TER RAM ARES DE L'ÉUILIE
ab Niveau actuel du sol.
cd Niveau supérieur du pilotage.
AA Deux amas sableux ne contenant presque pas de charbons et autres débris, mais seulement des fragments de pavé. Emplacement des cabanes.
B Terre noirâtre contenant des cendres, charbons, débris de poterie, os en abondance, cl. au contraire, peu de fragments de pavés.
Il parait que dans la marière, maintenant épuisée, de Nocéln, on a observé une disposition analogue.
Sur ces pavés en terre battue, sur ces assises de sable, s'élevaient les cabanes, composées d'un clayonnage en branchage, revêtu, au moins à l'intérieur, de terre glaise. Des fragments de ce revêtement cuits et parfois même scorifiés par l'incendie sont parvenus jusqu'à nous, portant sur la face externe les empreintes des branches qui furinaienl le clayonnage. I.a face interne, lisse, est parfois plus ou moins courbe, ce qui montre que certaines habilaliuiis étaient circulaires ou ovales, D'autres fragments de clayonnage parfaitement droits dénotent dos habitations rectangulaires. Les
bitations des pilotages étaient simplement en bois. Les habiles explorateurs de Custioiie citent des planches minces, avec de larges trous rectangulaires. C'étaient probablement les lucarnes de ces cabanes en bois. Quant aux dimensions, nous n'avons pas de données, sauf pour
LE SIGNE DE l,A CHOIX.
le grenier du pilotage de Caslione, qui avail Irais mètres de large sur quatre de long.
I.c peuple île l'époque du bron/o des len-aninres. bien qu'il ait fn-queinniuiil établi ~a demeure sur l'eau, ne parait pas avoir été un peuple pécheur; on n'a pas tramé de débris de Poissons au milieu de ses rejets de cuisine. C'était un peuple pasteur qui, pourtant, se livrait parfois îi la chasse, comme le prou veut les ossements accumulés dans les marières.
Ces ossements ont presque toujours été brisés pour en extraire la moelle. Ils sont rarement cassés en long, ils ont habituellement élé rompus en travers a une extrémité. Les crânes ont élé ouverts pour en retirer les cervelles.
En fait de gibier, on trouve le Chevreuil (Cervus capmolus, l.inné). peu commun. Les débris les plus ;it>niid;mts sent, le- cornes.
Le Cerf (Cervus elaphus. Lin.), plus abondant que le Chevreuil. Ses bois étaient fort rceberrhés peur fabriquer divers instruments. Sa taille, beaucoup plus grande que celle du Cerf actuel, était à peu près égale a celle que M. Riilimcyer assigne au Cerf des stations lacustres de la Suisse. Les crânes de Cerf montrent la manière employée par les habitants dos madères pour ouvrir la tèle des animaux : ils la fendaient plus ou moins par le milieu. En Suisse, au contraire, on enlevait les os des tempes.
Le Sanglier (Sus scrofu (mis. L.). Nombreux et bons débris qui montrent, que cet animal était beaucoup plus grand et plus gros que !e Sanglier actuel d'Algérie, et
TERRAMARES DE L'ÉHILIE.
surtout que celui de Sardaignu. qui csl encore: plus pciit. Sa taille était pourtant un peu moindre que celle du .Sanglier des habitations lacustres de Suisse. Deux mâchoires i 11 férié lires du pilotage de Caslîone présentent au milieu des branches ascendantes un trou circulaire. Dans un de ces trous est encore passée une pièce de bois. Il paraît que ces mandibules élaient des trophées de chasse qu'on suspendait dans les habitations.
Les débris d'animaux domestiques sont trèsabondants dans les terramares proportionnellement à ceux des animaux sauvages. C'est ce qui nous a fait dire que les Hommes des madères étaient surtout pasteurs. MM. Strobe! et Pigorinï, qui ont parfaitement étudié les animaux des terramares, et auxquels nous empruntons la plupart des détails qui concernent ces animaux, les groupent dans l'ordre descendant suivant, d'après leur abondance :
Bœuf, Porc, Chèvre, les plus abondants;
Cheval, Cerf;
Mouton, Chien. Sanglier;
Chevreuil, Ane, rares.
Los animaux dûmes! iqii<>s ilrs terramares sont ; Le Chien (Canv familiaris, L.). Deux variétés' ou races. L'une plus pelile, avec les os pariétaux lisses et
riétaux. sans créle pariétale accentuée. C'est le type du Chien ifuii tourbières (Cuuix [amiiiarix jniltisli'ix.Ridim.). L'autre plus grande, avec les os pariétaux rugueux, les ïynfiiiiatiqiiiis Irès-arqués et distants des pariétaux, avec une crête pariétale très- marquée. Bien qu'on ait trouvé
des ossements de tous les âges de chacune de ces varioles nu races, ces os sont encore insuffisante pour établir nettement s'il s'agit de deux races distilles ou de deux variétés d'une même race. Ces deux types se trouvent mêlés dans les mêmes dépote et aux mêmes niveaux. Pour la forme du crâne et do la face, le Chien des tourbières, qui en .Suisse existait seul S l'époque de la pierre, se place entre le Braque et le Chien de ferme; M. Rùlimeyer croit que ce peut être lo type de l'espèce. F.n Suisse, les os du chien de l'époque du brome appartiennent à une race beaucoup plus haute et voisine du Chien de boucher. Bien que les liTramares soient aussi de l'i'igc du bronze, celle grande race ne s'y est pas
iï!Hij<hiIiv«. Ile- os divers rongés l'mil été pvi)]>:iU]i.'iin.'t)f par le Chien, seul carnassier Irouvé dans les marières. Tous les crânes de Chien étant ouverts iulunlmiiiielli:ment , les os longs brisés et les débris de jeunes individus se trouvant en grande abondance, on doit penser que les habitants des marières utilisaient ces animaux wnome aliment.
Le Porc (Sus). Débris très-abondants qui appartiennent indubitablement au Porc des tourbières (Sus palus/ris, Riitim.), comme le prouvent leurs dimensions. En Suisse, le Sanglier et le Porc des tourbières étaient
linsuile ils apparaissent tons les deux domestiques, mais le Cochon après le Porc des tourbières. Dans le Parmesan, d'après MU. Strobel et Pigorini, on ne voit vivre n>iil'.'iii|i(;i'ainr']0;jiil qno le San^lief indigène el sauvage et le Porc des tourbières domestique, bien dilTérenl du
Saucier douir-dique nu Cochon. Le i'orc des tourbières. 110 dérivant pas du .Sanglier, avait donc élé importé. L'élude des os prouve clairement que les l'orcs des raarières étaient dumesliques. II y a beaucoup de mâchoires appurlenant li du jeunes individus ou l'orcs de liiil. T,ns mâchoires adultes prouvent qu'il y avait plus de femelles que de milles, ee qui a déjà été observé en Suisse. Outre les dimensions, les caractères ostéologiquesqui distinguent les Porcs des tourbières des Cochons sont : les dents molaires moins lu lie renie uses et plus robustes, les prémolaires plus faibles, les molaires et prémolaires postérieures plus rapprochées, dentelure par conséquent compacte ; partie incisive et canine resserrée par le raccourcissement de l'av-ant-màchoire et de la symphyse du menton ; orbites plus amples; stature moins grande. Ces caractères montrent qui l'état sauvage cette race de l'orcs était plutôt herbivore et nocturne. Elle se différencie moins du Sanglier que du Cochon. Le Porc des tourbières existe encore dans les Grisons. Il a conservé ses habitudes de préférence herbivores. Il est assez petit, à jambes courtes, à oreilles petites et non pendantes , à grain court et gros , à soies
dans les stations lacustres de l'époque de la pierre, pas commun dans les stations de l'époque du bronze. Il en
reconnaît deux races, unu plus grandi', plus robuste et lourde, comme il résulte spécialement de la largeur relative des diaphyscs du radius; l'autre plus petite.
LE SIGNE DE LA CHOIX
plus svhIIu, plus élé^anlf. Oiii'Iihi-'s ossements de f.asliuiiu u.Tak'ul ;niun.-M tx' que la plus grandi.' l'iu-c dépassai! en mille nos hauts chevaux do selle. Lu Cheval était aussi mangé par les habitants des terramares.
L'Ane (Er/uus asinus, L.J. Quelques très-rares débris.
Le Buuif (ffos). Les os les plus nombreux sont de beaucoup ceux du Bumf; parmi eux la plus grande partie appartient à la petite race ou espèce que M. Rûlimeyer appelle Vaches des tourbières, et qu'il fait descendre du lins hnichijr,'riis sauva:;! 1 . Quelques os pourtant se rapportent h un grand lïmiif qui sempie dériver du lins pnmitjcnius. lin Suisse, pendant l'époque de la pierre, on trouve aussi ces deu* races vivant ensemble dans les mêmes localités. Le grand Bœuf a les cornes plus grandes, sessiles, dirigées promptement eu arrière
droil avec le plan occipital ; les orbites sont proportionpeu, ouverts plutôt en avant. Le petit Bœuf a les cornes
vers les cornes, de sorte que son plan se rencontre avec, l'occipital en formant un angle aigu; les orbites sont grands, très-arqués, ressortant assez au dehors et audessus du front. Il existe dans les marières deux variétés de ce Bœuf des tourbières, line plus petite encore que