TOME
Voyons si au point de vue clinique l’on est arrivé à des résultats plus nets.
Plusieurs auteurs ont fait remarquer que certaines préparations végétales employées autrefois favorablement contre la tuberculose contenaient toutes une proportion importante de silice. Parmi ces végétaux la prêle est au premier rang. J. Chevallier lui a consacré un travail intéressant,
Ce n’est que vers 1920 que l’on commence à publier des travaux spéciaux sur la thérapeutique siliceuse de la tuberculose. C’est en effet à cette époque-là qu’un Allemand, le professeur Kuhn, essaie d'introduire dans la thérapeutique de la tuberculose, le silicate de soude. Il a administré le silicate sous forme de comprimés, de solutions et surtout sous forme de silicate de soude à 1 % en injections intraveineuses.
Il a essayé de combiner la thérapeutique siliceuse et la thérapeutique calcique. Ces deux médicaments ne peuvent être employés à la fois car il se forme des composés insolubles mais l’auteur conseille l'emploi alterné des dcux produits.
C'est en particulier avec les injections intreveineuses de silicate de soude qu’il obtient les meilleurs résultats. C’est d’après lui la seule voie qui garantisse l’apport direct du médicament au poumon. Il n’a Jamais eu d’accident.
Se basant sur une longue expérience, sur de nombreux cas traités, l’auteur prétend avoir obtenu de bons résultats au point de vue prophylactique et au point de vue curatif à condition de poursuivre le traitement pendant très longtemps au besoin pendant des années.
Les résultats cliniques les plus souvent obtenus sont : la régression des phénomènes catarrheux, l’augmentation de l’appétit et du poids corporel. Dans l’ensemble l’évolution de la maladie devient plus chronique. L'auteur constate par ailleurs les phénomènes leucocytaires que nous avons signalés plus haut.
Zickgraf dit avoir obtenu de bons résultats avec de la poudre de prêle. L’expectoration devient insensiblement moins intense; les phénomènes stéthacoustiques s’amendent, l’ap-
pétit est moins capricieux, la diarrhée s’il ÿ en a devient moins fréquente ou cesse et les forces enfin se relèvent.
Ferdinand Mattaush emploie un silicate organique, le silistren (Ether tétraglycolorthosilicique).
L'auteur emploie ce médicament dans 11 cas de tuberculose caséeuse, progressive avec température rémittente, sueurs nocturnes, malaises toxiques et diminution du poids. Après deux ou trois mois de silistren l’auteur a constaté une cessation de sueurs nocturnes, de malaises toxiques, une baisse de température de quelques dixièmes, un accroissement de poids de ? à 7 kg. Parmi les signes fonctionnels il ÿ a diminution de l’expectoration.
L'auteur a l'impression de se trouver devant l'arrêt probable d’un processus progressif avec tendance évidente du foyer pulmonaire à l’induration et à la sclérose.
Kesseler en 1920 essaie lui aussi l2 traitement silicaté en donnant des doses correspondant à 43 et jusqu’à 272 mgr. de silice par jour. En dehors de la réaction leucocytaire 1l ne trouve pas d'amélioration du tableau clinique.
Cependant dans l’autopsie d'un suicidé traité de cette facon il trouve une importante formation de tissu conjonctif et l’encapsulation de nombreuses lésions pulmonaires.
Helwigg trouve en J921 que le traitement siliceux de la tuberculose améliore nettement la formule d’Arneth. Au point de vue clinique il dit avoir obtenu des améliorations même dans les tuberculoses ulcéreuses avancées.
M. Bagendorfer et Winterfeld (Therap. de Gegenwart, 1922, p. 404), signalent avoir obtenu de grosses améliorations dans la tuberculose pulmonaire l’un avec des injections intraveineuses de silicate de soude, l’autre en employant la voie buccale.
Parscotre-Kadish}(Beitr. zur Kind, 4192200 jamais trouvé d’amélioration. L'on trouve enfin des travaux importants dans la littérature italienne sur ce sujet en 1924 et 1926, en particulier de Valerio F. et Bertarelli E.
Tels sont à notre connaissance les principaux auteurs ayant
Op
participé à l’étude des résultats cliniques du traitement de la tuberculose par la silice en général et les silicates en particulier. Nous voyons qu'il existe des résultats encourageants. Cependant les auteurs sont souvent très vagues, très imprécis dans leurs constatations. Là aussi il existe quelques contradictions puisque malgré de nombreux auteurs Kadish tient la méthode pour inopérante.
Nous avons nous-même essayé de donner du silicate de soude en ingestion à huit malades tuberculeux; nous nous sommes heurtés à des troubles d’intolérance gastrique qui empêchaient un traitement suivi. Les injections intravcineuses ne donnent pas cet inconvénient et sont certainement beaucoup plus actives. Notre expérimentation n’est pas asscz longue pour pouvoir conclure catégoriquement dans un sens ou dans l’autre.
Malgré beaucoup de contradictions, d’imprécisions, il reste en faveur de la thérapeutique siliceuse de la tuberculose des principes, des constatations cliniques auxquels se rattachent les noms de pathologistes éminents comme ceux du professeur À. Robin, du professeur Kuhn, de Zichgraff, de Kahle et de bien d’autres.
Nous avons simplement voulu attirer l’attention sur cette thérapeutique qui semble avoir été méconnue en France depuis que le professeur A. Robin en avait posé les fondements. C’est une méthode qui mériterait une expérimentation longue sur de nombreux malades. Nous croyons que ce sont les injections intraveineuses de silicate de soude qui seraient susceptibles de donner les meilleurs résultats. C’est d’ailleurs l’opinion de Kuhn,un des plus éminents défenseurs de cette méthode.
En tout cas cette thérapeutique ne peut avoir la prétention de remplacer les moyens classiques que nous possédons pour lutter contre la tuberculose. Ce ne peut être qu’un traitement adjuvant au même titre que le traitement calcique. Les deux traitements pourraient d’ailleurs alterner comme le
propose Kuhn.