‹ Le sire de BacquevilleChapitre 2 sur 29 · INTRODUCTION. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. III

par des rivalités de collège à collège luttant sur le même thème et opposant, si jmrva licet componere magnis, des Plièdres de Pradon aux Phèdres de Racine.

Notre époque, qui collectionne tout, qui sait faire des musées vraiment intéressants et instructifs avec des débris longtemps dédaignés, s'est avisée bien tard de rechercher les documents tout-à-fait éphémères qui sont devenus des plaquettes fort appréciées aujourd'hui.

Il est regrettable que leur intérêt réel n'ait pas été compris dès le temps où le duc de la Vallière réunissait avec un goût si éclairé tous ces manuscrits de Moralités et de Mystères, qui sont devenus une des principales richesses de la Bibliothèque de l'Arsenal.

Honneur à M. de Soleinne venu trop tard sans doute pour réunir un riche ensemble, mais assez tôt encore pour sauver quelques épaves et donner un exemple de patientes recherches qui a trouvé d'intelligents imitateurs !

Il avait bien eu un précurseur, Pont de Veyle ; mais déjcà le premier rudiment de recueil était dispersé. Il avait été glané au hasard dans des collections d'opéras et surtout de ballets.

On comprend l'excessive rareté de ces feuilles volantes qui n'étaient pas destinées à survivre aux solennités des collèges dans lesquelles on les distribuait aux assistants.

Ces programmes servaient surtout à faire connaître les acteurs et à suivre les paroles mises en musique.

Page 1