PÉRIODE TERRORISTE
ries de Bûchner, ai même au «^baragouin » des apologues expressément composés à leur usage * : ils prirent les nihilistes pour des sorciers et des sorcières, et ils continuèrent à garder au fond du cœur un respect religieux pour le tsar, « le petit père de Pétersbourg ».
Après quelques échauflburées insignifiantes, quelques soulèvements microscopiques, des tumultes, des incendies, l'agitation agraire avortait. Traqués par la police, soumis aux lois contre les sociétés interdites, édictées en 1873 et en 1874, les plus fervents nihilistes qui purent échapper aux prisons de la Sibérie, abandonnèrent les campagnes et songèrent à terroriser les grandes villes, afin d'obliger le gouvernement à des concessions. Le courant terroriste l'emporte dans le parti à partir de 1878, et atteint sa plus grande force en 1881 par l'assassinat d'Alexandre II.
Les circonstances au début semblaient propices. Un mouvement libéral d'une singulière intensité se produisait après la guerre contre la Turquie. La guerre avait mis aux prises les slavophiles de Moscou qui en étaient les instigateurs, et la bureaucratie de Pétersbourg. Les premiers critiquaient, dans leurs journaux, avec une extrême vivacité, la lenteur, la conduite imprévoyante des opérations dirigées par les princes de la famille impériale auxquels avaient été donnés les grands commandements. La sanglante défaite de Plewna, les déceptions du traité de Berlin, achevèrent d'émouvoir, d'exaspérer l'opinion publique. — Ces querelles, qui divisaient le camp conservateur, le mécontentement universel, la désaffection, la méfiance, la gêne financière, fortifiaient les libéraux et les nihilistes : leur solidarité se manifestait lors des grands procès intentés à la secte en 1876 et 1877, où com-