‹ Le socialisme agraire; ou, Le collectivisme et l'évolution agricoleChapitre 66 sur 96 · Roblin. Les bûcherons du Cher et de la Nièvre, p · texte numérisé non relu

Roblin. Les bûcherons du Cher et de la Nièvre, p

des emplois pour vivre sans rien faire et venir nous traquer quand nous levons la tête) ; il me semble que cette retraite serait plutôt due à ce pauvre terrassier qui, pendant cinquante ans, a fait germer le blé, l'orge, le maïs et les légumes, fait venir ce raisin qui nous donne le courage et la force; mais non, c'est un cultivateur, c'est une bête de somme. Maintenant qu'il n'en peut plus, laissons-le crever de faim. Voilà ce que disent les gros bonnets, à quelque parti qu'ils appartiennent.

« Ouvriers cultivateurs, relevons la tête. Faisons voir à ces dénaturés qu'encoreet toujours nous serons des hommes et que les haillons que nous portons nous font plus d'honneur que leurs chapeaux montés, car nos haillons, nous les gagnons tous les jours avec notre sueur et notre labeur, et eux vivent à nos dépens. En conséquence, nous tenons la nourriture du pays en nos mains; eh bien î nous demandons au Gouvernement actuel de nous venir en aide et que s'il veut avoir de bons citoyens français, il songea nous faire une retraite pour nos vieux jours et cela sans retard (î). »

Cet appel, et d'autres semblables, appuyés par des grèves, ont-ils eu une influence sur les délibérations du Gouvernement ?

Toujours est-il que le projet sur les retraites ouvrières, déjà voté par la Chambre, s'applique aux

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