I. PlRET, loc. çt., II, p
1^0 LR SOCIALISME AGRAIRE
les ouvriers agricoles ne travaillent pas assez — «ils ne se foulent pas la rate».
Dans ces conditions, les avantages techniques de la grande culture sont masqués, au moins en partie, par l'influence déprimante que l'appropriation capitaliste exerce sur les travailleurs en les dépouillant de la plus-value qu'ils produisent.
Mais, si les avantages techniques de la grande culture sont inhérents à toute exploitation sur une vaste échelle, les inconvénients de l'appropriation capitaliste de la production disparaîtraient avec celle-ci. Par conséquent, tous les reproches que l'on adresse actuellement à la grande culture par des salariés seraient sans pertinence contre la grande culture par des travailleurs associés. Et, même avec l'organisation actuelle de la propriété, il serait possible de beaucoup atténuer des inconvénients que nous avons signalés, en assurant aux fermiers des indemnités pour les plus-values qu'ils donnent à la terre et en faisant bénéficier les ouvriers des avantages que la législation protectrice du travail donne à leurs camarades de l'industrie.
En somme, trois facteurs principaux interviennent pour enrayer le développement, ou irnmc provoquer le recul, non pas de la grande culture en général — car les exploitations capitalistes se multiplient dans
les pays neufs — mais de la grande culture dans les pays industriels de l'Europe
Tout d'abord, la concurrence de la Russie, de l'Inde et des pays d'outremer, qui jettent sur le marché des masses énormes de denrées à bas prix. En second lieu, la concurrence de l'industrie, qui enlève aux exploitations agricoles le meilleur de leur maind'œuvre. En troisième lieu, les inconvénients du salariat qui permettent aux petits cultivateurs de compenser, à force de travail, les avantages techniques de la production en grand.
De ces trois facteurs, le dernier pourrait être neutralisé, dans une certaine mesure, par les lois protectrices du travail qui accroîtraient la valeur physique et morale des travailleurs agricoles.
D'autre part, on peut admettre avec Méline (i), qu'à un moment donné le développement industriel trouve pour un temps sa limite et que la question de la main-d'œuvre rurale cesse d'être un empêchement aux progrès de la grande culture.
Enfin, il semble que, dans ces dernières années, les prix des produits agricoles, et spécialement du blé, aient une tendance durable à la hausse, ce qui modifierait complètement les données du problème agraire.
Mais ce ne sont là que des conjectures.
Pour le moment il est certain que les grandes fer-