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muqueuse. Sous le microscope la muqueuse des villosités est déchiquetée, beaucoup de cellules et de noyaux sont en dégénérescence.
20 À un autre groupe de souris de la même portée il donne aux mêmes doses une préparation de sihicate de Merck, mais exactement neutralisée.
Les animaux supportent parfaitement cette préparation.
Ainsi les accidents toxiques étaient dus à l’alcalinité des préparations primitivement employées.
Donc, une solution de silicate de soude suffisamment neutralisée, suffisamment étendue, prise à dose convenable peut être absorbée sans danger. Ce sont les conditions que remplissent actuellement les solutions employées.
D'ailleurs l'expérience montre que le silicate qui est administré depuis très longtemps aux malades n’a jamais donné aucun cas d'intoxication. Nous n’avons nous-même constaté aucun accident chez les malades auxquels nous avons fait ingérer du silicate où chez lesquels nous avons ingesté ce produit par voie intraveineuse.
Nous avons ajouté à la ration alimentaire de plusieurs souris de mêmes portées 10, 20, 30 et jusqu’à 40 gouttes d’une solution de silicate à 40 % sans jamais constater d'accident.
Voici quelle est la posologie du silicate de soude administré par voie buccale.
Zichgraf, Rhoden, donnaient 2 grammes en solutions très étendues.
Le docteur Scheffler, en France, propose la formule suivante :
Silicate sirupeux à 350 : 10 à 20 grammes.
Elixir parégorique : 3 à 5 grammes.
Eau distillée : 500 grammes.
Une cuillerée à soupe avant chacun des deux principaux repas.
Une vingtaine de spécialités en France préparent des solutions de silicate qui ont l'avantage d’être mieux dosées en silice que les solutions des officines et qui permettent par conséquent de mieux juger ce que l’on fait. Nous avons
employé une solution titrée exactement à 25 % de silice assimilable. Nous en donnions 20 à 25 gouttes, 2 fois par jour au milieu des repas dans un peu d’eau sucrée.
Notons qu’à l'étranger, en particulier en Italie et en Allemagne, la médication siliceuse est très employée surtout dans l’artériosclérose et l'hypertension. Nous n’en voulons pour preuve que le nombre important de firmes pharmaceutiques sérieuses que nous ne nommerons pasici et qui s'occupent de la préparation de spécialités à base de silicate de soude.
L’inconvénient de ces solutions est leur goût désagréable.
Pour le masquer, on peut donner le médicament dans du lait ou dans de l’eau sucrée ou parfumée de menthe. Nous insistons encore sur la nécessité d’étendre beaucoup le silicate de soude, car sans cela, il risque d’irriter la muqueuse gastrique.
On peut donner aussi le silicate de soude sous forme de comprimés de 10, 15, 25, 40 centigrammes ou sous forme de granulés contenant par cuillerée à café, de 0 gr. 345 à 0 gr. 40. Mais l’on est certainement moins bien fixé sur les doses de silice que l’on administre à l'organisme avec ces dernières présentations qu'avec les solutions signalées plus haut.
B. L'administration du silicate de soude par injection
19 La voie sous-cutanée. -— Elle est impraticable. Les solutions de silicate de soude se précipitent dans le tissu cellulaire. Il se forme une tumeur dure et au bout de quelques jours, une escarre. Gye et Kettle ont étudié histologiquement le phénomène. La lésion est destructive. Quelques heures après l'injection de silicate, le lieu d’inoculation peut être reconnu comme une aire de nécrose à la périphérie de laquelle existe une émigration active de leucocytes dans les capillaires dilatés. Les lésions progressent quelques jours aboutissant à une lésion spécifique. Elle consiste dans une aire acellulaire de nécrose entourée par une zone de leucocytes dont beaucoup
sont en voie de dégénérescence. En dehors, est une seconde aire de nécrose qui est limitée par un tissu granuleux. Le tissu nécrosé cst absorbé par les macrophages et le tissu final est celui d’une organisation fibreuse inflammatoire.
D'ailleurs, l’introduction de la moindre goutte de solution siliceuse dans le tissu cellulaire est douloureuse.
20 La voie intraveineuse. — $i l’on a pu craindre d’administrer le silicate de soude par voie buccale à plus forte raison devait-on être prudent avant d’injecter le silicate de soude dans les veines.
Picot en 1872 signale l’expérience suivante : un chien pesant 6 kilogs reçoit en injection intraveineuse 75 centigrammes de sel; il meurten 24 heures. Le second reçoit 1 gramme, il pèse 7 kilogs ; il meurt en 30 heures. Les signes d'intoxication et les lésions constatées à l’autopsie sont analogues à ceux signalés plus haut pour les lapins et les souris tués par ingession de silicate.
Rabuteau et Papillon, à la même époque, tuent un chien par injection intraveineuse de 1 gramme de silicate de soude dilué dans 40 grammes d’eau. Ils observent des phénomènes de néphrite et d’entérite. Ces lésions furent confirmées à l’autopsie.
Von Vogl, un pharmacologue autrichien très en vue, tue un chien par une injection intraveineuse de 70 centigrammes à 1 gramme de silicatede soude.
Kobert en 1893 dit qu’il a répété les essais de Picot. Il montre qu’en injectant avec précaution une solution de silicate de soude faiblement alcalinisée et très diluée on ne produit pas d'accident toxique chez le chien.
Siegfried en 1901 injecte dans les veines d’un chat 15 mgr. de silicate de soude dilués dans 10 em d’eau. La mort se produit en 3 jours au milieu d’un syndrome entéritique avec selles sanglantes rouge foncé. A l’autopsie l’estomac contient dans sa partie pylorique quelques érosions hémorragiques toutes fraîches jusqu’à la grosseur d’une lentille. Toute lo muqueuse du grêle montre des hémorragies et des ulcérations
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augmentant vers le bas en nombre et en étendue. La lumière de l’intestin est encombrée d’un magma sanguin. Sous l’endocarde du ventricule gauche quelques petites ecchymoses. La vessie est remplie d’une urine foncée, non mélangée de sang mais riche en albumine et en silicate de soude, Au niveau du rein il existe de la stase de tous les vaisseaux de l'écorce et de la médullaire. Le foie et la rate montrent également de la slase.
Siegfried explique ces lésions par le fait que le silicate de soude agglutine les hématies; d’où embolies et hémorragies dans les organes chargés d’éliminer le silicate de soude : en particulier, le rein et la muqueuse gastro-intestinale.
Il fait remarquer que la dose employée dans son expérience est une dose trop massive pour un chat et insuffisamment diluée. [1 déclare à la fin de ses travaux être en complet accord avec Kobert et dit que le silicate de soude employé à doses convenables, en solution peu alcaline et très diluée, n’est pas toxique.
L'extension de cette méthode à l’homme allait montrer le bien fondé de cette opinion. Ce sont les docteurs Sartory, Scheffler eb Pélissier qui sont les véritables novateurs de cette médication silicatée intraveineuse. Ils font une communication à ce sujet à l’Académie des sciences en 1920.
Les auteurs commencent par expérimenter leur solution chez Je lapin. Ils constatent que ces animaux supportent de 1 centigramme à 1 centigramme et demi sans effet apparent. A partir de deux centigrammes il y a des phénomènes d'intoxication : fièvre, hémoptysie, amaigrissement.
Après ces expériences ils commencent à injecter prudemment 1 milligramme de silicate de soude dans les veines de l’homme. et augmentent progressivement jusqu’à un centigramme. Ils se servaient d’une solution contenont 5 milligrammes par ccÿ. Jamais aucun accident toxique immédiat ou éloigné ne s’est produit. En particulier les auteurs n’ont jamais constaté aucun trouble du globule sanguin.
Nous avons employé nous-même une solution de silicate de soude à 1% en ampoules de 5 cmÿ,
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Nous avons injecté régulièrement à jour passé 1/4 de cm° de cette solution dans les veines d’un lapin jusqu’à 12 injections. Nous avons fait 3 séries de 12 injections espacées de 15 jours. Nous n'avons jamais constaté aucun accident, aucune modification du poids ou de la température de l’animal.
Chez un autre lapin nous avons injecté toujours dans les veines de l'oreille 3 cm, 3 cmÿ, et jusqu’à 5 cm$ sans constater aucun accident. La lapin n’a pas varié de poids. La 6 n’a subi aucune modification.
Chez l’homme nous commençons par 1/2 ampoule de 5 cm de la solution à 1% pour passer dès la seconde injection à. l’ampoule entière. Nous faisons une injection à jour passé et une série de 12 injections.
Nous n’avons Jamais eu aucun accident, jamais d’albuminurie toxique, Jamais d'augmentation de pigments biliaires dans le sang ou dans l’urine. Pourtant les doses étaient plus fortes que celles employées par les docteurs Scheffler, Sartory et Pélissier.
Nous signalerons cependant un inconvénient : il faut faire l'injection intraveineuse avec beaucoup de soins pour ne pas provoquer d'infiltration du tissu cellulaire sous-cutané C'est là une simple question d’attention; la douleur provoquée avertit vite que l’on est dans la mauvaise voie.
En somme on peut administrer le silicate de soude de deux façons.
10 Par la bouche, à la dose de 2? grammes par jour, et de préférence en solution. Ce traitement peut être continué très longtemps.
2° Par voie intraveineuse sous la forme d’injections de 5 cm° d’une solution à 1:%. Ces injections se faisant par série de 12 et à raison d’une injection à jour passé.
Maintenant que nous savons ce qu'est le silicate de soude, que nous connaissons ses propriétés chimiques et biologiques, ses divers modes d'administration, son absolue innocuité s’il cs administré à doses convenables et en solution peu alcaline, nous pouvons passer aux applications thérapeutiques proprement dites.
Nous avons vu dans le courant de notre exposé que le silicate de soude à été employé comme antnnfectieux, antifermentatif, antiacide, antigoutteux. Nous savons aussi qu’une bonne part de ces propriétés revient non à l’action spécifique du silicate de soude mais à l’alcalinité de ses solutions. D’ailleurs l’expérience nous montre que la thérapeutique silicatée n’a pas été conservée dans ces cas-là. Nous ne nous occuperons donc pas de ce point de vue et nous limiterons notre sujet aux troubles pathologiques où le silicate de soude agit réellement par lui-même en apportant un surplus de silice à l’organisme, c’est-à-dire aux carences siliceuses.
Le Silicate de Soude dans la thérapeutique de l’artério-sclérose et de l'hypertension.
L’artériosclérose est le véritable domaine thérapeutique du silicate de soude. C’est là surtout que ce médicament a été et est encore employé: c’est là qu'il donne ses résultats les plus nets.
Decène Olivier peut être considéré comme le véritable précurseur du traitement de l’artériosclérose par le silicate de
Lapouge, 4
soude. Dans son livre Les silicales en thérapeutique, publié en 1906, l’auteur cite sa très intéressante auto-observation. Il utilisa d’abord le silicate de soude pour lutter contre des gastralgies périodiques qui étaient devenues insupportables.
«J’atteignis, dit-il, le résultat que je cherchais en quelques jours. Ce n’est que vers la fin de 1901, que je me décidai à reprendre l’usage des silicates à la dose de 6 cuillerées à café par jour de la solution à 8 %, ceci pour lutter contre mes vertiges. Je constate après 4 ans de traitement que mes forces sont revenues, mon poids a augmenté, les vertiges ne sont plus aussi forts qu'ils l’étaient. En même temps les signes de présclérose ont disparu. Mes artères ne sont plus dures et cordées, mes veines ne sont plus gonflées et dans l'effort il ne se manifeste plus la congestion menacçante d’autrefois »
Voici donc l’attention attirée sur le rôle du silicate de soude dans la lutte contre la présclérose.
Bodin, en 1907, signale dans le Mémorial de thérrpeutique, quelques bons résultats et particulièrement l’action hypotensive du silicate de soude.
Tout cela n’était en somme que constatations empiriques. Les auteurs ne s’expliquaient pas pourquoi le silicate de soude pouvait lutter contre l’artériosclérose.
Le docteur Scheffler a essayé de tirer au clair cette question, en 1908, en émettant sa théorie de l’artériosclérose. Il a poursuivi ses travaux jusqu’à ces dernières années avec le professeur Sartory et le docteur Pélissier. C’est le docteur Scheffler et ses collaborateurs qui réellement mettert au point le traitement de l’artériosclérose par le silicate de soude et enrichissent cette thérapeutique de la médication par voie intraveineuse.
Avant d'aller plus loin rappelons quelques généralités sur l’artério-sclérose.
Les lésions peuvent se résumer ainsi : d’une part, épaississement fibreux des parois artérielles; d'autre part, infiltration calcaire de ces mêmes parois sous forme de carbonate de chaux. À cette infiltration calcaire s'ajoute souvent ou se juxtapose une infiltration cholestérique.