Territoires communaux
plus généralement attribuer, quand on ne la laissera pas à rÉtat, la direction — dois-je dire d'un sport ou d'une industrie ? — d'une chose qui, en tout cas, touche de très près aux intérêts de Tagriculture, la chasse. La question est infiniment complexe. C'est qu'en effet les intérêts en jeu sont multiples. Il y a d'abord l'intérêt des cultivateurs, si souvent victimes des déprédations du gibier ou du sans-façon des chasseur^ ; il y a l'intérêt des chasseurs, c'est-à-dire de tous ceux, riches ou pauvres, propriétaires ou non, qui se font de la chasse un plaisir ou une passion ; et il y a l'intérêt d,e la société qui consiste à multiplier le gibier considéré comme une ressource, et à faire de la chasse une véritable industrie, aussi productive que possible. Et par malheur ces intérêts ne s'accordent guère. Multiplier les chasseurs par des mesures aveuglément démocratiques, comme ce permis de chasse du dimanche, dont on parle de temps à autre, c'est anéantir le gibier; multiplier sans précaution le gibier, c'est faire courir grand risque aux récoltes ; protéger d'une manière trop exclusive le champ du cultivateur, comme le fit la Constituante * en décrétant qu'on ne pourra chasser sur le terrain d'autrui sans son autorisation, c'est condamner le non-propriétaire à chasser sur les routes et permettre qu'un seul propriétaire de lopin oppose son veto à tous les autres habitants delà commune, si ceux-ci désirent utiliser ou aménager la chasse du territoire communal.
Quelle solution convient-il donc d'adopter? Nous ne prétendons assurément pas traiter la question dans tous ses détails. Indiquons toutefois qu'il faut distinguer suivant la nature des terrains de chasse. S^agit-il des