‹ Le sieur de VincennesChapitre 7 sur 71 · FILS DE FRANÇOIS BISSOT DE LA RIVIERE · texte numérisé non relu

FILS DE FRANÇOIS BISSOT DE LA RIVIERE

Né à Québec le 5 février 1664, du mariage de François Bissot de la Rivière et de Marie Couillard.

Le 3 novembre 1672, M. Talon, intendant, accordait à François Bissot de la Rivière, pour ses fils Jean-Baptiste Bissot de Vincennes et Charles-François Bissot (2), un fief de soixante-dix arpents de terre de front sur une lieue de profondeur à prendre sur le fleuve Saint-Laurent, depuis les terres appartenant au sieur de la Citière jusques aux terres non concédées. C’est le fief ou seigneurie de Vincennes. (3)

Le 16 mai 1689, Charles-François Bissot, héritier pour un huitième en la succession de son père, vendait à Etienne Charest, son beau-frère, tout ce qui lui appartenait et revenait dans la terre, bâtiments, moulins et tannerie de la Pointe Lévy. Cette vente était faite pour le prix de mille livres. (4)

Le 5 mars 1694, Charles-François Bissot, héritier pour un huitième en la terre dépendant de la succession de son père, située sur la rivière des Etchemins, vendait à Pierre Benac, son beau-frère, la part et portion afférant et qui lui revenait dans la dite terre

(1) Connu sous le nom de Charles Bissot.

(2) Le nom de celui-ci n’est pas mentionné dans l’acte de concession. On a laissé l’espace en blanc. Mais nous le trouvons dans des actes subséquents.

(3) Pièces et Documents relatifs à la tenure seigneuriale , p .297.

(4) Aote de Genaple, notaire à Québec, 16 mai 1689.

de la rivière des Etchemins. Cette vente était faite pour le prix de quarante livres. M. Benac devait cependant payer les droits seigneuriaux dont la dite portion pouvait être chargée. (1)

Le 23 avril 1694, Charles-François Bissot, Jean- Baptiste Montmelian et Jean-Pascal Prévost, voyageurs, s’engageaient à MM. Rouer de Villeray, comme ayant charge pour MM. les intéressés en l’ancienne compagnie de M. Jean Oudiette, et Pierre Benac, au nom et comme ayant pouvoir pour Charles Catignon, de monter incessamment et faire le voyage au pays des Outawais, à Michillimakinac, afin de transporter à Québec “la moitié de cent trois à cent cinq paquets de peaux de castor en cas qu’il s’en trouve jusque à cette quantité en la maison, grenier, magasins, appartenants aux Pères Jésuites au dit lieu de Michillimakinac, ci-devant reçues du sieur Nicolas Perrot par le sieur Amyot au nom et comme ayant charge du sieur Pattu ci-devant fondé de pouvoir de l’ancienne Compagnie d’Oudiette.” Les trois voyageurs devaient faire tous les frais du voyage, aller et retour, se fournir de canots et provisions, etc., etc. De leur côté MM. de Villeray et Benac s’engageaient à leur payer la somme de quinze cents livres dont douze cents devaient leur être données immédiatement pour leur permettre d’acheter les canots et provisions nécessaires au voyage. (2)

Le 21 mars 1695, Louis Marchand, seigneur en partie des seigneuries de Vincennes et Mingan, accordait a Charles-François Bissot, aussi seigneur en partie de la seigneurie de Vincennes, demeurant en la cote de Lauzon, la permission d’aller faire traite,

(1) Acte de Genaple, notaire à Québec, 21 mars 1695.

(2) Acte de Chambalon, notaire à Québec, 23 avril 1694.

trafic et négoces sur la terre et seigneurie de Mingan et lieux en dépendants même les pêches de la morue et autres poissons, pour l’espace de trois années consécutives, à commencer au printemps de 1695, et même pour tout le temps que le d. sieur Marchand serait absent de Québec pour le pays des Outaouais où il devait monter le printemps suivant, en cas qu’il y demeura plus longtemps que les dites trois années. En retour, M. Bissot devait lui payer, pour chaque année, une somme de cinquante livres. (1)

Le 9 novembre 1695, Charles-François Bissot, François-Joseph Bissot, Louis JoIIiet et Charles JoIIiet s’associaient pour l'espace de cinq ans afin d’aller à Mingan faire le négoce sur les terres de feu François Bissot de la Rivière, depuis I’île aux Oeufs jusqu’à la baie des Espagnols. (2)

Le 25 avril 1697, Charles-François Bissot et les autres héritiers de François Bissot de la Rivière louaient et affermaient la seigneurie de Mingan à Louis JoIIiet pour cinq années. (3)

Après la mort de Louis JoIIiet arrivée en 1700, Charles-François Bissot et François-Joseph Bissot s’associèrent avec les fils du découvreur pour continuer l’entreprise de Mingan. (4)

En 1703, François Hazeur avançait une somme de 4000 livres aux associés du commerce de Mingan

(1) Acte de Chambalon, notaire à Québec, 21 mars 1695.

(2) Acte de Guillaume Roger, notaire à Québec, 9 novembre 1695.

(3) Acte de Chambalon, notaire à Québec, 25 avril 1697 .

(4) J.-Edmond Roy, Histoire de la Seigneurie de Lauzon, vol. ler,p. 456.

pour charger la barque Le Saint-Rosaire des marchandises nécessaires à leur négoce. (1)

Le 9 mai 1705, Charles-François Bissot et Joseph Guion de Rouvray s’associaient pour un espace de dix-huit mois afin de faire valoir à profit commun et par moitié de perte ou profit le fief et seigneurie de Port à Choix, en Pile de Terre-Neuve, appartenant à M. Hazeur, conseiller au Conseil Souverain. Les associés devaient faire au Port à Choix trafic, traite avec les sauvages, commerce de pêche.

Comme il était convenu que Joseph Guion de Rouvray devait hiverner au Port à Choix avec un homme que M. Bissot devait lui fournir à sa place pendant qu’il reviendrait avec leur barque à Québec, à l’automne de 1705, pour y retourner au printemps de 1706 et que “la précipitation et le peu de temps” n’avaient pas permis à M. Bissot de trouver l’homme en question, il fut entendu que Guion de Rouvray hivernerait seul au Port à Choix, avec quatre engagés et un jeune garçon. Comme compensation, M. Guion de Rouvray devait être payé sur la masse avant partage d’une somme qui serait arbitrée par deux de leurs amis. (2)

Le même jour, Charles-François Bissot et Joseph Guion de Rouvray reconnaissaient devoir à François Bissot et François et Jean JoIIiet la somme de trois cents livres pour “le fret des marchandises, victuailles et ustensiles” qu’ils avaient chargés sur la barque Le Saint-Rosaire à eux appartenant en destination du Port à Choix. II était entendu que Le Saint-Rosaire devait toucher à Mingan, en

(1) J.-Edmond Roy, Histoire de la Seigneurie de Lauton vol. 1er, p. 457.

(2) Acte de Chambalon, notaire à Québec, 9 mai 1705.

se rendant au Port à Choix. Charles-François Bissot devait cependant prendre soixante livres sur ces trois cents livres “pour en quelque manière se récompenser des peines et soins qu’il se donnerait à la conduite de la dite barque.” (1)

C’est là la dernière mention connue de Charles- François Bissot. Comme on vient de le voir, il devait retourner au Port à Choix au printemps de 1706. Serait-il mort au cours de ce voyage? Ce qui nous porte à le croire, c’est que le 30 mars 1708, son frère François-Joseph Bissot et Joseph Guion de Rouvrav forment une société pour aller exploiter un nouvel établissement à I’île de Terre-Neuve. On ne voit pas son nom figurer dans cette société. Et pourtant, depuis 1695, les deux frères avaient toujours été associés dans toutes leurs entreprises.

(1) Acte de Chambalon, notaire à Québec, 9 mai 1705.

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