‹ Le Signe des Spinaux: Dans la PleurésieChapitre 8 sur 28 · Progrès médical, 17 décembre · texte numérisé non relu

Progrès médical, 17 décembre

OBSERVATION I (Personnelle)

Georges Ch... , âgé detrente-huit ans, entre le 11 novembre 1910 à l'hôpital Lariboisière, salle Lasègue, avec une pleurésie. Le 3 novembre il avait eu un point de côté droit avec fièvre et frisson. Le médecin fait le diagnostic de pleurésie et l'envoie à l'hôpital le 11 novembre. À l'inspection on remarque que le dos semble paralysé du côté droit, on remarque aussi que les muscles spinaux sont contractés, présentant une surface étendue et semblant faire saillie sous la peau. On peut le voir assez facilement car le sujet est très maigre. "

À la palpation, on remarque d’abord l'abolition des vibrations du côté droit. On remarque aussi la contraction spasmodique des muscles spinaux, contraction beaucoup plus forte du côté de la pleurésie, c'est-à-dire du côté droit. ” |

On trouve en même temps que le muscle donné au toucher la sensation d'une masse de caoutchouc. A l’auscultation on trouve de l’abolition du murmure vésiculaire.

La ponction faite amène du liquide. Le malade a donc tous les signes de la pleurésie, et le signe des spinaux est nettement remarqué : élargissement d'une part de la masse musculaire, d'autre part sensation de caoutchouc dur due au muscle contracté. En outre le troisième signe est fort net : si l’on percute avec un marteau les attaches supérieures du long dorsal, on voit un signe réflexe partant du point per-

cuté et allant se perdre au niveau des vertèbres lombaires.

at 27 — De plus on sent nettement la masse musculaire vibrer à dis-

tance sous le choc du marteau.

C’est une observation typique recueillie par nous, aussi avons-nous tenu à la détailler.

OBSERVATION II (Personnelle)

Camille M..., âgé de cinquante-six ans,entre le 2 novembre 1910 à l'hôpital Lariboisière, salle Lasègue. Il avait ressenti depuis sept jours une douleur au côté, de la fièvre. A l’inspection on remarque que son côté droit semble plus dilaté que le gauche. On remarque aussi fort nettement que les muscles spinaux s'étendent sur une plus grande largeur à droite qu'à gauche.

D'autre part, à la palpation, la malade présente à droite:

1° De l’abolition des vibrations ;

>° La sensation d’une masse musculaire élargie, dont le bord externe est nettement limité. Les deux muscles spinaux du même côté droit font une même masse, non séparés par leur gouttière habituelle.

A la percussion on trouve de la matité sur une assez grande étendue jusqu'au niveau de la pointe, de l'angle de l’omoplate. La ponction amène du liquide. Le malade a tous Les signes de la pleurésie.

Le signe des spinaux est aussi à son complet, car en outre des deux signes principaux d'élargissement de la masse musculaire et de contraction, on trouve aussi la sensation de vibration au choc du marteau. Le signe visuel du réflexe existe aussi, mais on a quelque difficulté à le mettre en évit

dence. Voilà une nouvelle observation où le signe des spi-

“Aer US

naux existe presque à son complet. La sensation de vibration au choc du marteau notamment, est fort nettement per-

çue,

OBSERVATION III (Personnelle)

Georges L..., trente ans, rentre le 1° décembre à l'hôpital Lariboisière. Il a été pris dans la nuit du 25 novembre, chez lui, d’une douleur vive au côté gauche, avec fièvre et frisson. Examiné : à l'inspection il présente un thorax qui semble normal. A la palpation on sent nettement la masse musculaire des spinaux fortement contractée. On peut la limiter facilement en dehors. On fait difficilement le diagnostic d’élargissement de la masse, à la vue, car le malade est assez gras, mais le palper enlève les doutes.

À la percussion le malade présente de la matité à la base du poumon gauche, mais la zone de matité n’est pas très étendue surtout en hauteur.

L'auscultation ne relève qu’un peu d’abolition des vibrations à la base gauche. Par contre, la ponction faite à deux reprises amène dü liquide.

Le malade a donc une pleurésie de la base droite. Le signe des spinaux est net chez lui. Le signe du palper est bien ressenti, d'autre part le signe du marteau peut être bien mis en évidence. On remarque, en eflet, une onde réflexe qui se perd au niveau des vertèbres lombaires. D'autre part on éprouve facilement la sensation de vibration de la masse musculaire à la suite du choc du marteau. Le malade est donc tres intéressant, car le signe des spinaux y est très net-

tement différencié.

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