‹ Le Signe de la Douleur Provoquée et les Réflexes Thoraciques dans les Affections Pleuro-Pulmonaires: et particulièrement dans la TuberculoseChapitre 30 sur 40 · OBSERVATION XLIV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLIV

Jean M..., vingt-quatre ans, peigneur, demeurant à Saint- Etienne, entré le 12 mars 1901, pavillon 5, n° 6.

Pas d’antécédents familiaux morbides notables ; personnellement, bonne santé dans l’enfance.

À douze ans, attaque de rhumatisme articulaire aigu généralisé qui à débuté par les tibio-tarsiennes., Réformé au conseil de revision, ni alcoolisme ni syphilis.

L’affection actuelle aurait débuté il y a trois mois par de l’affaiblissement, des vertiges, puis de la céphalée vespérale et de la toux. Rapidement la marche et l'effort devinrent pénibles, provoquant de la dyspnée et quelques palpitations de cœur.

Il se présente à l'hôpital dans un état général bon en apparence, mais il attire immédiatement l'attention sur sa toux et sur un point de côté assez douloureux qu’il ressent à la base gauche du thorax en arrière.

Signes thoraciques : Diminution de l’ampliation thoracique du côté droit. Le sujet, peu amaigri, parait normalement musclé, cependant on provoque facilement sur tous les muscles thoraciques un myoœæœdème peu marqué. La recherche des zones douloureuses par la percussion unguéale est positive à droite sous la clavicule, la zone s’étend de 6 centimètres environ de l’articulation sterno-claviculaire jusqu’à l'intervalle delto-pectoral, elle descend vers l’aisselle où elle se perd.

A l’auscultation des poumons on ne constate rien d’anormal.

Au cœur, impulsion normale, la pointe bat au-dessous et en dedans du mamelon, dans le 5° espace intercostal, elle soulève visiblement la paroi de l’espace sur une étendue de 5 centimètres. Frémissement cataire diastolique bien perceptible à la palpation. A l’auscultation, à la pointe, souffle olosystolique double occupant le premier bruit et le petit silence ; le second bruit extrêmement assourdi ; ce souffle se propage jusqu’à l’aisselle, mais s’éteint en

dedans au sternum, en haut à la région méso-cardiaque. Au foyer aortique, le souffle a disparu mais le bruit systolique est assourdi tandis que le second bruit a pris un timbre clangoreux.

Le rythme cardiaque n’a subi aucune altération, lecœur bat 90 fois par minute.

Rien d’anormal du côté des vaisseaux du cou.

Le pouls radial est assez dur et sans amplitude, régulier.

En ce qui concerne le tube digestif, inappétence habituelle, langue un peu blanche, vive douleur à la palpation du creux épigastrique. Les digestions sont un peu pénibles, les selles normales.

Le foie remonte jusqu’au 6° espace intercostal, son bord n’est pas senti au-dessous du rebord costal.

La rate est inaccessible. Aucun signe urinaire ou nerveux.

Température normale.

Urine claire sans albumine.

Diagnostic : Insuffisance mitrale, symphyse cardiaque.

Le malade a quitté l’hôpital le 197 avril.

OBSERVATION XLV (Publiée par M. le D' Roussel dans la Loire méd., 15 janvier 1900.)

Hémianesthésie hystérique droite. Tuberculose du sommet droit. Signe de la douleur à la percussion unguéale.

Julie À..., vingt-quatre ans, veuve, entrée à l’'Hôtel-Dieu, salle de l’Espée, n° 8, le 26 août 1900. Actuellement au nouvel Hôtel- Dieu, pavillon 6, salle C.-D., n°18. Observation écrite sous dictée par M. Durand, interne suppléant.

La malade est intelligente et a reçu une éducation soignée ; elle donne avec clarté les renseignements nécessaires. Le père vit à l'étranger. Pas de renseignements récents. La mère est vivante, assez bien portante.

Antécédents personnels. — Pas d'autre maladie dans l’enfance qu'une angine couenneuse à l’âge de onze ans. A la suite de l’angine, paralysie du voile du palais pendant plusieurs mois, impo-

rise

tence des membres inférieurs pendant deux ans. La malade parlait du nez ; les aliments, les liquides principalement, revenaient par les fosses nasales.

Réglée à dix-neuf ans et demi toujours plus ou moins irrégulièrement. Mariée à cet âge, elle a eu, douze mois après, un enfant mort à neuf mois de méningite. À vingt et un ans, un deuxième enfant, nourri par elle, actuellement âgé de trois ans et bien portant malgré les maladies dont il à déjà été atteint: coqueluche à dix mois, soigné à Lyon à l'hôpital Saint-Pothin. Il contracta la scarlatine dans les salles, puis une broncho-pneumonie grave.

Au moment des deux accouchements de la malade, hémorragie dangereuse.

Le mari, alcoolique, est mort cette année detuberculose pulmonaire.

C’est.pendant l’allaitement de son second enfant que la malade éprouva les premiers symptômes de l’affection pulmonaire qui l’amène à l’hôpital. Elle eut plusieurs hémoptysies et dut sevrer lenfant. Elle entra à l'Hôtel-Dieu de Lyon, dans le service de M. Bouveret, qui porta le diagnostic de broncho-pneumonie tuberculeuse. Séjour de sept mois; la malade en sortit, dit-elle, malgré Pavis du chef de service.

Au printemps de 1898, nouveau séjour de huit mois à l’Hôtel- Dieu de Lyon, mais dans le service de M. le Prof. Renaut. La malade en sortit très améliorée. Pendant ce deuxième séjour elle avait été atteinte d’une phlébite de la jambe droite.

Revenue à Saint-Etienne, elle put se remettre au travail et occuper, dans un grand magasin, la place de demoiselle de magasin.

Aujourd’hui, elle entre à l’'Hôtel-Dieu de Saint-Etienne, après avoir présenté de légères hémoptysies et une sorte de crise syncopale.

Elle à beaucoup maigri ; le facies est pâle, la respiration courte et pénible.

Poumons : En avant, à l’inspection, pas de différence appréciable entre les deux côtés pendant le soulèvement respiratoire. Cependant, à droite, on note une légère atrophie sous-claviculaire.

Vibrations thoraciques : Pas de différence entre les deux côtés.

Percussion : Submatité avec élévation de tonalité sous la clavicule droite jusqu’au 3 espace intercostal.

Douleur à la percussion unguéale extrêmement vive. Un attouchement, même fort léger, provoque de la douleur. Les limites de cette douleur sont : en haut la clavicule, sur laquelle la percussion est indolore ; en bas, le 3° espace ; en dedans, une ligne passant à 2 centimètres à droite de la ligne médiane; en dehors, la douleur se poursuit sur le moignon de l’épaule jusqu’à l’acromion., Pas de douleur dans le reste du poumon.

A l’auscultation, respiration rude, expiration prolongée. Au commencement de l'inspiration, quelques râles-frottements. La toux ne fait pas éclater d’autres râles. Dans le reste du poumon pas de signes anormaux.

A gauche: Aucune modification à la percussion ni à l’auscultation.

Eu arrière, submatité accentuée dans la fosse sous-épineuse droite. Dans ceite même fosse, diminution des vibrations thoraciques. Douleur vive à la percussion unguéale. Cette douleur est limitée en dedans par la colonne vertébrale ; en dehors, par le moignon de l’épaule ; en bas, par l’épine de l’omoplate ; en haut, on la poursuit tout le long du muscle trapèze jusqu’à son insertion occipitale, où elle est à peine perçue.

La fosse sous-épineuse n’est pas douloureuse; mais entre la colonne vertébrale et le bord interne de l’omoplate, jusqu’à la 7e vertèbre dorsale, on éveille de la douleur en frappant avec l'extrémité du doigt.

Pas de douleur à la base du poumon.

Auscullation: Respiration rude aux deux temps dans la fosse sus-épineuse ; expiration prolongée accompagnée de froissements. Pas de râles véritables. Rien à noter au-dessous de l’épine de l’omoplate jusqu’à la base. |

Côté gauche : En arrière, indemne à l’auscultation et à la percussion, Pas de douleur à la percussion unguéale,

Cœur: Pointe dans le 5° espace intercostal, en dedans du ma-

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melon. Bruits normaux. Pas de souffle dans les vaisseaux du cou ; pas de souffle oculaire ; pas de souffle à l'articulation sternoclaviculaire. E

Abdomen : Souple ; aucune douleur. Rate non perçue ni à la palpation ni à la percussion.

Foie : Ne dépasse pas les fausses côtes.

Rein droit: Mobile. La pression de l’organe entre les deux mains provoque une sensation que la malade ne peut définir. Elle dit spontanément qu’elle éprouve de la douleur dans ce flanc lorsqu’elle est restée longtemps sans uriner.

Estomac : Pas de clapotage. Constipation habituelle.

Membres inférieurs : Masses musculaires assez bien conservées. Quelques varicosités à la surface des deux jambes, plus marquées à droite. Dans le mollet droit on trouve un petit cordon dur et légèrement douloureux, sur une hauteur de 2 à 3 centimètres. Rien à la saphène. L’articulation du genou est intacte ; pas de raideur de l'articulation tibio-tarsienne. Pas d’œdème. A la mensuration, le mollet accuse 82 cent. 1/2 de l’un et de l’autre côté et 20 centimètres au-dessus des condyles, la circonférence des cuisses mesure 46 cent. 1/2.

Ganglions : Dans l’une et l’autre aine, quatre ou cinq petits vanglions roulent sous le doigt. Dans les aisselles, pas de ganglions. Pas de ganglions cervicaux.

Pas de déformation hippocratique des ongles.

Système nerveux: Jamais de crises convulsives ; la syncope notée plus haut ne s’est accompagnée d’aucun mouvement. La sensibilité tactile est parfaite. Hémianesthésie complète de tout le côté droit du corps, visage compris. On peut enfoncer une épingle dans la peau, traverser d’épais plis cutanés sans provoquer aucune douleur. La malade accuse seulement de la surprise et un peu d'émotion en voyant les épingles fichées dans ses téguments. Absence complète des réflexes cornéen et pharyngien. Pas d'ovarie.Les seins ne sont pas douloureux. Pas de clou, ni de casque. Le cuir chevelu est cependant le siège d’une névralgie dans sa moitié droite. La force musculaire est moindre dans le bras droit et dans la jambe droite. Cette parésie à été plus grande autrefois, car

or dans le service de M. Renaut la malade laissait échapper les objets qu’elle tenait à la main, et même on l’électrisa. Quand on essaie de fléchir la jambe étendue on y arrive facilement à droite et pas à gauche.

La jambe droite fléchie ne peut repousser la main opposante ; la gauche le fait facilement.

Pas de déviation de la face, ni de la langue.

Réflexæes : Réflexe plantaire bien conservé, pas de réflexe de Babinski.

Réflexe patellaire très prononcé des deux côtés.

Pas de trépidation épileptoïde du pied, ni de la rotule.

Pas de tremblement des mains.

Vue: Pas de nystagmus, pas de paralysie des muscles oculaires. Pas de troubles pupillaires. Rétrécissement du champ visuel des deux côtés, surtout à la partie externe. La malade perçoit bien les couleurs ; mais, quand elle s’est livrée quelque temps à la couture, elle dit les brouiller facilement.

Système génital: Aménorrhée depuis trois mois. Pas de pertes blanches.

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