Saint Jean Chrj'sostonic. De Lazaro Concio, I
3. Saint Grég^oire le Grand. Opcra 'Paris, i6o5;, Jirgimcn pnainrnir. p. 3, chap. XXII.
68 LE SOCIALISME CATIIOLKJUE
« Malheureux que vous êtes, dit Saint Basile le Grand, en s'adressant aux riches, que répondrez-vous au Souverain Juge? Vous couvrez de tapisseries la nudité des murs, et vous ne couvrez pas d'habits celle des hommes ! Vous ornez vos chevaux de riches caparaçons, et vous méprisez votre père qui est couvert de «guenilles. \'ous laissez ronger ou pourrir le blé dans les greniers, et vous ne daignez pas jeter un regard sur ceux (jui nont pas de i)ain. A'ous épargnez et thésaurisez, et vous ne daignez pas accorder une pensée à ceux que la nécessité abat et opprime ! Vous me direz : A qui donc fais-je tort en gardant ce qui est à moi ? Et je vous demande : Quelles sont les choses que vous croyez être à vous ? de qui les avez-vous reçues ? A'ous faites comme un homme qui, étant au théâtre et s'étant hâté de prendre les places que les autres pourraient occuper, voudrait empêcher tout le monde d'entrer, appliquant h son propre usage ce qui doit être à l'usage de tous. C'est ainsi qu'agissent les riches, qui s'étant emparés des choses qui sont communes, se les approprient en les possédant; car si chaciui ne prenait que ce qui lui est nécessaire pour vivre et donnait le reste aux indigents, il n'y aurait ni riches ni pauvres ' 1 »
Saint Jean Ghrysostome, dans ses Homélies^ parle avec un profond mépris des riches d'Antioche et de Constantinople. Toute la tourbe des opulents oisifs, adonnés à la mollesse d'un luxe oriental, trouva en lui un ennemi déclaré et un censeur impitoyable. « Vous avez, dit-il, reçu vos richesses en héritage; soitl vous n'avez donc pas péché vous-mêmes; mais savez- vous si vous ne jouissez pas du produit de vols et de erinu's antérieurs - ? » En fait Saint Jean ne conçoit pas les grandes fortunes sans admettre qu'elles ont été acquises au