‹ Le Signe des Spinaux: Dans la PleurésieChapitre 6 sur 28 · Med. record., oct · texte numérisé non relu

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part dans lesquelles ces auteurs,tout en reconnaissant l'existence du signe des intercosiaux, n’admettent pas la cause première invoquée par l’auteur : contraction spasmodique due à une irritation sympathique, et tendent plutôt à rattacher ce phénomène à la stase lymphatique dans les affections thoraciques.

En somme, le signe des inlercostaux a été bien étudié par M. Pottenger comme signe physique des affections pulmonaires et de la pleurésie.

Mais le signe des spinaux proprement dit, n’a été étudié que par notre maître, le D' Félix Ramond, dans son article intitulé: Contribution à l'étude des signes physiques de la pleurésie séro-fibrineuse ; signe des spinaux (Gazette médicale de Paris, 1° octobre 1910).

« Le signe que nous proposons d’appeler signe des spinaux, dit-il, a été observé par nous sur plus de 100 pleurétiques aux consultations de médecine de la Pitié et de Saint-Antoine, et il nous a permis souvent de faire un diagnostic d’épanchement pleural avant tout autre examen.

» Si l’on examine le dos d’un individu normal, dans la station debout, on aperçoit facilement dans la gouttière costo-vertébrale, et plus bas dans la région lombaire, la saillie que font les deux muscles spinaux superficiels, l’iléo-costal en dehors, et le long dorsal en dedans. À la palpation de la région lombaire, on sent nettement la masse musculaire en tension permaucnte en vue de la conservation de l'équilibre. Cette tension est surtout due au long dorsal et acces-

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soirement à l’iléo-costal. Chez un pleurétique, au contraire, toute la masse musculaire, l’iléo-lombaire aussi bien que le long dorsal, entre en action, de sorte qu’elle est fortement élargie du côté malade, et de dimensions normales du côté sain. Pour mieux percevoir le phénomène, on peut faire pencher légèrement le malade en avant afin de faire saillir davantage sous la peau toute la masse musculaire ; ou bien on incline le thorax tantôt à droite, tantôt à gauche. On saisit ainsi facilement la différence de largeur et de tonicité qui existe entre les deux masses musculaires de part et d’autre de la colonne lombaire, audessous de la douzième côte. »

M. Ramond ajoute qu'on rend plus net le symptôme en percutant avec un marteau les attaches du faisceau moyen du long dorsal. Cette percussion permet de Voir une contraction réflexe de tout le faisceau moyen du long dorsal. De plus, à la percussion le muscle semble vibrer comme une masse de caoutchouc dur que l’on frapperait. « La fréquence de ce signe, dit l’auteur, est considérable,surtout dans le cas de pleurésie primaire aiguë. Notre statistique porte sur 100 cas qui se répartissent ainsi :

» 76 cas de pleurésie primaire ou subaiguë, chez lesquels le signe pleural a toujours été rencontré ;

» 24 cas de pleurésie secondaire, chez lesquels le signe pleural a été constaté 18 fois.

» De sorte que le symptôme se rencontre dans une proportion de 94 fois 0/0. »

M. Ramond termine en disant que ce signe des

EME spinaux peut exister aussi dans les pleurésies suppurées. Malheureusement les observations sont trop peu nombreuses pour établir une statistique.

M. Ramond a donc parfaitement montré dans son article toute la valeur que peut avoir une recherche bien sérieuse du signe des spinaux dans le diagnostic de pleurésie. Il a été jusqu'ici le seul à étudier ce signe avec intérêt.

Dans un nouvel article du Progrès médical du 17 décembre dernier, Ramond dit encore : « A la séance du 10 juin r910 de la Société médicale des hôpitaux, j'attirai l'attention sur l'existence d’un signe nouveau des épanchements liquides pleuraux : le signe des spinaux. Depuis plusieurs observateurs ont bien voulu contrôler et vérifier mes affirmations; de mon côté j'ai pu réunir de nouvelles observations à la consultation de l’hôpital Saint-Antoine, et c’est le résultat de toutes ces recherches que je désire résumer ici en quelques mots. »

L'auteur passe en revue de nouveau les différents phénomènes du signe des spinaux, il montre leur constance dans toutes les pleurésies séro-fibrineuses aiguës ou tuberculeuses constatées par lui, et termine en disant l'importance plus grande que l’on doit attacher à ce signe.

De cet exposé historique il résulte que, si le mérite d’avoir découvert le signe des intercostaux revient à Pottenger, celui d’avoir décrit le premier le signe des spinaux, plus objectif et plus important, à notre avis, revient sans aucun doute à Ramond.

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