‹ Le socialisme catholiqueChapitre 22 sur 140 · Chrysostome. In Kpist. 1. ad Cicn · texte numérisé non relu

Chrysostome. In Kpist. 1. ad Cicn

détriment de milliers de travailleurs et de pauvres. A ses yeux, Ton ne s'enrichit que par les fraudes commerciales, par les monopoles, ou Tusure. Et les plus cruels sont précisément les plus riches, qui traînent les ouvriers devant les tribunaux et achèvent de les ruiner.

Il ne manque jamais une occasion de blâmer les riches, et, en dépit de persécutions qui finissent par le perdre et par le contraindre à sortir de Constantinople, il n'en nourrit que plus d'aversion pour les richesses. Un jour qu'il parlait des malheurs de Saturnin et d'Aurélien, et qu'il avait lancé de violentes accusations contre les riches de la ville, il s'écriait : « J'entends dire : Ne finiras-tu point de parler contre les riches ; encore des anathèmes contre les riches ! Je réponds : Encore votre dureté envers les pauvres ' ! »

Les riches d'alors ne raisonnaient pas très dilTéremment de quelques écrivains individualistes d'aujourd'hui. Les pauvres, disaient-ils, méritent leur sort. Ce sont gens qui ne travaillent pas et ne veulent pas travailler ; ce sont des parasites nuisibles qu'il vaut mieux faire disparaître ; quelques-uns d'entre eux sont de vrais quémandeurs qui spéculent sur la charité du public. « Non, disaient-ils. Dieu n'aime pas les pauvres, car, s'il les aimait, il secourrait leur misère. »

Mais Ghrysostome répondait à ces deux objections par des accusations plus violentes : « Vous dites que les pauvres ne travaillent pas , mais travaillez vous vous-mêmes ? Ne jouissez-vous pas dans l'oisiveté de vos biens mal acquis ? N'êtes-vous pas les exploiteurs du travail d' autrui, des oisifs jouissant de la misère de votre prochain? »

On pourrait multiplier à l'infini les citations, car presque

I, Ghrysostome. HomcUa in verha David.

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tous les Pères de l'Kglisc, jusqu'au vu' siècle, ont considéré le coniniunisnie connue la l'orme la i>lus parfaite et la plus elu'élienne d'organisation sociale.

L'usure, et sous ce nom ils comprenaient, comme Jésus- Christ, le simple prêt avec intérêt, l'usure était poiu' eux le péché capital. Ce furent précisément les théories de cette sorte sur le crédit, cpii devinrent, pour plusieurs siècles, une source de misère, par l'obstacle qu'elles mirent au développement des échanges.

« L'opulence est toujours, d'après Saint Jérôme, le produit du vol; s'il n'a pas été commis par les propriétaires actuels, il l'a été certainement par quelqu'un de leurs ancêtres. » Ainsi donc, pour Saint Clément, la propriété privée est née de l'iniquité; pom* Saint Basile, le riche est un voleur. Saint Jean Chrysostome veut le retour à l'égalité des biens. Saint Ambroise juge que la propriété privée est le l'ruit d'une usurpation, etc.

Ces maximes ont, du reste, laissé des traces profondes dans le droit canon. Le corpus jiiris canonici considère, lui aussi, la propriété privée comme un mal, puisque, d'après le droit divin, toutes choses sont communes aux hommes comme l'air et la lumière.

De pareilles théories pouvaient être reçues par l'Eglise, lorsqu'elle n'était que le refuge des classes pauvres, l'asile des faibles, lorscpie la communauté des biens était plus ou moins pratiquée; mais, dès que le christianisme devint la religion officielle, et qu'il fut. par nécessité sociale, adopté aussi par les riches, par ceux qui avaient soutenu l'ancien culte jus(ju'à la fin, l'obligation s'imposa de mitiger la doctrine évangéliquc sur la propriété. Ainsi voyons-nous, alors que le conflit au sujet de la propriété individuelle était encore animé. Saint Clément d'Alexandrie, dans son traité: Quis Dives sah'etur?

s'ellbrcer de concilier les enseignements de l'Église avec les nécessités économiques de Tépoque.

L'interprétation de Saint Clément d'Alexandrie est un pur sophisme, tel que pouvait seul l'enfanter le cerveau d'un auteur alexandi'in, et elle est en pleine contracdition avec tout ce qu'avaient écrit et prêché les Pères de l'Kglise. Saint Clément dit, en altérant le sens de la parabole de Lazare : « Notre- Seigneur ne commande pas à l'homme riche, comme voudraient le supposer quelques-uns, de sacrifier son avoir, mais de bannir de son cœur l'amour de l'argent, avec les préoccupations et les craintes qui étoufl'ent le germe de la vie... Que nous enseigne donc de nouveau le Fils de Dieu? Ce n'est pas quelque action extérieure, comme l'ont fait d'autres, mais quelque chose de plus haut, de plus divin et de plus parfait: il nous dit d'arracher les passions de notre âme et de rejeter tout ce qui lui est étranger. L'homme pourra se défaire de ses biens d'ici-bas, mais la cupidité et l'amour des richesses pourront être aussi forts en kii, et il s'expose ainsi à une double inquiétude, et au double regret de sa prodigalité et de sa misère... Comment des œuvres de charité pourraient-elles être faites, si personne n'avait les moyens de donner? Si c'était là l'enseignement de Notre-Seigneur, il serait en opposition évidente avec bien d'autres leçons également glorieuses qu'il nous a transmises... Les biens de ce monde doivent être considérés comme des matériaux destinés à quelque chose d'utile, et des moyens d'action à mettre en œuvre au profit de ceux qui savent s'en servir avec habileté ' ».

Ne voit-on pas là les premiers essais d'adaptation de la doctrine chrétienne aux exigences de l'époque et aux institutions de la société? N'y a-t-il pas dans les paroles de Sain

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