IV AVANT-PROPOS
en « faisant travailler » à P étranger. Ce ne sont pas seulement les produits, portes et fenêtres, pianos^ meubles, etc., que, pour « faire de l'argent », le patriotisme industriel et commercial demande à la Prusse, à la Suéde et à la Norwège. Ce sont des fabriques, filatures et tissage, que F on élève dans la Pologne russe et jusqu'au Japon, au prix du châmnge et de la famine tuant plus ou moins lentement sur son métier immobile le canut de Lyon ou le tisseur de Rouhaix. Ce sont les producteurs enfin que l'on puise de plus en plus abondamment dans le réservoir des meurt-de- faim transalpins oti transvosgiens, pour en encombrer à bas prix nos ateliers de plus en plus fermés à ce souverain de papier qu'est r ouvrier français .
Nos gouvernants, qui ne se distinguent pa^ de nos possédants , ne sont pas moins âpres à cette œuvre de détroussement. S'ils ont — ce dont ils osent se glorifier — universalisé Pinstructiouprimaire, s'ils s'occupent de développer l'instî'uction professionnelle, c'est au seul effet d'obtenir — pour le même salaire — de meilleures machines à profit, et — pour un salaire moindre — les comptables, contremaîtres, directeuî's, etc., qu'ils sont contraints aujourd'hui, vu leur rareté, de salarier extraordinairement.
Rogner dans le produit du travail la part qui reste, en salaire, au travailleur et augmenter la part qui, en bénéfices ou en dividendes, va s'accu- Ji/ii/Ja/ii entre les mains des non-travaillants et cons^