‹ Le Sillon et les catholiquesChapitre 7 sur 109 · IT. — IDÉES MAITRESSES · texte numérisé non relu

IT. — IDÉES MAITRESSES

“ Peut-on dire qu’une telle conception de l’éducation civique soit déraisonnable? Que ces vues “générales sur ce que la démocratie a de plus “essentiel aient quelque chose d’utopique ?

— Si, comme d’aucuns le prétendent, Marc San- “ynier et ses amis soutenaient qu’en démocratie ‘chacun doit être capable de décider sans l’assis-

ss y

“tance de personne, sur tout ce que réclament les

“besoins de la vie nationale; s’ils assignaient “comme but à l’éducation civique d’élever chaque “citoyen à une pareille hauteur, ils ne mériteraient M pas qu'on perdit cinq minutes à discuter avec | eux. Mais la distinction entre l’élite et la masse “met les choses bien au point : la masse suit, mais ï intelligemment et point en aveugle; l'élite conuit, mais par la parole qui convainc, par l’exem-

«… C'est bien ainsi qu’on emploie ce mot, quoi qu’en disent NM. l'abbé Barbier et M. l’abbé Fontaine : les journaux catho- …liques en effet ont souvent parlé de la calotte rouge et du cléri- “calisme maçonnique. Oui, dans l'esprit public, le mot de “cléricalisme signifie bien la maïn-mise du pouvoir spirituel sur “le temporel ou du pouvoir temporel sur le spirituel. Par clérihcalisme, une grande partie du peuple entend le gouvernement des curés ou l'influence ecclésiastique dans le gouvernement, et cette même partie du peuple confond la religion avec le

ple qui entraîne, et point à la façon des meneurs

pour qui tous les moyens sont bons; la dignité civique et humaine est sauve pour tous.

En voudra-t-on aux Sillonnistes de ne pas reconnaître les classes dirigeantes? Mais bien avant eux, l’École de la Paix sociale, par l'organe de son illustre chef Frédéric le Play, déclarait qu’il n’y a plus de classes dirigeantes, mais seulement des hommes dirigeants, et que ces hommes se rencontrent dans tous les milieux.

Les adversaires de la démocratie peuvent la déclarer dangereuse, inopportune, néfaste même, c’est leur point de vue. Ce qu’ils ne sauraient faire, c’est de démontrer que la conception sillonniste de la démocratie renferme de l’illogisme.

Et même il leur devient de plus en plus difficile de ne pas reconnaître que la démocratie s’impose comme un fait. Ce n’est pas un sillonniste,

cléricalisme, ainsi entendu ; elle se détourne de la religion en disant qu’elle ne veut pas du gouvernement des curés. Elle devrait voir que les curés sont bien loin de gouverner le temporel, puisqu'on cherche même à les empêcher d'exercer le gouvernement spirituel, maïs l’alliance des mots et des idées reste tenace, et il demeure nécessaire de dire que la religion n’est pas le cléricalisme en ce sens qu’elle n’est pas le gouvernement temporel des curés

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