FÊTES SOCIALISTES
corps de métiers * qui se réunissent régulièrement. Mais M. Goehre n'y put pénétrer.
On fréquente assidûment les cabarets, lieux de propagande très active. Presque tous les cab arêtiers professent les principes démocrates socialistes par intérêt au moins autant que par conviction, car ils s'assurent de la sorte une clientèle fructueuse, bien que tirer profit du socialisme, d'une manière lucrative, soit sévèrement interdit aux membres du parti.
Les journaux * et les nombreuses brochures socialistes qu'on peut se procurer à Chemnitz dans trois librairies, et qu'on colporte également, ne manquent point de lecteurs. Les feuilles comiques illustrées, le Vrai Jacob, les Lumières rouges, publiées à Vienne, se vendent à un grand nombre d'exemplaires.
M. Goehre se plaisait à leur humour qu'il qualifie de sain et de bon, et qui lui prouvait que le grand mouvement socialiste en Allemagne, si dangereux qu'il puisse être, n'a pas de visées sanguinaires, qu'il participe de la fraîcheur d'esprit du peuple.
Un moyen de gagner des adeptes non moins habile, consiste à organiser des fêtes le dimanche, dans la ville ou les environs, pour les femmes, les jeunes filles, les enfants des ouvriers. On gagne ainsi le cœur des mères. Ceux qui ne peuvent comprendre les déductions de Karl Marx, et ils sont nombreux, associent le socialisme révolutionnaire à l'idée fort simple et fort claire de
1. D'après une statistique d'un comité de Hambourg, il y aurait en Allemagne 300 000 ouvriers appartenant aux associations de métiers démocrates socialistes. Ces associations ont une extrême importance, ce sont des organisations régulières et permanentes, des cadres fixes où les ouvriers sont dressés au combat des classes.