sainte-Radégonde. Cette église, élevée dans le principe sous l'invocation de Notre-Dame-hors-les-murs , pour servir de lieu de sépulture aux religieuses du monastère de Sainte-
Radégonde , fut mise sous le vocable de cette sainte après qu'elle y eut été ensevelie. Détruite à plusieurs reprises , Téglise actuelle a été construite vers la fin du xi' siècle.
*^ Eglise St-Sulpicien.
Cette église, sous le vocable de saint Simplicien et non saint Sulpicien , était située sur la place de Saint-Simplicien, à laquelle elle donna son nom. Elle a disparu du sol, mais Ton reconnaît encore quelques restes de ses substructions. Le chevet de cette église était construit sur les anciens murs de la cité, ce qui indique à peu près l'époque de sa fondation, les murs de la ville visigothe ayant été détruits dans le xiii* siècle.
»<^ Nous allons suppléer au silence de Liberge , qui n'explique point quel était le grand moyen que les Protestants avaient d'empêcher les catholiques d^approcher des brèches , en citant quelques lignes de l'historien Varillas , dans sa Vie de Charles IX :
« Il (l'amiral) se prépara pour l'assaut avec d!autant plus de certitude de succès qu'il crut avoir observé de ses propres yeux l'impossibilité où estoient les assiégés de le soutenir ; et de fait ils ne pouvoient aller à la brèche qu'en montant sur une eminence où ils estoient en butte à l'artillerie calviniste. Ceux qui s'ensauvoient estoient obligés descendre sur les ruines du mur par des défilez et par conséquent l'un après l'autre. Rien ne les couvroit durant tout le chemin et les arquebusiers des assiégeants qui avoient le loisir de les tirer à leur aise ne les manquoient presque jamais. Ainsi les soldats qui furent commandés pour y aller arrivèrent en si petit nombre que la garnison et la bourgeoisie perdirent presque l'espérance de se deffendre. »
*<* D'Acier. Jacques de Crussol , seigneur d'Acier , avait com*mission de colonel générai de l'infanterie française dans l'armée protestante ; il fut fait prisonnier quelques semaines après à la bataille de Moncontour, où il s'était rendu malgré l'état de maladie dans laquelle il se trouvait, maladie contractée au siège de Poitiers, et qui le força de se retirer à Lusignan , puis à Niort.
246 >'OTES.
*û6 iSous a\ons parle, note 66, du capitaine Prunay. JNous allons donner ici quelques détails sur ses frères.
Le premier dont il est parlé est Claude deBilly; sa mort fut bien telle que le rapporte Liberge.
Ses deux autres frères , François et Roux , furent tués tous les deux à la journée de Dreux , le 19 décembre 1562.
Jean de Billy, Fabbé de StrMichel-en-lHerm , et non pas Saintr Michel-en-rAir , était aussi abbé de Notre-Dame en Tile de Ré et de St-Léonard de Ferrières ; il mourut vers 1600, prieur de la chai^ treuse de Gaillon. Il avait quitté ses abbayes pour se faire religieux et se livrer à l'étude des littératures latine et française.
L'abbé de St-Vincent de Laon était Jacques de Billy, qui succéda ensuite à son frère dans ses abbayes. Les langues hébraïque , grecque et latine lui étaient familières. Il publia plusieurs traductions des saints Pères, et mourut à Paris le 25 décembre 1581.
Vautre^ pour parler le langage de notre historien, est sans doute Geoffroy de Billy, évêque et duc de Laon, pair de France, qui, après avoir été grand prieur de SirDenis ei\, France et grand vicaire du cardinal de Guise en cette abbaye , fut nommé évéque en 1600; il mourut le 18 mars 1612. Il est auteur de quelques ouvrages de piété.
^ Le sieur de la Roussière, que de Thou appelle Girard, sieur de la Roussière, avait épousé, d'après la chronique du Langon ( V, Chroniques fontenaisiennes , p. 95 ), la nièce du comte du Lude.
Ce sieur de la Roussière était probablement de la famille do la Roussière-Girard , à laquelle s'allia Jean de la Haye. ff^. note 71.)
** Voici , d'après le sieur de la Molhe-Messemé , dont le nom est cité quelques lignes plus bas, les dispositions que prirent les assiégés pour défendre la brèche de Sainte-Radégonde :
L'on m'ordonna planter en ce lieu mon drapeau Devers Sainct-Cyprian au bout de la main dextre Ce qu'un rudachc au poin prompt allant recognoistre
Pour me dire bou jour sans proférer mon nom Donna prez de mes pieds un boullet de canon , Y marquant une chasse , espoir que la partie Seroit à coup d*espee en brief temps départie. Je me diligente d'y mener promptement Ceux-là sus qui j'avois allors commandement , Si quelqu'un veit jamais deslogeant d'un village
Un peuple se hastant de se sauver de là Emportant quant et soy tout le meilleur qu'il a. Tels il nous veit allors allant à nostre brèche , Ores portant un pic , une palle , une besche , Une hotte , une tranche , une lance , un espieu , Une poche , une couette à remparer le lieu De la place par moy de n'agueres choisie , Pour deffendre la ville au hazard de ma vie , M'estant en arrivant un jeune homme tué Je fu par plusieurs fois du canon salué Qui ne m'apporta pas plus guère de dommage , Depuis que j'en dressé un rampart de bagago Entassé pesle mesle avecques des fagots ,
Ruffec à l'autre bout avec soudaineté Travaillant tout ainsi à remparer sa place Qu'un qui s'asseureroit ne trouver point de grâce S'il venoit à tomber entre ses ennemys Cependant que Tricon , Bayers, e t autres mys Entre nous n'espargnoyent en toute diligence A faire leur debvoir aussi à leur puissance.
Pour défendre la brèche, l'on avait fait dresser dans l'intérieur de l'abbaye de Sainte-Croix des plates-formes dont il est parlé dans la déposition du curé de Sainte-Austraugésilie (procès-verbal du 29 décembre 1576). Nous citons cette déposition, qui se trouve aux ar-
chives du département de la Vienne , et nous a été communiquée par M. Rédet :
« Lorsque cette ville fut assiégée par les ennemis et rebelles du roy, messeigneurs le duc de Guise, comte du Lude et autres seigneurs et capitaines estants en iceUe auroyent faict droisser en l'encloux de ladite abbaye quatre plattesr-formes esquelles ils auroient faict amener quatre canons pour la deffence de la broche faicte à l'endroict du Pré-l'Évesque , lesquels canons y furent longement; et pour mener lesdicts canons furent faictes deux brèches en ladite abbaye , pour lesquelles personnes alloient et venoient. »
{^chives du département.) *«• Madame du Lude ,
Jacqueline Motier , dame de la Fayette et de Pont-Gibault , fille de Louis Motier , seigneur de la Fayette , et de dame Anne de Vienne-Listenois, mariée le 11 mars 1558.
«w Madame de Ruffec,
Anne de Daillon , fille de Jean de Daillon , comte du Lude , gouverneur de Poitou , et d*Anne de Bastarnay .
'" La dame des Arpentis,
Probablement Claude Robertet, épouse de Louis du Bois , seigneur des Arpentis, maître de la garde-robe du roi Henri III, qui le créa chevalier de ses ordres le 31 décembre 1585. Il était à cette dernière époque gouverneur de Touraine.
*" Il y avait en effet un très-grand nombre de dames renfermées dans Poitiers, la plupart des capitaines de marque ayant fait entrer leurs femmes avec eux ; « ce qui ne fut petite amorce au courage , » nous dit d'Aubigné.
Voici ce que dit le sieur de la Mothe-Messemé à propos de la retraite des dames au château :
Or les dames estant allées au Chasteau , Où le Clain tout autour creusement se regorge, Si tost qu'on entendit la cloche de l'orloge Advertir un chascun se mettre en son debvoir ,
Le danger côchappé s'en revinrent au soir
Joyeuses au logis avecques allégresse.
Entre quelles estoient en premier la Contesse ,
Les dames de Fervacque ^ Estissac , Boisseguin ,
Et autres dont une eut son rabat en chemin
Percé de part en part d'une balle adversaire ,
Sans autre plus grand mal pourtant que peut luy faire
Qui pour le sexe estoit assez pour en mourir.
Pendant que ces grandes dames se retiraient loin du tumulte et du danger , les dames de la ville montraient plus de courage et de résolution , et peut-être , si les protestants eussent été vainqueurs à la brèche, Poitiers aurait-il eu sa Jeanne Hachette.
Nous citons :
« Ils eussent trouvé (les protestants) s'ils fussent entrés dans la ville toute la noblesse eschauffée à bien faire oultre leur salut et leur honneur par la veue d'une notable haie de cavallerie. C'estoit soixante et quinze dames montés sur bons chevaubc tous bien empanachés qui prirent leur place de bataille assez prés du combat pour estre fidèles et dangereux tesmoins dos valleurs et laschetés. » [D'Auhigné, in-f°, 1. 1, p. 300.)
"' liO sieur de la Mothe-Messemé. — François le Poulchre , sieur de la Mothe-Messemé , d'une famille noble et ancienne du Loudunais , naquit à Mont-de-Marsan , dans le château de cette ville , qu'habitait son père , surintendant de la maison de Marguerite de Navarre, sœur de François I*'; soldat et écrivain , capitaine et historien , il combattit pendant 25 ans sur tous les champs de bataille de France , et, sur la fin de sa vie, raconta dans son poème des Honnestes Loisirs les événements qui se sont passés de son temps , et presque tous sous ses yeux. Historien fidèle et scrupuleux plutôt que poète brillant et agréable , l'on trouve dans les quinze mille vers alexandrins dont se compose son poème toutes les qualités de l'historien , mais aussi tout ce qui peut rendre des vers inlisibles,
250 ?iOTES.
l'aridité des détails , des tours forcés , uq style (»nbarrassé par la difficulté de bien rendre les événements qu'il raconte , des rimes fabuleuses de rapprochement.
Cependant, si Ton surmonte l'ennui d'une première lecture, l'on se trouvera étonné du grand nombre d'événements dont se composent ses récits , du jour nouveau sous lequel il fait voir plusieurs des plus importants, des détails ignorés qu'il fait connaître. Le sieur de la Mothe-Messemé est un de ces historiens chroniqueurs qui , trop négligés dans les jours passés par les grands faiseurs d'histoires , mériteraient les honneurs d'une lecture attentive et d'une réimpression qui ne pourrait qu'être au profit de tous ceux pour qui l'histoire est une étude ou même un délassement.
La Mothe-Messemé , outre ses Honnestes Loisirs, a publié :
1» Les Amours (TAdrastie , en trente-neuf sonnets , et une pièce de quarante-six stances de six vers.
2* Les Mélanges de vers d*amour , consistant en chansons , stances , sonnets et élégies.
L'on ignore la date précise de sa mort.
*•* Le marquis de Boissy.
Gilbert-Gouffier , marquis de Boissy, duc de Roannez, Sgr d'Oiron, capitaine de cinquante lances dès 1568, mourut à l'âge de 28 ans dans son château d'Oiron.
"5 Le sieur de Bayers.
LouisdelaRochefoucault, Sgr de Bayers , de la Bergerie, de la Vallée et de l'Oumée, était guidon de la compagnie du Sgr de Pons, et donna en cette qualité , le 3 juin de cette année , à Benoit Milon, trésorier des guerres, une quittance de 100 fr. pour son état de guidon.
'•• Nous croyons que le sieur do Ponts indiqué par Liberge n'est autre qu'Antoine de Pons , Cte de Marennes , capitaine de cent gentilshommes de la maison du roi , chevalier de ses ordres, et son lieutenant en Saintonge.
•" Le sieur de Fervacque, du pays de Normandie.
iNOTES. 251
Guillaume de Hautemer, Sgr do Fcrvaques, gentilhomme de la chambre de François de France , duc d'Alençon , grand maître de sa maison , chef de ses finances et de son conseil , lieutenant général de ses armées dans les Pays-Bas pendant son absence , et plus tard maréchal de France.
"' Ce personnage qui eut assez d'audace pour venir reconnaître les brèches sous le feu des assiégeants était un officier protestant nommé Dominique, qui, ayant, dans une contestation survenue pardevant Tamiral, tué l'un de ses camarades d'un coup de poignard, avait été condamné à mort , et dont la peine fut remise sous la condition qu'il irait reconnaître les brèches : ce qu'il fit heureusement.
*'^ Christophe des Esselins , sieur de Gascourt ou Gaucourt.
Dans la chapelle du grand prieuré d'Aquitaine était un tableau représentant Christophe Hesseliin dit Gaucourt. Voici ce que j'ai trouvé dans le Recueil d'épitaphes poitevines qui fait partie de ma collection de manuscrits sur l'histoire et les familles de la province du Poitou. Cette épitaphe diffère de celle donnée par Liberge, que nous avons citée page 150.
Epitaphe de noble Christophe Hesselin dit Gaucourt , chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, qui fut blessé le.... d'août d'un coup de canon, étant à réparer la brèche du pré l'Évoque; il mourut le 20 dudit mois 1569. Au-dessous du portrait était écrit :
« Per variis casus et per discrimina rerum Mille per insidias vulnera teia neces Saepe per undosam patriis a finibus aequor In mahometicolas arma cruenta tuU :
lUiac divulsiis video furialibus ausis In fano abstractos dogmate francigevas Nomine sed Christi diem fervens pectore sanguis Me jubet in cœlum ferre apcrire viam Cruribus obsessa factus me hostilis in urbe
252 isoTES.
Pictonicâ, dùin justo machina glande necat.
Sed qui prô patriâ pugnans, generosus in armis, Pro lare, pro sancta religione cadit, Hinc manet extenctum , meroes uberrima cœlo ; Et famam ac titidos maximus orbes habet. »
Les vers français cités par Liberge page 151 ne sont, comme on peut le voir, que la traduction de cette pièce. Devant le portrait était inscrit dans le tableau :
In manus tuas , Domine , commendo animam meam ; Redemisti me , Domine , Deus veritatis.
Les armoiries de Christophe de Gaucourt , qui étaient peintes sur le tableau, étaient d'argent à deux fasces d'azur et à la croix de Malte en chef. Ces armoiries diffèrent légèrement de celles qui sont assignées à cette famille par M. de Couroelles dans son Dictionnaire universel de la noblesse de France , verbo Hesselin de Gaucourt ; il les décrit ainsi : d'or à deux fasces d'azur semé de croisettes fleuronnées de l'un en l'autre.
Quant à la croix de Malte, qui forme le chef de l'écu , elle est représentative de la qualité du personnage.
'*^ Charles des Ësselins était grand prieur d'Aquitaine dès 1564.
•«• Le sieur de la Frezelière.
Philippe Frezeau , Sgr de la Frezelière , d'une famille originaire d'Anjou , des plus anciennes et des plus illustres de sa province , connue depuis 1030; fut successivement guidon, enseigne et lieutenant de la compagnie d'ordonnance du comte du Lude , gouverneur du Poitou; fut nommé en 1568 gouverneur de Niort et lieutenant général du gouverneur du Poitou; il défendit avec succès en 1574 la ville de Carentan] contre le comte de Montgommery, ch^ des protestants de Normandie; fut nommé gentilhomme de la chambre du roi par Henri IH en 1581 ; fut maintenu sous M. de Malicome, gouverneur du Poitou, dans la même charge qu'il occupait sous le comte du Lude, et mourut en 1590.
NOTKS. 253
Il avait épousé, le 31 août 1560 , Guionne du Puy , dame d'Amailiou , veuve d' Aimon Goulard ^ sieur de Marcé.
*« Procès de Martin Guerre.
Nous allons dire en quelques mots œ qui donna lieu à ce procès qui , pendant quelques années , remua toute la France judiciaire.
Martin Guerre, né à Andaye, dans le pays basque, épousa Bertrande de Rois, du bourg d'Artigat, au diocèse de Rieux. Après dix ans de mariage, il fut obligé de se retirer en Espagne , où il porta les armes, et eut une jambe emportée par un boulet de canon à la bataille de St-Quentin.
Après huit ans d'absence, un certain Amault du Thil dit Pansette, du bourg de Sagies , qui avait servi longtemps avec Martin Guerre et vécu dans son intimité , se présenta à sa femme et à sa famille comme son époux et leur parent. Trompée par la figure de l'imposteur, par les indices qu'il lui donna , par le détail si bien circonstancié de tout ce qui s'était passé entre eux avant et pendant leur mariage, ayant du reste tous les signalements do Martin Guerre sur le corps , deux soubredents à la mâchoire supérieure, une cicatrice au front, un ongle du premier doigt enfoncé , trois verrues sur la main droite , une autre au petit doigt , une goutte de sang à l'œil gauche , etc. , Bertrande de Rois vécut avec Amault du Thil pendant trois ans comme avec son mari. Mais, à partir de cette époque, l'on conmiença dans le pays à supposer une fourberie : un soldat , qui revenait de l'armée , publia que le véritable Martin Guerre était en Flandre. Amault du Thil fut poursuivi criminellement, et, malgré l'assurance et l'audace avec laquelle il soutint son personnage, l'arrivée du véritable Martin Guerre le confondit enfin ; il fut forcé d'avouer sa supercherie. Condamné par arrêt du parlement de Toulouse , il fut pendu le 16 septembre 1560 , et ses biens adjugés à une fille qu'il avait eue de Bertrande de Rois pendant les trois ans qu'elle avait habité avec lui de bonne foi.
«« Briquemault ,
L'un des principaux chefs de l'armée protestante, avait su gagner, par son intrépidité dans les combats et son habileté dans les négociations, Tamitié du prince de Condé; il avait été envoyé en Angleterre en 1562, avec le vidame de Chartres , par ce prince , pour Bigager ou vendre à la reine Elisabeth les villes de Dieppe et du Havre , a6n de se prociu^r les secours dont les confédérés avaient besoin : il retourna auprès d'Elisabeth deux autres fois encore pour presser le secours de 6,000 hommes que la reine avait promis. Fait prisonnier deux mois après le massacre de la Saint-Barthélémy, il fut condamné à mort, et pendu avec Cavagnes , autre gentilhomme protestant.
L'effigie de l'amiral Coligny fut attachée au poteau où ils furent pendus, w De la Rochefoucauld.
François de la Rochefoucauld, III« du nom, comte de la Rochefoucauld et de Roucy, prince de Marsillac, gouverneur et lieutenant général en Champagne , fut assassiné à la Saint-Barthélémy (1572). Il avait embrassé la religion protestante vers 1554. Il assista à la bataille de Moncontour.
'« Mouyc, Telligny.
Mou yc-Louis de Vaudray , connu dans l'histoire sous le nom de Sgr Mouy-St-Phale , parce qu'il était seigneur de Mouy en Beauvoisis et puiné de la maison des seigneurs de Saint-Phale, fut un des premiers capitaines de son temps. Branthôme lui d nne le prunier rang après l'amiral et le comte de la Rochefoucauld (que nous venons de ciler note 124) : a On le tenoit, dit cet écrivain, pour plus vaillant que sage capitaine ; mais il montra Tun et l'autre quand il conduisit le duc de deux-Ponts jusques en Guienne avec ses troupes, et prit la Charité contr'une infinité d'obstactefr, qu'il trouva par les chemins. Il avoit aussi fort pratiqué les guerres estrangéres et s'y estoit fait signaler bien fort.
» Il fut assassiné peu de temps après et dans cette même année 1569 par un gentilhomme de Brie du nom de IVIaurevel , qui fei-
gnit d'estre de la religion prétendue reformée et s'etoit enrôlé sous sa œrnette pour tuer l'Amiral qu'il blessa depuis à Paris peu de jours avant la Saint-Barthelemy. »
Louis de Vaudray mourut quelques jours après à la Rochelle des suites de sa blessure.
Telligny.
Charles, sieur de Telligny, était de tous les seigneurs protestants le a cavalier le plus accompli en toutes les qualitez nécessaires pour la cour et pour les armes ; il avoit avec le bonheur d'une valeur héréditaire, le don d'une prudence et d'une expression si forte et si agréable tout ensemble , qu'il estoit le Mercure de l'Estat et le perpétuel Négociateur de tous les Traitez de Paix. Le Prince de Condéet l'Amiral auquel il avoit l'honneur d'être allié lui confioient tous leurs intérêts, et la Reine le voyoit de bon œil et l'escoutoit très- volontiers , comme celuy qu'elle sçavoit estre fort sage et fort éloigné encore des conseils violons. Mais tant de bonnes qualitez ne le purent sauver du carnage de la S. Barthélémy, où il demeura enveloppé avec plusieurs autres , tant pour estre Huguenot , que pour avoir épousé Louise de Coligny, fille de l'Amiral, qui préfera à l'avantage d'un plus grand parti le bonheur dechoisir un gendre vertueux {Mém. de Castelnau); il s'etoit marié par contrat passé à la Rochelle le 26 mai 1571 , et se qualifie dans cette pièce de seigneur de Teligny en Rouergue , de Lierville , du Chastellier et de Monstreuil-Bonnin , gentilhomme ordinaire de la chambre du roi , lieutenant de la compagnie de l'amiral, etc. »
15 mois après, Charles de Telligny n'existait plus. Victime de la St>-Barthélemy, il périt près de son beau-père. « Ce fut grand dommage , dit Branthôme , quant à moi je le regrette comme un frère; aussi Testions d'alliance et de confédération. »
«*® Abbaye de Montierneuf, fondée au commencement de 1075 par Guillaume, comte de Poitou, VIII^ du nom, duc d'Aquitaine, sous l'invocation de la sainte Vierge ci des apôtres saint Jean et saint André.
On l'appela Monasterium novum , Moutier-neuf , par opposition au monastère de Saint-Cyprien, fondé antérieurement.
Une partie des bâtiments du monastère forme actuellement une partie du quartier de cavalerie.
L'église fut restaurée en 1817 par les soins de M. le comte du Hamel, préfet du département de la Vienne, et sous la direction d'une commission composée de MM. Brumauld de Monfolon , Filleau, etc. (Voir, pour plus de détails , une notice historique sur cette abbaye que M. Gh. de Chergé a publiée dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de FOuest (année 1844.)
•" Passac.
Le capitaine Passac avait commandé , l'année précédente , le château de Chauvigny , assiégé par les huguenots, qui y mirent le feu ; obligé de se rendre, lui et sa troupe se retirèrent à Poitiers le basion blanc au polngt.
*s8 La Mothe-Messemé nous raconte ainsi le dernier assaut des Protestants :
Attaquant {les huguenots) ce fauxbourg doncques par la venue
Qui tire du cousté devers Chastellerault ,
Pilles * voulant avoir la pointe de l'assaut ,
La venue y estant serrée et bien estroitte ,
Pour avoir l'eau tout proche et le chasteau à droite ,
Garny de toutes pars de force arquebuziers
Il ne seiourna pas hors dessoubs les noyers,
Qui l'avoyent tint couvert , premier que d'apparoistre
Gueres sans qu'on le vist promptôment au mains estre
N'étant besoin allors d'y venir pian pian ,
En teste il rencontra le May et Boisjourdan
Gomme Montai , Passac , outre la Renaudie ,
Qui finirent tous trois en ce jour là leur vie ,
Defîendant ce fauxbourg là où il faisait si chaut.
1 Armand de Clermont , seigneur de Plies.
Davila estime qu'il y eut environ sept cents des assiégeants qui restèrent au pied des murailles. Voici comment il fend compte de cet assaut :
« Le second jour de Septembre (l'amiral) fit donner l'assaut par divers endroits , où il voulut que les gens de pied François et les Allemans combatissent séparément, afin que cette concurrence entre ces deux Nations les incitast à charger les Ennemis avec plus de cœur et d'obstination. L'assaut dura plusieurs heures , pendant lesquelles Timpetuosité des Assaillants fut soustenuë avec tant de courage et de constance par le Duc de Guise et par le comte du Lude , que les Huguenots accablez de tous costez par la violence de l'Artillerie, des harquebuses, des pierres, des picques et des feux d'artifice , dont il y avoit grande quantité , furent contraints de descendre des murailles tous en desordre , et le plus viste qu'ils purent. Plus de sept cens d'entr'eux demeurèrent sur la place ou morts ou blessez : parmy lesquels saint Van, frère de Briquemaut, et qui commandoit en sa place, y fut tué d'une grenade. »
^*^ Voici quelques détails sur les sorties que faisaient les assiégés par le pont Achard ; nous les extrayons des Mémoires de Jean sieur deMergey, qui se trouvait au siège, servant sous les ordres du comte de Bonneval , l'un des chefs protestants les plus distingués :
« .... De là (après la prise de Lusignan) nous allâmes ataquer Poictiers ; Nous fismes une faulte de ne l'avoir attaqué avant Lusignan, car estant despourveu d'hommes et munitions nécessaires, nous l'eussions emporté d'abord. Mais M. le duc' eut temps et loisir, pendant que nous estions devant Lusignan de mettre dedans gens et munitions. Estant donc assiégé , la compagnie de M. de Bonneval avec trois autres cornettes de cavallerie où il commandoit , estions logez à Viart (Biard) , fort proche de la ville, et du costé du pont Achard, par où ceux de dedans faisoient quasi tous les jours des sorties sur nous audict Viart , n'ayans nulle infanterie pour nous couvrir , de sorte que nous estions continuellement en
* Lo duc d'Anjou.
258 ÎS0T£S.
œrvcUc; car il nous failloit soustenir leuns Borties, jusqu'à ce que les compagnies qui estoient logées loing de nous fussent arrivées pour nous soustenir. J'eus un cheval tué soubs moy en Tune desdites sorties; et si nous n'eussions usé d'une ruse que nous pratiquions , ils nous eussent souvent pris sans verd ; mais tout joignant la porte du pont Achard , et un peu esloigné do fossé , y avoit un grand rocher derrière , sur lequel, du graûd matin, nous mettions deux sentinelles à cheval , qui n'estoient point descOuv^tes de ceux de la ville , et qui pouvoient veoir tout ce qui sortoit de ladicte porte; et quand la cavallerie vouloit sortir , qui ne pouvoit venir que un à un par une petite ruelle qui se rendoit à ladicte porte, Tune de noz sentinelles qui estoit derrière ledict rocher , partoit à toute bride pour nous donner l'alarme. Il y avoit sur le toict du logis de M. de Bonneval une autre sentinelle qui pouvoit descouvrir jusques au rocher, et , voyant partir la sentinelle à cheval qui y estoit , donnoit quand et quand l'alarme.
» M. de Bonneval avoit toujours avec luy en son logement neuf ou dix gentilshommes, les chevaux sellez , et les brides à l'arçon de la selle, et la cuirasse toute preste ; lesquels oyant, l'alarme de la sentinelle qui estoit sur le toict, estions incontinent à cheval, et plustost en la campagne que les ennemis fussent sortiz, qui s'esbahissoient que , tant secrettement qu'ils peussent faire leurs sorties , ils nous trouvoient tousjours à cheval pour les recevoir , combien que tous les jours nous ne failUons poinct d'avoir de Texerdce avec la lance pistolet ou l'espée. Les Italiens faisoient au commencement toutes les sorties ; mais ils s'en lassèrent à la fin et y demeuroit tousjours quelqu'un pour gaiges.»
"** Le sieur des Roche&-Baritault .
Philippe de Chasteaubriand, sieur des Roches-Baritault , Yte de Grassay, chevalier de Tordre du Roi , gouverneur de Fontenay-le- Comte en 1577, servit pendant le temps des guerres civiles qui bouleversèrent le royaume sous les rois Charles IX , Henri III et Henri IV.
La famille de Chasteaubriand des Roohes-Baritault , branche de la maison des Chasteaubriand de Bretagne, vint s'établir dans notre Poitou dès la fin du xiii* siècle, et y a rempli les premières charges.
•8« Pipes,
Mot poitevin signifiant double barrique.
•»* Monsieur l'Évesque de Poictiers.
C'était Jean de Fay qui occupait, à cette époque, le siège épiscopal de Poitiers. Il avait été élevé à l'épiscopat en 1568, et mourut en 1578 , après avoir administré le diocèse pendant neuf années.
Jean de Fay était fils d'Antoine de Fay, seigneur de Pérault , e t de Françoise de la Suze.
•» Petre-Paul.
Le traducteur de Davila le désigne sous le nom de Pierre-Paul Tasinghi. Il dit que le secours qu'il fit entrer dans la ville se composait de 300 chevaux français et de 800 fantassins italiens.
*** Le sieur de Sanzay. Peut-être Liberge veut-il parler ici de René de Sanzay, seigneur de Saint-Marsault , du Marchais et du Plantis, conseiller du roi , gentilhonmie ordinaire de sa chambre, capitaine et gouverneur du château, ville et comté de Nantes, capitaine général du ban et arrière-ban de France.
Ce qui nous donnerait lieu d'ajouter foi à cette supposition , c'est qu'à n'en pas douter le duc d'Anjou avait envoyé, pour remplacer le duc de Guise , un homme revêtu d'une haute dignité et d'une habileté reconnue ; car la ville , quoiqu'elle fût délivrée du siège, pouvait craindre de nouvelles attaques, et, démantelée comme elle l'était , il lui fallait des chefs dont la valeur morale relevât le courage des habitants et fût déjà pour eux toute une défense.
L'on sait que la maison de Sanzay a eu la prétention de se faire descendre des comtes de Poitou. ( f^oir^ à ce sujet, Besly, D. Fonteneau , et les Recherches de M. de la Fontenelle sur les chroniques de Saint-Maixent. )
2ftO AOTES.
«*» Abbaye de Saint-Cyprien.
Il ne faut pas prendre ici à la lettre le récit de liberge, qui pourrait faire croire que c'était les assiégeants qui avaient mis l'abbaye de Saint-Cyprien dans le déplorable état sons lequd il nous la représente.
Dom Fonteneau nous a conservé ( V. t. 56 de sa collection) les différents procès-verbaux qui témoignent de son état de dégradation et de ruine, dû au passage des Protestants et Gascons , qui , en 1562 , s'étant emparés de la ville de Poitiers, la mirent au pillage et détruisirent ses principaux édifices. •*• Le jeune de la Mothe-Messemay.
Nous pensons que c'est Claude le Poulchre , frère puîné de François le Poulchre , sieur de la Mothe-Messemé , dont nous avons parlé note 113, qui est désigné ici.
Il paraît, d'après les écrits de François, que ce jeune homme avait
Tant de perfections , tant de belles partyes, Que le ciel luy avoit ensemble départyes Très libéralement , qu'en François et Romain Quelque jour on voyra d'une plus docte main Que n'est la myenne, escrit.
( L. 7, feuille 224 verso. )
Après avoir combattu en France, en Piémont, en Italie et en Hongrie contre les Turcs, où l'empereur Maximilien, qui sut apprécier son courage, le créa chevalier, Claude le Poulchre vint mourir à Colombiers près Tours , d'un poison qu'on lui avait donné è Amboise en janvier 1572.
^ De la Trimouille.
Louis , III« du nom , duc de Thouars , prince de Tarente et de Talmond , gouverneur et lieutenant général pour le roi es pays de Poitou, Saintonge et la Rochelle, en 1542 ; mort au siège de Melle tm 1577.
"' Le sieur de Rouet.
Marc de la Béraudière , chevalier de l'ordre du Roi , capitaime de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances, qui conduisit longtemps, en qualité de lieutenant, la compagnie de cinquante hommes d'armes du sieur de la Trimouille, assista en cette qualité aux batailles de Dreux et de Jarnac , et lui succéda dans le commandement de sa compagnie.
Marc de la Béraudière était non-^ulement homme d'épée , car il est également l'auteur d'un livre intitulé : Combat seul à seul en champ clos , imprimé à Paris chez Abd Langeher en 1608 , et qu'il dédia au roi.
Il était cousin du sieur d'Ursay, de la même famille dont nous avons parlé note 20.
«8» Nous croyons que Liberge est dans l'erreur en nommant l'enseigne du sieur de la Mothe-Messemé de Marsay^on. Nous avons cité , note 43, un vers de le Poulchre dans lequel il appelle son enseigne de Marsay. Ce pourrait être René Acton , seigneur de Marsay, fils d'André Acton , seigneur de Marsay, l'un des cent gentilshommes de la maison du roi , et de Marie de Parthenay.
La famille Acton , actuellement éteinte , a fourni à la ville de Poitiers plusieurs maires et échevins.
**» De Tricon.
Cette terre était à cette époque dans la famille de Martel.
Un liéonord de Martel était seigneur de cette terre en 1528.
»** M. de Clervault.
Paul Chabot , Sgr de Clervault , chevalier d<9 l'ordre du Roi , capitaine de cinquante hommes d'armes de ses ordonnances. { De Thou. )
Le père Anselme , que nous avons suivi dans la généalogie decette famille que nous avons donnée dans notre Dictionnaire des familles de l'ancien Poitou , prétend que Paul Chabot était mort avant 1660.
»*« Le sieur de la Rivière-Puitaillé.
N. de Villiers , sieur de la Rivière-Puitaillé , fut successivement
capitaine au régiment de Piémont, capitaine des gardes de Monsieur et capitaine de chevau-légers ; devenu un des principaux chefs catholiques , il acquit une belle réputation et fortune aux dépens des huguenots, qui lui dressèrent une embuscade dams les taillis du Douet, près de Saintes , et le tuèrent d'un coup d'arquebuse.
Son frère puîné, Hardouin de Villiers, fut gouverneur de Alarans pour le roi , et mourut , revêtu de cette dignité , en 1570.
«*8 Le sieur du Tillou.
Charles de Marconnay , seigneur du Tillou , lieutenant de la compagnie de M. de la Rivière Talné, donne à Paris une quittance au payeur et trésorier de sa compagnie , de ses appointements, pour le trimestre d'octobre , novembre et décembre, en date du 2 décembre 1567 , signée et scellée de ses armes.
*^ Le sieur de Chemerault et un de ses enfants.
François de Barfoezières, Sgr de la Roche-Chemerault, IY« du nom, frère d'Aimeri de Barbezières , favori de Henri III lorsqu'il n'était encore que duc d'Anjou , fut particulièrement chéri du roi Charles IX , qui le fit lieutenant de sa compagnie de gendarmes , charge qu'il a occupée pendant {dus de 25 ans , et donna aux deux frères , pour reconnaître les éminents services qu'ils lui avaient rendus et lui rendaient tous les jours , la jouissance des revenus de l'abbaye de Celles près Melle.
François de Barbezières ayant eu trois garçons , nous ignorons quel était celui qu'il avait près de lui pendant le âége.
^ Le sieur de Rouillé et son fils.
Pierre de la Chapellerie, Sgr de Rouillé et de Thiors , chevalier de l'ordre du Roi et gentilhomme ordinaire de sa chambre. Il eut deux enfants ; nous ne pouvons donc préciser cd^ii qui l'accompagnait.
**« Le sieur de Messignac et son fils.
François Bonnin , Sgr de Messignac , de la même famille que N. Bonnin , sieur du Cluseau , dont nous avons parié note 13,
chevalier de Tordre du Roi , et l'im des cent gentilshommes ordinaires de sa chambre, Ait exempté en 1577 de se trouver au ban de la basse Mardie, parce qu'il était de service; son fils était René Bonnin, offîder de la maison du duc d'Anjou , frère du roi.
«w Le sieur de la Mesoardière.
Nous avions en Poitou quatre terres principales du nom de la Mesnardière : l'une en l'élection de Saint-Benolt-du-Sault , l'autre dans les environs de Parthenay, une autre près de Vouvant et Fontenay , et enfin une quatrième sise auprès de Mauléon (actuellement Châtillon-sur-Sèvre).
Nous croyons que cette mention se rapporte à la famille de Nuchèze , qui a possédé longtemps la terre de ta Mesnardière près Parthenay , et que c'est Honorât de Nuchèze , Chev. , Sgr de Baudiment , Beaumont , Villegongis et Nintré , qui est désigné ici.
Chevalier de l'ordre du Roi , il fut honoré à plusieurs reprises ( nous dit Nicolas de Ste-]VIarthe dans sa Généalogie manuscrite de la famille de Nuchèze) de lettres des rois Charles IX et Henri HI , pour les bons services qu'il leur rendit dans les guerres que ces princes eurent à soutenir en Poitou contre les protestants.
*^ Les deux sieurs de Morthemer.
De la maison de Taveau , qui a possédé pendant des siècles la baronnie de Morthemer , sise sur les bords de la Vienne.
Cette mention se rapporte probablement à Philibert Taveau , chevaher de l'ordre du Roi , et à Jean Taveau , baron de Morthemer , chevalier des ordres du Roi , tous les deux frères et enfants de François Taveau , baron de Morthemer , et de dame Françoise Baraton , son épouse.
**• Le sieur du Fresne de Gourgé , et son frère nommé Vaudeloigne.
La famille du Teil possédait à cette époque la terre du Fresne de Gourgé , et nous avons tout lieu de croire que le sieur du
264 ISOTBS.
Fresne de Gourgé est Pierre du Teil , Tun des cent gentilshommes de la maison du roi, qui , le 3 mars 1555 (1556), donna quittance à François Pascal , trésorier des cent gentilshommes ordinaires de l'hôtel du roi , de la somme de 97 liv. et 17 sous tournois , pour ses gages des mois de juillet , août et septembre 1556.
Nous n'avons pu retrouver le nom du sieur de Vaudeloigne , frère du sieur du Fresne de Gourgé.
*" Le sieur Bruzac de la Tour de Ry.
La seigneurie de la Tour de Ry a été longtemps possédée, dans le cours du xvi* siècle, par la famille Yigeron, comme le témoigne, entre autres pièces, l'aveu rendu au roi, en 1534, par François de Blanquefort, Chev., Sgr, baron de Mirebeau, d*où relevait la terre de Ry.
Nous ignorons si c'est de cette famille que Liberge a voulu parler.
'•' Le jeune Ursay , sieur de Bre-Jeuilles.
Gabriel de la Beraudière , chevalier , Sgr de Sourches , Ursay , Breuilles et de Serres , fut conseiller et premier chambellan de Monsieur , frère unique du roi , et fut exempté en cette qualité de se trouver au ban de la haute et basse Marche convoqué en 1577 : il était alors à la suite de la cour.
Voir, sur la famille de la Beraudière, les notes 20 et 138.
'*^ Le sieur Bougoin.
I^ terre de Bougoin, Psse de Chavagnes, près Niort, a été longtemps possédée par une branche de la famille de Vivône. C'est probablement René de Vivône , Sgr de Bougoin , qui mourut en 1584 chevalier de l'ordre du Roi , dont il est question ici.
•M LesieurdeSurymeaux.
Une famille de ce nom , qui habite aujourd'hui la ville de Nantes, a longtemps possédé des terres en Poitou , d'où elle est originaire ; nous pensons que cette mention se rapporte à quelqu'un des membres de cette famille.
*** Des Isles, autrement le jeune Beuzc.
Nous ne savons trop à quelle famille rapporter cette désignation; cependant, malgré notre incertitude, nous serions porté à croire qu'il est ici question de la famille de la Jaille , branche de risle. Cette famille a longtemps possédé la terre de Beuxe en Loudunais , et notamment dans le xvi* siècle : nous ne donnons ceci cependant que comme une présomption.
«» De Rouvre.
De la famille de Chasteigner, branche de Rouvre.
Louis de Chasteigner, IP du nom , Éc. , Sgr de Rouvre, Mallevault , etc. , de la grande famille des Chasteigner , surnommés avec raison les Montmorency du Poitou , fut blessé d*un coup de canon en défendant le château de Poitiers, et mourut des suites de sa blessure. Liberge indique bien qu'il fut tué, mais ne donne point son épitaphe , que nous allons rapporter ici d'après Clabault dans son Histoire des Chasteigner. Elle était inscrite sur un tableau placé dans l'église St-Didier, lieu de sa sépulture.
Icy gist noble homme Louis Chasteigner Ecuyer
Vivant Seigneur de Rouvre et de Mallevault
Lequel fut tué d'une canonade étant aux
Deffenses du château de cette ville , durant
Le siège , de laquelle blessure il mourut
Le quinzième jour d'Aoust 1569
Pour maintenir la foy.
Le service de son Roy,
Et sa patrie,
A uni honorablement sa vie.
Frère Ambroise de Chasteigner , chevalier de
L'ordre de St-Jean de Jérusalem ,
Commandeur de St-Remy , fils puisné
Du susdit Louis , a fait faire ce tableau
Le quinzième Août 1594.
*** Le jeune Deffrancz.
Nous igaorons si cette mention se rs^porte à la famille Deffirancz ou à la famille de Nuchèze , dont une branche portait le titre de seigneur , baron des Francs.
"7 Le sieur de la Sestre.
Pour de la Sayette.
Adrien de la Sayette , qui plus tard fut fait prisonnier par les protestants, et au sujet duquel le roi Henri III écrivit au comte du Lude , gouverneur de Poitou , de s'occuper de l'échanger et de remettre entre les mains d'Antoine de la Sayette , doyen de l'église cathédrale de Poitiers, son frère, le sieur de la Chopinière, gentilhomme protestant, pour servir d'otage et de garantie. La famille de la Sayette existe encore.
«M La Forge de Nossay ,
De la famille de Nossay qui , lors des confirmations de noblesse de 1667 , était encore désignée de cette manière.
Nous possédons dans notre cabinet l'original d'un aveu rendu le vingt-deuxième jour de mars 1660 à Charles de Nossay, Éc. , Sgr de la Forge et du Theillou , par noble homme François Fourré, à cause de sadite propriété du Theillou.
**• Le sieur de Forge.
Nous ignorons à quelle famille se rapporte cette mention ; nous dirons seulement que nous avons trouvé dans les Commentaires de J. Filleau sur la coutume de Poitou qu'avant 1679 il y avait au présidial de Poitiers un conseiller de ce nom, et dont une dame Tudert était veuve à cette époque.
*^ La Sauvagière.
Probablement Philippe Legier, Éc, qui prend le titre de Sgr de la Sauvagère dans son contrat de mariage du 28 mai 1550, et dans un partage de 1583.
*" Le puîné de la Tour-Savary .
Cette mention pourrait peut-être se rapporter à la famille de Tusseau , qui fut longtemps seigneur de cette terre. '®' Lestenduere.
De la famille des Herbiers, Sgr de Lestenduère, qui dans le dernier siècle a fourni à la marine plusieurs officiers généraux distingués, et notamment Henri -François des Herbiers, marquis de Lestenduère, chef d'escadre des armées navales, mort au mois de mars 1750.
i«3 Le jeune de Réaumur.
Gilbert Chasteigner, Sgr de Ghampdoiseau , de la branche de Chasteigner , seigneur de Réaumur ; il fut tué peu de temps après, aux environs de Vouvant, par le seigneur de la Cressonnière, sans laisser de postérité.
*« La Laubray.
Nous avons trouvé plusieurs terres de ce nom : Tune appartenait vers cette époque à la famille de Sapinaud ; une autre , dont était seigneur, en 1588, Louis Surriette, écuyer ^ était sise paroisse de la Réorthe , et avait titre de châtellenie.
*« Le sieur de la Poupardière.
Jacques Charlet, trésorier de France à Poitiers en 1645, était à cette époque Sgr de la Poupardière. Nous ignorons si c'est de cette famille qu'a voulu parler Liberge.
««• Le sieur de Travarsay.
La terre de Travarsay ou plutôt Travarzay, sise paroisse de Bonneuil-Matours, était possédée à cette époque par la famille Regnault , et Ëméri Regnault, né en 1543 , et qui était avocat du roi en 1586, en était seigneur en 1569; et c'est lui probablement que désigne ici Liberge.
••'LaBodinatière,
De la famille d'Appelvoisin,
Hardy d'Appelvoisin , Sgr de la Bodinatière, assista en 1533 au ban des nobles du Poitou convoqué à cette époque ; épousa en 1537 Marie Petit, dame de la Guierche, dont il eut trois enfants , qui tous les trois sont désignés sous le nom de la Bodinatière , et se firent recevoir dans l'ordre de Malte :
1" Henri, reçu en 1560, et qui en 1612 était grand prieur
d'Aquitaine; 2° Louis et 3^ François, reçus Tun et l'autre en
La famille d'Appelvoisin , l'une des plus illustres de notre province, est sur le point de s'éteindre, n'étant plus représentée que par des femmes.
•* La Frebaudière.
Louis de Barro était vers cette époque Sgr de la Frebaudière, et Louis de Gfendrot se qualifiait de Sgr de Bilazay et de la Frebaudière le 22 juillet 1598.
** La Garrelière.
Cette terre était possédée en 1591 par la famille Gabriau, comme le prouve un aveu rendu , le 24 avril de cette année , par Léon Darrot, écuyer , Sgr de la Poupelinière , à Pierre Gabriau, sieur de Riparfonds et de la Garrelière. Ce Pierre Gabriau , sieur de Riparfonds, était un des ancêtres d'Etienne Gabriau de Riparfonds, avocat au parlement, fondateur de la bibliothèque de Tordre des avocats de Paris.
"^ Les deux cadets de la Roussière St-Amand,
De la famille Petit.
Antoine et François Petit , fils puînés de René Petit , écuyer , Sgr de la Roussière et de la Guierche, et de dame Ambroise de Bregeon , partagent, le 19 décembre 1573, avec René Petit , leur frère aîné , les biens de leurs père et mère.
"* Tiraqueau.
Jean Tiraqueau, écuyer, Sgr de Belesbat, qui plus tard fut gouverneur de la ville et château de Vouvant , maître des eaux et forêts des baronnies de Vouvant et Mervant.
Il était petit-fils d'André Tiraqueau , l'une des gloires de notre Poitou, et dont M. Bourgnon de Layre a donné l'histoire.
"« Boissière-Brisson.
Jean Brisson , sieur de la Boissière , frère puîné du célèbre Barnabe Brisson. (Toir^ Mémoires de la Société, une Notice de M. Nicias Gaillard sur ce célèbre jurisconsulte. ) Le roi l'envoya
{ 1576) en mission diplomatique près des habitants de la Rochelle ; mais sa négociation ne put réussir, par les obstacles qu'y apportèrent La Noue et les autres chefe protestants , mécontents de ce que la reine mère , qui l'avait chargé de lettres pour le maire et les principaux habitants de la ville, ne leur avait point écrit.
^ Les deux Guignefolle ,
De la famille Gallier.
Les deux frères désignés ici sont : André Gallier, écuyer, Sgr de Guignefolle , qui fut à plusieurs reprises maire de la ville de Fontenay-le-Comte , conseiller du roi et président en cette élection.
André Gallier se joignit à Jean Brisson , Sgr baron d'Anvers , afin de poursuivre Nicolas Rapin devant les grands-jours de Poitiers , pour malversations en sa charge de vice-sénéchal de Fontenay, et injures graves à leur égard.
Abraham Gallier, écuyer, Sgr de la Grange, qui plusieurs fois fut maire de Fontenay, et qui en 1573 fut nommé lieutenant particulier de cette ville en remplacement de Nicolas Rapin.
«■'♦ Le capitaine Lys.
Le nom de ce capitaine a été défiguré par la plupart des historiens qui ont parlé de lui, ou plutôt chacun l'appelle d'un nom difiTérent. De Thou dit le Lys; Varillas, de Lisle.Le Frère de Laval nous donne quelques détails sur la part que prit ce capitaine à la défense de la ville de Poitiers, p. 337 :
a Le Capitaine Calverac regardant les ruines de la tour ( la tour placée à l'extrémité extérieure du pont St-Cyprien ) , et y encourageant les soldats de bien faire leur devoir y fut tué. Le Capitaine Lys, qui entreprint au refus de tous garder la tour ruinée, y eut meilleur succez : car pour l'avoir gardée jusques au dernier jour du siège (nonobstant le tonnerre et esclat des canonnades ) fut recompensé de l'accolade que luy donna le Duc de Guyse le faisant (comme Lieutenant du Roy) Chevallier de l'Ordre Saint Michel. »
"' De la compagnie de M. de la Valette.
270 XOTES.
Jean de Nogaret , chevalier , Sgr , baron de la Valette , capitaine de cinquante hommes d'armes , mestre de camp de la cavalerie légère , père du célèbre duc d'Épernon.
"* Le sieur de Clermont d'Amboise,
De la famille des Clermont d'Anjou , Sgr de Bussi. Le sieur de Clermont d'Amboise mentionné ici est sans doute le père ou un frère du fameux Bussy d'Amboise, dont les histoires du temps parlent tant. {f^. y à son sujet, Branthôme et les Mémoires de Castelnau.)
•""^ M. de Nevers.
Louis de Gonzague , duc de Nevers et de Rethelois , par son mariage avec Henriette de Clèves, duchesse de Nevers et de Rethel , qu'il avait épousée le 4 mars 1565.
"• Le sieur de Clermont de Tallard.
Henri , comte de Clermont et de Tonnerre , gouverneur de Bourbonnais et d'Auvergne , capitaine de cinquante hommes d'armes, colonel de l'infanterie de Piémont, se trouva à la bataille de Jarnac et à la bataille de Moncontour , où il portait la cornette blanche du duc d'Anjou. Il fut tué au siège de la Rochelle en avril 1573 ; il avait été fait duc et pair de France le l«r mars 1571.
Cette famille de Clermont est originaire de la Provence.
»^» Le sieur Paul Sforze.
Frère d'Ascagne Sforze, comte de Santa-Fior , de la famille des ducs de Milan de ce nom , chevalier de l'ordre de la Toison-d'Or, général de la cavalerie de Côme de Médicis, et général des troupes italiennes que le pape Pie V envoya au secours de Charles IX.
Paul Sforze , marquis de Proceno , était un des plus grands capitaines qui fussent en Italie de son temps ; il mourut en 1597.
*^ Agne de Cerys.
Liberge , en voulant franciser ce nom , pourrait faire tomber le lecteur dans l'erreur , en lui donnant à supposer que ce capitaine italien était de la maison de Ceris; son véritable nom était Agnolo Cesi. ( r, Davila , de Thou , etc. )
«w Le comte de Tande.
Claude de Savoie , comte de Tende , gouverneur de Provence , était fils de René de Savoie, comte de Villars, de Beaufort, de Tende et de Sommerive, bâtard légitimé de Philippe, duc de Savoie , qui s'étant réfugié en France y devint grand maître de France et gouverneur de Provence.
«» Le duc de Sommes.
Honorât de Savoie, duc ou comte de Sommerive, frère du précédent.
*«3 D'Estrées.
Il se trouve plusieurs maisons de ce nom dans diverses provinces du royaume; Estrées au Maine, Estrées en Touraine, Estrées en Bresse , Estrées en Thierache, Estrées près d'Amiens , Estréesla-Blanche en Artois; nous ne pouvons donc, avec le peu de ren- 4îeignements que nous donne Liberge, dire à quelle famille appartenait le défenseur de Poitiers.
«* De Villars,
Honorât de Savoie , marquis de Villars , frère du comte de Tande et du duc de Sommes, nommés notes 180 et 182 , fut gouverneur de Guienne et amiral de France au lieu et place de Tamiral Coligny.
*** Beau-Champs.
Nous ignorons si ce capitaine était de la grande famille des Beauchamps de Saintonge.
*" La Regnaudie.
Peut-être ce capitaine était-il de la même famille que Jean du Barri , sieur de la Renaudie , chef de la célèbre conjuration d' Amboise.
*^ Le jeune Gurron.
Probablement un des fils de Gabriel de Rechignevoisin , dont nous avons parlé note 9.
«M Le capitaine Herbiers ,
272 ^m'ES.
Probablement de la famille des Herbiers de Lestenduère , qui a déjà été l'objet de la note 162.
*^ Le jeune Lage et le fils du sieur de Lage , porté note 192 , sont probablement tous les deux issus de la famille de Lage qui habite les confins du Poitou et du Berry, et qui a été honorée de la pairie en la personne d'Antoine de Lage, seigneur de Puylaurens, favori du duc d'Orléans, frère du roi, par lettres de Louis XIII du mois de décembre 1634.
Antoine de Lage est mort peu de temps après sans postéhlé.
••* Traversay, mort.
De la famille des Prévost-Sansac de Traversay, famille qui existe encore en France et en Russie, où elle a occupé les premières charges de la marine.
••• Le frère du capitaine Boisvert ,
De la famille Roigné de Roisvert. Ployez note 51 .
"* Le fils du sieur de Lage.
royez note 189.
«•^ Régnier,
Probablement de la famille Régnier qui a longtemps habité Poitiers , où elle a rempli les charges de maire , lieutenant général de la sénéchaussée; n'est plus actuellement représentée que par les femmes.
'^ Au sujet des soins que Ton donnait aux blessés , nous allons citer de Thou, pour prouver que la prévoyance municipale n'avait négligé aucun moyen pour venir en aide aux défenseurs de la ville :
« Outre les chirurgiens (nous dit ce célèbre annaliste) il y avoit des femmes établies exprès pour fournir aux blessés ce qui leur etoit nécessaire pour les nourrir et les panser. » Et, suivant sa préoccupation première , qui est de rapporter à Jean de la Haye (ooyez note 75 ) tout ce qui s*est fait de bien pendant le siège , il lui attribue encore les soins dont nous venons de parler , et le qiialifie de maire de Poitiers.
tw Collège de Gelassy, de Geleasis ou d'Agialassis.
Un des nombreux collèges de Poitiers dans lesquels la jeunesse recevait l'instruction ; il est peu connu , et l'on n'a que peu de notions sur son existence. Par testament du 2 juin 1522 , Nicolas Turquand, avocat au parlement, fonda huit bourses au collège d'Agialassis.
£n 1591 , à la soUicitation de M. de Briasac, gouverneur d<B la ville , le duc de Mayenne donna aux religieux Minimes les bâtiments du collège d'Agialassis , qui plus tard servirent de salpétrière; ils sont situés dans la Grand'Rue.
*w Autres conseillers.
Nous trouvons nécessaire ici de dire quelques mots d'un homme dont Liberge ne parie pas, et qui pourtant méritait au moins d'être mentionné avec les autres victimes du siège ; nous voulons parler de Percheron de Ste-Jame , conseiller au présidial de Poitiers, qui fut tué , d'après le père Daniel , en défendant la brèche du pré l'Abbesse.
Le Frère de Laval en parle tout autrement et de manière à faire croire que Ste-Jame, bien loin de défendre la ville, était un des assaillants. « Les conjurés cependant (dit-il) attendoient ceux que l'Amiral avoit envoyé le long de la rivière , pour lui mener le plus de bateaux qu'il pourroient, dont il deliberoit faire un pont pour passer la rivière beaucoup plus fort que le précèdent. En laquelle charge sainct Jame, conseiller de Poitiers, fut surpris à Bonematourre , par les coureurs de Monsieur de la Valette , tué , mais ceux qui l'accompagnoient se sauvèrent de vitesse, o
M. Pressac , dans la Notice biographique et bibliographique sur Liberge et les divers auteurs qui ont parlé du siège de Poitiers , dit quelques mots d'un drame à grand spectacle qui fut joué à Poitiers en 1785 , innocente flatterie inspirée à un acteur pour se concilier la faveur du public poitevin. Nous ne parlerons ici ni de ses qualités ni de ses défauts; les fonctions de critique ne sont point de notre ressort ; nous ne voulons qu'apprécier la valeur dos
274 3iOTVft.
notes sur les ÊimilU^ qui «ont namné» àm» cette pièce. CeHe» placées eo tète de riBipriiné foonmieslifcrRaR grassiërfs, el ipii ne 600t pardonnabl» qu'à un étranger; nous nele» relèveroaspaB; les anootatioiis qui précèdent mettront à mèiBe le lecteur qm nmdnût parcourir œt oposcofe de les rectifier hMiéme. QBanl à celles qui sont placées dans le cours du drame, Fune à l'occasM» du capitaine Allard (note 72), et l'autre an sujet des éludtets, que Ton nous permette quelques obenrvatioos.
Dans ces notes, l'attleur du drame entre dans des détails que nous n^avons retrouvés nulle part et dont nous n'aootptonB point la responsabilité.
Celle concernant le capitaine Allard contient des assertions dont les preuves sont sans doute dans des documents que nous n'avons pu consulter, tels que le journal de ce capitaine et les histoires manuscrites de StrMaixent et de Partbenay.
Quant à la part que les étudiants cmt prise à la défense de la ville de Poitiers , nous sommes, nous l'avouerons » dans la plus complète ignorance au sujet ,di/ chroniqueur qui en a fourni les éléments. Aucun des auteurs que nous avons parcourus ne fait mention de Tintervention des escholierz.
Nous devons également faire remarquer que c'est une erreur de croire que les étudiants de l'université de Poitiers avaient seuls te privilège de porter l'épée ; toutes les universités jouissaient de ce privilège , et si nous osions avancer ici notre manière de voir, nous dirions que ce privilège venait de ce que les étudiants étaient <M)nsés vivre noblement et jouissaient alors du privilège de la noblesse de porter les armes.
Quant à Torigine racontée par le chroniqueur ou le manuscrit du temps , cela nous a tout l'air d'une fable.
« Allard, capitaine de cent hommes d'armes des ordonnances de Sa M^gesté , et gouverneur de la viUe et château de Partbenay.
)) Le capitaine Daunoux, qui commandait dans le château de St- Maixent, ayant appris que la ville de Poitiers manquait de vivres
et qu'on oommençait à se ressentir de la fomine, fit tout ce qu'il put pour procurer des secours à la capitale de la province. Il associa à son projet le capitaine Allard , gouverneur de Far&enay. S'étant abouchés , ils convinrent de se réunir et de sauver la ville.. En conséquence, Daunoux évacua StMaixent, et adla se jeter dans la ville de Poitiers, où il conduisit un secours et omvoi de muiâfions de guerre et de bôudie. U prit avec lui cinquante hommes, et envoya le reste au capitaine Ailard , qui , avec Télite de la garnison de Partèenay , se rendit à quatre lieues de Poitiers, où il joignit Daunoux et escorta et protégea son convoi. Ils arrivèrent ensemble près des murs de Poitiers. Daunoux, par les intelligences q«*il avait dans cette ville, y fit entrw son convoi de très-grand matin et y entra lui-même ; et pour que les assiégeants ne soupçonnassent rien, le capitaine Allard livra bataille aux troupes de Finirai , qu'il surprit dans son camp dès la pointe du jour. L'action fut des plus vives : Allard y fut blessé légèrement «Il bras gauche, et eut une partie de son monde de tué. Mais, comme son attaque n'était i|ue feinte, et que son dessein était de faire entrer sa troupe dans la ville à kt faveur de la sortie que firent les habitants, il n'en put faire entrer qu'une partie, et se sauva avec uiie douzaine de cavaliers , avec lesquels 41 aUa joindre l'armée qui assiégeait Chàtellerault> Brisson dit qu'il entra dans la ville ( mais il s'est trompé ) , et qu'il en sortit, le siège étant levé, pour aller à Moncontour (où il fut effectivement), et où il fut gnèveme&t blessé à la cuisse ; ce qui est attesté par Ambpoise Paré, médeân de Henri III, qui suivait l'sffmée. »
« Cette fiunille subsiste en Poitou. M. Ailard àe la Resoière, avocate Poitiers, et M. AHard, professeur en droit en l'université de cette ville , dedcendent du gouverneur es Panthenay . »
« Extrait de l'Histoire de M. de Thou.— Des Guerres civiles de France , par Davila. — ^De l'Histoire des guerres civiles en Poitou , par P. Brifison. *— De la Relaëon de Liberge. -«- De la Relation du sféfçp de Poitiers, ifi-4<'. — De l'Histoire manuscrite dç la
276 NOTBS.
ville do Saint-Maixent. — Du Jounial du capitaine AUard, manuscrit. •— Des Mémoires militaires de Coligny , manuscrit. — Des Mémoires de La Noue. ^ De THistoire de Partfaenay , manuscrite , etc. »
a MM . les étudiants en droit se couvrirent de gloire à la défiBose de Poitiers. Leur courage , qui les faisait se porter aux endroits les plus dangereux (« car, dit un chroniqueur, il n'y eust onoq choeqz, attaquez et batteries, où ils ne fussent, et ils oroientz moult estez faschiez de soi exanter»), leur mérita le privilège de porter Tépée, 01IX et leurs successeurs. « Entre aultres mains beaux et bons faits d'armes et vaillances » ( ajoute le chroniqueur) , ils firent une sortie , et attaquèrent un corps d'ennemis dix fois plus nombreux que leur petite troupe. Ils en vinrent bientôt aux mains, repoussèrent et défirent l'ennemi ; mais, chargés par un nouveau corps de troupes, ils reconunencèrent le combat. On se battit avec fureur. Us en sortirent victorieux , tant il est vrai que c'est moins le grand nombre que le courage qui fait le vainqueur. Cette nouvelle victoire coûta à la ville presque tout le corps de ces braves. Les trois quarts y perdirent la vie ; le reste y fut blessé , <ir et nul d'eulx ne reveinst de ceste bataille sans être navrés dont ce eust ecté à luy et aux siens honte et vergoigne s'il n'avoyt eut preuves de vaillances et lui eussent failliz. » Tous ceux des étudiants qui rentrèrent à Poitiers après ce combat étaient blessés, et furent « faictes prières et longues douléanoes pour le repos des âmes des defifimcts ez église de la ville, et furent moult longuement pleurez tous lesditz braves dont oeulx de dedans furent moult contriz pour les bons aydes et vaillances diceulx escholierz qui estoit tant belle chose à voir. r> En récompense de leurs services, M. le comte du Lude, en présence de M. le duc de Guise et des autres grands Seigneurs et officiers de la garnison, leur donna le droit de porter l'épée, droit qui depuis est devenu commun à toutes les écoles du royaume. Dans un manuscrit du temps, on lit que ce fut à la tète de la garnison que M. du Lude,
en présence des Seigneurs qui étaient à Poitiers, attacha lui-même répée au côté des étudiants, et que M. le maire et lui les présentèrent . un à un à MM. de Guise et « aux ditz Seigneurs et Capitaines , qui là estoyent. Le pouvre peuple cryoyt Noël et les bourgeois, habitans, femmes etanfants, qui là estoyent, plouroyent moult fort. » En leur attachant l'épée au côté , le comte du Lude leur disait : « Je te baille ceste espée de la part du Roy. Continue de faire bien pour lui et la Religion. Et la luy astachoit en disant : Je la baille à toy , aux tiens et à tes successeurs es Echoles de céans, du pouvoir que j'en ai de monseigneur le Roy nostre sire. Ces Messieurs et moy , t'avouons pour brave , et comme à tel te remets cette espée. » Ensuite les Etudiants , accompagnés desdits Seigneurs, allèrent à l'hôtel de ville, où ils firent serment entre les mains du Maire et en présence des Seigneurs, d'être fidèles au roi, à la religion et au pape. Et fut « confirmé ledit privilège à toujours et à l'advenir. r>
HOTES SUR U BÀTAILLK DE MONGONIODI.
«•ï Tous te» historiens ont décrit là bataillé de Monccmtoiir; te uns et les autre» ont des opinions différentes sur la situation des armées, leur position pendant la bataille. Nous n'entreprendrons point de rapporter leurs dires, ni- de concilier leurs opinions; cette tâche dépasserait le but que nous nous sommes proposé.
Les noCes qui suivent ont settkment trait aux chefs des deux pavtis^ et aux quelques localités qui sont noimnées dans la relation que nous avons sous les yeux.
^^ Siège de Chàtdleraud.
L'on a vu dans le Discours du siège de Poitiers de Liberge que le duc d'Anjou , voyant la ville de Poitiers activement pressée par les trompes protestantes, vint attaquer la ville de Chàtellerault pour attift^ ranural av secours de cette place, qui renfermait plusieurs de ses officiers malades de ta dyssenterie, qui désolait ses troupes, et dont il était atteint lui-même.
Le duc d'Anjou , après avoir attaqué la ville du cdté opposé à la Vieraier ^^ Y ^oïr iàit brèche, fit simner l'assaut. Les italiens, qui avalent <jbmandé d'aller les premiers à l'attaque , se précipita reiit sur la brèdie, qu'ils occident pendant trois heures; mais , pris en flanc £i de front par Fartillerie , et sans secours de la part des Français , jaloux de la préférence qui leur avait été accordée , il» fureat db^é» de se retirer, laissant deux cent cinquante morts ou blessés sur les défenses de la ville , au nombre desquels »e trour
vait Fabiano Moiili , qui commandait le secours que le duc de Toscane avait envoyé à Charles IX.
Malgré cet échec , le duc d'Anjou triompha ; car le principal but de cette attaque était de faire lever le siège de Poitiers. L'amiral accourut au secours de Châtellerault, le duc d'Anjou se retira, et de ce moment commencèrent les marches et contre-marches qui précédèrent la bataille de Moncontour.
*" Soubise et ses Poitevins.
Charles de Quellenec , baron du Pont en Bretagne et vicomte du Fou, époux de Catherine de Parthenay, dame de Soubise, qu'il avait épousée en lâ66 en l-église de Moudiamps.
Par sa femme , dernière représentante d'une de nos familles les plus considérables et les plus illustres, Charles de Quellenec avait un immense crédit et une grande influence sur les reëgionnaires de sa province.
Catherine de Parth^ay, devenue veuve après le massacre de la Saint-Barthélémy, où Charles de Quellenec fut assassiné , épousa René II de Rohan, et fut la tige des ducs de Rohan, qui s'éteignirent dans la maison poitevine de Chabot par le mariage de Catherine avec Henri Chabot ( 6 juin 1645 ).
*" L'Aisne du Verger,
De la famille des du Verger, seigneurs de la Rochejaquelein, dont les services militaires et l'illustration ne datent point seulement, comme quelques personnes l'ont pu croire, des guerres de la république.
«* La Rivière.
Ce La Rivière n'est point le même que celui dont nous avons parlé note 142. A cette époque^ comme on a dû le remarquer maintes fois , chacun prenait le nom de sa terre, ce qui rend les rapprochements fort difficiles et bien souvent impossibles.
2^ Marquis de Rhetel.
Cette mention ne peut se rapporter à ta fiamille de Gonzague , qui à cette époque était duc de Rhetel ; car elle suivait le parti
KOTÏS. 281
catholique, et ce marquis de Rhctel était un des chefs protestants.
^ Le comte Ludovic.
Louis de Nassau , de la branche de Dillembourg. Après avoir servi utilement en Hollande son fr^re Guillaume , chef de la branche des Nassau-Orange , il vint en France pour aider à ses coreligionnaires, puis retourna en Hollande, surprit en 1572 la ville de Mons, et fut tué le 14 avril 1574, près de Gravelines, en la bataille dite de Moukerkeide.
^ La Nouè\
Nous ne nous étendrons point sur le mérite militaire ni sur les qualités du brave La Noiie ; tout le monde sait apprécier son beau caractère. Cette note a seulement pour objet de r9q[)porter ici un passage peu connu de ses Mémoires concernant la bataille de Moncontour.
« Il avint que deux gentilshommes , du eoeté des catholiques y estans escartés , vindrent à parler à aucune de la religion , y ayant quelques fossez entre deux. « Messieurs, leur dirent-ils, nous portons marques d'emiemia, mais nous ne vous haïssons nullement , ny vostre party. Adverttssez M. l'Admirai qu'il se donne bien garde de combattre , car nostre armée est merveilleusement puissante pour les renforts qui y sont survenus, et est avecques cela bien délibérée ; mais qu'il temporise un mois seulement , car toute la noblesse a juré et dk à Monseigneur qudle ne (femourera davantage , et qu'il les employé dans ce temps là , et qu'ils feront leur devoir. Qu'il se souvienne qu'il est périlleux de heurter contre la fureur françoise , laquelle pourtant s'escoulera soudain r et s'ils n'ont promptement victoire ils seront contraints de venir a la paix , pour plusieurs raisons , et la vous donneront avantageuse. Dites luy que nous savons cecy de bon lieu , et desiron» ii;randement de l'en avertir. »
Le conseil était bon ; malheureusement Coligny ne put le mettre à exécution : la bataille se donna , et il la perdit.
M2 \OTls.
s* La L4>iie.
Louis de la Loue, maréchal des campe» ei années du roi, d'une (a* mille origiiiaife du Berri qui a eu plusieun genras d'iliualralion. C^tlcCMnilten^cgtfiJMartnfliwnmliepréaeDtée que parte dont la dernière, deiDoiseUc Angélique de la Loue du Itagelkr, a épousé Pierr^-Gllarie»rAuguste de Bremond d'Ars. |
La LoQB fut tué en 1679.
"* Monsieur de Honlpenâer. I
Louis de Bourbon , duc de Montpenaier. C'ert à lui que Ton peut !
reprocher la destruction du diàteau de Lusignan. ( f^olr note 69. ) i
•'Mouy.
Louis de Vaudiay , seigneur de Mouy . Son nom se retrouve éga- i
lement dans lesiége deSl^JeaiMl'Attgély. ( yoir notes 12, 257.) '
^Mansfeld, eoloneldesreistres. i
Wolrath, comte de Mansfeid, un des chefe prindpanx du parti protestant en Allemagne, qo'il servit longtemps avec réputation |
dan88apatrie;ealâ09ilétaBtlieatenanlderaiiiiéeqiieWolfiBmg, ,
duc deDeox-Pionts, oondoisait en France an seoowa des protes' laats. Apfès la mort de ce général, Wolralh prit le commande- i
meot de ses troupes. C'est à lui et au comte de Nassau que les '
protestantedosent la cooservatkm de la majeure partie de leur ca- l
vakrie aliemaade après la bataille. I
^ M<Micontoor,
Petite vâlesur les bords delà Dive, au nord et à quelques lieues de Poitiers. Son château, dont le donjon subsiste encore, servU longtemps de leiraite aui Anglais ou aux Français pendant les xii« et xiii' ^iècto, ËQ. 1371 il était fran^, et sous les ordres de JourdaiiàdeCoMloiigpes; Tbomas^Percy^séBàshai de Poitou peur le roi d'AJ^gftftorre, le vint attaquer, s'en empara, et presque toute la garniflonfut massacrée. Qudques mois après, du Guesdin avait fiasse là ; le château était roclrvenu français, et depuis na ji cessé de Tétre.
**^ Guichard d'Angle.
Guichard d'Angle , de la seconde maison d'Angle , fut un des hommes les plus remarqiiabfes de son époqne. Forcé par le malheur des temps de servir tour à tour la France et TAngielerre , il sut se concilier Testime des deux partis et mériter le surnom de Chevalier sans reproche. Nous avons donné daus notre Dietionmtire des famUks de l'ancien Poitou wie biographie détaillée de cet homme , aiu:|uel il n'a manqué qu'un historien pouir être dignement apprécié.
'" Le sire de Parthenay.
Guillaume Larchevéque, Yllh du nom^ fut, comme Guichard d'An^, forcé de passer sous la domination anglaise lors du traibé de Bretig<ny. Il fut avec Louis de Haroowt, yicomte de Châtellerault, chargé de la garde do la ville et eomté de Poitiers; et, redevenu Fiançais par les victoires de du Gueselin, Guillaume de Parthenay fut chargé par Charles V, en 1884, de faice ofaaervor la trêve eondue eette année entre la- Franee et FAjn^eterre. Plus tard, les hostilHés ayant reeommeiKsé entre les deux nations j il contribua puissamment à rendre à la France l'AuniS) la Saintonge et FAngoumois.
*** Parceval de Coulogne.
Farceval de Coukmgne était à cette époque (ld71) capitaine ( gouv^neur ) du château de Thouars , et lenait pour les Anglais.
*•» Ervaux,
Actuellement Airvauit , petite ville de l'arrondissemerit de Parthenay, département des Deux-Sèvres, sur les bords du Tfaouet , possédai dans son sein, avant la révohition, une abbaye de cha« noines réguliers do Sl-Augustâ» , fondée vers la fia du vni« siècle par HiMeadriac, fiemiiiie de Horbert II, viœmte de Thouars.
L'église do Tabbaye (maintenant église paroissiale) est une des belles églises de notre Poitou;
Airvauit, qui fut le siège d'une baronnie, et plus tard d'un marquisat , a été pendant longtemps possédé par la famille Isoré ; le dernier marquis d' Airvauit fut M. de Richeteau.
"* La Toue iK)ur le Thouct.
Petite rivière qui prend sa source dans les environs de Secondigny, passe à Parthenay, SaintrLoup, AirvauU, Thouars, Montreuil-Bellay , et va se jeter dans la Loire près de Saumur.
*« La Dive»
Petite rivière qui prend sa source entre Vouzailles et Mir^)eau , passe à Moncontour, et se perd dans le Thoiiet au dessous de Montreuil-Bellay.
••• PuygreflBer.
Tanneguy du Bouohet , écuyer, seigneur du Puygreffier et de St- Cyr, fut pendant de longues anoées l'un des principaux soutiens du parti protestant par sa bravoure et ses conseils. Il fut l'un des chefs de ce qu'on appelle la conjuration (tjimboisej et, après la journée de Dreux, on l'envoya pour gouverneur à Orléans, sur l'avis que l'armée royale voulait assiéger cette ville. Il amena les troupes de Guyenne au prince de Gondé après la bataille de Saint- Denis, et fut tué à celle de Moncontour , étant alors, dit la Popelinière, l'un des plus anciens et plus résolus gaas d'armes de France. Voici comment d' Aubigné rapporte cet événement : « Ce vieillard , ayant rallié trois cornettes au bois de Méré , et reocninu que par une charge il pouvoit sauver la vie à mille homoies, son minisire , qui lui avoit aidé à prendre cette resolution , l'avertit de faire un mot de harangue à ses gens de bien. Courte harangue, dit le bonhomme : a Frères et compagnons, voici commet il fault faire! » Là dessus, couvert à la vieille françoise, d'armes argentées jusqu'aux grèves et sollerets , le visage découvert, et la barbe blanche comme neige, âgé de Sa ans, il donne vingt pas devant sa troupe, mena battant tous les maréchaux de camp, et sauva plusieurs vies par sa mort. » {Diciionnaire des famiiles de fancien Poitou.)
*" Piles, de Rouvray, du Chellars.
Piles.
Armand de Clcnnoiit, eiùi^ncur de Piles, blessé au siège de Poitiers et au dernier assaut donné par l'amiral au faubourg de Rochereuil.
il s'était retiré à Saint-Jean*d'Angély pour s'y faire soigner , et n'assista point à la bataille de Monoontour. Nous en parlerons à l'occasion du siège de SaintJean-d'Angély, où il commandait les assiégés, {f^oir note 2ô9.)
Rouvray.
Le colonel Rouvray fat une des victimes de la Saint*Barthélemy; il fut massacré près de Tamiral, et probablement en le défendant.
Allard, dans sa Vie de François de Beaunnont, baron des Adrets , dit, mais à tort, que ce colond Rouvray était un des fils de ce célèbre capitaine. Le texte de Davila (un des écrivains les plus dignes de foi qui nousaient laissé rhistoire des guerres civiles de cette époque) le contredit d'une manière positive :
« Nel medesimo palazzo (où Coligny venait d'être massacré)
forono amazatiXelligny, generodeir amiraglio
i colonelli Montaumar e Rouvray; il figliuolo de! barone des Adrets. »
Du Chellars.
Louis Sauvain du Chaylard, Dauphinois , un des capitaines qui se distinguèrent sous le baron des Adrete.
•«8 Ambres.
Ce chef protestant était probablement de la maison de Voisins, vicomte de Lautrec en partie par le testament de Brunissende de Lautrec, fille et unique héritière d'Amalric, vicomte de Lautrec, seigneur d'Ambres , qui légua à Jean de Voisins , par son testament du 22 janvier 1418 , tous ses biens patem«4s.
«««Baudiné, Mombrun, Blaçons, Mirabel.
Baudiné.
Galiot de Crussol , seigneur de Baudisner et de la Coste-Saint- André, était frère du fameux d'Acier [voir note 105), et fut une des victimes de la Saint-Barthélémy.
Montbrun.
Charles du Puy-Montbrun , chef des religionnaires dans le Dauphiné, servit longtemps sous le baron des Adrets. C'est à lui,
286 XOTES.
et non à oe terrible maasacreur ded catliolkfiies , que Vùn doit attribuer les cruautés qui furent ooraoïiaes à la prise de Momas. Bifttu près de Varens par le comte de Sine (François de la fiaume, l'un des principaux auteurs du massacre d'Orange), il raprit sa rerandie quelques jours après avec le baron des Adrets. Il fut cbargé par Soubise (Jean de Pârthenay-Larchevéque , ôeur de SoolHse) de surveiller la conduite <le son ancien général , auquel ies protestants supposaient TintentioB de les abandonner ; il fut un de ceux qui rempèchèrent d'exécuter le pit^et que le baron des Adrets avait formé de livrer la ville de Romansau duc de Nemours ; défendit ^iis tard cette môme ville de Romsmsoontre son enden éM. Après le massacre de la Saint-Barthéleray, Montbnm devint le chef de tous les protestants du Dauphiné et de la ProvenoB, et sous lui le fameux Lesdiguières commença sa carrière. Ayant eu Timprodenoede piller, au passage du pont de Beau voisin , les bagages de il^inri III , lors de son retour de Pologne , et celle plus grande encore de répondre à ceux qui lui firent des représentations : a Les armes et le jeu rendent les personnes égales , » et de dire aussi en recevant une lettre de Henri III : « Comment, le roy m'écrit comme roy , et comme si je le devois reconnoistre? Je veux qu'il sache que cela seroit bon en temps de paix , et lorsque je le reconnoistroy pour tel; mais en temps de guerre, qu'on aie bras armé et le cul sur la sdle, tout le monde est compagnon ; » ces paroles et ce procédé irritèrent tellement le roi, « qu'il jura un bon coup, dit Branthôme, qu'il s'en repentiroit. » En effet, quelque temps après, il fut blessé dans un combat , pris, et condamné par le pariement de Grenoble à avoir la tète tranchée. Sa fierté en imposait tellement aux juges, qu'ils redoutant une révolte le jour de son exécution , et on lui enjoignit de ne rien dire au peuple, s'il ne voulait avoir la langue coupée I II fut porté dans une chaise au lieu de son supplice (12 août 1575) , car il avait eu la cuisse cassée dans le combat. Deux ans après, Henri HI ordonna que son arrêt serait mis hors des registres du greffe. Il en fut totalement effacé par arrêt du même parlement du
17 féyrier 1648. La vie de Charles du Puy-Montbrun a été écrite par Allard, auteur de l'Histoire du baron des Adrets.
Bkiçons.
Pierre, aiiàs Hector de Forets, seigneur de Blaçons, l'un des capitaines qui servaient sous le baron des Adrets , qui l'établit gouverneur de Lyon en 1683. Davila, qui lui donae le titre de colonel des harquebusiers , dit qu'il fut fait prisonnier à Moncontour.
Mirabel.
François de Mirabel servit, comme les précédents, sous les ordres du baron des Adrets. Il contribua beaucoup à la victoire que ce chef remporta à Avignon, le 80 août 1662, sur Fdbrice Serbelloni , gouverneur d'Avignon.
«M La Jecole au surplus, sorte d'écbarpe ou de bandoulière qui se plaçait par-dessus les armes.
•»• Le prince Dauphin.
François de Bourbon, duc de Montpensier, Châtellerault et Saint- Fargeau , eut du vivant de son père (Louis de Bourbon , H* du nom, duc de Montpensier, le célèbre général des armées catholiques ) le titre de prince dauphin d'Auvergne ; après la mort de Henri UI, il embrassa le parti de Henri IV, commandait à Arques Tavant-garde de son armée; mourut à Lizieux le 4 juin 1692, âgé de 60 ans, et fut enterré à Champigny-sur-Veude, où l'envoyait sa figure à genoux. Ce tombeau a disparu.
«■* Martigues.
Sébastien de Luxembourg, seigneur des Essarts et de Martigues. Nous parlerons de lui avec détail dans nos notes sur Saint-Jeand'Angély.
"•Chavigny.
François Le Roy, seigneur de Chavigny et de la Baussonnière en Loudunais, descendait d'une famille illustre par ses alliances; fut capitaine des gardes du corps du roi après son père , créé comte de Clinchamps; arrêta le prince de Condé en 1660. Peu de jours au-
288 >OTES.
))aravant , le duc de Guisi> 1 avait fait nommer lieutenant générai pour le roi en Anjou , Touraine et Maine , sous l'autorité du duc de ]\Iontpensier. Il fut plus tard fait par Henri III gentilhomme ordinaire de sa chambre , capitaine de 50 hommes d'armes de ses ordonnances, et chevalier du Saint-Esprit, pour le réccmipenser des bons servives qu'il avait rendus dans les guerres de religion.
M* La Valette.
Jean de Nogaret de la Valette, (f^oir ce que nous avons dit à son sujet, note 17.)
**» Santelle.
Peut-être veutron désignar ici le comte de Saseatello , dont parle de Thou dans la relation qu'il donne de la bataille de Moncontour ^ et qui d'après Davila , qui le nomme le comte François de Sassatel , fut une des victimes de cette journée.
"• Sarlabous.
Il y eut deux frères de ce nom qui servirent pendant les guerres de Charles IX; l'aîné, mestre de camp d'un régiment d'infanterie de son nom, fut fait gouverneur du Havre lors de la rqprise de cette ville sur les Anglais , en 1563 , et y mourut revêtu de cette charge , et honoré du collier de l'ordre du roi (St-Michel).
Son frère puîné, qui est celui dont il est fait ici mention , fut grièvement blessé au siège de Rouen devant le fort de Sainte-Catherine , et plus tard nommé mestre de camp d'un ré^ment de gens de pied. Il avait aussi servi en Ecosse pendant le règne de François II , époux de l'infortunée Marie Stuart.
^ Le comte de Saint^Fior , Marie et Paul , frères.
Nous avons déjà parlé, note 179, du comte de Ste-Fior et de Paul Sforze, à l'occasion du siège de Poitiers.
Marie ou Mario Sforze avait embrassé, lors des guerres d'Italie , le parti de la France, et s'était distingué sous nos drapeaux. Il fut décoré par le duc de Toscane du titre de capitaine général de son infanterie , et honoré du collier des ordres de St-Michel en France , et de Calatrava en Espagne.
NOt£s. 289
*«* Charles de Birague ,
De la famille de René de Birague, patrice milanais naturalisé français , et qui fut chancelier de France sous Charles IX.
"• Landgrave deHesse.
Ce prince était probablement un des nombreux enfants de Philippe I" dit le Magnanime , prince de Hesse-Cassel.
Les princes de Hesse furent de tous les princes allemands ceux qui acceptèrent avec le plus d'empressement la réforme de Luther et qui la soutinrent avec le plus d*opiniâtreté.
Malgré la différence de religion, ce landgrave pouvait très^bien servir le parti catholique : une bonne paye et les nombreux avantages que le roi offrait aux chefs des reitres faisaient souvent taire la conscience. Nous en avons du reste un autre exemple dans le marquis de Baden (note 244).
*» Les comtes Rheingraff frèred .
Jean-Philippe , comte de Salm , né en 1545 , fils de Philippe- François Rhingrave (comte du Rhin) , et de Marie Égyptienne , comtesse d'Oëtingen, commandait les reîtres au service du roi; il fut tué par Tamiral de Coligny, qu'il venait de blesser d'un coup de pistolet. Voici comment Davila rapporte ce fait :
a Ayant été rencontré (l'amiral) par le comte Rhingrave à la teste de la cavallerie , ils se chargèrent tous deux avec tant de furie^ que d'un coup de pistolet que tira le comte, l'amiral eut la mâ~ choire inférieure cassée et quatre dents rompues , mais en môme temps il le renversa mort d'un coup qu'il lui déchargea dans la visière. »
Frédéric , frère du précédent , naquit en 1547 ; il fut blessé à Moncontour, et, de retour en Allemagne, il succéda à son père , étant devenu l'aîné de sa famille par la mort de Jean-Philippe , son frère.
^^ De Bassompierre.
Christophe, baron de Bassompierre, seigneur d'Arouel, deRemauville et de Baudricourl en Lorraine , était colonel de 1 ,500 reîtres
290 KOTES.
entretenus pour le service du roi ; il fut père de François de Bafisompierre , colonel général des Suisses et maréchal de France , célèbre par ses disgrâces , ses belles quidités et ses mémoires.
«• Schomberg.
Gaspard de Schomberg , gentilhomme allemand du pays de Misnie (Saxe), vint en France, où il servit d'abord comme volontaire, puis en qualité de capitaine, et enfin de colonel des rehres; resté en France à la sollicitation de Charles IX , il se fit naturaliser Français en 1570 , fut gouverneur de la haute etbasse Marche , conseiller d'État , etc.
Gaspard de Schomberg épousa, le 15 juillet 1573 , Jeanne Chas^ teigner , veuve de Henri Clutin , seigneur de Yilleparisis, vice-roi en Ecosse , puis ambassadeur de Charles IX à Rome , et fille de Jean Chasteigner, III« du nom, seigneur de la Roche-Posay, ei de dame Claude de Monléon , dame d'Abain.
Ils furent la tige des Schomberg , ducs d'Halwin , pairs de France.
s» Duc d'Aumale.
Claude de Lorraine , duc d'Aumale par lettres du mois de juillet 1547, données à Reims par le roi Henri II, grand veneur de France, colonel général de la cavalerie légère, fut tué au siège de la Rochelle d'un coup de canon^ en 1573.
*** Duc de Longueville.
Léonor d'Orléang, duc de Longueville et d'Ëstouteville, grand chambellan de France, assista au siège de la Rochelle (1573), et mourut à Blois la même année, âgé de 33 ans; il avait pour.quatrième aïeul paternel le fameux bâtard d'Orléans, le biave Dunois, l'un des sauveurs de la France sous Charles VU. . ^ Le maréchal de Cessé.
Artus de Cessé, comte de Secondigny, seigneur de Gonnor, maréchal de France, gouverneur des pays d'Anjou, Touraine et Orléanais, grand pauetier de France, était gouverneur de Metz lors du siège de 1552 , assista aux batailles de StrDenis et de Moncontour ;
il fut défait en 1570 par les huguenots au combat d'Arnay-Ie-Duc, et servit au siège de la Rochelle (1573) , partagea la disgrâce du maréchal de Montmorency en 1574, fut fait par Henri III chevalier de Tordre du SaintrËsprit le 1«' janvier 1579, et mourut en son château de Gonnor en Poitou le 15 janvier 1582.
«• Tavsmnes.
Gaspard deSaulx-Tavannes.
« Yoicy un homme de main et de teste tout ensemble (dit Le Laboureur dans ses additions aux Mémoires de Casteinau) qui eut part aux plus grands coups qui se ruèrent de son temps , tant dans Tarmée que dans le cabinet, et qui se fit maréchal de France tant par la considération où il se mit que par le besoin qu'on eut de son service contre leshugo^ots. »
Il fut un des auteurs et des principaux acteurs du massacre de la Saint-Barthélémy, et mourut peu de temps après à Chastres-sois- Montihéry (Branthôme). La père Anselme prétend qu'il mourut au mois de juin 1573, en son château de Suilly. Il fut enseveli en la sainte diapdie de Dijon.
«f La Fayette.
Pierre Motier de la Fayette, fils de Jean, seigneur de Hautefeuille, et de dame Françoise de Montmorin. Il fut tué à cette bataille , nous dit le père Anselme (t. vu , p. 61), et mourut sans avoir été marié.
««Thoré.
Guillaume de Montmorency, sieur de Thoré, deDangu, de Savoir, baron de MoBli)eron , chevalier de l'ordre du Roi et colonel de la cavalerie légère de Piémont , frère puiné de Charles de Montmorency, sieur de Meru (voir note 247) , servit dignement les rois Charles IX , Henri III et Henri IV ; fut capitaine de 50 hommes d'armes» bailli et concierge du palais; mourut vers 1593. Il était, ainsi que son frère, de la branche des ducs de Montmorency et de Damvllle , enfants d'Anne de Montmorency, connétable de France et de Madeleine de Savoie.
»» Carnavallet.
François de Kernevenoy, dont par corruption on a fait Carnavallet, d'une des premières familles de Bretagne, fut premier écuyer de Henri II , gouverneur de Henri III , chef de son conseil , surintendant de sa maison , lieutenant de sa compagnie de cent hommes d'armes , gouverneur d'Anjou , Bourbonnais et Forest, chevalier de l'ordre du Roi en 1560 , mourut en 1571 , et fut inhumé en l'église de Saint-Germain-l'Auxerrois.
«*« La Vauguyon.
Jean de Pérusse des Cars , prince de Carency , comte de la Vauguyon, chevalier de Tordre du Roi, maréchal et sénéchal de Bourbonnais , conseiller aux conseils d'État et privé , capitaine de cent hommes d'armes, lieutenant général des années du roi en Bretagne sous Henri de Bourbon , prince de Dombes.
««DeVillequier.
René de Villequier, baron deClervaux. Henri III , lorsqu'il fut nommé roi de Pologne , le fit grand maître de sa maison , puis, à son retour en France, capitaine de ses gardes, premier gentilhonmie de sa chambre, gouverneur de Paris et Ilo<le-France, chevalier de ses ordres.
Il se rendit célèbre parmi tous les favoris du prince par le meurtre de sa femme , Françoise de la Marck, qu'il tua à Poitiers , dans la maison même du roi (le roi était logé au Doyenné-Saint-Hilaire , actuellement l'école normale) , sous un prétexte que les historiens n*ont point approfondi.
René de Villequier se remaria en 1586 à Louise de Savonnières , fille d'honneur de la reine Catherine de Médids.
«*« De Mailly.
. René , baron de Mailly^ capitaine de cinquante hommes d'armes et chevalier de Tordre du Roi , gouverneur de Montreuil , eut part à la glorieuse défense de Metz (1552) , combattit à Cerisolles , Dreux , Saint-Denis, Moncontour, où il fut blessé. Le roi Françx)is I*', dans des lettres du 28 septembre 1525, le qualifie : Mon cousin,
parce que (dit ce prince) il appartient de prés et par lignage à la reine Claude mon épouse (ûlle de Louis XU et d'Anne de Bretagne).
*** Le jeune Montluc.
Peut-être Jean de Montluc , fils du fameux maréchal de Montluc , commandeur de Malte , qui , étant entré au service de France après 1565, servit longtemps comme colonel de quinze, puis de trente enseignes de gens de pied , embrassa Fétat ecclésiastique, et fut pourvu de l'évèché de Condom-
^^ Marquis de Baden»
Piiilebert , marquis de Baden , de la banche de Baden-Baden^, embrassa le parti de la France, quoiqu'il suivit la religion protestante, et conduisit au secours de Charles IX quinze cents chevaux en. 156S ;. fut tué à Moncontour , où il se laissa emporter par son ardeur si avant dans la mêlée , qu'on ne le put dégager. 11 était âgé de 33 ans.
*** Comte de Mansfeld.
Pierre-Ernest, comte de Mansfeld, cousin du comte Wolrath de Mansfeld, colonel des reitres protestants, dont nous avons parlé précédemment ( note 208 ) , fut employé à plusieurs reprises par le duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas pour le roi d'Espagne; commandait le secours de 300 lances et de 3,000 Wallons que ce duc envoya à Charles IX; combattit à Moncontour, où il fut blessé; fut ensuite gouverneur d'Avesnes, Luxembourg et Bruxelles, et désigné par le prince de Parme, qui avait succédé au duc d'Albe, pour gouverner les Pays-Bas en son absence; était chevalier de l'ordre de la Toison -d'Or, et mourut le 2 mai 1604 avec le titre de prince de l'I^pire.
^ Les prédicateurs catholiques exhortent chacun au devoir.
Près. du petit village de Douron (situé commune de St-Jouinlès-Marnes), et près du champ de bataille entre Moncontour et Airvault, l'on voit sur le bord d'un chemin un rocher sortant d'une butte de terre. Ce rocher , dont rcxlrcmité supérieure est
taillée en forme de table , a conservé dans le pays le nom de Pierre-du-Minisire. Il est à croire que les ministres protestaots ne manquaient point à leur devoir avant cette bataille, et que par leurs prédications ils n'ont pas peu contribué à la reodre acharnée et terrible; car, s'il faut en croire Davila :
a Les goujats, les vivandiers, les pionni^«, et tels autres hommes peu considérables, qui ont accouetumé de suivre les armées, s'opiniastrerent icy à défendre chacun son party en g^is désespérez et qu'à raison de cette ardeur, que temoignoient les uns et les autres, le nombre des combattans se trouva si égal, que le différent se vuidoit d'homme à homme. »
«*7 Phiffer.
C'est au sang-froid et à la bravoure de ce colonel su^se que la cour , surprise à Meaux par les protestants , dut son salut. Dépourvue de secours , environnée de tous côtés , elle ne savait quel parti prendre, lorsque 6,000 Suisses, commandés par Phiflî»', et qui se trouvaient à 4 lieues de là , apprenant le dang^ que courait le roi , ie mettent au milieu d'eux , et par leur contenance en imposent tellement aux protestants, que ceux-ci n'osèrent les attaquer.
^ Meru.
Charles de Montmorency, sieur de Meru , qui devint plus tard duc de Damville , pair et amiral de France , assista aux batailles de St-Quentin, Dreux, St*Denis, Monoontour, Craon , Arques , etc. , fut un des négociateurs de la reddition de SaintrJean-d'Angély; fut plus tard créé colonel général des Suisses, dont il commandait une partie lors de la bataille de Moncontour; Il s'associa toujours avec beaucoup d'affection au service de Henri III , qui pendant longtemps ne le récompensa que par de l'ingratitude, et de Henri IV, qui le fit chevalier du St-Esprit en 1597, après lui avoir donné la charge d'amiral de France et de Bretagne.
Louis XIII érigea sa terre de Damville en duché -pairie en
Brantfaôme dit de lui « qu'on le tenoîl pour le plus digne homme du consdl du roi , et pour celui qui aroit la meilleare cervdle et meilleur avis. »
^ Biron.
Armand de Gontaut dit le Boiteux, baron de Biron, page de la reine Marguerite de Navarre, commença à servir sous le maréchal de Brissac , qui le choisit pour porter le guidon de sa compagnie de cent hommes d'armes. Depuis cette époque (vers 1553) jusqu'au moment où il fut tué au siège d'Épernay, Armand de Gontaut eut les armes à la main. Il faisait les fonction» de mestre de camp à la bataille de Moncontour.
« On ne croyoit pas ce maréchal (dit Le Laboureur dans ses additions aux Mémoires de Castelnau) plus catholique , mais plus prudent que son frère, Foucault de Gontault (voir note 250), de demeurer dans le party où il y avoit plus de moyens de faire sa fortune et plus de sûreté. )^
^ St-Generoux.
Bourg à peu de distance de Moncontour et d'Airvault , sur les bords du Thouet. L'église paroissiale est un des monuments les plus curieux des provinces de l'Ouest.
»' Biron.
Foucaut de Biron, Sgr de Puybeton et de Laudean, fils de Jean Gontaut, baron de Biron , et de dame Anne de Bonneval , dame de Chefboutonne , frère du maréchal de Biron. ( P^oir note 248. )
■»« SaintrBonnet.
Léonard de Pérusse des Cars, Éc, Sgr de Saint-Bonnet, de la même famille , mais d'une autre branche , que le sieur de la Vauguyon, précité ( note 240 ). U avait épousé dame Catherine de Joignac.
^ Acier.
Nous avons déjà parlé de ce chef protestant dans nos notes sur le siège de Poitiers (note 105 ).
*** Clermont de Dauphiné.
Claude de Clermont - Tallard , appelé par notre histohen Glermont de Dauphiné , parce que sa famille était originaiie de cette province et Tune des plus illustres. Branthôme, en parlant de lui , dit qu*il mourut à Moncontour un des plus braves de France.
NOTES DU SIÈGE DE SAlM-JEy-D'ÀNGÉLY.
»» Saint-Jean-d'Angély.
La ville de St-Jean-d' Angély s'est élevée à l'ombre des murailles du monastère de ce nom. La fondation de cette abbaye remonte, selon Piganiol delà Force, dans sa Description de la France, à 942, et est attribuée par lui à Pépin , roi d'Aquitaine. Cependant , dans les manuscrits de D. Fonteneau, nous trouvons, t. 13, p. 41, une donation faite à ce monastère, vers 928 , par un nommé Ithier, de tout ce qu'il possédait dans le pays de Brioux , aux villages appelés Lupchiacus et Asnerias.
Du reste, nous ne pouvons ni ne voulons donner ici l'histoire de cette ville, ni discuter la date précise de son origine; nous nous contenterons de publier, d'après Massiou (Histoire de Saintonge, première période , p. 350 ) , quelles furent les circonstances qui accompagnèrent la fondation du monastère. Cette tradition , empreinte du merveilleux dont nos pères revêtaient ce qu'ils ne pouvaient comprendre ou ce qu'ils ignoraient, respire un parfum de foi et de confiance en la toute-puissance divine qui peint bien l'époque où elle a pris naissance:
a S'il faut en croire de vidlles annales , Peppin avait en Saintonge un château du nom d'^ngéri ou Angély^ situé au milieu d'une forêt sur la rive droite de la Boutonne. C'était vraisemblablement une de ces fermes royales où les monarques de la deuxième race habitaient alternativement pendant quelques mois de l'année.
Docile aux pieux enseignements de son père, Peppin fit, ditron, bâtir près de ce castrum une église en l'honneur de saint Jean- Baptiste. Attirées bientôt par la sainteté du lieu , quelques familles vinrent fixer leurs demeures près de ce moutier, et jetèrent , au commencement du ix* siècle, les fondements de la ville de Saint- Jean-d'Angély.
» Mais cette origine toute royale était encore trop vulgaire au gré des vieux écrivains monastiques. Comme presque toutes les anciennes cités de la Gaule , Saint-Jean-d'Angély devait voir des fables ridicules environner son berceau. Écoutons un moine anonyme dont le récit merveilleux est imprimé à la suite des œuvre» de saint Cyprien de Poitiers.
» Après avoir essuyé bien des vicissitudes , depuis la jour où il fut décollé à Samarie par l'ordre du cruel Uérode, les reliques du Précurseur de Dieu reposaient à Alexandrie, dans la basilique élevée en son honneur par l'empereur Théodose. Un moine d'Occident, appelé Félix, ayant entrepris le voyage de Jéruaal^ai, eut une vision pendant la nuit. — « Lève-toi , lui dit une voix , et marche jusqu'à Alexandrie. Là, tu trouveras, dans la chapelle où il est d^sé, le chef de saint Jean-^apUste : tu t'en ^npareras, et, reprenant le chemin de la Gaule , tu le porteras en Aquitaine dans un lieu que je t'indiquerai. »
9 Le moine exécuta, sans rencontrer d'obstacles, l'ordre qu'il avait reçu , et, renfermant dans un reliquaire le trésor qui lui était confié, r^agna promptement le rivage de la mer, où il trouva une barque que les anges avaient préparée pour le recevoir. Il s'embarqua avec six autres religieux qui l'avaient accom^gné dans son pèlerinage , et cingla vers la hauie mer en louant le Seigneur.
» Pendant que la barque voguait au milieu des ondes , Félix leva les yeux et les mains au cid : « Mon Dieu , s'écria-t^il , vous qui avez marché à pied sec sur les flots, qui avez tendu uneHiain secourable à saint Pierre en danger de se noyier, et préservé trois fois saint Paul du naufrage , protégez-nous contre cette mer en
furour, et conduisez-nous promptement au terme de notre voyage, pour y déposer le précieux tréâor que nous portons. »
» Il avait à peine achevé sa prière, que du sein d'un nuage lumineux descendit une colombe blanche comme la neige qui vint se percher sur la poupe du navire , et s'y tint immobile jusqu'à ce qu'étant entrés dans l'Océan , les pieux navigateurs eussent atteint le rivage d'Aquitaine. Aussitôt qu'ils aperçurent la terre , ils dirigèrent leur barque vers le port d'Angoulins, sur la côte de l'Aunis. Après être débarqués sur le rivage , ils se reposèrent un peu, puis se mirent en marche, ignorant encore où le ciel les conduirait.
D C'était le temps où , âiyant leurs climats sauvages, et poussés par la soif du butin , les pirates Scandinaves commençaient à venir sur les côtes de l'Occident chercher de l'or et du soleil. Lorsque les 8^ religieux débarquèrent sur le rivage d'An^ulins, une sanglante bataille venait d'avoir lieu entre les pirates du Nord et le roi d'Aquitaine. Tel avadt été le succès des armes de P^^pin , que pas un pirate n'était échappé au carnage, et que le monarque n'avait perdu que vingt de ses gens. Après cette victoire signalée , Peppin , ayant rassemblé ses guerriers et feit asseoir son camp non loin du champ de bataille , s'était endormi prof^mdément sous sa tente.
» Au plus fort de son sommeil , une voix se fit entendre à son oreille:— « Paresdeux, lui cria-t-elle, pourquoi dors^u? Apprends que le dief du grand saint Jean-Baptiste, apporté du fond de rOrient , vient d'arriver en ces lieux , et que c'est par son mérite que Dieu t'a donné la viictoire sur tes ^nemis. -^ Seigneur, que filut-il faire , demanda le roi endormi , et où trouverai-je ce grand saint? » I^ voix reprit : — « Derrière ton camp s'avancent sept rdigieux en habits de pèlerins : marche à leur rencontre en grande humilité, reçois de leurs mains la sainte relique, et tu connaîtras bientôt la puissance de Dieu. »
» Cependant les moines étaient arrivés à deux milles du rivage
àOO NOTES.
de la nier, lorsqu'ils virent la terre jonchée de cadavres. Félix fut d'abord saisi de frayeur; mais, se remettant bientôt, il encouragea des compagnons^ et poursuivit sa route par des sentiers détournés. Sur le soir, ûs bâtirent une cabane de feuillages, et y passèrent la nuit.
» Le lendemain au matin , lorsque le roi d'Aquitaine fut réveillé , il se rappela les paroles qu'il avait entendues pendant son sommeil , et consulta un vieillard sur ce qu'il convenait de faire. Il fut décidé que le prince déposerait ses ornements royaux , revêtirait un cilice, et irait, suivi de ses officiers , comme lui pieds nus et couverts de cendre, au-devant des serviteurs de Dieu.
» Lorsque Félix vit arriver le roi dans cet humble appareil , il marcha à sa rencontre, le salua , lui donna le baiser de paix et lui fit connaître l'objet de sa mission. Alors tous deux se mirent dévotement en prière , et le moine , élevant sur ses bras la glorieuse relique , entonna un hymne auquel les autres religieux répondirent en chœur. Au«bruit de ce pieux concert, toute l'armée accourut au nombre de trente mille hommes. Les soldats, portant sur des litières les cadavres de leurs vingt compagnons d'armes tués dans le combat de la veille , se mirent à prier Dieu de rendre la vie à ces corps inanimés par l'intercession de son saint Précurseur. En même temps ils les approchèrent , l'un après l'autre , de la châsse où était renfermé le chef du martyr. O prodige! à peine les cadavres eurent-ils effleuré le précieux reliquaire , qu'ils se dressèrent soudain , comme s'ils se fussent éveillés d'un profond sommeil.
» A la vue d'un miracle aussi éclatant, toute l'armée jeta un en de joie et d'admiration. Les moines, portant la sainte relique , se mirent en marche , suivis du roi et de tous ses guerriers. Ils arrivèrent ainsi à un lieu nommé Voutron, d'où ils gagnèrent bientôt , à travers les marais de Mathevaulx , le château d'Angéry. Le sacré chef fut déposé dans la chapelle du château , dédiée à la Vierge. Bientôt après s'éleva au bord do la Bdtitonnc une église
NOTES. 30 i
OÙ la relique du bienheureux fut enfermée , avec des parfums , dans un ciboire décoré de six colonnes en marbre et scellé avec de la poix. Auprès de cette basilique fut institué un nombreux couvent de religieux , pour desservir à perpétuité Tautel du Précurseur de Dieu. »
•»• Mouy.
Nous avons déjà parlé à diverses reprises de Louis de Vaudray, seigneur de Mouy.
Après la bataille de Moncontour, où il commandait l'arrièregarde , Mouy fut laissé à Niort par l'amiral, et chargé de défendre cette ville contre les attaques des catholiques. Assiégé bientôt par l'armée victorieuse du duc d'Anjou , après une héroïque résistance , Mouy voulut faire une sortie pour reconnaître la position des ennemis y et fut alors ( comme nous l'avons déjà dit) assassiné par Maurevel , qui le blessa à mort d'un coup de pistolet dans les reins.
Mouy se fit transporter à Saintes , annonça à l'amiral et aux princes la prochaine reddition de Niort , et se retira à la Rochelle , où il mourut peu de jours après.
«« Les Princes.
L'auteur veut parler ici de Henri , roi de Navarre , qui fut plus tard Henri IV , et de Henri de Bourbon , prince de Condé , chefs , avec l'amiral Coligny, du parti protestant.
•w Piles.
Armand de Glermont, Sgr de Piles, gentilhomme du Périgord. Nous avons déjà dit quelques mots de lui (notre 218) à propos de la présence de son régiment à Moncontour ; mais , comme nous l'avons observé , il ne s'y trouvait pas , car, blessé au siège de Poitiers d'une arquebusade à la cuisse (p. 112), il s'était retiré à Saint-Jean-d'Angély pour s'y faire traiter, et en fut nommé gou- • vemeur par l'amiral , qui se retirait à la Rochelle après la défaite de Moncontour.
■*• Les Essarts.