VI. — LA DOCTRINE CATHOLIQUE
Protestantisme.
Du moins, dira-t-on, il est bien difficile
l’'admettre que la foi des Sillonnistes n’ait pas
ens animés d’un véritable prosélytisme relijieux; comment, au contact de ces protestants
es concessions qui doivent forcément entamer intégrité de leur catholicisme? Voilà la difi- Cuilté ; nous la présentons dans toute sa force et
entre Sillonnistes et protestants pour discuter les
hoses religieuses ; la collaboration se fait sur le
ain de l’action civique, et uniquement de façon
illonnistes et des modernistes et il sait ce qu’ils entendent par L« beauté de l’Idéal ».
(Gazette de France, 26 avril, 1908.)
Les mœurs d’une certaine presse à cet égard sont vraiment ifieuses : une feuille formule une accusation sans preuves, autre reproduit ; une troisième répète en disant : « Des s bien informés affirment » ; etc... Et pourtant il serait si » de s’informer des doctrines du Sillon : il n’y aurait qu’à les écrits des Sillonnistes.
à Monseigneur Fava, évêque de Grenoble d sa lettre du 22 juin 18092 : « Tout en se te
ferme dans l’affirmation des dogmes et pur tout compromis avec l’erreur, il est de la prude chrétienne de ne pas repousser et, disons mie de savoir se concilier, dans la poursuite du bie soit individuel, soit surtout social, le concou: de toutes les honnêtes gens. »
En cela les Sillonnistes ne font pas un plus coupable que ces autres catholiques qui réunissent par exemple dans des ligues anti-alcoc liques avec des protestants, et qui peuvent l faire non seulement sans encourir le blâme de
sont pas plus hardis non plus que le Pèr Edouard, franciscain, qui s’est publiqueme applaudi de la collaboration que les Syndicai
ques et protestants.
En second lieu il faut bien dire que les adw
VI. — LA DOCTRINE CATHOLIQUE 79 dit voir, à côté de tout groupe du Sillon, une n chrétienne protestante, et les jeunes gens
oliques et protestants se réunissant un soir 1 Sillon, un soir à l'Union, un soir écoutant
Parc Sangnier et un autre soir le pasteur Soulier.
eu d'en faire un grief spécial aux Sillonnistes. Dans le Sullon, Esprit et méthodes, Marc Sanr dit ce qu’il pense du catholicisme et du
rOtestantisme au point de vue social :
& Quant au catholicisme, nous croyons que c’est le iristianisme intégral, fait non seulement pour perfecjnner les âmes individuelles, mais pour unir les
tions démocratiques (1) des peuples : c’est le chrisnisme social ».
Marc Sangnier a assez répété que le catholicisme est auessus de toutes les formes particulières de gouvernement pour ALon n’essaie pas de dénaturer la pensée qu’il exprime ici : il ne dit pas que le catholicisme postule la démocratie, que la démocratie peut moins se passer du catholicisme que les autres formes de gouvernement, puisque les auteurs lésiastiques disent eux-mêmes qu’elle réclame plus de vertu.
. sent comme des diminutions de l'idéal chrétien VUE hérésies, qui, sans doute, soutiennent des erreurs. doctrine, offrent, par aïlleurs, ce caractère commun € ne présenter que des vérités incomplètes et tronqué et ne semblent pas assez vigoureuses pour mair l'unité vivante de la vraie doctrine. C’est ainsi que catholicisme se distingue des sectes protestantes, enp;
Li ticulier, parce qu'il est non seulement une relig K d'individus, mais une religion de sociétés. » (x)
ee
4 prudence n’a pas empêché qu’à propos d’une de ces réu
j parfaitement légitimes et semblables à celles que tiennent\l !, ligues anti-alcooliques et d’autres groupements semblab!
1 une foule de journaux ait reproduit sous des formes diverse l'information dont voici deux spécimens : : j « On connaît la fusion qui vient de se produire entre Fr jeunesse sillonniste et la jeunesse protestante ». (Le Catholiqu de Dijon, 19 janvier 1900.) 4 « Le dimanche 12 janvier, il y a eu fusion de la jeunes L sillonniste et de la jeunesse protestante de l’Union chrétien de Paris. » (Courrier du Pas-de-Calais, 15 janvier 1900.) Une rencontre momentanée pour une séance de travail transforme sous la plume bienveiïllante des rédacteurs de ce feuilles en une fusion : c’est fait, dorénavant sillonnistesM protestants récitent le même Credo ; woïlà le public bien! seigné !
Vers la fin de l’année 1907, Marc Sangnier fut invité donner une conférence au Raïncy dans un local qui sert 31 fois de Temple protestant et de salle de réunion où l’on donn
rotestants de bonne volonté ne suppose chez illonnistes aucun affaiblissement de leur foi
« Demandons À Dieu qu’il assure davantage encore séries de conférences sur des sujets non religieux. Le ésident du Sillon eut soin de spécifier que sa conférence vrait être isolée, c’est-à-dire qu'aucun exercice religieux urait lieu, soit avant, soit après, qui pût faire croire au ic que la conférence en question eût un lien quelconque ces exercices ; toutes les mesures furent prises pour que arc Sangnier se trouvât dans les conditions d’un conférencier ue ceux qui venaient parler dans cette même salle comme Pauraïent fait dans un local public quelconque. Tous ces ails se trouvent dans le numéro de l’Eveil démocratique du décembre 1907.
Or voici ce que, sous la plume de Monsieur l’abbé Fontaine, levient cet acte si simple : « le directeur du Sillon.…. s'est é jusqu’à vouloir établir une fusion entre les jeunes cathoues qui subissent son influence et les unions protestantes M. Ed. Soulier est le secrétaire. MM. Sangnier et Soulier donnent la réplique, et l’apôtre du Sillon prêchait dernièreent son nouvel Evangile dans le temple protestant du Raïncy.» modernisme sociologique, p. 104.) Evidemment voilà de rendre Marc Sangnier haïssable : maïs c’est une informa- » fausse, totalement déplacée dans un livre, où de toute ence, l’auteur a voulu faire œuvre de haute et saine criue.
LE SITLON. — 6
| mais — et cela est peut-être parfois une
la partagent pas.
que les Sillonnistes apprennent bien le ca
plus seulement en face des a: qui la blâ
délicate — en face de collaborateurs et d’amis
Demandons-lui aussi de resserrer encore les liens l’indissoluble amitié qui nous unit à ceux qui, geant toutes nos convictions, toutes nos espér. nc notre foi tout entière, s’agenouillant à la même Te se nourrissant du même Christ, sont pour nous des ar et des confidents tels qu’il semble bien que nous soyons plus qu’un avec eux. »
N’avions-nous pas raison de dire tout à l’heu chisme ? On vient de voir comment, sur les gr: À questions qui regardent directement Île dog catholique, ils ne veulent croire que ce qui est enseigné par l’Église ; le chapitre suiva montrera que c’est également et uniquement # l’enseignement de l’Église qu’ils règlent le jugements en ce qui regarde les questions mixt