I. Laveleye. Le Socialisme contemporain, p. i
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chanoine de la cathédrale de Mayence, le « Donicapilular » Christophe von Moulang.
Mgr de Ketteler, nohle et hautaine nature, impatiente des obstacles, avait eu pour compagnon von Moul'ang. et s'était peut-être inspiré de ses idées. II avait pleine et entière confiance en lui, et se faisait représenter par cet ami, qu'il chérissait, à la (Chambre haute du grand-duché deHesse, oîi il avait le droit de siéger, comme archevêque de Mayence.
Né en i8i-, von Moufang l'ut d'abord destiné à la médecine, il étudia ensuite les sciences physiques à Bonn et à Munich, mais il abandonna bientôt tout, pour s'adonner exclusivement à la théologie. En 1839, il fut ordonné prêtre, et il exerça son ministère avec ardeur et foi pendant plusieurs années. Aussitôt que Ketteler le connut, il apprécia sa rare intelligence et sa science profonde, et lorsqu'il fonda, en i85i, le grand séminaire de Mayence, il l'appela à enseigner la théologie analytique, et le nomma, en i853, chanoine méti-opolitain. Yon Moul'ang entra, en i8()a, à la Chambre haute de Hesse en qualité de représentant de l'archevêque, et il y défendit avec ardeur les intérêts de l'Eglise et le programme de Ketteler. Très entier dans ses opinions, très instruit, d'un tour d'esprit génial, il ne tarda pas à être très en vue. Il fut appelé, en 18G8, à faire partie du comité chargé de préparer les questions pour le concile du Vatican. A ce concile, il combattit, comme presque tous les prélats les plus marquants d'Allemagne, le dogme de l'infaillibilité, et lorsqu'il s'aperçut de l'inutilité de ses eflorts, lorsqu'il fut convaincu de l'impossibilité de remonter le courant, il s'éloigna de Rome, avant que le dogme fût proclamé. Plus tard pourtant, il s'y soumit avec regret, jugeant qu'il serait funeste de semer la discorde dans le sein de l'Eglise, et il fit même tous ses efforts
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pour que le dogme fût accepté et reconnu également par les autres ecclésiastiques.
En février 187 1, en se présentant comme candidat au Reichstag, le chanoine Christophe von Moufang exposa, dans un important discours à ses électeurs de Mayence, le programme de son parti. Le discours en question fut appelé le credo des ultramontains « Christlich-socialen », et est resté, pour plusieurs années, avec des variantes plus ou moins fortes, le programme des Christlich sociale Blâtter et du parti socialiste catholique.
Von Moufang, d'accord lui aussi avec Lassalle comme point de départ, se sépare de Mgr de Ketteler sur la question fondamentale ; Ketteler pensait que les Sociétés productives de travailleurs étaient le seul remède à la condition actuelle des ouvriers ; mais, tandis que Lassalle voulait que le capital de ces associations lut fourni par l'État, Ketteler au contraire avait confiance dans les contributions volontaires des fidèles. Recourir à l'État, c'était, pour lui, se défier des sentiments chrétiens des classes aisées.
La critique destructive de notre organisation industrielle faite par son évêque, 'de Moufang l'accepte également sans restriction ; la loi d'airain de Riccardo, la vanité du « self help », sont pour lui des vérités indiscutables et ne demandant pas confirmation. La condition de l'ouvrier devient, selon le savant chanoine, chaque jour plus incertaine et plus précaire. L'Église peut et doit faire beaucoup pour lui. Elle doit répandre l'esprit de charité, de justice, d'équité, parmi les classes de la société. Elle doit aider les pauvres et les faibles, mais cela ne suffit pas : l'État a, de son côté, de grands devoirs. Il faut qu'il intervienne de quatre manières, pour défendre les travailleurs : par la protection législative, par les secours pécuniaires, par la diminution des charges fis-
cales et militaires, enlin. et siirloul. par une liinitation tle la tyrannie et des abus du capital.
L'h^tat protège actuellement la propriété foncière ; il donne, au moyen des hypothèques, une sûreté absolue aux créanciers ; il liàte, au moyen des tribunaux de commerce, la solution des controverses commerciales. Puisqu'il prend en main la défense des droits et de la propriété de chacun, pourquoi ne devrait-il pas de même protéger les droits et la propriété de l'ouvrier? Or, si l'ouvrier ne possède que son travail, pourquoi le travail ne serait-il pas défendu à son tour contre la concurrence, contre la terrible loi du salaire qui exploite le travailleur et l'abandonne après lavoir épuisé ? « La loi, dit von Moufang, protège le capitaliste dans son di'oit à l'intérêt, et certes, la force vitale du travailleur doit être considérée de même. Si un entrepreneur dit à un capitaliste auquel il a emprunté de l'argent : Voici une crise, un ralentissement dans les afl'aires, je ne suis plus en mesiu^e de payer un intérêt aussi élevé, je paierai les deux tiers, un tiers de la somme d'abord consentie ; que répondra le capitaliste ? Il refusera d'accepter la réduction; et pourquoi? Tout simplement parce qu'il sait que la loi le soutient dans sa prétention. Mais si l'entrepreneur dit à son ouvrier: Il y a une crise commerciale, je ne puis plus vous payer que les deux tiers ou un tiers de votre salaire actuel, que peut faire l'ouvrier? Il n'a d'autre alternative que d'accepter le salaire qui lui est offert ou d'abandonner la place, ce qui signilîe mourir de faim. Pourquoi la loi ne devrait-elle pas son appui à l'ouvrier comme au capitaliste, et soutenir ce qui est de droit et juste ? Il n'y a pas plus violation de la lilierté dans un cas que dans l'autre. »
La protection législative de la part de l'Etat est donc, sans aucun doute, due et nécessaire. Dans la concurrence entre industriels, l'ouvrier ne doit pas être la victime.
L'Ktal, certainement, ne doit pas fonder lui-même les associations, mais il doit faire en sorte qu'elles se développent; il doit donner, comme au moyen âge, force de loi aux statuts des associations ouvrières librement constituées. L'interdiction du travail le dimanche est en même temps un devoir religieux. L'homme est fait à l'image de Dieu, ce n'est pas une machine que l'on peut forcer impunément. 11 a besoin d'avoir ses hem'es de repos, ses heures de tranquillité. C'est pourquoi la durée du travail doit être fixée par l'Etat. C'est la loi de l'oflre et de la demande qui doit régler le prix de la marchandise, et non r« Arbeitskraft », l'aptitude au travail, de l'ouvrier. Sans doute, la liberté des contrats doit être respectée, mais ce respect ne doit pas être poussé jusqu'au point de menacer les moyens d'existence de l'ouvrier. L'Etat a donc le devoir de fixer le taux des salaires. Lorsque le patron veut diminuer le salaire de ses ouvriers parce que pour vench'e il désire baisser ses prix, l'ouvrier n'a qu'à se résigner ou à aller demander l'aumône. Ces énormités de notre système industriel sont en contradiction absolue avec nos sentiments chrétiens.
La loi ne doit pas se contenter de limiter le travail des femmes et des enfants, elle doit le défendre absolument. C'est une erreur de croire que ce travail augmente les ressources des familles des ouvriers. Pour une production donnée, un certain nombre d'heures de travail est indispensable. Si ce travail n'est pas accompli par les femmes et les enfants, il l'est par les hommes, dont le salaire augmente naturellement d'autant, et l'argent qui entre dans le ménage reste le même. Les fabriques, les usines, constituent le plus souvent, pour les femmes, un milieu où elles se corrompent et où le lien de la famille chrétienne ne peut que s'aft'aiblir.
L'anarchie industrielle qui règne actuellement doit avoir
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une fin. De même qu'il y a un droit civil, un droit commercial, un droit maritime, il faut qu'il y ait un droit ouvrier, qui règle les rapports des apprentis et des patrons, des industriels et des travailleurs. L'ordre doit être rétabli, non de la même manière que jadis, mais en partant des mêmes principes.
L'État avance, tous les jours, des fonds pour des entreprises de chemins de fer, pourquoi n'olTrirait-il pas de prêter aux ouvriers pour les entreprises coopératives dans de bonnes conditions? Naturellement, la plus grande clairvoyance est nécessaire pour ne pas tomber dans l'erreur et pour ne pas favoriser d'odieuses spéculations. Mais s'il s'agit de projets utiles, réalisables, bons, d'une réussite facile, pourquoi l'État ne ferait-il pas l'avance du capital ?
Les injustices du système d'impôt moderne sont énormes ; le capitaliste qui a des millions en portefeuille ne paie rien à l'État, tandis que l'ouvrier, qui arrive à grand'peine à vivre sur son salaire quotidien, est accablé par les charges fiscales et militaires. Le militarisme, cette plaie de l'Allemagne, enlève, chaque année, aux champs et aux usines, des centaines de milliers de bras vigoureux. La richesse et la pauvreté viennent de Dieu. Il ne faut pas, par conséquent, combattre la richesse, mais la manière honteuse de s'enrichir des millionnaires et des milliardaires. Les millions que ceux-ci gagnent sans travail, même quelquefois sans le moindre risque, sont prélevés sur le labeur des classes pauvres qui doivent payer les revenus de ces immenses fortunes créées par des coups de Bourse et par des entreprises plus ou moins immorales. L'État a le devoir de mettre un frein à la tyrannie du capital, à l'excès de la spéculation, et de surveiller les opérations de Boiu'se.
De même que Mgr von Kettelcr, le clianoine Moufang
trouve, en parlant de l'existence de l'ouvrier, de la misère du peuple, des accents vraiment pathétiques. Mais lorsqu'il propose les moyens de venir en aide à ces déshérités il tombe souvent dans des erreurs et des contradictions.
Les Sociétés que Moufang voulait voir naître, grâce aux subsides de l'Etat, ne sont-elles pas quelque chose de bien semblable aux ateliers nationaux de Louis Blanc "? Gomment Moufang déclare-t-il alors qu'il n'est point partisan des associations rêvées par le môme Louis Blanc?
L'État doit mettre un frein à la trop rapide expansion et à la tyrannie du capital. Mais quels moyens doit-il employer? La tyrannie du capital est souvent déplorée par des économistes qui sont bien éloignés du socialisme, mais que doit faire l'État pour la modérer?
Le patron est maître absolu du marché. Lorsque, pour vendi'e à plus bas prix sa marchandise et résister à la concurrence, il réduit le salaire de l'ouvrier, celui-ci doit se résigner à accepter ces dures conditions, ou aller mendier. Mais comment l'État pourrait-il engager un industriel à payer un salaire qui le met en perte ? Et si les produits restent non vendus, l'État peut-il leur ouvrir des débouchés? Peut-il, moins encore, persuader aux consommateurs de payer aux producteurs un prix assez rémunérateur pour que le salaire de l'ouvrier ne subisse pas de changement ? Toutes ces suppositions invraisemblables ne finiraient-elles pas par rendre impossible toute industrie ?
D'autre part, il n'est pas vrai qu'il existe les mêmes rapports d'analogie entre les industriels et les travailleurs et entre les entrepreneurs et les capitalistes. Si l'entrepreneur, dit Moufang, a contracté une dette envers le capitaliste, il est forcé de le payer intégralement, même lorsque son industrie est peu rémunératrice, tandis que le même entrepreneur, ne
tenant compte Je rien, réduit le salaire de l'ouvrier quand ses allaires vont mal ou lorsquil veut l'aire face à la ooncurrence. Vraiment l'analogie nest qu'apparente, car, dans le contrat pour l'emploi du capital, l'entrepreneur s'engage à payer l'intérêt d'une somme prêtée pour tout le temps pendant lequel il retiendra cette somme, sans profiter aucunement d'un rabais quelconque dans le marché monétaire ; dans le contrat pour l'emploi du travail, l'entrepreneur conduit l'ouvrage par semaines ou par jom's, en restituant, pour ainsi dire, le capital à ce terme, ou en faisant \xn nouveau contrat. Les lois fondamentales qui règlent les contrats ne sont donc points violées, ce qui, tout en n'admettant pas l'argumentation du chanoine de Moul'ang, n'empêche pas de souhaiter plus de stabilité aux contrats entre ouvriers et entrepreneurs.
Ainsi Ketteler et Moufang sont dominés par le désir d'émanciper l'ouvrier des fluctuations du marché, de la concurrence, des abus de la spéculation, etils trouvent le système actuel non seulement injuste, mais encore antichrétien et contraire à tous les principes d'équité sociale. Ketteler compte sur la générosité des fidèles ; Moufang ne voit de salut que dans l'intervention énergique de l'État et dans une législation inflexible. Aux yeux de tous les deux, le libéralisme économique, le « Manchesterthum », est aussi dangereux et aussi nuisible que le libéralisme politique. Pour tous les deux, les excès de la démocratie sociale sont une réaction nécessaire contre les excès du « Manchesterthum ». Le gouvernement devrait, dit Moufang, instituer un mécanisme régulier, une commission munie de pouvoirs coactifs, composée de magistrats et d'ouvriers, et chargée de fixer un salaire écjvùtable pour le travail moyeu dune jom'née, dans chaque industrie.
Il apparaît clairement que les deux fondatem's du socialisme catholique en Allemagne. Ketteler et Moufang. marchent
d'accord avec les autres socialistes dans les questions de suppression de ce qui existe ; ils s'en éloignent au contraire dans les projets de reconstruction.
Autour des ChristUch sociale Blàtter fondés par le recteur Schings d'Aix-la-Chapelle, et inspirés ensuite par Moufang, vint se former progressivement un fort noyau d'écrivains catholiques socialistes, dont les opinions, au point de vue économique, se rapprochent beaucoup de celles des socialistes, mais qui croient que la réforme sociale doit être opérée par l'initiative de l'Eglise et avec son concours. C'est ainsi qu'est née une véritable école socialiste catholique qui compte encore aujom'd'hui parmi ses adhérents des hommes remarquables, comme l'abbé Hitze, le comte de Losewitz, économiste protestant devenu depuis, sous l'influence des idées de Ketteler, socialiste et catholique, le professeur Rodolphe Meyer que les persécutions de M. de Bismarck contraignirent à quitter l'Allemagne, et qui alla en Autriche y fonder le parti socialiste catholique, l'Iiistorien Ratzinger, Albertus, Hohenberg, Bongartz, le comte von Hertling, Jorg, etc.
De tous ces hommes, le plus considérable par la hauteur de vues, par la connaissance des rapports de l'économie sociale, par l'impartialité comme critique, est sans contredit Rodolphe Meyer.
Le chanoine Hitze, qui est aujourd'hui le vrai chef du parti catholique socialiste au Reichstag, et qui, depuis la mort de Ketteler et la retraite de Moufang de l'arène parlementaire, est le plus connu et le plus remarquable de tous, s'occupe depuis plusieurs années avec beaucoup de succès de la question sociale.
Les idées du chanoine Hitze ont été reconnues et acceptées non seulement par une grande partie des catholiques allemands, mais elles ont franclii les frontières de l'Allemagne, et
ont trouvé bon accueil parmi les catholiques de Suisse, d'Autriche et de France.
De môme que Ketteler et Moufang, Hitze croit ([ue TEglise a le devoir de s'occuper de la question sociale.
Le docte et jeune chanoine, s'adressant aux catholiques allemands réunis au congrès de Fribourg-en-Brisgau, leur tenait le langage suivant : « Quand même nous voudrions rester étrangers à ces questions, le poinrions-nous? PouiTionsnous dire en quoi elles nous regardent? Certainement elles sont toutes nouvelles pour nous-mêmes : l'enseignement traditionnel de l'école nous laisse non préparés, nous en sommes encore à la période de l'initiation. Oui, certes, les principes datent de loin, ils ont été magistralement exposés par saint Thomas; les principes, en ce qui concerne l'usure, la propriété, le travail, la justice, la charité, les lois et le gouvernement, sont anciens, mais ce qui est nouveau c'est leur application et leur développement. Qui oserait comparer notre siècle de chemins de fer et de bateaux à vapeur avec celui où Saint Augustin écrivait la Cité de Dieu et Saint Thomas la Somme.' Les revers économi([ues et sociaux ont créé de nouveaux devoirs envers les âmes, ils ont ouvert des voies nouvelles, et c'est en vain que vous chercheriez des éclaircissements et des solutions dans les ouvrages de philosophie, de morale et de religion. Si vous voulez vous élever à la hauteur de votre mission, il faut que vous vous mettiez à l'étude des problèmes de ce siècle, il vous faut apprendre en enseignant, enseigner en apprenant; cette mission serait-elle périlleuse qu'il faudrait la remplir, les circonstances sont urgentes.
« Oui, nous devons étudier les questions sociales, nous devons les connaître et les enseigner pour apprendi'e à distinguer ce qui est juste de ce qui ne l'est pas; nous devons savoir reconnaître les revendications légitimes, les soutenir et nous
opposer à l'injustice. L'erreur est nuisible, lox*s même qu'elle s'appuie sur une base juste; le socialisme démocratique a des prétentions légitimes, seulement il les a mêlées à de nombreuses erreurs. Vouloir la vérité, éliminer l'erreur, voilà le meilleur moyen de combattre le socialisme démocratique.
« Nous devons encore vouloir que l'enseignement de l'économie sociale soit coniorme à celui de la foi; nous devons proclamer hautement l'idéal chrétien au milieu des erreurs et de la confusion de la question sociale, et montrer que le progrès économique doit s'inspirer de cet idéal. Nous nous inclinons devant le clergé de Belgique, devant sa science théologique et l'intégrité de ses mœurs, mais les maux que les théories de Manchester ont causés dans ce pays n'auraient pas été possibles s'il avait eu un évêque comme Ketteler, s'il avait déployé, quelques années plus tôt, le zèle et l'intelligence des questions sociales dont il fait preuve aujourd'hui, sous la direction éclairée du vénérable évêque de Liège.
« Nous devons étudier les questions sociales : la parole de Dieu donnera aux conditions sociales du jour sa force et son à propos. Lisez les sermons de Saint Jean Ghrysostome, toutes les questions sociales du jour y sont éclaircies. Des sermons chaleureux sur le mariage et sur la vie domestique chrétienne feront peu d'effet s'ils restent en dehors des circonstances sociales du moment. Montrez le péril social ; indiquez-le comme un écueil à éviter. Si vous pouvez obtenir de l'époux et de l'épouse que celle-ci cesse d'aller à l'usine, qu'elle consacre toutes ses facultés aux soins de la famille, vous aurez rempli le devoù' que vous impose le salut des âmes'. »
Hitze s'est séparé ouvertement d'une grande partie de ses