POURQUOI CES PAGES
r à tout prix que le lecteur pût se demander le Sillon, tel qu’il le trouvera dans ce livre, est bien le Sillon tant discuté et tant critiqué.
4 En achevant de parcourir ces pages on éprouvera, du moins nous le souhaitons, le désir de se renseigner plus complètement puisque, cette “vie si complexe du Sillon, nous la prenons ici “sous un seul de ses aspects, celui par où elle ; préoccupe, inquiète ou intéresse l'opinion catho-
Comme on ne voit pas, à la tête du Sillon, un conseil où “des délibérations se prennent à la majorité des voix, on dit, L. dans certains milieux, que le Sillon est dirigé par son seul Président. Rien n’est plus faux, car il n’y a aucun mouvement où les décisions prises expriment mieux la volonté de L'tous. Peut-être objectera-t-on que tous les Sillonnistes oublient leur propre avis pour se ranger à celui du Président, ce qui (permet d'obtenir l'unité ? Mais dans la réalité, les choses se | passent tout autrement : dès le commencement, et maïntenant | comme toujours, toutes les questions intéressant la marche | “du Sillon ont été étudiées en commun : on ne délibère jamais pour voter, car on ne vote pas, mais on discute avec ume scru- …puleuse attention les résolutions à prendre. Cela se fait dans | les Congrès, dans les journées sïllonnistes, dans les réunions k de délégués, dans les conversations des Sillonnistes et aussi par la correspondance incessante échangée par les camarades de province avec le secrétariat général. Pour qui a vu cela de près, il semble difficile qu’il y ait un autre mouvement où «l'opinion du plus obscur camarade arrive parfois à devenir … l'opinion de tous, comme cela se produit au Sillon. Cette una- …nimité que le Sillon obtient est bien supérieure, pour l’orien-
informé que tant d’autres qui, pour se faire une
idée sur les Sillonnistes vont se renseigner dans. des publications où leurs idées et leurs actes, tra=
vestis et défigurés deviennent tout-à-fait haïssa-
Sillon; notre lecteur sera ce :
bles. C’est de ceux qui procèdent ainsi que Marc
* tation ferme de son travail, au petit jeu des majorités et des minorités que d’aucuns, du dehors, voudraient lui substituer.
Reste une objection : Ces jeunes gens prétendent-ils donc
être compétents ? — On peut répondre qu'ils prennent judr-
cieusement les moyens de l'être : L'œuvre de formation civique
qu'ils poursuivent soulève une foule de problèmes économiques, . :
juridiques, politiques, théologiques ; pour ne point agir comme des gens insuffisamment informés, les Sillonnistes ont pris, dès le commencement, la bonne habitude de faire appel aux lumières des hommes les mieux qualifiés pour avoir une opinion motivée sur ces questions. Ils ont recouru à des théologiens, à des juristes, à des économistes, et ces graves personnages n'ont pas dédaigné et continuent à ne pas dédaïgner de venir travailler avec eux. Quelques-uns ne collaborent que d’une façon passagère et intermittente, mais d’autres tiennent À demeure constamment à la disposition des Sillonnistes.
Et puis, il faut considérer que tandis qu’on passe pour jeune.
on va prenant de l’âge, et que, si cela se prolonge, on finit pas n'être plus jeune du tout. Les majeurs, les électeurs sont aujourd’hui le grand nombre au Sillon, tandis qu'il y a dix
ans, ils formaient une faible minorité : Les Sillonnistes mariés
étaient jadis l’exception, aujourd’hui, on ne les compte plus. Les Sillonnistes étaient étudiants il y a douze ans et il y en
s tristesse : « Et ces braves gens continuent , se documenter sur ce qu’est le Sillon, dans
aillent ou l’injurient. Et ïls continuent à
ont plus : ils sont docteurs en théologie, en droit, en méde- 1e, ils sont ingénieurs ; ils sont agrégés des lettres et des iences. Sans doute, ils recourront toujours à des compé- Ÿ ces extra-sillonnistes qu'ils révèrent; mais ils sont euxmes de plus en plus, des hommes compétents.
Marc Sangnier. Le plus grand Sillon, p. 4.