I. Clément d'Alexandrie. Qiiis Bives sulvctur? chap. xi-xiv
72 LE SOCI.VLISMK C.VTHOLIQUE
Clément le <;erme de toutes ces idées qui devaient, beaucoup plus tard, former la base de la doctrine sociale catholique?
L'activité économique, action mondaine, était jufjée répréhensible par le droit canon : « Ne^otiuin negat o/iiiin neque quœril rcram qiiietatem qiiœ est Dciis^ .'»
Ces maximes, q\ii faisaient la pauvreté sainte et agréable à Dieu, devaient naturellement accroître le nombre, déjà grand, des donations en faveur des églises, donations qui. au moyen âge, contribuèrent beaucoup à grossir l'immense patrimoine des religieux, auxquels incombait obligatoirement l'assistance.
Ce n'est qu'au xiii® siècle, alors que l'Eglise était déjà extrêmement riche, que l'on voit des auteui's ecclésiastiques soutenir ouvertement le droit de propriété. Ainsi Saint Thomas s'eflbrce de mettre d'accord la doctrine conservatrice d'Aristote sur la propriété, avec renseignement tout opposé de l'Evangile et des Pères de l'Église des ii% m" et iv" siècles.
L'Eglise n'a pas dû seulement répudier peu à peu ses premières tendances, elle a été amenée encore à exclure de son sein, après de longs conflits, ceux qui voulaient y être fidèles et les soutenir.
Pelage, qui niait, au temps de Saint Augustin, la possibilité de concilier la propriété individuelle avec l'idéal chrétien; les ordres mendiants, qui n'admettaient pas le droit de propriété, parce que Jésus et les Apôtres n'avaient jamais rien possédé ; les innombrables sectes religieuses du moyen Age ; AViclcf, Huss, Jean Petit, les anabaptistes, etc., firent des efl'orts restés vains, pour en revenir aux idées de l'Evangile sur la propriété. Leurs conflits, quoique ayant la religion pour point de départ, onttoujoui's revêtu un caractère écono-
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mique. Il ne faut pas perdre de vue qu'au moyen âge toutes les questions étaient discutées au point de vue théologique . Ainsi, quand les religieux des ordi'es mineurs déclaraient que Jésus et les Apôtres n'avaient jamais rien possédé, ils portaient un coup sensible au droit de propriété qu'ils considéraient comme un mal essentiellement contraire à la perfection chrétienne. Il est par conséquent permis de dire, sans être taxé d'exagération, que presque tous les grands schismes, presque toutes les grandes agitations qui ont éclaté dans le sein de l'Eglise catholique, n'ont été que des luttes économiques.