‹ Le socialisme agraire; ou, Le collectivisme et l'évolution agricoleChapitre 8 sur 96 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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On voit déjà, par le seul exposé de ce mode d'évaluation, les chances d'erreur qu'il comporte.

Mais l'inquiétude augmente, lorsque l'on confronte l'évaluation de Souchon avec celle d'un autreauteur, Flour de Saint-Genis, non moins versé que lui dans ces questions spéciales.

Souchon tient pour certain que les moyennes exploitations sont celles qui présentent la plus forte proportion de faire valoir direct.

Flour de Saint-Genis, dans son livre sur la Propriété rurale en France, est d'un avis diamétralement opposé (1).

A la page 340 de cet ouvrage, nous lisons, en effet :

« C'est à la moyenne propriété que l'absentéisme a fait le plus de tort; elle appartient, pour les trois quarts, à des propriétaires forains qui la font exploiter par l'intermédiaire de métayers et de fermiers, et la maintiennent, par conséquent, du fait de leur abstention voulue ou forcée, dans un état d'infériorité manifeste, tant vis-à-vis de la grande propriété, qui abonde en moyens d'action, que vis-à-vis de la petite, où l'intensité passionnée de travail supplée au manque de capitaux. »

Donc, d'après Souchon, dans la catégorie de la moyenne culture, un locataire sur cinq cultivateurs ;

1. Il est vrai que. pour Flour de Saint-Genis, la moyenne propriété ne va pas de ç à 20 hectares, mais de 10 à 40. Or, de 5 a 10 hectares, la proportion du faire valoir était vraisemblablement plus forte. Mais, comment l'évaluer ?

reste un million de propriétaires moyens, exploitant en faire valoir direct.

D'après Flour de Saint-Genis, trois locataires sur cinq cultivateurs ; reste trois cent mille propriétaires moyens, faisant valoir directement.

Qu'est-ce à dire, sinon que pareilles évaluations sont trop incertaines pour qu'il soit possible d'y attacher quelque valeur.

Ce qui paraît certain, cependant, c'est qu'aujourd'hui, comme à la fin de l'ancien régime, les paysanspropriétaires, pouvant vivre uniquement du revenu de leur terre, sont relativement peu nombreux. La plus grande partie du territoire français est occupée soit par la grande propriété, soit par le faire valoir indirect, soit par la multitude des exploitations de la propriété parcellaire. Et, de plus, nous allons voir qu'en France, comme ailleurs, la propriété paysanne tend à perdre du terrain.

§ 3. — La décadence de la propriété paysanne

Tout le monde n'est pas d'accord pour admettre que la propriété paysanne soit en recul.

Dans un compte rendu de nos leçons à l'Université nouvelle, en 1906, sur le Socialisme et ï agriculture (1), David, par exemple, prétend que si le faire valoir direct perd du terrain dans certaines régions, il en

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