I. Soçialismus und Landwirthschaft, I, p
A côté de la fourniture d'objets de consommation, cette société avait pour but l'écoulement et la transformation industrielle des produits de ses membres paysans. On reprit les opérations d'une société pour la vente du lait, qui existait antérieurement. On acheta de l'avoine, du seigle, du blé, des pommes de terre, ainsi que toute la récolte des cerises, que l'on transforma en alcool. A partir de 1893, on créa les institutions nouvelles : une caisse d'épargne, qui fournit à la coopérative le capital nécessaire pour établir ses opérations ; un comptoir pour l'achat des résidus de brasserie, employés comme engrais ; une série de succursales, qui s'étendent dans toute la vallée de la Birse. En 1895, on commença la publication d'un journal : Bauern und Arbeiterbund Basel Land. En 1896 on acheta à Oberville, l'Hôtel Zùr Krone, qui fut transformé en local de réunion. Bientôt après, ce fut le tour d'un établissement de bains et d'un lavoir. Puis un tissage de soie, une société d'électricité, qui fournit la lumière et la force à un grand nombre de communes ; enfin, plus récemment, une boulangerie,. une fabrique de savon, une société d'assurances sur la vie.
Des réussites de ce genre sont bien rares encore.
Elles montrent, cependant, ce que les ouvriers et les paysans pourront faire, quand ils auront appris à se connaître et à prendre conscience des intérêts qui leur sont communs.
Pour leur faciliter la tâche, il importe que le légis-
lateur intervienne ; qu'il donne la reconnaissance légale à leurs associations ; qu'il crée des formes juridiques assez souples pour s'adapter à tous les besoins des populations rurales.
Dans cet ordre d'idées, par exemple, une loi qui s'inspirerait de la législation française, et qui permettrait aux unions professionnelles de cultivateurs de faire certaines opérations d'achat-vente, sans devoir remplir les formalités requises pour la constitution de sociétés commerciales, serait favorablement accueillie par les campagnards, dans les pays où ils n'ont pas cette faculté.
Mais quels que soient les avantages que l'on accorde à la coopération rurale, il convient de ne pas se faire d'illusions sur le développement qu'elle est appelée à prendre.
Pendant que l'œuvre coopérative s'élabore lentement et modestement nous allons voir que, dans la plupart des industries agricoles, le capitalisme conquiert une prépondérance toujours plus grande. C'est ce qui nous amène à examiner si, en dehors de la* coopération, dont les résultats sont limités, il n'est pas possible de venir en aide aux cultivateurs, par la socialisation des industries agricoles ou la concentration capitaliste a déjà fait son œuvre.