LE CAPITAL
réponse àProudhon (1847) et sa Critique de V économie politique (1859), qui étaient passées inaperçues. Traduit dans les principales langues 1 , et vulgarisé par des adaptations élémentaires, le Capital est pourtant un de ces ouvrages dont on parle beaucoup, mais qu'on lit peu. La célébrité européenne de l'auteur lui est venue beaucoup plus de la part prépondérante qu'il a prise à la fondation de l'Internationale que de ce qu'il est, comme le proclament emphatiquement ses adeptes, « le théoricien irréfutable du socialisme scientifique... comparable, dans sa découverte des lois du mouvement de la société capitaliste, à l'œuvre immortelle de la découverte du mouvement des astres par Kepler et Newton \ » La partie théorique et abstraite du livre où l'auteur emploie la dialectique hégélienne est d'une lecture malaisée, et la résumer brièvement offre plus de difficultés encore ; l'analyse qu'en a donnée M. de Sybel est la plus claire et la plus rapide 3 .
Marx part de certaines formules et de certains axiomes, considérés généralement comme vrais, et contre lesquels on n'est pas en défiance, car il les emprunte à l'économie politique classique. Mais si vous lui accordez ses prémisses, il vous enserre dans les mailles de sa déduction, et vous ne pourrez échapper aux conséquences redoutables qu'il en tire.
Le premier volume traite du mode de production du capital. L'auteur s'occupe d'abord du problème fondamental del'économie politique, la théorie de la valeur. — Toute marchandise a deux sortes de valeur, une valeur
1. Nous avons sous les yeux la traduction publiée à la Librairie du Progrès..