‹ Le Signe de Musset: Sa Valeur CliniqueChapitre 10 sur 16 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Oss. I. — Alfred de Musset (1842).

Oss. IL, III. — Deux observations de Feletti (1895) concernant deux cas d'anévrisme de l’aorte. Dans les deux cas, la tête présente des oscillations nettes postéro-antérieures,

Oss. IV, V, VE, VII, VIII et IX, — Six observations de Bruschini (1898) concernant six sujets attéints d’anévrismes de la crosse aortique « à chaque systole cardiaque, la tête du malade s'incline légèrement en avant ».

Oss. X, XI. — Deux observations de Delpeuch, 1° 1894, 2° 1900 :

1° 1894. Homme, soixante ans, aortite chronique compliquée d'insuffisance valvulaire et de dilatation de l'aorte sans poche anévrismale. Il présentait des secousses régulières de la tête, des oscillations antéro-postérieures brusques, isochrones à la pulsation radiale.

2° 1900. Julien H..., quarante-huit ans. Oppression, enflure des pieds, palpitations, dyspnée, congestion aux deux bases.

Examen du cœur : Hypertrophie manifeste ; matité précordiale dépassant les limites normales ; la pointe bat en dessous et en dehors du mamelon. Souffle diastolique de la base. Danse des carotides, pouls de Corrigan.

La tête est secouée d'oscillations régulières, parfaitement isochrones aux pulsations artérielles.

Oss. XII (Frenkel). — Julien F..., âgé de cinquante-six ans, cordonnier. Entre le 14 août 1900 salle Saint-André, n° 23, clinique médicale de M. le professeur Mossé (de Toulouse), suppléé par M. Frenkel, agrégé.

Antécédents héréditaires et collatéraux. — Père mort à soixante-douze ans, asthmatique ; mère morte à soixante-douze ans d’une attaque d'apoplexie.

Antécédents personnels. — Blennorragie à vingt ans, Fièvres intermittentes.

Maladie actuelle. — Le 1% août 1900, frissons et perte d'appétit, toux sèche sans expectoration. Entre à l'hôpital.

État actuel. — Homme de grande taille, robuste. « Ce qui frappe dès qu'on regarde le malade, ce sont de très brèves oscillations de la tête, au nombre de 120 à la minute, absolument synchrones aux battements du cœur, dont le nombre à la minute est le même. »

C'est, en somme, le signe de Musset dans toute sa netteté.

Pas de signe d'Oliver Cardarelli; pas de double souffle de Duroziez ; pas de pouls capillaire.

Thorax. — Le malade, à la palpation, à la percussion et à l’auscultation, présente tous les signes cliniques d’une pleurésie gauche.

Inspection. — Cœur : Voussure précordiale, on ne voit pas

battre la pointe, mais toute la région épigastrique est animée de pulsations.

Palpation. — La pointe ne peut être localisée.

Percussion. -— La percussion à gauche donne partout de la matité, depuis la clavicule jusqu’en bas.

Auscullation. — On entend les deux bruits du cœur sur toute la région précordiale, mais ils s'entendent aussi à droite, peutêtre encore plus nettement qu'à gauche, jusque dans le creux axillaire droit. Au niveau de l’appendice, le premier bruit est sourd, tandis que le deuxième est fortement accentué, claquant.

Au niveau de l'orifice du deuxième espace intercostal gauche, le premier bruit est encore sourd, le deuxième légèrement accentué, dans le deuxième espace intercostal droit, près du sternum, le deuxième bruit est plus accentué qu à gauche,

Foie normal, rate sensiblement abaissée, mais à peine sensible à la palpation. La pleurésie évolue normalement. Ponction. Cependant, le liquide augmente les jours suivants,

24 août. — On soumet le malade à la radioscopie. Toute la moitié gauche du thorax apparaîtsur l'écran sombre, sans aucune tache claire correspondant à la partie supérieure. Cette plaque sombre empiète d'un bon tiers sur la moitié droite du thorax et est délimitée par une légère couche à convexité droite. Cette convexité porte une petite saillie qui est animée de mouvements correspondants aux battements du cœur et qui atteint presque le milieu de la moitié droite du thorax.

Les battements qui correspondent au cœur sont très nets, vus de devant, tandis qu'ils sont à peine perceptibles de derrière, ce qui s'explique par l'interposition du liquide entre le cœur et la paroi postérieure du thorax.

En outre des battements du cœur lui-même, l'examen attentif des limites de la tache sombre, permet de constater que ces limites restent immobiles à gauche, alors qu’à droite « le croissant au-dessus du cœur qui correspond à la partie supérieure du médiastin, se déplace à droite et à gauche à chaque pulsaion. Bien plus, les côtes droites elles-mêmes offrent ces oscillations liées au pouls », alors que du côté droit rien ne permet de saisir de telles variations.

26 août 1900. — Les secousses rythmées de la tête persistent toujours avec la même netteté et à ces secousses correspondent des oscillations plus faibles de la paroi thoracique au niveau de la moitié droite du thorax. Des secousses analogues sont bien visibles jusqu’au niveau de l’ombilic.

28 août 1900. — Une nouvelle radioscopie pratiquée par M. Marie, directeur du service radiographique de la Faculté, confirme dans tous les détails les résultats du premier examen fait par M. Cluzet, chef des travaux,

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