COUPE
ROUOB-BRUN
Très-fine.
Alumine
Chaux
Eau
Oxyde de fer
Matière organique azotée
Perte
La quantité d'oxyde de fer paraît bien forte. En tout cas, on voit par ces analyses que la différence de couleur ne provient pas d'une composition différente de la pâte. Une partie de ces poteries montre des traces évidentes dé l'emploi du tour à potier, d'autres ont certainement été faites à la main, sans le tour.
La plupart des anses d'ossuaires sont semi-elliptiques. 11 en est de sinueuses et quelques-unes de rectilignes. La moitié à peu près est ornée et l'autre moitié toute simple.
L'ornement le plus fréquent des ossuaires est le méandre ou grec, aussi ouvré que possible. Cette ornementation a été gravée en creux quand la pâte était encore molle, au moyen d'un instrument avec trois, quatre et même cinq pointes équi-distantes, qui traçaient d'un seul coup autant de lignes parallèles, ce qui se reconnaît par la superposition des lignes là où il y a des angles.
Cet instrument servait aussi à graver divers autres ornements , combinaisons de lignes, entre autres de petites pyramides très-fréquentes sur les poteries de Villanova.
Après le méandre, l'ornement le plus habituel des ossuaires est le rond formé généralement de trois cercles concentriques, cercles dont le nombre pourtant varie de un à sept. Ces ronds sont disposés en lignes ou placés sur la pointe de pyramides formées par la réunion et intersection de lignes droites continues ou bien simplement tracées au pointillé. «
D'autres ronds très-fréquents aussi portent au milieu une Croix, figure 33.
KIk. i'KI. l'riiKtuont ti'un ossuaire <ic Villanova. Collection Gozzadini.
Pronque aussi fréquemment que les ronds se renrumlrniil. (In pnl.il» serpents en forme de S, qui abondent, non •Muiilnmuiit sur les poteries, mais encore sur quelques HiilriM objets un métal.
Ijiim oiuN ou canards diversement, bien que toujours
très-grossièrement figurés, se rencontrent aussi comme ornementation.
Ainsi que certains petits bonshommes à tête écrasée et très-large, au corps étroit, aux membres raides, sans indication des extrémités, enfin tels que les dessinent les enfants.
Tous ces divers ornements se reproduisent identiquement sur le même vase, à un grand nombre de reprises. On voit que c'est une gravure en creux faite, sur la pâte molle, par l'application d'un moule ou espèce de molette portant le sujet en relief.
En général, l'ornementation est uniforme tout le tour du vase ; cependant parfois il y a au pourtour divers compartiments ornés différemment.
Dans les ossuaires, les ornements ne dépassent inférieurement que de peu la carène, qui est à peu près le niveau auquel s'élèvent les os à l'intérieur.
Les tasses qui recouvrent les ossuaires ont 19 à 28 centimètres de largeur à l'ouverture et 7 à 12 de hauteur. Elles varient naturellement de dimensions suivant qu'elles sont adaptées à des ossuaires plus ou moins grands. Les unes sont très-légères, en argile noire et fine, les autres grossières, en argile rouge. L'unique ornement que l'on voit sur quelques-unes consiste en Une zone de petites pyramides voisine du bord extérieur. Ces pyramides ont été gravées au moyen d'une houlette imprimant sur la pâte molle du vase une espèce c3e pointillé. La seule exception est une ou deux tasses «Drnées d'un méandre. Le peu de tasses privées d'anse ^ont aussi sans ornements.
Seulement dans trois ossuaires et dans une tasse couvercle, M. Gozzadini a remarqué de grosses lignes mal conservées de matière blanche, simplement superposée, non soudée par la cuisson.
Les disques servant parfois de couvercle sont trèsornés sur la partie convexe. Ils ont 28 centimètres de diamètre et varient du rouge brun au rouge pâle. Lorsque ces disques recouvraient un ossuaire, la tasse, couvercle habituel, se trouvait placée à côté de cet ossuaire.
Les vases accessoires étaient tellement brisés, tellement en mauvais état que, malgré leur grand nombre, M. Gozzadini n'a. pu en restaurer qu'un peu plus d'un cent, de formes très- variées.
Les vases à deux anses sont très-rares.
Fig. 34. — Vase accessoire d'une tombe de Villanova. Collection Gozzadini.
Une forme très-singulière est celle de certains vases cylindriques, divisés au milieu par un diaphragme, ce
qui forme comme deux coupes juxtaposées l'une sur l'autre, mais en sens inverse. Ces vases étaient trèsrares. M. Gozzadini en a figuré deux provenant d'une accumulation très-considérable de poteries riches en ornementations variées et profondes, accumulation rencontrée dans une des tombes isolées. L'un de ces vases offre au centre, dans la place d'honneur, une double ligne de petites Croix très-nettement gravées, figure 34. La profondeur de ces Croix, ainsi que celle des autres ornements du vase, est de deux millimètres. Les parois internes de tous ces ornements sont très-lisses, les angles très-nets, bien aigus ; on voit que le tout a été tracé avec un instrument spécial, espèce de moule en métal. La pâte est fine, rouge-brun, très-cuite.
Toutes les poteries accessoires, si on en excepte cjuelques-unes noires ou rouges, sont d'une pâte préparée avec plus de soin et plus fine que celle des ossuaires, et les parois de beaucoup d'entre elles sont "très-minces, ce qui les rend très-légères. 11 en est dans le nombre qui ont des formes fort élégantes, et qu'on attribuerait au plus beau temps de la céramique, si on les trouvait seules.
Le genre d'ornementation de ces poteries accessoires est le même que celui employé pour les ossuaires, *ttais plus riche et en général plus soigné. Les sujets sont identiques.
En fait de sculpture, un seul vase offre dans la confection de l'anse une espèce d'intention de représentation animale. Mais c'est extrêmement grossier.
Les couvercles, si rares dans les terramares de
l'époque du bronze, sont ici fort abondants et affectent des formes très- variées.
11 y a le couvercle en forme de clochette très-évasée et surbaissée, exclusivement couvercle, avec une anse au milieu; assez fréquent. Parfois deux ou trois ont été trouvés superposés dans la même tombe.
J'ai vu, dans la collection de M. le comte Gozzadini, un couvercle percé de quatre trous pour passer des cordes. C'est une forme se rapprochant de celle des encensoirs dont le couvercle joue dans des chaînettes.
Le couvercle avec un rebord intérieur comme nos couvercles actuels se montre aussi; mais comme poignée, il est surmonté au centre d'une espèce de pied remplaçant le bouton. 11 peut ainsi servir au besoin de vase ou soucoupe.
Les couvercles-tasses sont abondants. Ces couvercles passent par des nuances presque insensibles aux tasses à pied, très-fréquentes. Ces tasses elles-mêmes, s'élargissant peu à peu, se transforment en soucoupes à pied, qui sont fort communes. Il y en a en terre noire et en terre rouge. Elles atteignent jusqu'à 30 centimètres de diamètre.
Une de ces tasses-couvercles ou tasse à pied, avec deux rangs de serpents au pourtour du bord supérieur, et un rang de petites pyramides autour de la base, contient dans l'intérieur une Croix, nettement dessinée au moyen de plusieurs lignes presque parallèles d'un pointillé fait à la roulette.
Des vases à une seule anse, forme de petits pots, à fond rond, ayant pour base un simple petit cabochon,
milieu de la paroi inférieure légèrement repoussé en dedans, sont très-fréquents.
Plus communs encore et se trouvant parfois trois ou quatre dans la même tombe sont d'autres petits vases sans anse, mais également à fond rond, repoussé en cabochon.
Ce mode de base étroite, simple repoussé au milieu d'un fond rond, existait déjà, en Italie, à la fin de l'époque de la pierre, comme le montrent les stations lacustres du lac de Varèse. 11 a traversé toutes les marières de l'époque du bronze et s'est prolongé jusque dans l'époque du fer.
Une dernière forme assez commune était celle de nos vases à fleurs actuels, avec le bord plus ou moins rétréci.
Un de ces vases porte une espèce de chiffre gravé sur le ventre. Les poteries de Villanova, les ossuaires exceptés, ont montré dix-huit chiffres différents gravés souvent sous le fond des vases*, ainsi que sous le fond interne <Tun disque, sur le rebord de tasses plates, sur le \entre de quelques pièces et même sur le ventre et sous le pied d'une même poterie. Ces gravures, fréquemment très-légères, paraissent alors avoir été tracées avec une pointe de métal, quand le vase était cuit; mais d'autres fois plus profondes, plus larges, elles ont été faites quand J'argile se trouvait encore molle, puisqu'il s'est formé ^Ur le bord des lignes des bavures qui, consolidées par *a cuisson, se sont maintenues.
M. Gozzadini a aussi reconnu de ces chiffres sur deux glands en terre ou fusaïoles et sur une fibule en bronze.
Tous les vases accessoires étaient vides, sauf quelques très-rares exceptions. Dans une même tombe, deux soucoupes et une tasse contenaient des cendres. Dans une autre tombe trois petits vases réunis renfermaient quelques objets en argile et trois fibules. M. Gozzadini cite encore une soucoupe et un autre vase contenant des os d'animaux qui n'avaient pas été exposés au feu. Le professeur d'anatomie comparée Alessandrini a reconnu qu'ils appartenaient h la brebis, au bœuf et au cochon ou sanglier. Enfin une espèce de coupe supportait une coquille d'œuf de poule; une autre coquille d'œuf de poule se trouvait dans la même tombe toul près de l'ossuaire.
Quelques noisettes ont aussi été rencontrées, mais dans les cendres, et plus souvent encore dans les ossuaires, non dans les vases accessoires.
Les divers autres objets renfermés dans les tombes étaient principalement en bronze. Bien que quelquesuns aient été souvent rencontrés Spars parmi les cendres et les os, ils se trouvaient pour la plupart réunis, poui ainsi dire amoncelés, avec un soin manifeste. Ainsi, pai exemple, M. Gozzadini a recueilli les trois morceau? d'un objet en bronze brisé, placés exactement au-dessus les uns des autres. Ces amas étaient plus fréquemment placés auprès de l'ossuaire que dedans. Les seules fibules et quelques épingles à cheveux étaient placées dans l'osâuaire, sur les côtés et plus habituellement à l'ouverture.
Parmi les pièces les plus grandes et les plus lourdes en bronze, il faut citer dix plaques ayant à peu près la
forme d'une section de cloche. Elles ont une épaisseur assez considérable et uniforme de 5 à 8 millimètres. Leur longueur habituelle est de 125 à 160 millimètres, et leur plus grande largeur de 107 à 130. Elles sont un peu arrondies à la base et garnies à la partie supérieure d'un petit appendice, avec un anneau. Elles sont ornées, sur les deux faces, d'empreintes de petits serpents auxquels sont parfois associées de petites pyramides disposées en lignes comme les serpents, ou groupées quatre à quatre avec la pointe tournée au centre et formantainsi des espèces de Croix de Malte. Ces ornements ont été gravés successivement au moyen d'une molettepoinçon, car ils sont parfaitement égaux et semblables entre eux, mais irrégulièrement alignés ou distribués, parfois même enchevêtrés ensemble. Sur les dix plaques, il n'y en avait que deux d'entières, les autres ont été brisées en deux ou trois morceaux avec grands efforts, comme peut le faire présumer la forte épaisseur du métal et comme on le reconnaît à la manière dont certains fragments sont tordus. Cette rupture de l'objet a eu lieu à l'époque de l'ensevelissement, car les pièces sont placées l'une sur l'autre avec grand soin. Quelquesuns de ces objets ont passé par le bûcher, ainsi qu'on peut le reconnaître à l'espèce d'émail qui les recouvre. Un de ces instruments a été trouvé isolé : il provenait d'une tombe anciennement détruite. Les neuf autres ont été recueillis en place, toujours accompagnés d'un cylindre de bronze, terminé par deux boules également en métal dont l'une est trouée, le trou correspondant au vide du corps du cylindre. 11 y a donc évidemment une
liaison intime entre les deux objets. Cette liaison est démontrée d'une manière encore plus complète par la découverte, dans une tombe, d'une plaque ayant trois rangs de trous rectangulaires, accompagnée d'un cylindre qui a aussi trois rangs de trous analogues. Ces cylindres à boules sont de petites masses qui servaient à frapper sur la plaque tenue suspendue par l'anneau, espèce de sonnette ou tympan qui devait être employé dans les funérailles. Pour lever tout doute h cet égard, l'oxydation empêchant les anciennes plaques d'être sonores, M. Oozzadini a fait exécuter en bronze sur le môme modèle une plaque et une petite masse. Il eiL obtient un son limpide, avec des vibrations plus prolongées que ne seraient celles d'une cloche d'égale grandeur. .
Outre la plaque h. trois rangs de trous, une autres avait au milieu une seule ouverture de forme conique,- 25 millimètres de base et 42 de côté. Ces ouvertures nés pouvaient pas empêcher la sonorité du métal, elles devaient seulement modifier le son. M. Gozzadini rappelle h ce sujet l'énorme et célèbre cloche de Mantoues dite des huit fenêtres, parce qu'elle était percée de huifl ouvertures assez grandes pour laisser passer une personne. Les cylindres, comme les plaques, étaient fréquemment brisés.
Une hache k ailerons, remarquable par le grandi développement de sa lame, et surtout par son peu d'épaisseur égale de toute part.
Une hache h ailerons en bronze, très-épaisse, belle forme carrée, h taillant obtus. Les ailerons contiennent encore des traces du manche en bois. Une seconde hache
était brisée en quatre pièces et curieusement tordue. Une troisième a été retirée d'un amas de décombres d'anciens édifices, sur un autre point de Villanova. Elle porte gravé en creux un de ces chiffres qui se voient sur les poteries.
Les tombes de Villanova ont aussi fourni une hache en fer de même forme, mais plus étroite et à ailerons d'un seul côté ; et une seconde du même métal à douille ou manchon, formé par deux longues lèvres du fer, repliées l'une sur l'autre.
Dix-huit petites pelles en fer, de médiocre épaisseur, à taillant obtus, toutes identiques de forme, seulement, quelques-unes un peu plus petites et avec la tige moins longue. Il y en a de cassées et de tordues au milieu de la partie large. Quelques fragments indiquent que ces objets étaient plus nombreux encore.
Parmi les petites pelles, il y en a deux incomplètes dont le manche ou tige est en bronze, avec une espèce de garde à rebords latéraux, destinée à maintenir le corps de la pelle en fer qui y est soudé. L'une d'elles a la partie en bronze très-simple, presque grossièrement exécutée. Il y en a sept autres de formes diverses entièrement en bronze. Deux de ces dernières ont la lame ornée, des deux côtés, de lignes de petits cercles gravés en creux.
Neuf pièces d'aes rude. Monnaie sans effigie, sans coin, toute brute. Elles ont toutes les neuf des poids divers, variant entre les deux extrêmes 64 grammes 18 et 12 grammes 52. D'après M. le professeur G. Sgarzi, la composition est :
Cuivre 93,70
Élain 6,30
Uaes rude des fameux bains de Vicarello 4 où s'est s* ^ trouvée une si belle et si longue série de monnnaies ^^ -s antiques, a pour composition d'après M. Sgarzi :
Cuivre 95,20
Zinc 4,80
Sur les neuf aes rude de Villanova, quatre, formant ^ mn presque un carré à côté de l'ossuaire, étaient dans une ^^ m:
tombe riche en objets de métal et en poteries. Ils se res- «^^
semblent beaucoup et ne montrent aucun indice de ^^ML
fracture. Trois autres ont été tirés d'un ossuaire égale ^^
ment très-riche. Ils se ressemblent plus entre eux qu'ils^s I 1 ne ressemblent aux précédents. On dirait des fragments.^ ~*~
d'une verge de métal brisée. Les deux derniers pro «=
viennent de deux diverses tombes.
Quelques clous en bronze à tête en large cabochon,^
dont un orné d'une belle Croix, très-nettement des
sinée, figure 35.
Trois chevilles en bronze à tête.
Deux formes, très-grossières de petits animaux en*rx * bronze, dont un paraît avoir l'intention de représenter'* -
1. A Vicarello existe une source minérale qui était, à ce qu'il ^ parait, fort en vogue dans l'antiquité. Là chaque baigneur, comme ^^ tribut payé aux dieux, jetait dans la source une pièce de monnaie. Cet usage s'est continué pendant des siècles. De sorte qu'au fond de la source on a trouvé un véritable trésor de numismatique dont les éléments étaient superposés, couches par couches, d'après les époques, les plus anciennes se trouvant au fond, et les plus nouvelles à la partie supérieure. On en a formé une magnifique série au musée Kir- ~ cher, Collège Romain.
un cheval. Ces petites figures ayant une grande ressemblance, dans les dimensions, dans les formes et dans l'exécution, avec certaines autres figurines à deux jambes apparentes, qui garnissent deux mors en bronze trouvés, en 18Û8, dans les collines suburbaines de Bologne, près Ronzano , M. Gozzadini croit que ce sont des débris de mors. D'autant plus que d'autres frag-
Fig. 35. — Glou en bronze de Villanova, grandeur naturelle. Collection Gozzadini.
ments de métal semblent se rapporter aussi au harnachement du cheval, dont on a trouvé une côte dans un ossuaire, comme il a été dit précédemment.
Certains cercles de bronze se rapprochent des roues en os et corne de cerf des mariôres. Sont-ce encore là des parties du harnachement des chevaux?
Un vase en bronze haut de 25 centimètres, mais presque entièrement détruit par l'oxydation. Trois poches à manche en forme de S, également en bronze. Les poches étaient assez maltraitées, mais les manches mieux conservés. Leur forme les faisait servir non-seulement à prendre la poche, mais encore à la consolider et l'empêcher de verser quand elle était posée. Ces manches étaient aussi, tant au point d'attache qu'au côté opposé, disposés en Croix.
Vingt-six bracelets, dont vingt-deux en bronze, so massifs, soit creux à l'intérieur, ces derniers beaucoia moins nombreux que les autres; trois en fer, et u en bronze et os. L'os est en fragments alternativemer lisses et ornés de deux rangs de petits cercles avec u point au milieu, ornementation très-commune dans le marières. Les dimensions diverses des bracelets prou vent qu'il y en a d'homme, de femme et d'enfant. Que ques-uns sont brisés. Un de ceux de bronze, forai d'une verge de métal pleine, a été déformé à grand coups d'un instrument pesant. En général, les bracelet en bronze massif sont composés d'une tige de métal rec tangulaire, rhomboïdale ou cylindrique, à extrémités or nées. Ces bracelets ne sont jamais- accouplés.
Quelques anneaux qui ont pu servir de bagues € d'autres trop grands pour cet usage, et pourtant tro; petits pour servir de bracelets. Ces anneaux étaient for mes de petites tiges de bronze enroulées, une fois, troi fois, et môme plus encore. Un seul ossuaire en conte nait quatre.
Douze instruments en bronze de forme semi-lunaire avec un tout petit manche à anneau. Ce sont très-pro bablement des rasoirs. En effet, la forme est très-appro priée à ce genre d'usage, pouvant, suivant le besoin e la partie de la figure à raser, être tenu par le manche ou empoigné par le dos. La lame est très-mince et foi lisse. N'ont jamais été trouvés deux dans la mêm tombe ; étaient quelquefois parmi les cendres, près d l'ossuaire, parfois associés à des couteaux.
Anneau en bronze avec un petit appendice, conte
na,nt 9 enfilés dans son intérieur, cinq autres anneaux un peu plus petits. Quarante-six de ces groupes parfaitement semblables étaient réunis, avec cinq cent cinquante-sept autres petits anneaux égaux, mais isolés, et parfois rompus, qui, si, comme il est probable, ils ont ^té réunis par groupes, donneraient un total de cent trente-cinq groupes. II y avait aussi vingt anneaux plus grands, de 1 centimètre de diamètre. Le tout formait une couche dans un ossuaire et reposait sur de la terr^ fine, à une certaine distance au-dessus des débris d os Ces anneaux devaient donc, avant que la terre ait f>énétré dans l'ossuaire, être séparés des os par Uîl c:orps qui s'est consommé, sans laisser de traces. M- <3ozzadini suppose que c'était une étoffe dont ces S r °*^*j)es d'anneaux formaient l'ornementation.
XDans d'autres tombes se trouvaient quelques-uns e ^cs groupes d'anneaux, nîais en petit nombre.
iLa même tombe qui contenait tant de groupes d'aft- ^a*^^ jf ra it aussi une autre particularité. Autour de
° Sç ^ ~uaire étaient disposés de petits boutons très-minces,
en " m
*^ronze, ayant à la partie inférieure, au centre, un
^ — petit anneau ou chas comme nos boutons actuels
en ■ -
^^nétal. On en a recueilli cent quatre-vingt-dix-neuf,
1 *• y en avait d'autres détruits par l'oxydation. C'était V^ablement une parure ornant une draperie déposée I ossuaire.
' Quatre petites pinces à épiler, en bronze, semblables
"forme, mais variant de taille ont 40 et 94 ministres de longueur.
Vingt-quatre petits fragments d'os de grandeurs un
peu diverses, mais se rapportant par moitié à deux formes principales. Tous sont ornés d'un côté de cercles concentriques et de lignes. L'autre côté plat laisse voir le tissu spongieux. Étaient tous dans une seule tombe, partie dans l'ossuaire et partie épars dans les cendres, pourtant n'ont pas passé par le bûcher, n'étant nullement altérés par le feu et conservant même de la gélatine, comme l'a reconnu M. le professeur Bianconi.
Dans une autre tombe s'est trouvé un cylindre d'os, troué longitudinalement, long de 5 centimètres, orné de méandres. 11 était rompu en deux.
Dix-sept lames de couteaux en bronze ou plutôt en cuivre, puisque M. le professeur Sgarzi a reconnu que le métal était composé de :
Cuivre 96,07
Étain 3,93
Tous ces couteaux de forme semblable varient de grandeur entre 10 et 14 centimètres, un seul est plus grand, il atteint 20 centimètres. La lame, même quand elle n'est pas altérée par l'oxydation, est trèsmince jusque vers le dos, qui est épais. Ils ont tous à la base deux, trois ou quatre chevilles de métal, longues au plus de 1 centimètre, espèces de rivets, destinés à retenir le manche, qui devait être aplati. Un autre couteau, long de 9 centimètres, était moins large à la base et avait les deux bords droits convergents l'un vers l'autre et se réunissant au sommet en pointe très-aiguë. Quelques-uns de ces couteaux étaient brisés et tordus. Dix couteaux en fer, fort endommagés par la
rouille, de dimension beaucoup plus grande que ceux en bronze. Environ plus larges d'un tiers et plus longs du double; soit, largeur 42 millimètres, longueur 272; également plus forts.
Cinq ustensiles en bronze, de la forme d'un fuseau, mais terminés au sommet par une espèce de chapeau chinois, parfois portant de petits anneaux, ce qui ne permet pas d'admettre qu'ils eussent servi à filer. Presque tous brisés.
Vingt petites boules massives en bronze, avec un appendice à anneau, trouvées dans cinq tombes. Il y en avait huit dans une seule tombe, qui pouvait être de femme. La forme est habituellement sphérique, pourtant trois provenant de deux tombes sont ovales allongées. Elles étaient associées à d'autres ayant la forme habituelle, sphérique. Une tombe contenait quatre de ces boules, vides à l'intérieur, plus grosses, sans être pour cela plus pesantes. Le nombre total s'élevait donc à vingt-quatre. C'était très-probablement des glands ou poids pour faire draper les vêtements.
Parmi les objets trouvés en plus grand nombre dans les sépultures de Villafranca, les glands en terre ou fusaïoles, semblables à ceux que nous avons cités des terramares, tiennent le second rang. Il en a été extrait cent soixante-neuf très-variés de forme, de grandeur et d'ornementation. Les coniques sont les plus communs. Les ornementations sont les mêmes que celles trouvées sur les poteries. M. Gozzadini en figure un qui présente sur la base du cône une espèce de Croix de Malte trèsnettement gravée. Sauf une seule tombe qui contenait
douze de ces glands dans un vase accessoire, trois dans un autre, et un dans un troisième, les tombes qui en renfermaient le plus n'en avaient que sept, et presque toujours il n'y en avait que quatre, trois ou deux. Ils étaient indifféremment ensemble soit dans l'ossuaire, soit parmi les cendres. Deux portaient gravé un chiffre dans le genre de ceux des poteries. M. Gozzadini admet que ce sont des glands ou poids pour faire draper les .vêtements. Il se fonde surtout sur ce que le trou est toujours plus large vers la base du cône, comme pour loger et retenir le nœud d'un cordon. Cavedoni *, d'après l'observation faite par E.-Q. Visconti et Vermiglioli, que les statues sépulcrales étrusques portent au cou, retombant sur la poitrine, un collier, composé de Hoquets de laine, ayant un gland au centre, a prétendu que les fusaïoles ou glands en terre étaient les débris de colliers, faits en matière commune, spécialement pour les sépultures. M. Gozzadini réfute victorieusement cette assertion par le nombre qui se trouve dans chaque tombe, sept au plus, sauf une exception, et habituellement quatre, trois ou deux. Ce serait là de bien maigres colliers !
L'étude des terramares vient aussi contredire l'explication proposée par Cavedoni. En effet, les fusaïoles ou glands en terre y abondent : comment comprendre leur présence en si grand nombre dans des rejets d'habitations, si ce n'était pas un objet usuel, et surtout si
1 . Cavedoni : Di un J antica spada romana dans Bullett. di corr. arch. 4844, p. 78.
cet objet était spécialement destiné aux inhumations?
Quant à avoir servi de pesons de fuseau , cela est très-possible, au moins pour une partie de ces glands ou fusaïoles, mais ce n'était certainement pas là leur destination principale. Ces glands sont trop nombreux, surtout dans les tombeaux, oii ils se trouvent habituellement en nombre, pour qu'on puisse admettre que tous aient servi de pesons de fuseau. Une raison plus concluante encore, c'est que beaucoup ne présentent pas la qualité essentielle des pesons, d'être percés bien régulièrement au centre. Un peson de fuseau doit être parfaitement équilibré : parmi les glands en terre dits fusaïoles, on en trouve qui ne le sont pas.
Je suis donc tout disposé à adopter l'opinion de M. le comte Gozzadini, et même à aller plus loin, à voir dans une partie de ces glands de véritables boutons.
Fig. 36. — Cylindre eu terre de Villanova, grandeur naturelle. Collections Gozzadini et Mortillet.
A côté des glands se placent tout naturellement soixante-quatorze cylindres à double tête, figure 36, en terre noire, très-fine, travaillés avec beaucoup de soin,
toujours groupés en nombre pair, depuis deux jusqu'à vingt dans la même tombe, placés soit dans l'ossuaire, soit dans les cendres. Sur les soixante-quatorze cylindres trouvés à Villanova par M. Gozzadini, sept seulement ont les extrémités ou dessus des têtes ornés, et tous ces ornements forment des Croix diversement
Fig. 37. — Tôte du cylindre figure 36, Fig. 38. — Tète d'un cylindre de VillanovaE grandeur naturelle. • grandeur naturelle.
Collections Gozzadini et Mortillet. Collection Gozzadini.
représentées. Le dessin le plus compliqué, figure 37 se trouve sur trois cylindres ; les quatre autres cylindres
Fig. 39.— Tête d'un cylindre de "Villanova, Fig. 40.— Tête d'un cylindre de Villanova, grandeur naturelle. Collection Gozzadini. grandeur naturelle. Collection Gozzadini.
ornés ont des dessins différents. C'est une Croix formée
CIMETIÈRE DE VJLLANOVA. 81
par l'intersection de deux sillons larges et profonds, figure 38, ou bien par le groupement de cinq ronds composés de cercles concentriques, figure 39. Dans le troisième, la Croix est faite par une intersection de doubles lignes, avec quatre ronds contenus entre les bras de la Croix, fig. 40, comme cela se voit dans beaucoup demonnaies du moyen âge. Enfin le quatrième présente une Croix grossière, entremêlée d'autres lignes assez nombreuses. Continuons maintenant l'inventaire des objets découverts à Villanova.
Quelques longues aiguilles en bronze, à chas, pour coudre.
Cinquante -quatre épingles à cheveux, dont onze toutes en bronze, parfois presque privées de tête, ornementées simplement de quelques lignes : parfois, au contraire, avec une tête énorme formée de la réunion de deux disques convexes en bronze, très-minces et remplis d'une pâte particulière. Il en est qui ont la tète formée par l'enroulement de la tige de bronze elle-même. Dixsept avaient la tige de bronze terminée par une tête en pâte émail lée de diverses couleurs, à petits cercles jaunes, ou bien en verre parfois blanc- verdâtre, plus habituellement azuré, toujours avec trois cercles en émail jaune. D'après les analyses de M. Sgarzi, cet émail jaune est composé d'oxyde de plomb, d'oxyde de fer et de traces d'oxyde d'antimoine avec, soit de la chaux, soit de la silice. Trois avaient la tête en ambre, et trois se terminaient par un assez long cylindre d'os orné de petits cercles avec un point au centre. Enfin vingt avaient eu leur tête détruite par l'action du feu. Ces épingles mon-
trent qu'une partie des objets passaient par le bûcher -=
tandis que d'autres n'étaient point du tout soumis à Tac
tion du feu, puisqu'on retrouve de l'ambre, matière émi
nemment fusible et combustible. Il y avait rarement plu=> d'une épingle par tombe, parfois pourtant deux. Un»»> tombe seule en contenait six à tète émaillée, dont cin<:»portaient les traces du feu et une était intacte. Ces épin — — gles se trouvaient souvent placées sur l'anse de l'os — -s suaire, quand il était vertical ; et sur le cou, près dtP" rebord, quand il était couché horizontalement.
Dans treize tombes, de petits paquets de fragment» J de tringles en cuivre, triangulaire*, dont deux étaien ^c terminées en spirale conique. Ces fragments, quanc^ ils étaient en plus grand nombre s'élevaient àvingt-neuf. -r *" longs de l\ à 19 centimètres, formant une longueur ^ totale de 2 mètres 52.
Les objets les plus abondants étaient les fibules. Ce» — épingles-agrafes, qui manquent à l'époque du bronze- ^ deviennent fort communes au commencement de l'époque * du fer: M. Gozzadini en a recueilli six cent soixante elr ^^ onze. La plus grande partie en bronze, mais très-variées ^ de forme. Les minces et les petites sont seules massives— ^ Les autres sont formées de lames peu épaisses, parfoi^^ ^ très-minces, et alors l'intérieur est entièrement remplie ' d'une pâle particulière, la môme que celle déjà citée dans ^^ les tôles d'épingles, composée d'après M. Sgarzi, de : ^
Silice 30
Alumiiiu \
Oxyde* du Iit ' 65
Ciirl>on:di* de rliaux \
Kuu H juirliî 5
Le bronze contiendrait d'après le même chimiste :
Cuivre 84,26
Étain 45,74
Les ornements sont encore plus variés que les formes. Ils sont simples, mais gracieux; soit gravés en creux, soi t à arêtes en relief. Presque toutes les fibules en ont, nrxsLÎs il n'y a aucune représentation d'objets naturels. Ce soxxt des combinaisons de lignes et de cercles. Le métal e &t parfaitement travaillé et il a le poli de l'acier bruni. I— ^s courbes sont très-régulières, les angles aigus, nets e *^ parallèles.
II est quelques fibules en émail ou pâte émaillée, ^"^^c des dessins de diverses couleurs, parfois fort élé- S^rxts. M. Gozzadini en figure une très-belle dont la pâte, **- l'intérieur, a la couleur et l'aspect de la poix, un peu I>C3 i*euse, et vers la surface une Gouleur bleu-verdâtre. ^ 1 1^ est incrustée d'émail jaune.
D'autres fibules sont formées de petites boules de
^^J^re bleu, habituellement garnies des trois cercles en
rr *«iil jaune. Parfois les boules de verre sont entre-
rr *^lëes de grains d'ambre, et rarement de bronze. Il en
es t ayant au milieu un globule plus gros que les autres
ô "\erre blanc, ou un morceau de verre à plusieurs cou-
^^1*8. Quelques petites sont garnies de légers disques
albâtre blanc. Quelques-unes de ces diverses fibules ont
P^-s^sé par le bûcher, les grains de verre étant déformés et
^^ Vidés ensemble. D'autres n'ont pas eu à supporter les
éteintes du feu, comme le prouve la présence de l'ambre.
BZi LE SIGNE DE LA CROIX.
Il est des fibules entièrement garnies d'ambre, soit d'un seul morceau qui forme tout le corps de la fibule, soit de plusieurs pièces en nombres divers, mais toujours impairs. Sur les faces de contact de ces pièces il y a un cercle régulier de petits trous qui, parfois, en enveloppe un autre de trous un peu plus grands. Un morceau d'ambre offre un signe profondément et nettement gravé qui pourrait bien être un chiffre.
On voit quelquefois l'os associé à l'ambre, soit que des anneaux d'os alternent avec des anneaux d'ambre soit que le corps de la fibule tout en os contienne d» petits boutons d'ambre, ou des plaques de formes diverses fixées à la surface.
Les fibules d'ambre, ainsi que celles d'ambre e d'os, ont parfois été détruites par le feu du bûcher, e alors il ne reste que la tige en bronze qui formai l'âme ou charpente métallique.
Comme forme , on peut citer des fibules en bronc avec de petits appendices supérieurs au nombre de trois ayant la prétention de représenter des oiseaux. Exéc« tion fort grossière.
Fibules également en bronze, avec l'aiguille partair d'un arc de cercle au lieu de partir d'une spirale.
Fibule à longue agrafe, terminée par un boutoïc Une paire, formée de deux de ces fibules parfaitemeir semblables entre elles, était marquée d'un chiffre.
Ces diverses fibules ont appartenu à des individ* de tous les sexes et de tous les âges, depuis les plu^ petits enfants jusqu'aux plus grandes personnes, comm on peut le voir par leurs dimensions très-variées.
Les flbules étaient fréquemment associées par paire,
lotîtes les deux parfaitement égales , comme je viens de
/e dire pour celle qui porte un chiffre. Deux étaient
même réunies ensemble, leurs aiguilles se croisant. Elles
étaient placées immédiatement sur les os.
Comme les épingles, les fibules, au nombre d'une ou de deux, étaient parfois posées sur le rebord de l'ouverture de l'ossuaire, quand il était droit, ou sur le cou 9 près de cette ouverture, quand il était incliné ou horizontal. Ce sont les deux seules espèces d'objets trouvées dans ces positions. Certaines tombes contenaient dix, quatorze, jusqu'à vingt et même trente fi t>ules. Beaucoup d'entre elles se trouvaient brisées ou tordues.
Quelques fibules portaient enfilés un petit anneau ai * un fragment de chaînette.
M. Gozzadini indique deux bouts de lance en fer
^"^^c une tige pour les fixer au bois ou hampe. J'ai vu cas
^"j^ts dans sa magnifique collection, et ils m'ont sem-
13 *^ être simplement des lames de couteau. La tige est
l ^- soie ou âme du manche. Il ne paraît pas s'être trouvé
^^s armes dans les tombes de Villanova. C'était le lieu
^ sépulture d'une population éminemment pacifique.
De nombreux autres objets en bronze et en fer ont
erXc ore été retirés des tombes, mais je n'en citerai plus
^^Xm seul, fort intéressant : c'est Une petite idole du
^^ féminin, comme on peut en juger par les protubé-
ra *ices des seins. Elle porte un anneau circulaire sur la
^^, flanqué de deux oiseaux ; deux autres oiseaux se
^ r ^\ivent sur les flancs de la statuette. M. Gozzadini parle
d'élégantes proportions. Il est vrai que les formes ne sont pas aussi disproportionnées que dans certaine! idoles de la Toscane, et surtout de la Sardaigne; mai* l'objet n'en est pas moins d'un style très-primitif, trèsélémentaire. C'est, du reste, avec les deux petits animaux cités précédemment, les oiseaux des fibules e une anse de vase dont j'ai parlé, les seuls modelage d'objets naturels trouvés dans ces sépultures.
Au milieu de ces tombes de personnes brûlées ssont rencontrés quatorze squelettes entiers qui n'on point été soumis à l'action du feu. Ils étaient pourtan bien de la même époque, se trouvant ensevelis sur diver points du lieu de sépulture, entre les autres tombes, et la même profondeur. Un de ces corps non brûlés ava: été placé si près d'une tombe à ossuaire, que le sque lette était en partie recouvert par les cendres de cett tombe, ce qui prouve qu'il avait été enterré le premier T # ous les 'squelettes étaient tournés les pieds à l'orient Onze avaient la tête un peu inclinée et les mains unie sur le ventre. Les trois autres se trouvaient dans diverse positions. L'un d'eux était comme à genoux , assis su ses talons, les bras croisés sur la poitrine, de manier que l'avant-bras gauche portait la main vers la bouche et l'avant-bras droit l'autre main vers le ventre. Les a étaient généralement en très-bon état et encore asse consistants, pas trop comprimés, de manière qu'on a bie pu constater leur position.
Trois de ces squelettes n'étaient accompagnés d'au cun objet.
Quatre avaient auprès ou au-dessous de la nuqui
C1METIÈKK DE VILLANOVA. 87
des fibules, et près des flancs ou entre l'épaule gauche et là tête un seul vase en terre ou bien trois.
Deux avaient seulement un petit vase en terre conique, l'un près de la tête, l'autre vers le radius gauche. Deux autres, près de la tête, le premier une fibule, le second trois.
Un, près de l'humérus gauche, une fibule avec grains d'ambre et sur l'os frontal une fibule de bronze avec une pincé à épiler de même métal.
Une femme avait au doigt un anneau à un seul tour; trois fibules, une sous la nuque, une adhérente au trou de l* oreille et une sur le sternum; deux glands en terre près du pied gauche, et deux longues défenses de san- . g'ier posées sur les clavicules, la pointe tournée vers le m ^nton.
Knfin un homme, un des trois squelettes qui étaient dans des positions particulières, portait encore enfilé
dans l'humérus droit, près du cubitus, un bracelet en fer.
La présence de ces squelettes dans la partie du
c,r **otière ù se trouvaient les tombes les moins riches,
J 0l *>te à la pénurie des objets qui les accompagnaient,
mo:r xtre que c'étaient les plus pauvres qui, n'ayant pas
e <5uoi payer les frais du bûcher, ont été enterrés sans
êt *^ brûlés.
"M. le comte Gozzadini, comme le prouvent suffisam- ^**t les titres de ses mémoires 1 , admet que les tombes
i ^ - Gozzadini : Di un sepolcrelo Elrusco et Inlomo ad olive set- *■ icna tombe del sepolcreto Elrusco,
de Villanova sont étrusques. Mais quelle est leur date Les Etrusques, dit-il, après avoir vaincu les Ligures fondèrent, entre les Apennins et les Alpes, la Nouvel Étrurie, à peu près à l'époque de la chute de Troie arrivée 450 ans avant la fondation de Rome. Cela noi fournit la date maximum. D'autre part, vers Tan 45 avant Jésus-Christ, ou 304 de Rome, les Boïens, pei plade gauloise, ayant envahi le pays, détruisirent Fei sina, l'antique Bologne, et rejetèrent les Étrusques d l'autre coté des Apennins, ce qui donne la date minimuir Ce serait donc entre l'an 1204 et l'an 450 avant Jésus Christ qu'auraient eu lieu, suivant M. Gozzadini, le ensevelissements de Villanova.
Il circonscrit encore davantage la date cherchée a moyen de Vaes rtide, qui, pour lui, équivaut aux mè dailles et monnaies qui servent à indiquer l'époque d la construction d'un monument. Admettant que Vat rude a été employé comme monnaie du temps de Numa qui régna l'an 39 à 82 de Rome, 714 à 671 avar ésus-Christ, et supposant tout naturellement que Tu sage de cette monnaie s'est continué encore quelqu temps, le cimetière de Villanova doit être un peu plu ou un peu moins ancien que le règne de ce second rc de Rome.
Depuis ses travaux sur Villanova, M. le comte Goz zadini a étudié un autre cimetière très-ancien de environs de Bologne. Ce cimetière est situé dans 1 vallée du Réno, îi Marzabotto, station du chemin de fe qui traverse l'Apennin et se rend en Toscane. Le résul tut dos recherches de M. Gozzadini est consigné dans ui
magnifique et très-remarquable mémoire *, qui a paru vers la fin de 1865. Revenant sur la question de la fondation de la Nouvelle Etrurie, l'auteur admet, avec M. . Des Vergers 2 , que, selon les calculs approximatifs, le grand développement de la civilisation et de la puissance étrusque a eu lieu 291 ans avant la fondation de Rorrie, soit 104/j ans avant Jésus-Christ. Quant à la date de l'occupation delà plaine du Pô par les Étrusques, elle ^ s t beaucoup plus incertaine : pourtant, il est tout na/tiii* e i de penser qu'elle doit se rapporter à l'époque "^ Srand développement de leur civilisation.
En supposant avec M. Gozzadini que le cimetière de Vil Ist nova soit étrusque, il doit donc remonter à une très— haute antiquité.
jNous le croyons plus vieux encore!...
En effet les cent quatre-vingt-treize tombes de Vil—
atl ova, fouillées avec tant de soin, n'ont pas fourni le
rïx °indre débris de vase peint, de ces vases si caracté-
ris tiques qu'on les désigne généralement sous le nom
e vases étrusques. — Pas même de ces poteries
n °ïres de la première civilisation étrusque. — Pas de
Ces a.nses légères, courbées presque à angle droit, type
oommun dans les poteries réellement étrusques. —
a * s de vases ou fioles en verre. — Les idoles, si abon-
a **tes en Étrurie, font à peu près complètement défaut,
• Oozzadini n'en a trouvé qu'une seule. — Pas d'écri-
- Gozzadini : Di un' antica necropoli a Marzabotto nel BologïlGs G . Bologne, 4865, gr. in-4°, 402 p. et 20 pi. /p ^ - Des Vergers : V Étrurie et les Étrusques, v. I, p. 4 64 .
ture, simplement quelques rares signes ou chiffres sur quelques pièces. — Point <ïaes grave. — Pas de bagues proprement dites ou bagues à chaton. Les fibules, bien que très-variées de forme, sont généralement à très-longue agrafe; pas ou presque pas de fibules à agrafe courte et large, abondantes dans les stations étrusques.
Le cimetière de Villanova doit d'autant moins être considéré comme étrusque, qu'il offre tous les caractères que Ton retrouve dans les terramares qui sont intermédiaires entre les dépôts de l'époque du bronze et celles où Ton rencontre des traces certaines de l'occupation étrusque.
Ce cimetière appartient donc, dans son ensemble, à cette époque intermédiaire que nous désignons simplement sous le nom de première époque du fer, pour ne rien préjuger sous le rapport historique. Si on y a rencontré exceptionnellement une petite idole, trois ou quatre autres représentations plastiques de formes animales, neuf aes rude, des empreintes de serpents, de canards et de bonshommes, gravées h la molette, cela est loin de dénoter l'influence de la conquête, qui certainement aurait été bien plus grande. On ne peut y voir que le simple effet de relations commerciales, même très-restreintes, avec des populations plus avancées en civilisation, mais nullement étrusques. Le cimetière de Villanova nous paraît donc indubitablement antérieur à la fondation de la Nouvelle Étrurie.
Quant à l'argumentation reposant sur la présence de Y aes rude, elle nous semble excellente pour fixer un
minimum d'antiquité. En effet le bronze d'une valeur assez considérable et d'un usage général a dû, tout naturellement, être employé comme objet principal d'échange dès sa découverte, et bientôt après pris pour étalon ou pour appoint, ce qui a donné naissance h Vaes rude.
Pour comprendre toute la différence qui existe entre le cimetière de Villanova et un cimetière du temps de l'occupation étrusque, il suffit de jeter un simple coup :ï'œil sur la nécropole de Marzabotto. On retrouve là à p>eu près toute la civilisation de Villanova, qui était l'ancienne civilisation du pays, mais associée à la civilisation des nouveaux conquérants, civilisation étrusque. Il y a des débris de vases peints, d'anses légères coudées à angle droit, de vases en verre; on a recueilli soixante idoles ou figurines en bronze ; on y a trouvé Vaes grave; Vaes mde abonde, le propriétaire de la nécropole M. le comte Aria, en a réuni deux mille trois cents; l'écriture étrusque se montre; il en est de même des bagues à chaton; enfin les fibules avec agrafe courte et large sont communes.
Tous ces caractères de l'influence étrusque directe, qui manquent dans les terramares du premier âge du fer, se retrouvent dans celles plus récentes. C'est ainsi que M. le professeur Chiérici, qui a si bien exploré la marière de San-Polo S dans le Reggianais, y a rencontré des anses légères coudées h angle droit, de l'écri-
4 . G. de Mortillet : Les terramares du Reggianais, passage ctes époques anté- historiques aux temps historiques. Paris, 4 865, in-8°, p. 43 à 4 8.
ture étrusque, de petites idoles, Vaes grave l associé à Yaesrude. des fibules en bronze à.agrafe courte et large.
Les terramares et les sépultures les plus anciennes de l'Emilie nous révèlent les traces très-claires, trèsnettes, très-bien définies de trois civilisations, qui toutes les trois ont précédé l'arrivée des Romains.
La première, la plus ancienne des trois, probablement la plus longue, est celle de l'époque du bronze, à laquelle appartient la grande majorité des terramares : nous l'avons décrite avec soin dans notre premier chapitre.
La seconde est celle de la première époque du fer. Certaines terramares nous la montrent succédant à la précédente d'une manière régulière, succession paraissant plutôt pacifique que violente. Pendant cette époque, par suite de relations commerciales, les figures ou représentations organiques se sont peu à peu introduites, ce qui peut donner lieu à la distinction d'une période intermédiaire, période de transition, celle des représentations animales. C'est à la seconde civilisation qu'appartient le cimetière de Villanova que nous venons d'étudier.
La troisième civilisation est celle des Étrusques, qui se montre très-nettement dans le cimetière de Marzabotto. Les terramares contenant des débris de cette civilisation sont rares et exceptionnelles; pourtant celle de San-Polo est parfaitement caractérisée.
1. Chierici : Regio deputazione di Storia patria neW Emilia. Atti délia sottosezione di Reggio, 16 juin 4864, in-8.
Transformer cette chronologie relative en chrono- >gie positive est chose bien difficile, impossible même, heureusement nous avons un excellent point de départ : . date de l'envahissement de la plaine du Pô par les aulois. L'histoire nous apprend que, vers l'an 450 /ant Jésus-Christ, des hordes gauloises subjuguèrent Nouvelle Étrurie et refoulèrent les Étrusques de l'autre >té des Apennins. L'époque étrusque de l'Emilie, la •emière époque du fer et surtout l'époque du bronze, montent donc à une bien haute antiquité ! . . .
Pourtant nous avons vu qu'à cette dernière époque, plus ancienne des trois, la Croix était déjà, un emblème équemmeht employé et auquel certainement on attaiait un sens allégorique et religieux.
L'étude du cimetière de Villanova nous montre que î signe religieux s'est maintenu dans l'Emilie, penint la première époque du fer.
Non-seulement nous voyons, comme dans les terraares, la Croix tracée dans l'intérieur de vases en forme ? coupes, ou sur la base de glands dits fusaïoles,
Fig. -11. — Clou on bronze de Villanova, grandeur naturelle. Collection Gozzadini.
xis nous la retrouvons sur des objets divers. Une Croix îs-bien dessinée, parfaitement régulière, cantonnée
de ronds entre ses bras, se voit sur un large clou en bronze, figure 41, qui devait probablement servir d'ornement à un objet en cuir ou en bois détruit. Une des sonnettes ou timbres plats est aussi ornée de pyramides réunies quatre à quatre et formant des Croix de Malte. Mais où les Croix sont les plus nombreuses, c'est sur les vases ornementés à la molette, figure 42. Elle est fréquemment employée, et alors reproduite un grand nombre de fois. Elle forme le centre d'un rond.
Fia. -12.
Fragment d'un ossuaire do Villanova. Collection Gozzadini.
Pourtant sur un vase tout particulier, figure 43, la Croix se montre tout a fait isolée ; elle forme deux lignes parallèles entourant tout le vase et occupant vers son milieu la place d'honneur.
Mais ce qui démontre, plus que toute autre chose, que la Croix était bien un dessin tracé avec une intention spéciale et se rattachant à une croyance religieuse,
c'est qu'elle est seule représentée sur les cylindres à deux têtes et qu'elle y est représentée de manières très-
Fig. 43. — Vaso accessoire d'une tombe de Villanova. Collection Gozzadini.
différentes, figures 44, 45, 46 et 47. Ce ne peut pas être par l'effet du hasard que ces quatre dessins si variés
Fig. 44. — Tête d'un cylindre de Villanova, Fig. 45. — Tête du cylindre ligure 36, grandeur naturelle. graudeur naturelle.
Collection Gozzadini. Collections Gozzadini et Mortillet.
représentent tous la Croix. Ce ne peut pas être par l'effet du hasard que la Croix se retrouve sur tous les cylin-
dres ornés. Ces cylindres avaient certainement un usage, une signification toute particulière. Si on en a trouvé quelques exemplaires en mauvais état dans certaines terramares, surtout à San-Polo, d'autre part on les voit aussi représentés d'une manière exceptionnelle, au repoussé, sur plusieurs plaques de bronze provenant de
Fig. -16 — Tôted'un cylindre de Villanova, Fig. 47.— Tôto d'un cylindre de Villanova, grandeur naturelle.Collection Gozzadini. grandeur naturelle. Collection Gozzadini.
localités fort diverses et très-éloignées. Nous citerons seulement une plaque figurée par M. Troyon 1 , recueillie à Bofflens, canton de Vaud, et une autre à peu près semblable du Musée de Besançon, trouvée dans les tumulus des environs d'Alaise.
Fait fort curieux à constater; la Croix paraît diminuer avec l'apparition des représentations d'objets organiques. A Villanova, où l'on voit déjà des serpents, des oies et de petits bonshommes, elle semble moins
4 . Frédéric Troyon : Habitations lacustres des temps anciens et modernes, Lausanne, 4 860, pi. 47, fig. 35. L'original de cette plaque existe dans la magnifique collection de M. Troyon, à Lausanne.
fréquente qu'à l'époque du bronze où n'existe pas la moindre représentation organique, mênje végétale. Dans la nécropole de Marzabotto, les dessins étrusques et les idoles l'ont remplacée presque complètement !