I. Ketfeler. Die Arhi'ilevfrage, p. i;, édit. de ÎMagonza
12fi LE SOCIALISME CATHOLIQUE
quel([uclois (|uo pour faire vivre une industrie qui périclite et prolonger une existence impossible, il vendra au-dessous du prix daclial, mais après, c'est le désastre et la ruine. Quoique les frais de production déterminent le prix de la marchandise, le prix du travail est ré<^lé d'après les besoins stricts de riiomme en fait de nourriture, vêtements et habitation. Pour déjouer la concurrence, le producteur s'efïorce de diminuer les frais de production ; s'il y a surabondance de travailleurs, les ouvriers sont fatalement entraînés, pour conserver leur vie, à se restreindre même sur le nécessaire. Les producteurs sont sur le marché et demandent : Qui veut travailler poiu* un salaire minimum? et tous s'eflbrcent alors, dans la mesure de leurs besoins, de demander un prix qui nest pas l'équivalent de leur travail. Enfin, de même que pour la marchandise en général, il arrive im jour, jour de désolation, où cette marchandise humaine est offerte au dessous du prix d'achat, où, pour parler clair, la nécessité oblige l'infortuné travailleur à ne demander qu'un salaire insuffisant pour pourvoir à ses besoins les plus urgents et à ceux de sa famille. Il doit alors se priver, lui et les siens, du strict nécessaire en fait d'alimentation, de vêtements et de logement, parce que son salaire ne peut plus le lui procurer. Etre privé du strict nécessaire, même poui* peu de jours, que de misère et de désolation dans ces quelques mots ! * »
Aujourd'hui, personne ne peut se refuser à admettre que la vie matérielle de l'ouvrier, qui représente la grande masse dans les Etats modernes, est soumise aux fluctuations du marché. Existe-il au monde rien de plus douloureux et de plus déplorable ? « A'oici le marché des esclaves ouvert par toute l'Europe moderne et calqué sur le modèle confectionné