AVOCAT GÉNÉRAL DE LA LIGUK DES LÉZARDS DECORATIFS
Mesdames, Messieurs,
Je suis heureux (Votre auprès de vous Finterprète des sentiments de la Ligue des Lézards Décoratifs et de vous remercier en son nom du bienveillant empressement avec lequel vous avez répondu à son appel .
Et cependant vous ne la connaissiez pas. Vous ne soupçonniez même point son existence.
Aussi je vous demande la permission de vous la présenter et de la placer sous votre gracieux patronage.
Son histoire est bien intéressante, et je veux vous la conter en quelques mots.
Li-bas, à Montparnasse Près du chemin de fer de la ligne de Brest (1),
quelques jeunes gens poussés par je ne sais quelle communauté de sentiments se rencontrèrent réunis dans le culte d'une môme Egérie, qui n'était autre, sans doute, que la vieille gaieté gauloise.
Ce fut le noyau de la Ligue des Lézards Décora tifs.
A ceux-là bientôt vinrent s'en joindre d'autres également partisans des joyeux deviz et des luttes de l'esprit. — Et la Ligue se trouva définitivement fondée.
Immédiatement chacun s'adjugea une dignité — (cela sied bien par ce temps d'égalité démocratique), — si bien que la Ligue ne compte que des Hauts Dignitaires. — Outre son Président, qui allie à la majesté décorative la sérénité et la placidité d'esprit, qui sont le propre de ce genre de magistrature, elle a son Grand Aumônier^ son Ministre des Beaux-Arts, son Connétable, — voire son Néophyte à vie, — et tant d'autres qui remplissent leurs hautes fonctions avec un zèle et un désintéressement dignes d'éloges.
De but, la Ligue à son berceau n'en eut point — elle n'en a pas davantage aujourd'hui, et les statuts en proclament l'inutilité.
A quoi bon un but déterminé? N'est-ce donc
\. Adrien Hanotelle, Lettre d'un délégué de province.