Ibid,, p
«Les petits propriétaires, destinés dans leur isolement à aller grossir les rangs du prolétariat, garderont en s'associant, le caractère économique des petits bourgeois. Voilà ce qui ne peut manquer d'influencer considérablement l'ensemble de la vie sociale et, par conséquent, la vie politique. »
Telle est la thèse.
Nous pouvons la discuter en toute tranquillité d'âme, car. ainsi que nous l'avons déjà dit, le triomphe du socialisme n'est nullement surbordonné à la disparition préalable de la petite propriété et encore moins de la petite culture.
Il est infiniment probable, par exemple, que dans un pays comme la France, la partie du territoire occupée par les paysans restera morcellée en propriétés individuelles, plus ou moins rapprochées par la coopération, alors que les chutes d'eau, les forêts, les grands domaines, les principales industries, formeront un domaine collectif exploité dans l'intérêt commun.
D'autre part, nous admettons volontiers que dans les régions qui se prêtent au morcellement des cultures, la coopération peut être un moyen efficace d'atténuer les conséquences fâcheuses de ce morcellement.
Mais, quand on vient nous dire, procédant par voie d'affirmations générales, que, par les vertus de l'association, la petite culture se trouve à même de lutter contre la grande ; que la propriété paysanne peut
résister aux causes de dissolution qui la menacent ; quand on ajoute que le coopératisme rural nous achemine vers une sorte de fédéralisme économique, qui serait une sorte d'approximation du socialisme, nous devons faire, à ce triple point de vue, des réserves formelles, pour les motifs que nous allons indiquer.