‹ Le socialisme à l'œuvreChapitre 20 sur 56 · ENTREPRISES · texte numérisé non relu

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L'économie de la réforme, en effet, est clair. On supprime les actionnaires ; on supprime les dividendes. Et sans doute, il faut porter en compte à leur place les in-

térêts et amortissements des emprunts municipaux. Mais la différence n'est point négligeable. On a calculé, par exemple, qu'à Londres, les trois Compagnies du gais la Gas Ligkt^ la Commercial et la South Melropolûan donnaient des dividendes de 5 i/4, 12 3/4, 13 1/2 0/0; tandis que les communes empruntaient à 2 1/2, 2 3/4 ou tout au plus 3 <^/0,

Aussi, la première conséquence qui résulte habituellement de la municipalisation, c'est une diminution des prix. Edgar Milhaud, réfutant des allégations de M. P revêt, en a fait la démonstration très précise pour la régie du gaz dans les communes suisses. « Voici des chiffres : les Bâlois payaient leur gaz d'éclairage, à la ville, 20 centimes, et leur gaz de chauffage 45 centimes, quand les Parisiens payaient leur gaz pour tous les usages 30 centimes. Prenons quelques villes françaises voisines de la Suisse, et notamment de Genève : Annecy, Bonneville, Aix-les-Bains, Chambéry. Les conditions d'approvisionnement de la houille étant approximativement les mêmes, la comparaison est légitime. Or, tandis que le mètre cube est vendu par la municipalité genevoise, pour tous les usages, 22 centimes, il est vendu par la Compagnie de Chambéry 25 centimes ; par celle d'Annecy, 22 centimes pour le chauffage et 28 centimes pour l'éclairage ; par celle de Bonneville, 30 centimes pour tous les usages; par celle d' Aix-les-Bains, 35 centimes pour tous les usages. En outre, le même compteur qui est loué à Genève 3 francs est loué à Annecy 5fr.04 (42 centimes par mois), à Aix-les-Bains et à Chambéry 8fr. 40 (70 centimes par mois), et à Bonneville 12 francs (1 franc par mois). Il faut ajouter qu'à Bonneville une somme de 0 fr. 20 par mois, c'est-à-dire 2 fr. 40 par an, est à la charge de l'abonné pour vérification et entretieB

des branches, tandis qu'à Genève, ainsi que dans les autres exploitations municipales suisses, ce service est assuré gratuitement. De quel côté sont les prix « extrêmement élevés ^ » ? »

En réalité, comme le déclare M. Angelo Majorana, qui fut rapporteur à la Chambre italienne de la loi de 1903, lés municipalités tendent sensiblement à réaliser la loi de Neumann, la « gravitation des prix vers le coût». On s'est même demandé si, du moins pour les services correspondant à des besoins primordiaux, les municipalités ne devaient pas s'interdire de réaliser des bénéfices et régler strictement leur prix de vente sur leur prix de revient. C'est ce qu'a fait Birmingham pour les eaux. Il fut décidé que les bénéfices éventuels ne seraient jamais prélevés pour venir en déduction d'impôts, mais devraient être utilisés soit pour une amélioration des services, soit pour une réduction des prix de vente. Et, de fait, tandis que les installations recevaient des perfectionnements considérables, comme cela était nécessaire pour suffire aux besoins d'une ville dont la population passait (entre 1876 et 1900) de 380.000 à 510.000 habitants, on estime à 2.825.000 francs la réduction qui fut faite, durant la même période, sur leswater rents.

Cependant les villes ne sont pas privées, en général, des ressources financières qu'elles pouvaient tirer de leurs exploitations. A Birmingham même, un des arguments présentés par M. Chamberlain pour la municipalisation du gaz, fut que la ville devait trouver de quoi subvenir aux grandes dépenses qu'elle aurait à faire pour l'amélioration de ses rues et l'assainissement géné-

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