‹ Le socialisme agraire; ou, Le collectivisme et l'évolution agricoleChapitre 64 sur 96 · Roblin. Les Bûcherons du Centre de la France, p · texte numérisé non relu

Roblin. Les Bûcherons du Centre de la France, p

Mais, comme nous l'avons déjà dit pour d'autres revendications ouvrières, se figurer que cette idée puisse, dès à présent, passionner la masse des travailleurs agricoles, c'est oublier combien les conditions de travail de la plupart d'entre eux diffèrent de celles des travailleurs industriels.

Pour les domestiques de ferme, tout d'abord, il ne faut pas se dissimuler que la réglementation du travail se heurterait à des difficultés plus grandes encore que celles qui ont empêché, jusqu'à présent, l'application des lois ouvrières aux domestiques en général.

Quant aux journaliers — -alors même que l'on aura eu raison de leur indifférence — , il faudra pour que les courtes journées triomphent, vaincre des résistances d'autant plus tenaces, que les exploitations agricoles sont plus petites, les méthodes culturales plus arriérées, les relations entre maîtres et ouvriers plus voisines de celles qui prévalaient dans l'ancienne économie rurale.

$ s. — Les assurances ouvrières

Les questions relatives à la durée du travail sont peut-être celles qui préoccupent le moins les ouvriers agricoles. Peu leur importe, en général, de travailler quelques heures de trop par semaine. Leur véritable souci c'est de gagner de quoi vivre, et, quand ils gongent au lendemain, de ne pas être dans la misère Vtndervelde 19

le jour où ils sont vieux, malades ou victimes d'un accident.

Dans ses chapitres sur la protection des ouvriers agricoles, Kautsky ne parle pas de l'assurance contre les risques d'incapacité de travail. Ce silence s'explique sans doute parle fait qu'il écrivait avant tout pour l'Allemagne, et qu'en Allemagne cette question est résolue, ou, du moins, a reçu un commencement de solution.

On sait, en effet, que si les domestiques ne sont pas, en vertu du droit d'Empire, soumis à l'assurance contre les maladies, les travailleurs employés dans les exportations agricoles et forestières, qui ne sont pas des gens de service, bénéficient aujourd'hui des dispositions de la loi du 15 juin 1883. D'autre part, la loi du 15 mai 1886 étend l'assurance contre les accidents aux travailleurs agricoles ou forestiers, y compris les gens de service et la loi du 22 juin 1889, sur l'assurance contre l'invalidité et la vieillesse, s'applique à tous les travailleurs sans distinction (1).

De même en Angleterre, la loi du 21 décembre 1906, concernant la réparation des accidents du travail, s'applique à tous les travailleurs manuels, engagés par contrat de travail et d'apprentissage, à l'exception des travailleurs à domicile ou des parents de l'employeur habitant dans sa maison (2).

1 . Philippovich. La politique agraire, p. 206. Trad. fr. Paris, Giard et Brière, 1904.

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