PONT-AUDEMER, LIEU D’ORIGINE DES BISSOT DE VÎNCENNES
La ville de Pont-Audemer est aujourd’hui le cheflieu d’arrondissement du département de l’Eure, en France. Sa population est d’un peu plus de 6,000 âmes.
La ville actuelle de Pont-Audemer s’élève sur l’emplacement d’un ancien poste militaire situé sur la voie romaine de Lillebonne à Lisieux (Pons Audomari ou Breviodurum).
Après la conquête normande, Pont-Audemer constitua la dotation d’une importante famille normande. L’un des seigneurs de la ville, Onfroi, fit construire les murs et le château.
En 1122, la ville fut incendiée par Henri 1er d’Angleterre, et le château subit un siège de sept semaines.
En 1203, la seigneurie de Pont-Audemer fut confisquée par Richard Cœur de Lion, puis rattachée au duché de Normandie par Jean sans Terre.
L’année suivante, Pont-Audemer se soumit à Philippe-Auguste qui lui confirma ses libertés communales et les étendit.
Aux treizième et quatorzième siècles, plusieurs conciles provinciaux furent tenus à Pont-Audemer, notamment en 1244, 1257, 1259, 1260, 1265, 1267, 1269, 1279, 1286, 1291, 1305, 1321.
Au quatorzième siècle, pareillement, plusieurs Etats de Normandie tinrent leurs séances à Pont-Audemer.
Le 22 février 1353, Jean le Bon abandonna, entre autres domaines, la vicomté de Pont-Audemer au roi de Navarre, Charles le Mauvais. Cette ville fut alors, à maintes reprises, disputée entre les troupes navarraises et les armées royales. En 1378, du Guesclin et
l’amiral Jean de Vienne s’en emparèrent et rasèrent les murs et le château. Charles III le Noble, fils de Charles le Mauvais, renonça à ses droits sur Pont- Audemer moyennant finances.
En 1418, Pont-Audemer tomba au pouvoir des Anglais. L’année suivante, Dunois le réoccupa au nom du roi de France.
Pendant les guerres de religion, Pont-Audemer fut prise et reprise plusieurs fois par les protestants et les catholiques.
Pont-Audemer fut au moyen-âge un port important: il fournit, dit-on, 60 navires à l’expédition de Guillaume le Conquérant.
Pont-Audemer n’est plus qu’un petit port fluvial fréquenté annuellement par environ 500 navires de différents tonnages.
Dès le onzième siècle, les habitants de Pont-Audemer se livraient avec succès à la fabrication des étoffes et à la préparation des cuirs. L’industrie de la papeterie y était déjà florissante au quinzième siècle. Ces trois industries se sont perpétuées à Pont-Audemer jusqu’à nos jours. François Bissot de la Rivière qui introduisit avec tant de succès les tanneries dans la Nouvelle-France avait donc été à bonne école.
Pont-Audemer possède encore quelques beaux monuments. Citons I eglise Saint-Ouen, dont le chœur remonte au onzième siècle ; l’église Notre-Dame du Pré, où fut baptisé François Bissot de la Rivière, dont il reste une nef qu on fait remonter au douzième siècle ; I eglise Saint-Germain la Campagne, qui a aussi une nef du onzième siècle. (1)
(1) Ces renseignements sur Pont-Audemer sont empruntés à, V Histoire de la ville de Pont-Audemer, au Dictionnaire Historique du Département de l’Eure, et à la Grande Encyclopédie.