‹ Le socialisme agraire; ou, Le collectivisme et l'évolution agricoleChapitre 24 sur 96 · Page · texte numérisé non relu

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bien plus à des prolétaires qu'à des fermiers capitalistes ou des propriétaires fonciers. Mais si leurs conditions d'existence sont aussi pénibles, parfois même plus pénibles que celles des ouvriers agricoles, ils possèdent en propre leurs instruments de travail, ils sont maîtres de diriger comme ils l'entendent leurs petites exploitations et, parle fait même, ils tendent à former une classe distincte du prolétariat proprement dit.

En agriculture donc, nous ne voyons pas, en général, les grandes exploitations absorber les petites. Mais cela tient-il à des causes permanentes et à des circonstances passagères ? C'est ce qui nous reste à examiner.

§ i . — La supériorité technique de la grande culture

Il est admis aujourd'hui, par tous les révisionnistes qui s'occupent de la question agraire, aussi bien par les « orthodoxes » comme Kautsky, que par les « révisionnistes » comme Hertz ou David, que l'agriculture évolue suivant d'autres lignes que la plupart des industries.

Certes, dans l'un comme dans l'autre cas, nous assistons à une transformation de la production et de l'échange dans le sens du capitalisme. L'économie d'argent se substitue à l'économie en nature. La pro-

priété se détache du travail. Mais, tandis que dans l'industrie, les entreprises à salariés gagnent constamment du terrain sur les entreprises individuelles, dans l'agriculture c'est plutôt le contraire qui tend à se produire, sinon dans tous les pays, du moins dans ceux qui ont la population la plus dense et la culture plus intensive.

Tout le monde est d'accord pour reconnaître ce fait, dans sa matérialité. Mais le désaccord commence lorsqu'il s'agit de l'interpréter.

On sait la controverse qui s'est élevée depuis quelques années spécialement en Allemagne, entre Kautsky, d'une part, et Hertz, Bernstein, David, d'autre part.

Dans son livre sur la Question agraire, Kautsky soutient que les progrès actuels du morcellement, dans certaines régions, ne prouvent nullement que la petite culture soit supérieure à la grande. Si cette dernière, malgré sa supériorité technique indiscutable ne l'emporte pas, si elle est même en recul, cela tient en partie à des causes transitoires, comme la concurrence des pays neufs et l'exode des ouvriers agricoles qu'attire l'industrie et en partie, aussi, à des causes inhérentes au régime capitaliste comme le sur-travail et la sous-consommation des petits cultivateurs. Tout ce que l'on peut dire c'est que la grande culture fondée sur le salariat n'a pas, ou n'a pas toujours, une supériorité décisive sur la petite culture par des paysans propriétaires ou loca-

taires. Mais cela ne prouve rien contre la grande culture par des paysans associés (i).

D'après David et les «révisionnistes », au contraire, l'agriculture obéit à d'autres lois que l'industrie. En agriculture, la production est avant tout, un procès organique ; en industrie, elle est surtout un procès mécanique. Cette différence fondamentale implique des méthodes de travail différentes et assigne au travail humain un rôle différent. Tandis que dans l'industrie, la division du travail, la coopération des ouvriers et des machines donnent aux grandes entreprises un avantage décisif, en agriculture, au contraire, ces trois facteurs ne jouent qu'un rôle secondaire, et ce rôle s'amoindrit à mesure que la culture devient plus intensive : dans la culture extensive du blé, par exemple, la machine fait les neuf dixièmes de la besogne ; puis, de degré en degré, sa part proportionnelle diminue, jusqu'à se réduire à près de zéro, dans la culture maraîchère ou le jardinage proprement dit. Or, à mesure que le rôle de la machine s'amoindrit, le rôle de la main-d'œuvre devient plus considérable, et, comme la main-d'œuvre de cultivateurs travaillant pour leur compte est supérieure à celle d'ouvriers salariés, il en résulte que la grande culture se trouve dans des conditions de productivité de moins en moins favorables, à mesure que l'on passe de la culture extensive à la culture intensive.

i. Kautsky. «La question agraire». Trad. fr., p. 118 et s. Paris, Giard et Brière.

Aussi la trouvons-nous au point de départ, dans les terres à blé et les pâturages des pays neufs; mais elle recule, de plus en plus, dans les pays à population dense, où la production des céréales perd constamment du terrain devant les cultures maraîchères, ou fruitières, l'élevage intensif du bétail, etc. Et, comme cette transformation constitue un progrès, la politique agraire doit se proposer pour but défavoriser le passage de la grande culture à la petite, en perfectionnant les connaissances professionnelles des paysans et en travaillant à développer leurs associations coopératives (i).

Nous nous trouvons donc en présence de deux thèses nettement divergentes.

Kautsky pense que l'avenir appartient à de vastes exploitations que feront valoir des associations de travailleurs agricoles.

David et les « révisionnistes » pensent, au contraire, que les progrès de la culture intensive donne ront naissance, dans les pays les plus évolués, à un nombre croissant de petites exploitations, associées entre elles pour Tachât des matières premières, la vente et la manutention des produits.

A laquelle de ces deux thèses donnerons-nous la préférence ?

Faut-il admettre avec Kautsky, ou repousser avec David, cette idée que la grande culture est techni-

1. David. « Sozialismus und Landwirthschaft ». Band I. Spécialement. Chap. XII. Berlin, 1903.

quement supérieure à la petite, que ce sont des facteurs inhérents au régime capitaliste qui entravent son développement et qu'en régime socialiste l'agriculture se fera, en majeure partie, par des associations de travailleurs et non par des travailleurs individuels, aidés seulement des membres de leur famille ?

Pour discuter utilement cette question, il faut, à notre avis, ne pas s'en tenir à des considérations, nécessairement vagues, sur l'agriculture en général, mais examiner séparément les diverses branches du travail agricole.

On est généralement d'accord pour admettre que les grandes exploitations sont préférables aux petites pour la sylviculture.

Quant aux autres cultures, la valeur relative des grandes et des petites exploitations, dans l'état actuel des choses, dépend, dans une large mesure, du rapport entre le capital variable et le capital constant. Si l'élément travail domine, les inconvénients du salariat se font sentir et la petite culture prend l'avantage ; c'est le contraire qui se produit, si l'élément capital est prédominant.

« La petite propriété — dit Auge Laribé (i) — s'accommode très bien des productions qui demandent, à la fois, beaucoup de main-d'œuvre et peu de capitaux et celles, comme le maraîchage, où les capitaux avancés sont vite remboursés. Les cultures pour les-

i . Auge Laribé. Socialisme scientifique et agriculture. Pages libres, 30 mai 1903.

quelles les machines économisent le travail ouvrier et celles qui, ayant des rendements très variables, comme c'est le cas pour la vigne, exigent un fonds de réserve important pour parer aux diminutions de revenu et même aux pertes des mauvaises années sont du domaine de la grande propriété. »

Donc, dans la viticulture, ou du moins dans la viticulture à grands rendements (i) et dans la production des céréales, la grande culture tend à l'emporter sur la petite. Le contraire se manifeste pour la production des fruits, des fleurs et des légumes, etc.

Mais, si ces cultures gagnent du terrain, dans les pays industriels à population dense, où elles trouvent de faciles débouchés, on ne doit pas perdre de vue que. malgré tout, elle n'occupaient qu'une bien faiblepartie du domaine cultivé.

En France, par exemple, abstraction faite des bois et des terres incultes, qui occupent respectivement 9021.568 et 6.226. 189 hectares, le domaine cultivé a une superficie de 34.670.152 hectares.

Or, ce total de 34.670.152 hectares se décompose comme suit :

Terres labourables 25.885.270

Prairies naturelles, herbages, pâturages, etc 6.556.981

Vignes 1.800. |

Jardins potagers, maraichers, etc. 477.412

1 . V. Auge Laribé. La viticulture industrielle dans le Midi. Paris, Giard et Briere, iço6.

On voit que les cultures où les petites exploitations réussissent le mieux, ne représentent pas grand'chose au regard des terres labourables.

Ces dernières occupent, en France comme ailleurs, la plus grande partie du domaine cultivé. C'est donc à elles, aux terres à blé, surtout, que nous devons nous attacher pour juger les mérites comparatifs de la grande et de la petite culture.

Or, il n'est pas douteux que pour la production du blé, les grandes exploitations soient préférables aux petites.

Quesnay le constatait déjà dans ce passage célèbre de son Tableau économique :

« Que les terres employées à la culture des grains soient réunies autant qu'il est possible, en grandes fermes exploitées par de riches laboureurs; car il va moins de dépenses pour l'industrie et la réparation des bâtiments et, à proportion, beaucoup moins de frais et beaucoup plus de produit net dans les grandes entreprises de l'agriculture que dans les petites. »

Voilà déjà, clairement indiqué, l'un des avantages de la grande culture sur la petite : on économise les bâtiments et les clôtures ; on a besoin de moins de chemins d'accès ; de plus, en règle générale, les gros fermiers disposent de plus de capitaux que les petits cultivateurs ; ils ont un matériel plus perfectionné ; ils peuvent tirer meilleur parti de leurs forces de travail et de l'outillage dont ils disposent (i).

i. Cf. A. Young. On tbe si{e of farms, p, 560, cité par

D'autre part, l'agriculture devient, de plus en plus, une science. Celui qui dirige une grande exploitation rurale doit être au courant de tous les progrès de la chimie agricole, de tous les progrès qui tendent à foire de l'agriculture une science rationnelle. Or, il n'estpas douteux que le fait, pour une exploitation, d'avoir à sa tête un homme ayant fait des études techniques, lui donne un avantage considérable sur celle du petit cultivateur qui n'a que sa routine professionnelle et se borne, comme innovations, à copier tardivement les procédés en usage dans les grandes fermes.

Enfin, au point de vue commercial, les grandes exploitations sont, incontestablement, dans une situation plus favorable que les petites. Elles sont mieux placées, au point de vue de l'achat des matières premières, parce celui qui les dirige possède desconnais-

Mantoux. La révolution industrielle au XV 'IIIe siècle, p. 169 Paris, Cornélv, 1906.

Après avoir cité le texte fameux D'A. Smith, sur la fabrication des épingles, il ajoute :

« L'agriculture n'admet pas une division du travail aussi rigoureuse, car il est impossible qu'un homme passe toute sa vie à semer, un autre à labourer, un autre à faire les haies, un autre à sarcler, et ainsi de suite. Mais plus on se rapproche de cet état de choses et mieux cela vaut. Or, la division du travail ne peut avoir lieu que dans une grande ferme ; dans une petite, le même homme est berger, bouvier, laboureur et semeur. Il change son genre de travail et l'objet de son attention dix fois en un seul jour et n'acquiert aucune aptitude spéciale à aucun travail particulier. »

sances plus étendues et, d'autre part, peut faire analyser tout ce qu'il achète. Que de fois les petits cultivateurs, au contraire, s'ils ne sont pas associés, sont indignement volés par les marchands d'engrais chimiques ou de semences! Elles sont moins bien placées, aussi, au point de vue de la vente des produits, parce que le grand fermier, connaissant l'état du marché, choisit mieux son moment, peut se passer de nombre d'intermédiaires, et ne se trouve pas, comme les petits tenanciers, dans un état d'infériorité vis-àvis des marchands ou des industriels qui mettent en œuvre les produits de l'agriculture.

On est assez généralement d'accord, au surplus, pour reconnaître cette supériorité des grandes exploitations, pour la culture des terres labourables.

La monographie publiée en 1901 par les agronomes de l'Etat belge, sur la région limoneuse et sablo-limoneux, qui est par excellence la zone de production du blé, fait à cet égard des constatations caractéristiques.

Indépendant de la classe des ouvriers et des artisans cultivateurs, qui forment la majorité de la population, elle distingue parmi les cultivateurs proprement dits, quatre catégories : les cultivateurs industriels ; les grands fermiers ordinaires ; les cultivateurs or dû naires ; les petits cultivateurs.

A. —«En premier lieu, nous trouvons dans la Hcsbage liégeoise, dans le sud du Hainautet même dans lescommunesde l'extrême sud du Linbourg et du nord

de la province de Namur et dans le sud du Brabant un. certain nombre de cultivateurs qui occupent des fermes de ioo à 200 hectares, parfois même plus, à proximité des sucreries dont ils sont actionnaires.

« Parmi ces cultivateurs, les uns sont propriétaires de toutes les terres qu'ils exploitent; d'autres, et c'est le plus grand nombre, v/cn possèdent qu'une partie ; d'autres, enfin, tiennent à bail la totalité des terres qu'ils cultivent. Ces cultivateurs, que l'on pourrait appeler cultivateurs industriels, ont, pour la plupart, fait des études supérieures. Ils ont à leur service un chef de culture et un ou deux ouvriers chefs, dont la mission est de faire exécuter tous les travaux de l'exploitation. Leurs fermes sont, généralement, des fermes modèles, qui peuvent servir d'exemples aux cultivateurs belges et étrangers.

«C'est à leur initiative que sont dus, en grande partie, les progrès de notre agriculture nationale. Possédant les connaissances voulues et les capitaux nécessaires, ils sont à même défaire des recherches et des expériences fécondes en résultats pratiques.

B. — « Il y a ensuite la catégorie des grands fermiers ordinaires, exploitant des fermes de 60 à 150 hectares et plus, mais n'étant pas intéressés d'une façon directe dans une sucrerie. Leur nombre est beaucoup plus élevé que celui des cultivateurs industriels. Dans le moindre village de la région, les Flandres et le Tournaisis comptés, on trouve au moins un d< grands cultivateurs. Les grands fermiers de la Hes-

bage, du sud du Hainaut, et de la partie limoneuse de la province de Namur peuvent être compris parmi les plus aisés et les plus indépendants du pays. Ils sont intelligents, travailleurs, ont des connaissances pratiques très étendues, suivent avec un soin jaloux tous les progrès qui se sont réalisés et qui se réalisent encore tous les jours dans le domaine de l'agriculture. Ils ne laissent échapper aucune occasion de s'instruire et assistent à toutes les conférences agricoles, à toutes les réunions des comices. Ils ont, d'autre part, assez de loisirs pour s'instruire en lisant.

«On comprend que, dans ces conditions, ils soient bien au courant de tout ce qui concerne leur métier. Ils sont d'ailleurs forcés de faire de la culture intelligente : étant pour la plupart locataires des terres qu'ils cultivent, ils n'ont d'autres ressources pour vivre que les produits de ces terres... » (1).

C. — « La classe des cultivateurs ordinaires comprend tous ceux qui occupcntdes fermes de 1 5 à 60 hectares... Les cultivateurs ordinaires sont, dans la plupart des cas, propriétaires au moins d'une partie des terres qu'ils exploitent. Leur culture est, en général, moins intensive que celle des grands fermiers ; ils ne sont pas aussi bien au courant de tout ce qui concerne leur art et cela se conçoit : leurs études, dans le jeune âge, n'ont pas été si soignées ; plus tard, étant constamment occupés par les travaux des champs, ils n'ont

pas, comme les gros fermiers, letemps de lire et de se mettre au courant des nouvelles découvertes de la science agronomique ; ceux qui reçoivent un journal agricole sont assez rares.

«Quoi qu'il en soit, les fermiers ordinaires, courageux, économes, de goûts simples, jouissent, à peu d'exceptions près, d'une certaine aisance. Ils ont fait, dans ces derniers temps de grands progrès (i). »

D. — « Une quatrième classe d'exploitants du sol est celle des petits cultivateurs.

«Ceux-ci font à peu près tous les travaux de la ferme en famille : ils n'ont recours à du personnel étranger qu'à certaines époques de Tannée. Ils n'ont jamais un moment de répit ; en sus de la besogne des champs, ils ont à soigner leurs animaux. Levés avant le jour pour leur distribuer leur provendc, ils ont encore à s'en occuper le midi et le soir. Le dimanche, alors que les autres personnes peuvent se distraire et se reposer des fatigues de la semaine, les petits cultivateurs sont rivés à leur tâche.

« Encore s'ils avaient la perspective d'arriver à une situation plus aisée, mais il est bien rare de les voir prospérer.

« Cette situation n'est heureusement pas sans remède. Ces cultivateurs pourraient, en effet, augmenter de beaucoup la production de leurs terres. S'ils n'arrivent à produire que des récoltes ne valant que

Vandervelde <>

la moitié ou les deux tiers de celle de la plupart des grands fermiers, c'est que leur travail n'est pas assez intelligent, ni suffisamment raisonné. Les vraies connaissances agricoles leur font défaut. C'est l'empirisme qui les a dirigés jusqu'aujourd'hui dans tous leurs travaux.

« Beaucoup de petits cultivateurs savent, il est vrai, profiter des nombreuses facilités qui leur sont données pour s'instruire, mais un trop grand nombre encore ne trouvent pas le temps, ou ne veulent pas se donner la peine d'apprendre toutes les choses qu'ils auraient intérêt à connaître (1). »

On ne voit pas bien comment des gens, « qui n'ont jamais un moment de répit » quand ils sont adultes et qui doivent quitter l'école pour aider leurs parents, dès qu'ils ont fait leur première communion, pourraient trouver le temps d'acquérir autre chose que des connaissances empiriques.

Mais ce qui ressort, à toute évidence, des constatations de la monographie que nous venons de citer, et qui a été faite sans esprit de système, sans idées préconçues, c'est que les exploitations agricoles forment, au point de vue de la valeur productive, une échelle décroissante depuis la grande culture industrielle jusqu'à la petite culture.

Et cela n'est pas un fait isolé, tenant à des circonstances locales. La même situation se retrouve par*

tout où dominent les cultures ordinaires et où la nature et la configuration du sol ne font pas obstacle à l'existence des grandes exploitations. On peut le constater, par exemple, en étudiant les conditions agricoles dans les parties de la France où on cultive le blé, non seulement pour la consommation locale, mais pour des marchés étendus.

Les témoignages abondent à ce sujet. Les observateurs sont généralement d'accord pour reconnaître que, s'ils ne produisent pas en majeure partie pour leurs propres besoins, les petits cultivateurs, dans les pays de labourage, sont très mal armés pour la lutte contre leurs concurrents.

Voici, par exemple, ce que dit Félix Lidoux dans sa monographie des Petits Cultivateurs propriétaires de la Brie :

« Aujourd'hui, la culture est en pleine transformation, transformation lente, mais néanmoins sensible, qui s'accélérera de plus en plus devant la nécessité de faire vite et à bon compte, pour soutenir la concurrence de la grande culture.

«Par cette concurrence, cependant, nous sommes dans des conditions extrêmement défectueuses et, je crois que, à un moment donné, elle deviendra impossible. Tous les produits de la grande culture et les céréales en particulier ne seront plus cultivés qu'en grand, parce que les machines agricoles, aujourd'hui

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