‹ Le socialisme catholiqueChapitre 15 sur 140 · I. Letourneau. L'Evolution de la Proprictc, pp. 2;5 cl · texte numérisé non relu

I. Letourneau. L'Evolution de la Proprictc, pp. 2;5 cl

quand la propriété individuelle fut assise sur des bases solides, à adopter des dispositions nombreuses en faveur des pauvres. L'homme à gages n'était pas sans protection et devait recevoir son salaire quotidien avant le coucher du soleil. Le repos hebdomadaire était assuré à tous, et la terre elle-même avait son année « sabbatique », pendant laquelle tous ses produits appartenaient aux pauvres. Plusieurs fois par an, les riches invitaient à de grands repas toute leur famille et tous les pauvres du voisinage. Il était prescrit de moissonner et de vendanger avec quelque négligence, en pensant au pauvre et à l'étranger. Et lorsque, disait Javeh, « vous moissonnerez le blé de vos terres, ne moissonnez pas un coin du champ et ne ramassez pas les épis oubliés de la récolte, et ne vendangez pas toute la vigne et n'en ramassez pas les grains; laissez-les aux pauvres et aux étrangers ^». Le prêt avec intérêt, considéré, de même que dans les autres législations primitives, comme une iniquité, et confondu avec l'usure, était strictement défendu. Bien plus, le créancier ne devait point traiter le débiteur pauvre avec trop de dureté ni se montrer impitoyable envers lui. Toutes ces prescriptions, si elles prouvent une grande solidarité sociale, démontrent aussi que le système de propriété individuelle établi trop tôt avait produit de grandes inégalités sociales.

Les habitudes de luxe introduites par Salomon étaient considérées comme contraires à la piété et comme dangereuses pour la liberté. « La force d'Israël, en effet, la base même de ses convictions morales, étaient profondément entamées. Cette splendeur extérieure cachait des excès d'iniquité. L'ancienne noblesse de sentiments, la fierté de l'homme libre, avaient disparu. Tous étaient asservis. Il y avait des

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