‹ Le socialisme catholiqueChapitre 17 sur 140 · Renan. ///'.t/oZ/v du l'i-upti' d'Isnifl. t. II · texte numérisé non relu

Renan. ///'.t/oZ/v du l'i-upti' d'Isnifl. t. II

ORIGINES ÉCONOMIQUES DU CHRISTIANISME o9

monde'. » Les prophètes du temps de Jésus étaient aussi animés de ce jDesoin impérieux qui enti'aînaittout le peuple. Jean prêchait la mise en commun des biens ; il disait que le pauvre doit avoir la première place dans le royaume de Dieu, et soutenait que les riches sont obligés de partager leurs richesses.

Dans notre société moderne, la richesse est une garantie d'honnêteté. Or, chez les Israélites, c'était tout le contraire. Omnis dices, dit Saint Jérôme, aiit iniqiiiis est aut hœres iniqiii. C'était, en efletlà, l'idée que le peuple et les prophètes d'Israël se faisaient de la richesse.

Sous les Séleucides, les riches de Jérusalem étaient, pour la plupart, passés à l'hellénisme. La conquête romaine avait aussi introduit plus abondamment le luxe et le goût de la vie mondaine en Judée, où les riches et l'aristocratie avaient embrassé le parti des dominateurs. Le peuple, demeuré fidèle aux anciennes traditions, enveloppait dans une haine commune les riches et les étrangers. Parmi la foule des pauvres, des humbles, des laborieux, l'aspiration vers l'ancienne vie pastorale se répandait toujours plus, soutenue et encouragée quelle était par les prophètes. L'ébionisme, qui devint plus tard la base d'une secte religieuse, était la doctrine fondamentale des prophètes. Ebion, pauvre, était synonyme de saint, d'ami de Dieu, d'humble, de bon, tandis que riche avaitlemême sens qu'impie, violent et oppresseur. En Judée, le peuple concevait l'impie comme un riche et opulent Sadducéen qui traîne le pauvre devant les tribunaux. Toute cette agitation populaire, toute cette fermentation contre la propriété et la richesse, tiraient précisément leur origine de causes économiques. La religion servait à revêtir d'un caractère élevé la cause des prophètes, mais ceux-ci étaient, peut

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