LE SILICATE DE SOUDE ET LE CANCER
Dans la littérature l’on trouve quelques travaux en faveur du traitement siliceux, en particulier sous forme de silicate dans le cancer.Nous pensons qu'il est intéressant de les signaler.
Un Anglais, Fawcett Battye en 1874, vante l’action de la silice dans la thérapeutique du carcinome.
Deux Allemands, Zeller et Gzerny, attribuent un rôle primordial au traitement siliceux dans la lutte contre le canccr.
Ils prescrivent ce traitement sous la forme de silicate de soude associé au silicate de potasse et administré par la bouche. En 1912, ils présentent un certain nombre de papillomes et de cancers superficiels guéris par le traitement silicique combiné il est vrai avec l’application locale d’une pâte caustique.
Régnault, de Toulon, est d’une opinion analogue.
Plus récemment le docteur “lerbert Pollak prétend avoir cbtenu la guérison ou au moins la rémission d’un carcinome gastro-hépatique inopérable à la suite de la thérapeutique siliceuse.
À. Robin, dans une communication à l’Académie des scienccs en Janvier 1921, a montré que sous l’influence d’un traitement minéral de 2 à 4 mois comprenant de la silice, dela chaux, de la magnésie, ces éléments se fixent comme il suit dans une tumeur cancéreuse :
La magnésie augmente de 6 %.
La silice augmente de 58%; La chaux augmente de 34%;
tone
Il en conclut que la fixation de la silice, de la chaux, de la magnésie dans les tissus cancéreux contribue à la défense organique contre le cancer et justifie l'emploi de ces agents médicamenteux.
Notons la fixation importante de la silice.
Rossi en 1928, dans un article publié dans Policlinico étudie l’action du silicate de soude en injections intraveineuses sur les tumeurs malignes inopérables. Il l’'emploie d’abord à la dose de 2? centigrammes pour 2 ccè d’eau distillée et monte à 5 cg. Il fait une série de 20 injections, les injections ayant lieu à jour passé. L'auteur a employé ce traitement dans le carcinome inopérable de l’œsophage, de la petite et grande courbure de l’estomac et du rectum, le carcinome mammaire, le carcinome de la parotide, le néoplasme malin de la langue, V’épithélioma du col et du corps de l’utérus inopérable, toutes tumeurs très avancées.
Il conclut que les nécplasmes ulcérés et sanguinolents après une dizaine d’injections se détergent et donnent un liquide séreux moins sanguinclent. Le silicate de soude semble favoriser la formation du tissu conjonctif et du tissu cicatriciel proportionnellement à la durée de la cure et de la dose administrée. Ce traitement peut diminuer la douleur et mettre le malade dans de meilleures conditions de nutrition.
De toute façon ce n’est là qu’un traitement adjuvant.
Dupuy de Frenelle dans une communication à la Société de Médecine de Paris en 1930 insiste sur la nécessité du traitemct siliceux chez le cancéreux qui agit de deux façons :
a) En rétablissant l'équilibre minéral de l'organisme.
Se basant, en effet, sur les travaux de A. Robin cités plus haut il en déduit que l’activité des divers médicaments minéraux doit être proportionnelle à leur degré de fixation dans la tumeur. Ge serait donc la silice qui est la plus active, puis viennent la chaux et la magnésie.
La silice doit donc Jouer un rôle important dans le rétablissement de l’équilibre minéral de l’organisme menacé de cancer ou de récidive de cancer,
b) Il aide à consolider la barrière conjonctive opposée par l'organisme à l’invasion des cellules cancéreuses.
L'auteur conclut que pour raréfier les récidives chez les cancéreux opérés, il faut pendant de longues années soumettre ces malades à la thérapeutique siliceuse alternée avec la thérapeutique calcique, magnésienne et ferrique.
En janvier 1933, Leriche de Joigny publiait dans le Progrès médical, un article sur les rapports de la fréquence du cancer et de la constitution chimique du sol. Il rappelle les travaux de Jules Barth en Suisse portant sur 178 districts et qui concluent que les régions dont la mortalité cancéreuse est la plus faible sont celles dont le sol est le plus riche en silice. Les régions les plus calcaires sont celles qui donnent la mortalité par cancer la plus forte.
Des observations analogues furent faites en Allemagne par Karl Kalb, en Italie par Printzing.
En France si l’on s’en rapporte à la statistique de Ichock sur les principales causes de décès, on voit que le minimum de mortalité par cancer se trouve en Lozère et le maximum dans la Seine. Or le sol de la Lozère est constitué de roches cristallophyliennes et granitiques, riches en silice.
Leriche voit dans ces constatations un argument de plus en faveur de la thérapeutique siliceuse du cancer. Nous devons dire que le silicate de soude, employé par nous, sous forme d'applications locales et d’injections intraveineuses chez trois cancéreux avancés (1 cancer de la parotide et 2 cancers cutanés) ne nous à pas donné de résultats sensibles.
Nous avons fait quelques modestes expériences à ce sujet, sous l’instigation de M. le professeur Sabrazès, à l’Institut Bergonié. Nous avons greffé sous la peau de l'abdomen de 8 rats une tumeur cancéreuse (un carcinome). Nous les divisons en deux groupes de quatre : Le premier groupe recoit 2 cc, d’une solution de silicate de soude à 40 % dans sa nourriture matin et soir, soit 20 centigrammes par jour pour chaque rat.
Le second groupe ne reçoit pas de silicate de soude.
Les tumeurs se sont développées dans les deux groupes
d’une façon absolument semblable, au point de vue de la rapidité et du volume des tumeurs. Certaines circonstances matérielles ne nous ont pas permis de pratiquer l’autopsie des animaux.
En somme nous croyons que le silicate de soude ne peut pas avoir d'effet curateur sur le cancer. Mais les divers travaux publiés, en particulier ceux de A. Robin, de Dupuy de Frenelle, nous permettent logiquement de dire que le traitement siliceux en général et en particulier sous forme de silicate de soude est un élément important de réminéralisation de l’organisme cancéreux et doit être employé au mêmetitre que le magnésium, dans la prophylaxie du cancer et surtout chez tout cancéreux opéré pour éviter dans la mesure du possible la récidive.