I. Lévilique, XIX, pp. 9 et
o8 i.j: socialisme catholi()Ue
riches, mais aussi des pauvres. L'éternelle lutte s'ouvrait, rancionne fraternité patriarcale n'existait plus. Et quel était le [)r(jfil net de la révolution accomplie? Que Jérusalem voyait des fôtes brillantes; que des milliers d'hommes gémissaient dans les fosses de Juda, dans les forêts du Liban, sur les galères du golfe tlOman, pour procurer à quelques heureux des habitations commodes, et pour approvisionner les bazars de Jérusalem des bagatelles luxueuses à l'usage des harems '. » Un désir de revenir à l'ancienne vie patriarcale, au système de propriété collective, avait pénétré dans l'esprit du peuple qui sentait vivement le besoin dune meilleure constitution de la société, d'un régime où le riche et le pauvre ne formeraient pas deux classes distinctes. Ce fut cette saine et vigoureuse tendance, ce besoin instinctif d'un peuple trop rapidement entré dans le système de propriété individualiste, qui agita pendant plusieurs siècles Israël, et qui prépara et rendit possible la grande révolution chrétienne. Tous les jours, à partir du ix' siècle, se levaient, parmi le peuple, des prophètes qui prêchaient légalité sociale. « Les prophètes israélites, dit Renan, sont de fougueux publicistes du genre que nous appellerions aujourd'hui socialiste et anarchique. Ils sont fanatiques de justice sociale et ils proclament hautement que si le monde n'est point juste et susceptible de le devenir, il vaut mieux qu'il soit détruit ; manière de voir très fausse, mais très féconde, car, comme toutes les doctrines désespérées, comme le niliilisme russe de nos jours, par exemple, elle produit l'héroïsme et un grand réveil des forces humaines. Les fondateurs du christianisme, continuateurs directs des prophètes, finissent dans un appel incessant à la fin du monde, et, chose étrange, ils transforment en réalité le